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Critique de mjaubrycoin


mjaubrycoin
  12 mai 2017


Ce livre d'Oliver Goldsmith fut pour moi une totale découverte car ce roman qui a bien l'allure d'un roman victorien, a en fait été écrit plus d'un siècle avant soit en 1766. Cette fable sympathique m'a immédiatement fait penser à l'histoire biblique de Job qui était bien entendu présente à l'esprit de tous les contemporains.
Le révérend Primrose qui vit heureux et dans l'aisance au sein d'une famille unie, est successivement accablé par tous les malheurs du monde. Il perd sa fortune, son fils ainé court les routes du vaste monde sans y trouver sa place, sa fille est séduite et abandonnée par un noble sans scrupules, sa maison brûle et pour finir il connait la prison pour dettes (qui n'avait rien à envier à cette époque à celle que Dickens nous a décrite plus tard dans son roman "La petite Dorrit").
Ce livre traite bien sûr des thèmes à la mode à toute époque (les risques que l'amour peut faire courir aux jeunes femmes trop confiantes, les revers de fortune, les faux semblants) et les mésaventures des personnages, narrées avec une réjouissante ironie parfois, en font une lecture distrayante .
Malgré toutes les épreuves qui le frappent, le révérend Primrose ne perd jamais la foi et fait face courageusement avec ce que l'on peut toutefois qualifier de suffisance orgueilleuse. S'érigeant en modèle au sein de sa famille, il ne fait pas preuve d'une grande tolérance pour les écarts des autres et s'il pardonne à sa fille, c'est parce que les malheurs de cette dernière et sa repentance , lui permettent de le faire sans perdre la face. Il va même jusqu'à prêcher au milieu des détenus qui l'entourent lors de son incarcération, les faisant profiter de leçons de morales censées améliorer leur nature foncièrement perverse.
Au delà de ces aspects qui peuvent agacer le lecteur, et qu'il faut replacer dans un contexte historique donné ce qui les rend plus compréhensibles, il convient de relever les analyses livrées par l'auteur qui sont parfois d'une grande modernité, notamment les développements consacrés à la politique pénale et qui peuvent annoncer le développement de la critique sociale et des lumières de la fin du 18ème siècle.
Le roman se termine de façon heureuse avec nos héros sauvés pas un "deus ex machina", ce qui l'inscrit dans la catégorie des contes philosophiques et évoque le célèbre "Candide" voltairien bien qu'il soit très en deçà en ce qui concerne la critique sociale et religieuse (totalement absente chez Goldsmith).
Pour manier l'anachronisme de façon assumée, je dirai que voici un roman "feel good" qui a dû connaitre un beau succès lors de sa sortie en faisant les délices des lectrices en mal de divertissement.
Pour découvrir la littérature de cette période, il est quand même préférable de relire Henry Fielding et son inoubliable "Tom Jones".

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