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Arthur Adamov (Traducteur)
ISBN : 2080704974
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)

Note moyenne : 4/5 (sur 136 notes)
Résumé :
Le gouverneur à lui-même : "Et non seulement tu deviendras un objet de risée, mais il se trouvera encore un barbouilleur, un écrivassier, pour te fourrer dans une comédie! Ah! c'est trop vexant! Ni le titre ni le grade ne l'arrêteront, et tous crieront, applaudiront... De quoi riez-vous ? C'est de vous-mêmes que vous riez!"

Miroir de la société russe sous Nicolas le` ? Satire de l'administration russe ? Comédie de tous les temps et de tous les pays ? ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  05 novembre 2013
Oserai-je prendre une position très éloignée de l'orthodoxie classique ? Me le permettrez-vous ? Peu importe le ridicule, pourvu qu'il y ait débat et qu'on secoue la pulpe molle sédimentée au fond de nos crânes...
Je prétends, sans honte et sans remords, que Nicolaï Gogol est probablement l'un des premiers maillons de la longue chaîne qui conduira aux retentissants succès de la BD franco-belge, du style Tintin ou Lucky Luke.
Vous voulez un argument ? Ok, je m'exécute. Dupont & Dupond, ça vous dit quelque chose ? Et si dans le Révizor c'était Bobtchinski & Dobtchinski (les deux ayant par ailleurs les mêmes prénoms) ? Bien évidemment, ces deux lurons symétriques sont des couillons de base à peu près aussi adroits que les Men In Black de Tintin.
Autre argument, à la lecture, oubliez qu'il s'agit de Gogol et remplacez-le dans votre esprit par Goscinny. Vous verrez, c'est saisissant, on se croirait dans les blagues et les situations rocambolesques de Lucky Luke dans des albums comme le Juge ou Billy-The-Kid, avec son cortège de villageois, de shérifs, de marchands, de soldats ou de fonctionnaires poltrons, hypocrites, intéressés, pusillanimes, traîtres, faux-jetons, et surtout, bêtes à manger du foin.
Bon, je sens qu'il est grand temps que je vous parle de la pièce elle-même. Évidemment, vous avez deviné qu'il s'agit d'une comédie, certains diront même d'une farce.
Quelques éclaircissements sur son titre : dans une bourgade de province, où tout fonctionne à la va-comme-je-te-pousse, où tout le monde abuse de son pouvoir, aussi infime soit-il, détourne (et sans complexe aucun) plus ou moins d'argent public et privé selon ses attributions et son statut, tout aurait dû rester paisible s'il n'était cette détestable nouvelle.
On annonce au Gouverneur qu'un Révizor, c'est-à-dire une sorte de super contrôleur envoyé par le gouvernement impérial, va arriver de Pétersbourg pour examiner dans le détail tous les aspects du fonctionnement (et ce faisant épingler les dysfonctionnements) de cette ville, quitte à faire sauter au besoin quelques têtes et à redonner quelques tours de vis.
Vous imaginez le branle-bas de combat dans les chaumières vu que tout le monde, sans exception, à des exactions sur la conscience et des petites magouilles à se faire pardonner.
Peut-être est-il bon de ne point trop vous en dire et de vous laisser découvrir comment nos braves fonctionnaires vont s'y prendre pour tenter de soudoyer le révizor et d'acheter sa clémence.
