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Marie-Lise Marlière (Traducteur)
EAN : 9782070421459
410 pages
Éditeur : Gallimard (30/04/2002)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 5 notes)
Résumé :

Edmund Talbot, jeune aristocrate anglais, poursuit son voyage vers les antipodes, une épopée maritime longue et éprouvante. Les péripéties comiques et tragiques qui se succèdent décantent et révèlent les caractères: Mr Prettiman, qui semblait un pantin grotesque, apparaît être un humaniste, Miss Granham, la sévère institutrice, doit affronter la tempête... Edmund se languit de l'o... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Woland
  04 novembre 2014
Fire Down Below
Traduction : Marie-Lise Marlière
ISBN : 9782070421459

Le troisième et dernier tome de la "Trilogie Maritime" de William Golding repose pourrait-on dire exclusivement sur l'affrontement, plus ou moins larvé, entre le lieutenant Benét, venu de "L'Alcyone", et le premier lieutenant Charles Summmers. Si leur condition sociale oppose déjà les deux hommes - le premier est issu d'un milieu relativement aisé, le second a accédé au plus haut grade des lieutenants alors qu'il avait débuté simple matelot - leurs caractères sont aussi en totale opposition. Séduisant, versificateur à ses heures, toujours occupé de quelque intrigue féminine - il ira, après lady Somerset sur "L'Alcyone", jusqu'à courtiser Miss Granham, devenue Mrs Prettiman, laquelle lui répondra par un vigoureux soufflet - Benét ne doute de rien. Surtout, il est de la race des opportunistes, des intrigants. Il est si doué en ce domaine qu'on peut lui prédire une carrière étincelante. La meilleure preuve n'en est-elle pas qu'il est devenu en quelque sorte le "chouchou" du terrible et redoutable capitaine Anderson ? Oui, il a conquis celui-ci. Lentement. Patiemment. Et, désormais, Anderson ne jure que par lui, lui parlant avec une relative courtoisie dont, jusque là, les autres officiers n'ont jamais pu bénéficier.
De l'autre côté, Summers est grave, un peu triste, ne paraît guère se soucier des femmes, encore moins du libertinage et de l'amour et possède un sens du devoir totalement étranger à son rival. Benét est astucieux certes mais superficiel. Summers, lui, pense beaucoup trop et méprise les apparences. S'il aime la précision dans son travail, il a aussi un faible pour la complexité des idées et pour certaines questions que l'on se pose, peu importe sa condition sociale mais pourvu qu'on ait un minimum de coeur et d'intelligence, quand on est en quête d'absolu.
Afin de permettre au navire qui se traîne avec ses mâts réduits au minimum de reprendre de la vitesse, Benét propose de boulonner des plaques de fer rougies à la base du mât principal. L'idée présente cependant un danger, que Summers perçoit tout de suite et qu'Anderson lui-même relève : en agissant ainsi, on risque d'introduire le feu à l'intérieur du mât et, en le laissant couver, une explosion à plus ou moins long terme. Qu'à cela ne tienne ! Aidé par le forgeron du bord, Benét dresse une petite maquette et effectue une démonstration impeccable. Anderson applaudit, Summers conteste toujours mais se soumet.
Néanmoins, le principe Benét donne de bons résultats. Si le danger reste toujours présent, le navire file maintenant sept ou huit noeuds. Tant mieux pour les passagers et l'équipage - qui sont pour ainsi dire rationnés, en tous cas en vivres. Talbot, qui s'est lié d'amitié avec Summers dès "Rites de Passage", ne sait plus trop quoi penser. Il sait combien Summers est sensible à l'idée qu'on puisse s'éloigner de lui parce qu'il vient d'une famille de petites gens : c'est son talon d'Achille alors que, très sincèrement, en dépit de ses défauts, Talbot est vraiment au-dessus de pareille mesquinerie. Finalement, le jeune aristocrate choisit plus ou moins le "camp" Summers. Mais celui-ci lui reproche alors de s'être rapproché du couple Prettiman - elle, une ancienne gouvernante très rigide, lui un libre-penseur qui rêve de sauver les bagnards déportés en liberté et vénère Voltaire.
