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Nadine Satiat (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080705490
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 60 notes)
Résumé :
"La Princesse, qui nous a écrit que Germinie l'avait fait vomir, nous attire dans un coin. Elle veut savoir, elle veut connaître, elle est infiniment intriguée que des gens comme nous fassent des livres comme cela. Elle jure ses grands dieux que cette bonne ne lui inspire aucun intérêt et que ce qui la révolte dedans, c'est qu'elle soit condamnée à faire l'amour de la même manière que ces malheureuses."
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Cath36
  19 octobre 2013
Je me demande bien pourquoi, alors qu'on fait (à juste titre) grand cas de Zola, ce roman des Frères Goncourt est tombé pratiquement dans l'oubli. Germinie Lacerteux est un modèle de roman social inaugurant le roman naturaliste. Trop réaliste peut-être, impitoyable sur la bêtise, l'égoïsme et la cruauté des êtres entre eux, il ne fait pas de cadeau aux classes populaires ni à la société en général.
L'histoire est simple : une jeune fille de la campagne, après bien des difficultés, devient bonne à Paris chez une vieille demoiselle un peu aigrie mais bonne et tombe amoureuse d'un aigrefin qui la mènera à sa ruine.
Les Goncourt, s'inspirant des portraits au vitriol De Balzac, ont tout réinventé :
-La façon de typer les personnages et d'amorcer le drame en présentant dès le départ les éléments qui, mis bout à bout le produiront.
-La manière d'utiliser les descriptions pour faire des tableaux extrêmement visuels et précis, plaçant ainsi le(s) décor(s) du drame, dans un espèce de poème en prose réaliste et cru.
-L'analyse rigoureuse et impitoyable de la psychologie des personnages dans le contexte d'une classe sociale étudiée en profondeur et en minutie.
-L'utilisation d'une écriture précise au vocabulaire riche et minutieux qui va à l'essentiel et n'utilise les détails que pour mieux appuyer son propos, faisant naître la vie d'éléments souvent sordides.
-La montée d'abord lente puis crescendo vers le drame et ensuite le decrescendo brutal qui, décrivant avec minutie la déchéance de l'héroïne aboutira à sa mort.
Zola nous apparaîtrait quelquefois moins brutal dans sa façon de procéder qu'Edmond et Jules de Goncourt, qui, à travers ce court roman, démontent impitoyablement les mécanismes d'une société qui broie les plus faibles. On comprend que la princesse Mathilde a pu écrire que "Germinie l'avait fait vomir". Ce n'est pas elle qui fréquentait les bas-fonds de la société du second Empire aux apparences joyeuses et frivoles, oui, mais pour qui ?
Ce livre me semble à redécouvrir autant pour le témoigage d'une époque que pour une meilleure compréhension de l'oeuvre de Zola. Si Balzac a tout inventé de l'analyse de l'âme humaine, ses successeurs l'ont dépassé en pragmatisme, en férocité et en analyse sociologique. Même si le trait est un peu forcé et que l'ensemble sente un peu trop la démonstration, cette vision d'une société matérialiste où l'amour sincère et naïf est récupéré par les malhonnêtes et les profiteurs fait froid dans le dos et sonne souvent très juste. Balzac ouvrait la porte à une possible rédemption ; ici l'enfer nous est ouvert.
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Epictete
  11 janvier 2014
Les frères Goncourt !
Chaque année, on prononce leur nom, mais qui à lu leur oeuvre ?
Vous peut-être , Bravo !
Personnellement j'avoue avoir attendu des années avant de soupçonner l'existence de "Germinie Lacerteux", et encore moins de "Soeur Philomène".
Pour vous présenter l'ouvrage, je vous soumets un extrait de la préface de la première édition, écrite par les Goncourt eux-même.
"Le public aime les romans faux : ce roman est un roman vrai.
Il aime les livres qui font semblant d'aller dans le monde : ce livre vient de la rue.