Gogol bombarde à qui mieux-mieux et tous azimuts. Tout le monde en prend pour son grade, gouverneur, juge, inspecteurs scolaire et d'établissement de bienfaisance, directeur des postes, commissaire de police, fonctionnaire, marchands, hommes, femmes, bref, tout le monde est incompétent, corrompu et corrupteur, poltron, stupide, cancanier et, en un mot, a tout pour plaire.
C'est drôle et grinçant de bout en bout, même si l'on peut éventuellement faire un petit reproche à l'auteur, sur l'aspect parfois redondant du burlesque qui alourdit inutilement une pièce en cinq actes, par ailleurs, très réussie et rafraîchissante.
À mesure que je lis des oeuvres de Nicolaï Gogol, celui-ci se hisse chaque fois un peu plus haut dans mon panthéon personnel des auteurs que j'affectionne, même si j'ai pleinement conscience de passer à côté de bon nombre des effets comiques distillés en langue russe.
J'en veux pour preuve la simple évocation des noms de famille des protagonistes où par exemple le nom du juge Liapkine-Tiapkine fait penser à la chair à saucisse, le directeur des postes Chpékine à une tache, le commissaire de police Oukhovertov à une oreille espionne, le surveillant des établissements de bienfaisance Zemlianika (qui est un ivrogne) à une fraise, l'inspecteur scolaire Khlopov à du coton ou du kapok, les agents de police Svistounov, Pougovitsyne et Dierjimorda respectivement siffler, boutonneux et intimidateurs, etc., etc.
J'hésite entre 4 et 5 étoiles car certes certains passages sont moins bons, mais d'autres sont tellement tordants qu'ils méritent d'emporter ma délibération finale. Je vous le conseille sincèrement, ce Révizor, si vous voulez vous marrez à moindre coût, comme vous empoigneriez une bonne vieille BD de Goscinny pour vous changer les idées, du moins c'est mon avis non révisé, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Gwen21
  20 janvier 2015
Une comédie en cinq actes hilarante qui se développe autour d'un jeu de dupes entre les responsables administratifs d'une lointaine province de l'empire russe et un voyageur sans le sou qui va être confondu avec un "révizor", c'est-à-dire un contrôleur d'Etat dont l'inspection est redoutée.
L'adage disant que "plus c'est gros, plus ça passe" prend ici tout son sens. le gouverneur, le juge, l'administrateur de l'hôpital... tout ce beau monde corrompu, vivant tranquillement en sa province sur un système bien ancré de passe-droits, de pot-de-vins et d'extorsions en tout genre va soudain s'alarmer à l'annonce du représentant du droit et de l'autorité. S'en suivent de multiples scènes burlesques qui tendent toutes à illustrer cette satire sociale à la fois drôle et révélatrice d'un vrai malaise de la Russie de la première moitié du XIXème siècle où le servage est encore en vigueur et où les provinces les plus éloignées de Pétersbourg prennent bien des libertés avec la politique intérieure et l'administration impériales.
Gogol possède vraiment ce pouvoir - qui n'appartient qu'à lui - de rire et de faire rire sur un thème qui, à première vue, n'offre aucune perspective de divertissement. le lecteur retrouvera avec plaisir dans le ton de la pièce un petit quelque chose de ses célèbres "Ames mortes".
J'ai lu "Le Révizor" avant d'aller la voir dans quelques jours ; à présent, j'ai hâte d'y être.

Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
Challenge XIXème siècle 2015
Challenge de lecture 2015 - Une pièce de théâtre
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Bruidelo
  12 janvier 2019
Un gouverneur et ses notables attendent avec angoisse la venue d'un inspecteur du Tsar qui, leur a-t-on dit, se fait passer pour un simple particulier - c'est que la façon dont ils gèrent leur ville est pour le moins bien peu scrupuleuse (Il y a même un agent de police, Dierjimorda, qui « sous prétexte de rétablir l'ordre, poche les yeux à tout le monde, aux coupables et aux innocents » - mais bon, ça se passe en Russie, au XIXème siècle, c'est sûr que ce n'est pas en France au XXIème siècle qu'on verrait un truc pareil). Un jeune voyageur fauché, endetté, se demande avec non moins d'angoisse comment il va sortir de ce mauvais pas: l'aubergiste, qu'il n'a pas payé depuis deux mois menace d'aller se plaindre au gouverneur. Mais voilà qu'il est pris pour le Revizor par nos si judicieux notables...
Le quiproquo est drôle, l'idée de base est bonne - mais si j'ai bien compris c'est Pouchkine qui l'a donnée à Gogol.
Bon, j'ai trouvé ça parfois un peu répétitif à la lecture, mais j'imagine que mis en scène le comique de répétition peut être beaucoup plus réjouissant, ce que, je l'avoue humblement, mes capacités limitées de lectrice ne me permettent pas bien de ressentir. En fait, l'humour au théâtre, c'est souvent beaucoup plus percutant sur scène qu'à la lecture et à mes yeux le Revizor est plus une pièce à voir qu'à lire.
Qu'ils sont peu reluisants, les personnages du Revizor, pas un pour racheter l'autre! Gogol critique avec humour non seulement la corruption de ces notables d'une petite ville russe au XIXème, mais aussi la petitesse, la mesquinerie humaine, et je ne doute pas un instant des vertus qu'il y a à rire de nos bassesses, comme nous y invite l'auteur:
« (...) faisons dès maintenant un séjour dans l'affreuse ville de notre âme, bien pire que n'importe quelle autre, cette ville où nos passions se déchainent avec indécence, comme de scandaleux fonctionnaires, dévalisant la trésorerie de notre propre âme ! Dès le début de notre vie nous devrions engager un révizor et examiner avec lui, la main dans la main, tout ce qu'il y a en nous... »
Mais j'aurais bien aimé qu'il arrive à glisser un petit semblant de lueur, une petite raison de ne pas désespérer complètement de l'être humain. Je l'avoue, c'est sans doute mon côté fleur bleue, mais j'ai une assez nette préférence pour les oeuvres qui ne présentent pas que du moche dans leur représentation de l'humanité. En fait, pour moi, le Revizor est une pièce trop triste! ;)
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PiertyM
  30 décembre 2018
Une mascarade administrative dans une province de la Russie nous fait découvrir des personnages drôles et surprenants. Ils sont tous trompés dans la corruption, ils craignent tous l'arrivée d'un inspecteur pour un contrôle administratif. L'atmosphère est crispée, chacun veut protéger ses arrières, comment s'y prendre avec cet inspecteur dont le nom Revizor agite déjà les esprits. En même temps, un élégant voyageur, bien fringué, ayant des allures de la ville est pris pour le Révizor. Recueilli par le gouverneur, qui a bien plus à se reprocher que les autres habitants, Khlestakov saura s'infiltrer peu à peu dans son rôle d'usurpateur d'identité, surtout quand il comprendra qu'il y a de l'argent à gagner, et qu'il n'en a plus. Alors, les habitants de la ville vont tourner autour du grand fonctionnaire, se demandant comment parvenir à l'amadouer....
Les personnages dans cette pièce nous fascinent simplement! Il y a de quoi s'attacher à eux, vivre avec entrain leurs inquiétudes. Ils sont burlesques sans pourtant l'être, ils sont vrais à la limite. On retrouve à peu près la version de deux Jupons, qui, ici, sont rendus par deux personnages dont j'ai beaucoup aimé le jeu Bobtchinski et Dobtchinski, ils sont responsables de toute la cacophonie qui va régner dans la ville. Ils sont les premiers à ébruiter cette confusion sur le personnage du Révizor.
Nikolai Gogol traite ici de la corruption dans la gestion des affaires publiques, un sujet aussi épineux mais qu'il a concocté dans une atmosphère plaisante, et la pièce n'a pas du tout l'air d'avoir traversé plus d'un siècle et demi. Le sujet est toujours d'actualité, surtout la scène des pots-de-vin qui a tout juste changer de manière...
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cmpf
  31 janvier 2017

