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EAN : 9782221055274
1218 pages
Éditeur : Robert Laffont (30/11/-1)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 9 notes)
Résumé :

Pendant cinquante ans, les frères Goncourt ont consigné, jour par jour, leurs observations sur la vie littéraire et artistique de leur temps. Peu enclins à l’indulgence, ils nous livrent une galerie de portraits féroces, dignes des caricatures de Daumier et de Gavarni, leurs modèles. Thiers : «le représentant le plus complet de sa caste […] ; c’est comme si la bourgeoisie, avant de mourir, se couronna... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  26 novembre 2015
On se moquera de moi si je dis que ce livre est fait de pages ... Pourtant, c'est bien le cas : la seule unité de ce journal est le passage du temps, et chaque "page" semble un texte à faire, une vignette, une miniature, un récit, un instantané de la vie des frères Goncourt. Bien sûr, c'est la loi du genre, mais dans le cas de ces auteurs, cette loi du genre devient une manière d'écrire et de percevoir le monde en images, en mots et en scènes disparates, toujours variés, toujours écrits avec le plus extrême soin, même dans l'ordure. En somme, le Journal des Goncourt est une plongée dépaysante dans le Paris du Second Empire, livre voyageur à recommander à tous les amoureux de la belle langue et du style un peu rococo, livre kaléidoscopique.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
stcyr04stcyr04   20 novembre 2013
Nous avons causé de l’idéal, ce ver rongeur du cerveau - l'idéal, « ce tableau que nous peignons avec notre sang, » (Hoffmann). La résignation du : « C’est ma faute ! » lui est encore revenue : « Pourquoi nous éprendre de l’inréel, de l’insaisissable ? Pourquoi ne pas prendre but à portée de notre main ? Quelque désir satisfaisable, un dada qu'on puisse enfourcher ? Par exemple, être collectionneur, c'est un charmant dada de bonheur. Il y avait encore la religion jadis : oh! le magnifique dada! Mais c’est empaillé maintenant… mais il faut avoir une vocation pour tous ces dadas-là. Tenez! ces bourgeois qui viennent ici le dimanche et qui rient si fort, je les envie. Ou encore le dada de Corot : c'est un brave homme, qui cherche des tons fins et qui les trouve! Il est heureux. Ça lui suffit.
« Et pour l’amour, que nous exigeons de chose de la vie ! Nous demandons à nos maîtresses d’être honnêtes et coquines. Nous leur demandons d’avoir tous les vices et toutes les vertus! ... Nous sommes tous des fous. Des fleurs qui sentent, le plaisir qui est, la femme belle, nous ne les savourons pas. Nous avons une maladie dans la tête. Les bourgeois ont raison… mais être raisonnable, est-ce vivre?»
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stcyr04stcyr04   17 décembre 2013
Je m'aperçois que la littérature, l'observation, au lieu d'émousser en nous la sensibilité, l'a étendue, raffinée, développée, mise à nu. Cette espèce de travail incessant qu'on fait sur soi, sur ses sensations, sur les mouvements de son cœur, cette autopsie perpétuelle et journalière de son être arrive à découvrir les fibres les plus délicates, à les faire jouer de la façon la plus fine. Mille ressources, mille secrets se découvrent en vous pour souffrir. On devient à force de s'étudier, au lieu de s'endurcir, une sorte d'écorché moral et sensitif, tressaillant à la moindre chose, sans défense, sans enveloppe, tout tressaillant et tout saignant. L'analyse a creusé le cœur.
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stcyr04stcyr04   25 novembre 2013
A bien étudier la femme, c'est un animal plus raisonnable que l'homme, plus bourgeois, plus sensé, sacrifiant moins à l'imprévu, plus sur les gardes de ses sens, de son cœur, moins victime de l'occasion. - Cette femme me laisse un peu regarder dans son cœur tout nu; c'est une excellente nature, et cependant ses amours ont été plutôt un arrangement moral et financier de sa vie qu'un roman. C'est étonnant - les hommes semblent mettre cinquante ans à l'apprendre - comme les femmes regardent leur sexe comme un gagne-pain! Elles ont beau l'enguirlander de toutes les fleurs imaginables : pour les pauvres, pour les riches, pour celles qui sont élevées, pour celles qui ne le sont pas du tout, leur sexe est une carrière, traversée de quelques aventures, mais bien courtes.
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stcyr04stcyr04   25 novembre 2013
On ne conçoit que dans le silence et comme dans le sommeil et le repos de l'activité morale. Les émotions sont contraires la gestation des œuvres. Ceux qui imaginent ne doivent pas vivre. Il faut des jours réguliers, calmes, un état bourgeois de tout l'être, un recueillement bonnet de coton pour mettre au jour du grand, du tourmenté, du nerveux, du passionné, du dramatique. Les gens qui se dépensent par trop dans leurs passions ou dans le mouvement nerveux ne feront pas d’œuvres et auront épuisé leur vie à vivre.
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stcyr04stcyr04   27 décembre 2013
Pour nous faire accepter la vie, Dieu a été forcé de nous en retirer la moitié. Sans le sommeil, qui est la mort temporaire du chagrin et de la souffrance, l'homme ne patienterait pas jusqu'à la mort.
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Video de Jules de Goncourt (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jules de Goncourt
E.Couly reçoit Pierre Ménard d'après sa biographie, "Les infréquentables frères Goncourt" Ed. Tallandier dans l'atelier du peintre d'intérieur Laurent de Commines.
Edmond et Jules de Goncourt sont comme écrasés par leur nom. Si nul n'ignore le prix qu'ils ont fondé, l'oubli a frappé la vie et l'oeuvre de ces deux frères qui se sont attaqués pendant près d'un demi-siècle à tous les genres littéraires, et plus encore au genre humain.
Suivre les Goncourt, c'est courtiser la princesse Mathilde, dîner avec Zola, survivre à la Commune, passer des salons des Rothschild aux soupentes sordides et recevoir toute l'avant-garde artistique dans leur Grenier de la Villa Montmorency.
Pamphlétaires incisifs, romanciers fondateurs du naturalisme, dramaturges à scandale, collectionneurs impénitents , ces langues de vipère ont légué à la postérité un cadeau empoisonné : un Journal secret qui fait d'eux les meilleurs chroniqueurs du XIXe siècle.
Seule la méchanceté est gratuite , aussi les deux écrivains la dépensent-ils sans compter. Chaque page laisse éclater leur détestation des femmes, des parvenus, des Juifs, des artistes et de leurs familiers. On découvre Baudelaire ouvrant sa porte pour offrir aux voisins le spectacle du génie au travail, Flaubert invitant ses amis à déguster des « cervelles de bourgeois », les demi-mondaines étalant un luxe tapageur ou Napoléon III entouré d'une cour servile qui met en bouteilles l'eau de son bain…
Réactionnaires ne jurant que par la révolution en art, aristocrates se piquant de faire entrer le bas peuple dans la littérature, les Goncourt offrent un regard aiguisé sur un monde en plein bouleversement, où, de guerres en révolutions, le paysan fait place à l'ouvrier, la bougie à l'ampoule et le cheval à l'automobile.
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