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EAN : 9782221059449
1292 pages
Éditeur : Robert Laffont (31/12/1989)

Note moyenne : 4.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Fresque détaillée du temps des frères Goncourt. Dès le début de leur carrière littéraire, ils ont consigné quotidiennement les rencontres qu'ils ont faites, ce qu'ils ont entendu, livrant ainsi un portrait sans complaisance de leurs contemporains.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  26 novembre 2015
Ce second volume du journal des Goncourt appelle les mêmes remarques que le premier, mais des événements surviennent qui en changent la nature : d'abord, la mort du frère, qui laisse le diariste seul, ensuite, la guerre de 1870, la proclamation de la République et la Commune, quand les soubresauts de l'histoire viennent perturber la vie littéraire qui est ici racontée, décrite et moquée. le livre gagne en douleur, peut-être en profondeur, sans rien perdre de sa drôlerie (occasionnelle) et de son acuité, ni de cet art du style qui l'a rendu célèbre. le seul reproche que l'on pourrait faire à cette utile édition est l'absence d'une table des noms propres, travail titanesque certes, mais qui aurait été précieux pour guider le lecteur sélectif vers certains passages, et l'aurait aidé à voyager à travers cette chronique artistique, politique et littéraire qui va de 1855 à 1886.
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Siladola
  02 juillet 2014
Précieux confiturier plein de délicates gourmandises, ce Journal si connu que l'on hésite à ajouter un couplet à l'innombrable chaîne des commentaires vaut aussi par son témoignage sur la vie littéraire. Flaubert, Sainte-Beuve et toute une kyrielle d'artistes et d'écrivains animent dîners en ville et soirées mondaines, dans un carrousel de fantômes digne du Temps Retrouvé. A ce propos, Marcel Proust pastiche le Journal des Goncourt dans une pièce virtuose de ce dernier volume de la Recherche du Temps Perdu. C'est l'occasion de comprendre les ressorts du style "artiste" des deux frères; et bien sûr c'est drolatique. Mais l'original mérite d'être visité.
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OncleDan
  25 novembre 2019
Certainement l'une de mes meilleures lectures de l'année : clarté et finesse d'écriture, capacité à traduire les sentiments, descriptions de la nature ou des personnes d'une justesse et d'une précision époustouflantes, anecdotes croustillantes, etc. Seul leur mépris des classes populaires m'a gêné...
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
stcyr04stcyr04   05 janvier 2014
Il se pourrait bien que ce grand 89, que personne, même parmi ses ennemis et ses antagonistes, n'aborde dans un livre qu'avec toutes sortes de salamalecs, ait été moins providentiel aux destinées de la France qu'on ne l'a supposé jusqu'ici. Peut-être va-t-on s'apercevoir que depuis cette date, notre existence n'a été qu'une suite de bas et de hauts - de hauts, quand un homme de génie se trouvait là par hasard -, une suite de raccommodages de l'ordre social, forcé de demander à chaque génération un nouveau sauveur. La Révolution française a tué la discipline de la nation, a tué l’abnégation de l’individu, entretenue par la religion et quelques autres sentiments idéaux. Et ce qui avait survécu de ces sentiments, notre premier sauveur l’a achevé avec la phrase de son premier ministre : “Enrichissez-vous!”, notre second sauveur avec son exemple et celui de sa cour qui disait : “Jouissez!”. Et quand toutes les religions étaient bien mortes, on faisait, par le suffrage universel, du sentiment destructif et désorganisateur du bas de notre nation la véritable souveraineté française.
Quatre-Vingt-Neuf eût pu inaugurer le gouvernement d’un autre peuple, d’un peuple aimant sérieusement la liberté et l’égalité, d’un peuple instruit, jugeur, de libre examen. Mais pour le tempérament sceptique, blagueur et gogo de la France, Quatre-Vingt-Neuf me semble destiné à devenir le régime mortel.
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   19 mars 2019
Au fond, rien ne m’intéresse plus, il me semble que je ne suis plus un contemporain. […] J’ai comme le sentiment d’être déjà mort ! 

(Le 2 mars 1872, Théophile Gautier avoue à ses amis Edmond de Goncourt et Ivan Tourgueniev, qui dînent avec lui chez Flaubert, sa lassitude.)
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stcyr04stcyr04   10 janvier 2014
L'envie - et l'envie du haut en bas de la société -, c'est la grande maladie nationale. J'ai eu un oncle très riche et très avare, qui aurait donné de son argent - et pas mal - pour voir tomber du ministère Lamartine, qu'il ne connaissait pas du tout.
Cet oncle était le représentant de la grande bourgeoisie française, qui souffre des poèmes créés par les poètes, des victoires gagnées par le général, des découvertes mises au jour par le savant. Car, en effet, toute la notoriété, tout le retentissement, tout le bruit glorieux qui se fait en France, autour d'un nom français, semble se faire au détriment de tous les français. A toute affirmation d'une supériorité, chacun, en France, jaunit un peu et chacun sent l'ictère rongeur mordre à son foie jaloux.

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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   26 novembre 2015
1885. Je souffre peut-être pour la première fois depuis la mort de mon frère de me trouver seul. Quand je faisais des romans, que je créais des personnages, ma création me tenait compagnie, faisait une société, peuplait enfin ma solitude - je vivais avec les bonshommes et les bonnes femmes de mon bouquin. L'histoire avec ses personnages défunts ne vous donne pas cette illusion, cette hallucination, si vous voulez.
p. 1166
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stcyr04stcyr04   31 décembre 2013
Il n'y a que deux grands courants dans l'histoire de l'humanité : la bassesse qui fait les conservateurs et l'envie qui fait les révolutionnaires.
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Video de Jules de Goncourt (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jules de Goncourt
E.Couly reçoit Pierre Ménard d'après sa biographie, "Les infréquentables frères Goncourt" Ed. Tallandier dans l'atelier du peintre d'intérieur Laurent de Commines.
Edmond et Jules de Goncourt sont comme écrasés par leur nom. Si nul n'ignore le prix qu'ils ont fondé, l'oubli a frappé la vie et l'oeuvre de ces deux frères qui se sont attaqués pendant près d'un demi-siècle à tous les genres littéraires, et plus encore au genre humain.
Suivre les Goncourt, c'est courtiser la princesse Mathilde, dîner avec Zola, survivre à la Commune, passer des salons des Rothschild aux soupentes sordides et recevoir toute l'avant-garde artistique dans leur Grenier de la Villa Montmorency.
Pamphlétaires incisifs, romanciers fondateurs du naturalisme, dramaturges à scandale, collectionneurs impénitents , ces langues de vipère ont légué à la postérité un cadeau empoisonné : un Journal secret qui fait d'eux les meilleurs chroniqueurs du XIXe siècle.
Seule la méchanceté est gratuite , aussi les deux écrivains la dépensent-ils sans compter. Chaque page laisse éclater leur détestation des femmes, des parvenus, des Juifs, des artistes et de leurs familiers. On découvre Baudelaire ouvrant sa porte pour offrir aux voisins le spectacle du génie au travail, Flaubert invitant ses amis à déguster des « cervelles de bourgeois », les demi-mondaines étalant un luxe tapageur ou Napoléon III entouré d'une cour servile qui met en bouteilles l'eau de son bain…
Réactionnaires ne jurant que par la révolution en art, aristocrates se piquant de faire entrer le bas peuple dans la littérature, les Goncourt offrent un regard aiguisé sur un monde en plein bouleversement, où, de guerres en révolutions, le paysan fait place à l'ouvrier, la bougie à l'ampoule et le cheval à l'automobile.
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