Comédie basée sur le quiproquo et qui ridiculise les notables d'une petite ville.
On apprend qu'un contrôleur de l'Etat doit venir dans la ville. Et voilà le préfet de la ville, l'inspecteur scolaire, le directeur des postes, le juge, ... en émoi. Quelqu'un affirme savoir qui est le revizor. Aussitôt une délégation lui rend visite. D'où des dialogues pleins d'équivoque.
Bien évidemment celui qui est ainsi honoré, invité, n'est nullement celui que tout le monde craint. Et lorsqu'il comprend la situation, lui aussi tâche de tirer parti de la méprise.
Les femmes également sont ridiculisées. Voir le jeu de l'épouse du préfet en concurrence avec sa fille face au jeune homme.
Une pièce savoureuse qui montre un autre aspect du talent de Nicolaï Gogol. C'est Pouchkine son aîné de dix ans qui lui avait suggéré ce sujet. le rire est toujours un excellent moyen de dénoncer les abus et les ridicules.

Challenge XIXe siècle 2017
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   03 août 2018
BOBTCHINSKI
[...] Ne m'interrompez pas Piotr Ivanovitch, je vous en prie, ne m'interrompez pas. Vous n'êtes pas capable de raconter, je vous le jure, vous n'en êtes pas capable, vous avez une voix beaucoup trop sifflante ; je sais, je sais, à cause de voter dent… « C'est, dit-il, un jeune homme, un fonctionnaire. Oui, un fonctionnaire qui vient de Pétersbourg et dont le nom de famille est, dit-il, Ivan Alexandrovitch Khlestakov ; et, il va, dit-il, dans la province de Saratov ; et, dit-il, il a se comporte bizarrement ; il vit depuis plus d'une semaine dans l'auberge, n'en sort jamais, prend tout à crédit et ne débourse pas un kopek. » Dès qu'il eut dit cela, j'eus comme une inspiration. « Hé, hé ! » dis-je à Piotr Ivanovitch.

DOBTCHINSKI
Non, non, Piotr Ivanovitch, c'est moi qui ai dit : hé, hé !

BOBTCHINSKI
Oui, d'abord c'est vous qui l'avez dit, mais tout de suite après c'est moi qui l'ai dit. « Hé, hé ! » avons-nous dit , Piotr Ivanovitch et moi. Mais à quelles fins reste t-il ici, alors qu'il doit se diriger vers la province de Saratov ? » Oui, voilà ceque nous nous sommes dit. C'est donc justement le fonctionnaire qui...

LE GOUVERNEUR
Qui ? Quel fonctionnaire ?

BOBTCHINSKI
Le fonctionnaire dont il est question dans la lettre. Le révizor !

LE GOUVERNEUR, épouvanté.
Quoi ? Que Dieu soit avec nous ! Ce n'est pas lui !

DOBTCHINSKI
C'est lui. Il ne paie pas, il ne s'en va pas. Qui donc cela pourrait-il être ? Et sur son passeport, la destination indiquée est Saratov.

BOBTCHINSKI
C'est lui, c'est lui, je vous jure que c'est lui ! Il est tellement observateur ! Rien ne lui échappe. Il a tout de suite vu que nous, l'autre Piotr Ivanovitch et moi, mangions du saumon, alors que c'était surtout parce que Piotr Ivanovitch, à cause de son estomac… Oui, il a fixé sur nos assiettes un tel regard que... que j'ai été saisi de terreur.

Acte I, scène III
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MusardiseMusardise   03 août 2018
LE GOUVERNEUR
Qu'elles soient ou non au courant, moi , messieurs, je vous ai avertis. En ce qui me concerne, voyez-vous, j'ai déjà pris des mesures, et je vous conseille d'en faire autant, - surtout à vous, Artemy Philippovitch ! Car, sans aucun doute, ce fonctionnaire en tournée voudra inspecter avant tous vos établissements de bienfaisance. Aussi, faites que tout soit en ordre : que les bonnets de nuit soient propres, et que les malades ne se promènent pas en tenue de chiffonniers, comme ils ont coutume de le faire.

ARTEMY PHILIPPOVITCH
Oh, cela n'est pas encore bien grave. On peut, après tout, leur mettre des bonnets propres.