Bon garçon, apprenant de ses échecs et cherchant avant tout l'impartialité la plus absolue, Talbot se maintient tout de même auprès de Summers. (Certains lecteurs subodoreront peut-être dans cette amitié virile si exigeante un vague soupçon d'homosexualité. C'est possible mais je ne me prononcerai pas et je suis sûre et certaine que, s'il existe, Talbot n'en a nulle conscience.) Lorsque l'on touche enfin terre, à Sydney Cove, il obtient même de ses relations une promotion pour Charles. Hélas ! Alors que celui-ci surveillait le vieux bateau assoupi dans la rade, ce qu'il avait prévu il y a plusieurs mois se produit : le feu qui couvait dans le mât se déclare et les flammes se répandent partout.
On ne retrouvera jamais le corps de Charles Summers. Grimpant à bord à sa suite, Edmund Talbot avait pourtant essayé de le sauver. Mais il n'avait rien pu faire. Un mort de plus par conséquent à ajouter au compte de cette traversée vers l'Australie qui en aura connu un nombre assez important.
Sinon, Edmund retrouve Miss Chumley, qu'il épousera, bien sûr. Les Prettiman partent pour le bush - et on n'entendra plus parler d'eux. le capitaine Anderson regagne l'Angleterre et emmène dans son sillage le sémillant lieutenant Benét.
Outre les scènes impressionnantes du boulonnage du mât, le morceau de bravoure de "La Cuirasse de Feu" reste la rencontre du navire avec un gigantesque iceberg que les courants lui permettent d'éviter par miracle alors que, sur le pont, tout le monde s'est résolu à rendre son âme à Dieu. Un iceberg aux reflets verts, de ce vert particulier que la mer seule sait prendre à certains moments, en certains lieux. Une vision grandiose, hallucinante, merveilleuse. Qui vous gèle tout d'une pièce. Mais, malgré cela, je le répète une fois encore, je n'ai pas trouvé dans "La Cuirasse de Feu", cette folie dramatique qui présidait à "Rites de Passage." Et pourtant, force est de reconnaître, dans la mort de Charles Summers, comme un écho de la triste fin du Révérend Colley. Une chose est sûre : mieux vaut que le pauvre vieux navire ait explosé - on aurait fini par chuchoter dans les ports que sa vieille carcasse portait la poisse. ;o)
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Puck
  16 mai 2012
Attention gros gros gros coup de coeur sur toute la trilogie marine de William Golding. D'ailleurs je ne comprends pas qu'elle ne soit pas plus connu.
Troisième et dernier tome des aventures d'Edmund. La traversée est depuis longtemps devenue un cauchemard sans fin et les problèmes se multiplie sur le bateau, ce qui va influer sur le comportement des personnages.
Edmund arrivera-t-il en Australie et si oui, quelle vie l'attend là-bas? Retrouvera-t-il l'amour?
Un roman d'aventure, une quête initiatique formidable. Je vous en prie lisez-le.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
WolandWoland   06 novembre 2014
[...] ... Il y avait quelque chose à l'avant du bateau, quelque chose de bizarre à la proue. L'ancre énorme était suspendue, immobile, au-dessus de l'eau - en douceur à son câble, n'est-ce pas ce qu'auraient dit les marins ? - prête à être descendue sur le champ, le collet si près de la surface que j'apercevais une ancre inversée accrochée au-dessus de l'ancre réelle.

