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Critique de LN


LN
  05 mars 2012
Dibou liquide sa société, déménage à Gournah pour vivre " en artiste" et coudre, sculpter... Si cette décision est mûrement réflechie, elle n'est pas exempt de questions : " Mais qu'est-ce que je vais faire maintenant ? - Faire, faire, faire, vous les Français, vous n'avez que ça à la bouche ! Et ETRE alors, vous n'y pensez jamais ?" (p. 135) lui répond sagement son ami égyptien...



Et c'est ainsi que Dibou va ETRE, être une femme accomplie oeuvrant pour des causes justes aux côtés des habitants du village, fustigeant le gouvernement en place qui préfère les touristes aux autochtones, critiquant les touristes eux-mêmes, complices.



"Ils ont l'illusion de faire partie d'une élite aisée, ayant accès à la culture, appartenant à une civilisation supérieure qui maîtrise les techniques, l'espace, le temps... En réalité ils sont des prolétaires en pleine activité, travaillant pour l'industrie du tourisme à des postes subalternes : consommateurs d'appoint dans des pays aux économies en voie de développement." (p. 45)



Elle et son ami Golo vont s'épanouir dans un pays magnifique au charme envoûtant, ne regrettant nullement le choix radical qui les a amenés à Gournah. Ils vont éveiller les enfants du village à la création et à la culture, mûs par un amour des autres incommensurables. Et même s'ils ne parviendront pas à sauver le village, ils resteront dans les mémoires des habitants et nous laissent ce superbe album, témoin magnifique d'un monde déchu.



l' L'alliance subtile entre les dessins de Golo et les photographies apporte puissance et magie aux propos.



Chroniques de la nécropole chante la vie, exhalte la beauté et parle avant tout d'amour et d'humilité.





" J'aime les bruits de Gournah, la voix des fellahs qui se répondent d'un champ à l'autre... le chant des oiseaux qui se tait d'un coup au coucher du soleil... le rire des enfants... le chant de la huppe, "Hod hod", qui change lorsqu'elle tourne la tête... le ramdam des moineaux... le braiement orgasmiques des ânes... la guêpe entrée par mégarde dans la maison qui s'obstine à rester devant les moustiquaires des fenêtres jusqu'à tomber d'épuisement... Les psalmodies du Coran qui reviennent tout au long de la journée pendant les trois jours des obsèques et sont si apaisantes..." (p. 180)




Une Bd à posséder absolument pour ne pas oublier qu'il est possible de créer quelque chose et de ne pas suivre bêtement la masse...
Lien : http://lecturissime.over-blo..
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