LE GOUVERNEUR
Oui, et il faut aussi, au-dessus de chaque lit, une inscription en latin... ou en n'importe quelle langue - mais ceci vous regarde, Christian Ivanovitch - indiquant la nature de la maladie, la date où elle s'est déclarée, le jour et le quantième... Il n'est pas bon non plus que chez vous les malades fument un tabac aussi fort : à peine a-t-on entrouvert la porte, que déjà l'on éternue. Et puis, il serait préférable qu'il y eût moins de malades, sans quoi l'on en déduira aussitôt l'insuffisance des soins et l'incapacité du médecin.

ARTEMY PHILIPPOVITCH
Pour ce qui est des soins aux malades, nous avons déjà, Christian Ivanovitch et moi, pris des mesures. Plus on se rapproche de la nature, mieux cela vaut. Les médicaments coûteux, nous ne les employons pas. L'homme est tout simple : s'il doit mourir, il mourra de toute façon ; s'il doit guérir, il guérira de même. Du reste, Christian Ivanovitch ne peut guère s'expliquer avec ses patients, et pour la bonne raison qu'il ne sait pas un seul mot de russe.

ACTE I, scène I
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Nastasia-BNastasia-B   01 juillet 2014
KHLESTAKOV : Espèce de pourceau, va !... Alors eux, ils peuvent manger et moi, non ? Et pourquoi, diable, n'en ferais-je pas autant ? Qu'est-ce qu'ils ont de plus, ce sont des voyageurs comme moi !
LE GARÇON : Justement, pas tout à fait comme vous.
KHLESTAKOV : Et pourquoi ?
LE GARÇON : C'est que justement, eux, ils paient.
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Nastasia-BNastasia-B   05 novembre 2013
KHLESTAKOV : N'était-ce pas un hôpital ?
ARTÈME : Parfaitement, l'hospice des établissements de bienfaisance.
KHLESTAKOV : En effet, en effet, je me souviens, il y avait là quelques lits. Comment vont les malades ? Il y en avait très peu, il me semble.
ARTÈME : Pas plus d'une dizaine, tous les autres sont guéris. Telle est notre coutume. Depuis que j'ai été nommé à l'hôpital -cela vous paraîtra peut-être incroyable- ils guérissent tous comme des mouches. À peine un malade entre-t-il à l'infirmerie qu'il est déjà guéri ; et cela n'est pas dû tellement aux médicaments qu'à l'ordre et à l'honnêteté.
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MusardiseMusardise   13 août 2018
LE GOUVERNEUR
Oh ! c'est une simple remarque que je vous ai faite là en passant. Quant aux dispositions d'ordre intérieur et à ce que dans sa lettre André Ivanovitch appelle des peccadilles, je ne saurais rien vous en dire. D'ailleurs, pourquoi en parler ? Il n'existe personne au monde qui n'ait quelques péchés sur la conscience. Les voltairiens ont beau dire, c'est Dieu lui-même qui a fait les choses comme ça.

AMMOS
Mais qu'entendez-vous par péchés, Anton Antonovitch ? Il y a péché et péché. Moi, je ne m'en cache pas, je prends des pots-de-vin, mais quels pots-de-vin ? Des chiots de lévriers. C'est une tout autre histoire !

LE GOUVERNEUR
Des chiots ou autre chose, c'est toujours des pots-de-vin !

AMMOS
Mais non, Anton Antonovitch… Ah ! je ne dis pas si, par exemple, quelqu'un se laisse offrir une pelisse de 500 roubles ou un châle pour sa femme…

LE GOUVERNEUR
Eh ! qu'importe que vos pots-de-vin soient des chiots ! Par contre vous ne croyez pas en Dieu, vous n'allez jamais à l'église, tandis que moi, au moins, j'ai de la religion ; j'y suis tous les dimanches à l’église, moi. Et vous… Oh ! je vous connais, quand commencez à parler de la création du monde, il y a de quoi vous faire dresser les cheveux sur la tête.

AMMOS
Mais j'ai acquis mes convictions moi-même, grâce à la réflexion.

LE GOUVERNEUR
Eh bien, moi, je vous dis qu'il y a des cas où il ne faut pas trop réfléchir ! Il y a des cas où trop de réflexion est pire que pas du tout.

Acte I, scène I
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