Qu'y avait-il de bizarre ?

C'était comme un brouillard qui se formait autour de l'avant ; il montait, si léger que seul un homme ayant examiné le navire depuis un long moment - il y avait une odeur âcre dans mes narines ... C'était le feu d'artifice, bien sûr, dont les gerbes montaient maintenant au-dessus de l'eau sombre. Le vent de terre qui s'était levé avait effacé l'ancre inversée.

Charles [Summers] apparut sur le gaillard d'arrière - il sortit en trébuchant des appartements du capitaine ! Il sauta de l'échelle, courut à toute vitesse sur le pont et disparut dans le gaillard d'avant. Derrière lui, une colonne de brouillard montait par le trou dans le pont qui avait contenu le mât de misaine. Charles réapparut sur le pont. Il se précipita vers le grand mât, chercha quelque chose et s'éloigna en tenant une grosse hache. Il remonta rapidement sur le gaillard d'avant et se mit à couper les cordages qui rassemblaient les corps du navire. Il courut à l'arrière à travers la fumée qui commençait maintenant à s'élever sur toute la longueur du bateau et, de nouveau, il se trouva sur le gaillard d'arrière, en train de donner des coups de hache ! Il y avait un intervalle d'eau - un yard, pas plus - entre les deux ponts - celui du vaisseau rasé et celui du ponton contre lequel se nichait le chaland plein de poudre ! Soudain, le trou dans le pont où s'était enfoncé le mât de misaine rougit. Une flamme unique jaillit à l'air libre. Charles revint en courant. Il bondit sur la potence de la cloche qui, frappée à toute volée, donna des sons discordants. Lentement le navire en feu, d'où s'échappait un nuage de fumée, se déplaça sous l'impulsion du vent qui pénétrait dans la rade encombrée d'une multitude d'embarcations à l'ancre. Et la cloche, encore et encore ! Je tournai le télescope vers le navire marchand le plus proche et vis des hommes qui se rassemblaient sur le gaillard d'avant, autour du câble de l'ancre. Plus loin, une petite goélette se mit à carguer ses voiles d'étai - encore plus loin, une autre amena sa voile carrée qui se gonfla sur le mât de hune tandis qu'elle virait de bord en culant pour sortir de la route du redoutable vaisseau. Charles plongea dans le gaillard d'avant, mais il en ressortit en chancelant presque aussitôt. Il parcourut le pont d'un bout à l'autre à toute vitesse, plongea dans la coursive et disparut. A l'entrée vibrait une lumière imprécise mais violente. Au-dessus du port, mais maintenant pas plus haut que ne montait la colonne de fumée, éclataient et tonnaient les fusées.

Avec une brutale soudaineté, je compris que Charles était en danger de mort ! ... [...]
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WolandWoland   06 novembre 2014
[...] ... - "Eh bien, Mr Bowles ? Quelles nouvelles du mât de misaine ?

- Vous feriez mieux de demander des nouvelles du charbon de bois, monsieur. Ils peuvent seulement distiller ou brasser ou réduire - appelez comme vous voulez ce que l'on doit faire au bois pour le transformer en charbon - par petits paquets. Le gaillard d'avant résonne de discussions pour ou contre.

- Vous y êtes donc allé ?

- Que vous le croyiez ou non, on m'a fait venir pour donner mon avis sur la rédaction d'un testament. Alors, à titre de paiement je suppose, on m'a fait descendre et on m'a montré le pied du mât de misaine, dans son massif fendu.

- Les gens ont des points de vue différents ?

- Oh oui. La discussion est chaude et n'est pas menée dans les termes légaux, ou peut-être devrais-je dire juridiques, qui conviendraient.

- Etes-vous d'accord avec le lieutenant en premier ou avec Mr Benét ?

- Ni l'un ni l'autre. Je suis étonné de la facilité avec laquelle des gens mal informés font état avec véhémence de convictions arrêtées, alors que leur jugement ne se fonde sur rien.

- Je crois qu'on ne devrait pas faire cette tentative. C'est beaucoup trop dangereux.

- Oui. Le lieutenant en premier le pense en effet. Si seulement vous voyiez le massif ! C'est gigantesque. La fente l'est aussi, j'en ai bien peur, et elle est effrayante. De même que le gémissement du mât quand il vacille et tourne dans le bois avec ce petit mouvement circulaire, irrégulier - imprévisible. Je ne sais pas ce qu'ils devraient faire. Sur le lieu, cependant, règne un embrouillamini de mesures provisoires. Certaines que le profane peut comprendre, d'autres qui sont impénétrables. Il y a des baux coincés entre le corps du mât et les couples les plus gros de la muraille. Il y a des cordages enroulés autour du mât, si tendus qu'on les croirait faits de métal. Pourtant, le mât bouge, malgré tous les baux et les câbles enroulés, les poulies et les palans, les accores et les tringles. Le spectacle est effrayant. Et puis, quand vous observez le petit mouvement, le spectacle est encore plus effrayant.

- Peut-il y avoir pire ?

- L'épouvante." ... [...]
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PuckPuck   15 mai 2012
La vérité, qui est plus bizarre que la fiction, est naturellement moins crédible. Un biographe honnête, si tant est qu'il en existe, atteindra toujours le point où il serait plus satisfait s'il pouvait atténuer les couleurs brutales de la vraie vie pour lui donner les teintes délicates du roman et de la légende!
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PuckPuck   15 mai 2012
J'ai toujours été déconcerté par certains auteurs comme Fielding et Smollet, pour ne rien dire des modernes, Miss Austen par exemple; ils estiment que, malgré les preuves que leur apporte la vie quotidienne, une histoire, pour être véridique, doit avoir une fin heureuse.
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