Il aime les petites oeuvres polissonnes, les mémoires de filles, les confessions d'alcôves, les saletés érotiques, le scandale qui se retrousse dans une image aux devantures des libraires ; ce qu'il va lire est sévère et pur. Qu'il ne s'attende point à la photographie décolletée du plaisir : l'étude qui suit est la clinique de l'amour.
Le public aime encore les lectures anodines et consolantes, les aventures qui finissent bien, les imaginations qui ne dérangent ni sa digestion ni sa sérénité : ce livre est fait pour contrarier ses habitudes et nuire à son hygiène."
Vous voilà prévenus !
Heureusement, au-delà de leurs écrits (Le journal y-compris) ils ont crée une dotation annuelle à partir de leur héritage permettant d'entretenir un comité qui récompense chaque année des oeuvres de création originales.
A vous de juger !
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raynald66
  07 août 2014
Je me suis enfin décidé à lire le roman des célèbres frères Goncourt. L'histoire de la déchéance de Germinie Lacerteux qui va s'endetter par amour et sombrer dans l'alcoolisme. Roman dans le style de Germinal et l'assommoir de Zola.
Extrait :
L'idée du scandale de sa liaison découverte, de l'éclat de sa faute dans le quartier, l'idée de cette chose abominable qui l'avait fait toujours penser au suicide : le déshonneur, même la peur de se voir découverte par mademoiselle, d'être chassée par elle, rien de tout cela ne put toucher à sa félicité.
Comme si elle l'eût déjà soulevé dans ses bras devant elle, l'enfant qu'elle attendait ne lui laissait rien voir que lui ; et se cachant à peine, elle portait presquefièrement, sous les regards de la rue, sa honte de femme dans l'orgueil et le rayonnement de la mère qu'elle allait être.Elle se désolait seulement d'avoir dépensé toutes ses économies, d'être sans argent et en avance de plusieurs mois sur ses gages avec sa maîtresse. Elle regrettait amèrement d'être pauvre pour recevoir son enfant.
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marie326
  05 mai 2012
« le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui ait l'odeur du peuple ». Il faut croire que Zola, à travers cette phrase, fut quelque peu dépassé par les évènements... En effet, les Goncourt nous font déjà visiter cet élan d'alcoolisme, de prostitution dans une atmosphère malsaine, impure qui règne dans la basse couche sociale parisienne. Germinie future Gervaise ? Ce qui semble clair, c'est que Les Goncourt seront précurseurs du naturalisme et Zola de la sociologie...
Roman à lire!
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emidam
  29 décembre 2015
Un roman réaliste caractéristique de son époque. Très réussi.
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Cath36Cath36   17 octobre 2013
-Sauvée ! nous voilà donc sauvée, mademoiselle, fit avec un cri de joie la bonne qui venait de fermer la porte sur le médecin, et, se précipitant vers le lit où était couchée sa maîtresse, elle se mit avec une frénésie de bonheur et une furie de caresses à embrasser, par-dessus les couvertures, le pauvre corps tout maigre de la vieille femme, tout petit dans le lit trop grand comme un corps d'enfant.
La vieille femme lui prit silencieusement la tête dans ses deux mains, la serra contre son coeur, poussa un soupir, et laissa échapper :
-Allons ! il faut donc vivre encore !
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AuroraeLibriAuroraeLibri   08 janvier 2017
En parlant mariage à Germinie, Mlle de Varandeuil touchait la cause du mal de Germinie. Elle mettait la main sur son ennui. L’irrégularité d’humeur de sa bonne, les dégoûts de sa vie, les langueurs, le vide et le mécontentement de son être, venaient de cette maladie que la médecine appelle la mélancolie des vierges. La souffrance de ses vingt-quatre ans était le désir ardent, irrité, poignant du mariage, de cette chose trop saintement honnête pour elle et qui lui semblait impossible devant l’aveu que sa probité de femme voulait faire de sa chute, de son indignité. Des pertes, des malheurs de famille venaient l’arracher à ses idées.

En parlant mariage à Germinie, Mlle de Varandeuil touchait la cause du mal de Germinie. Elle mettait la main sur son ennui. L’irrégularité d’humeur de sa bonne, les dégoûts de sa vie, les langueurs, le vide et le mécontentement de son être, venaient de cette maladie que la médecine appelle la mélancolie des vierges. La souffrance de ses vingt-quatre ans était le désir ardent, irrité, poignant du mariage, de cette chose trop saintement honnête pour elle et qui lui semblait impossible devant l’aveu que sa probité de femme voulait faire de sa chute, de son indignité. Des pertes, des malheurs de famille venaient l’arracher à ses idées.

En parlant mariage à Germinie, Mlle de Varandeuil touchait la cause du mal de Germinie. Elle mettait la main sur son ennui. L’irrégularité d’humeur de sa bonne, les dégoûts de sa vie, les langueurs, le vide et le mécontentement de son être, venaient de cette maladie que la médecine appelle la mélancolie des vierges. La souffrance de ses vingt-quatre ans était le désir ardent, irrité, poignant du mariage, de cette chose trop saintement honnête pour elle et qui lui semblait impossible devant l’aveu que sa probité de femme voulait faire de sa chute, de son indignité. Des pertes, des malheurs de famille venaient l’arracher à ses idées.

Chapitre VI
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marie326marie326   04 mai 2012
O Paris! tu es le coeur du monde, tu es la grande ville humaine, la grande ville charitable et fraternelle ! Tu as des douceurs d'esprit, de vieilles miséricordes de moeurs, des spectacles qui font l'aumône ! Le pauvre est ton citoyen comme le riche. Tes églises parlent de Jésus-Crist ; tes lois parlent d'égalité; tes journaux parlent de progrés; tous tes gouvernements parlent du peuple; et voilà où tu jettes ceux qui meurent à te servir, ceux qui se tuent à créer ton luxe, ceux qui périssent du mal de tes industries, ceux qui ont sué leur vie à travailler pour toi, à te donner ton bien-être, tes plaisirs, tes splendeurs, ceux qui ont fait ton animation, ton bruit, ceux qui t'ont mis la chaîne de leurs existences dans ta durée de capitale, ceux qui ont été la foule de tes rues et le peuple de ta grandeur!
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Cath36Cath36   19 octobre 2013
L'hiver de cette année dut assurer à Melle de Varandeuil une part de paradis. Elle eut à subir tous les contre-coups du chagrin de sa bonne, le tourment de ses nerfs, la vengeance de ses humeurs contrariées, aigries, et où les approches du printemps allaient bientôt mettre cette espèce de folie méchante que donnent aux sensibilités maladives la saison critique, le travail de la nature, la fécondation inquiète et irritante de l'été.
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EpicteteEpictete   11 janvier 2014
Lorsque la petite Germinie Lacerteux était arrivée à Paris, n'ayant pas encore quinze ans, ses soeurs, pressées de lui voir gagner sa vie et de lui mettre son pain à la main, l'avaient placée dans un petit café du boulevard où elle servait à la fois de femme de chambre à la maitresse du café,et d'aide aux garçons pour les gros ouvrages de l'établissement. L'enfant, sortie de son village et tombée là brusquement, se trouva dépaysée, tout effarouchée dans cette place, dans ce service. Elle sentait le premier instinct de ses pudeurs et la femme qu'elle allait être frissonner à ce contact perpétuel avec les garçons, à cette communauté de travail, de repas, d'existence avec des hommes,; et chaque fois qu'elle avait une sortie et qu'elle allait chez ses soeurs, c'étaient des pleurs, des désespoirs, des scènes où, sans se plaindre précisément de rien, elle montrait comme une terreur de rentrer, disant qu'elle ne voulait plus rester là, qu'elle s'y déplaisait et qu'elle aimait mieux retourner chez eux.
On lui répondait qu'elle avait déjà couté assez d'argent pour venir, que c'étaient des caprices, qu'elle était très bien où elle était, et on la renvoyait au café tut en larmes.
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