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ISBN : 2283030544
Éditeur : Buchet-Chastel (04/05/2017)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 13 notes)
Résumé :
« Alors elle l’a préparée, jour et nuit, sa robe de mariage, avec ses mots à lui, et si elle le pouvait, elle les coudrait à même sa peau, elle se les tatouerait à l’aiguille et au fil, sur les seins et sur les hanches, pour en sentir la morsure, pour ne jamais être distraite de lui. »

Banlieue parisienne, années 2000. Soir après soir, Leïla se penche sur son chef-d’œuvre d’encre et de papier : une robe constituée des cinquante-six lettres que lui a ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
motspourmots
11 mai 2017
Il y a des livres que l'on voudrait aimer.
Parce que le sujet.
Parce que l'objet.
Cette couverture délicate, très douce.
Cette idée de départ si belle. Une jeune femme, Leïla confectionne sa robe de mariée à partir des lettres envoyées par son fiancé alors loin d'elle.
Chacune des lettres, avant d'être assemblée aux autres, dans une sorte d'ordre chronologique et selon un plan pré-établi ravive des souvenirs, des moments passés à deux. Plus que des lettres, ce sont des morceaux de vie qui vont constituer le vêtement final. Au fil du montage, on en apprend un peu plus sur Leïla et Dan ainsi que sur la raison qui a poussé la jeune femme à procéder ainsi.
Alors ? Qu'est ce qui ne m'a pas plu ?
Disons que je n'ai pas été convaincue. Il y a quelque chose qui ne marche pas. Un décalage entre une écriture trop précieuse, un style parfois ampoulé et un contenu très terre à terre. L'idée qui aurait nécessité de la simplicité dans l'exécution, une certaine épure est finalement gâchée par trop de lourdeur. J'ai regretté aussi une absence de psychologie fouillée des personnages ; ils ne sont qu'effleurés, du coup on ne vibre pas.
Dommage, c'était pourtant prometteur.
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zabeth55
16 mai 2017
Deux personnages principaux dans ce court roman.
Leïla, issue d'une famille de réfugiés afghans
Dan, son amour absent, parti dans un pays lointain torride d'où il lui écrit des lettres.
Elle coud ces lettres, soir après soir, pour faire sa robe de mariée.
Beaucoup de tact et de douceur pour écrire cette histoire.
On apprend tout par bribes, par réminiscences.
On suit la passion qui les unit
On découvre le milieu des réfugiés afghans.
Elle est douce et brisée Leïla.
Pourquoi est-elle brisée ?
J'ai beaucoup aimé me plonger dans cet univers étrange et solitaire tout en subtilité.
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hcdahlem
22 juin 2017
Court roman? Longue nouvelle? Après tout qu'importe, puisque seul compte le plaisir que l'on prend à découvrir cette histoire aussi originale que prenante.
Tout commence par une séance photo dans un bel endroit à la campagne. Si le photographe est satisfait de ses prises de vue, son modèle, une jeune femme en robe de mariée, a le regard un peu perdu.
Mais on n'en saura pas davantage pour le moment, car Claire Gondor revient en arrière et nous entraîne alors dans le quotidien de Leïla. Au fil des pages, on comprend que cette jeune femme vit séparée de son homme. Dan est parti dans un pays chaud, laissant Leïla à une solitude bien difficile à combler. Toutefois, un peu comme au temps des croisades où les épouses comblaient l'attente du retour de leurs preux chevalier en effectuant des travaux d'aiguille, Leïla crée une robe avec son bien le plus précieux: les lettres qu'elles reçoit régulièrement de Dan et qui l'émeuvent tant. Elle ne sait trop comment est né cette idée, mais elle y voit un moyen de conjurer son sort funeste « La vie n'attendait pas que Leïla se relève. Il fallait construire à présent, et rassembler les morceaux de son existence en miettes. Les reprendre à l'aiguille, les ramasser au fil, en suivant les courbes d'un patron de robe. Suturer la douleur pour la faire taire enfin. »
Si on ne saura jamais vraiment quelle mission a été confiée à Dan, on va en apprendre un peu plus sur leur relation, leur rencontre, leur amour naissant et leur projet de mariage. On va aussi aussi découvrir que Leïla vient d'Afghanistan. Un pays qu'elle a fui avec sa famille et dont elle conserve la nostalgie. Des souvenirs entretenus par sa tante Fawzia, détentrice des belles histoires, des légendes et des recueils de poésie qui vont nourrir l'imaginaire de sa nièce autant que sa mélancolie.
L'auteur brode son récit jusqu'à la 54e et dernière lettre, posant en quelque sorte la dernière pièce d'un puzzle qui révèle alors l'oeuvre dans sa totalité. C'est finement joué, tellement même que l'on aurait aimé suivre cette belle langue encore un peu plus. Après avoir publié des recueils de nouvelles et des poèmes, c'est un peu comme si Claire Gondor n'avait pas osé franchir totalement le pas vers le «vrai» roman. Quoiqu'il en soit, on se réjouit de cette découverte et on attend le prochain roman, plus étoffé, avec impatience !
Lien : https://collectiondelivres.w..
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MaminouG
12 juin 2017
Déjà, la couverture du livre est attirante, discrète et jolie, claire et parsemée de touches noires… des mots… elle donne envie d'ouvrir et de voir ce qui se cache derrière ce titre aux allures de jeu de mots "Le coeur à l'aiguille". le coeur à l'aiguille, c'est le titre du premier roman de Claire Gondor.
Et là commence… ou bien finit, peut-être, l'histoire de Leïla. Elle commence par cette phrase "La photo serait belle assurément." Leïla est une jeune fille, elle vit dans la région parisienne et pleure l'absence de Dan, son amoureux, parti se battre à Khartoum. Dan écrit des lettres, enfin, plutôt des petits mots sur des petits papiers. Et Leïla, couturière décide d'en faire sa robe de mariée…
Le récit a quelque chose de suranné. Il est tout en douceur, élégant, gracieux. L'écriture est coquette, poétique, aérienne "Le soir tombait sur le canal. La terre semblait s'ouvrir pour laisser monter le brouillard". Elle touche aussi à la passion, au charnel "Femme de chair et de papier, revêtue de ses mots à lui…. Ils épousaient son corps, ils épousaient son âme". Tout me semble délicat, dans ces mots choisis qui traduisent l'amour de Leïla. le thème est original qui consiste à coudre ces lettres sur des carrés de tissu, à les positionner de façon très précise, à les relire avant de les utiliser.
Et pourtant, pourtant le charme n'opère pas complètement. Ma lecture est distanciée, je lis mais ne ressens pas. Je ne ressens pas d'empathie pour cette jeune fille, je ne ressens pas de crainte pour son compagnon en danger. J'ai l'impression de me regarder lire. Mais les personnages ne me parlent pas. Pourquoi ? Les morceaux de lettres prennent-ils la place de celui qui les a écrites ou de celle qui est en train de les assembler au point de les cacher ? M'aurait-il fallu davantage de détails sur la vie de chacun ? Dan ne révèle rien de ce qu'il vit au loin… ce manque nuit-il à l'intérêt ? Leïla me paraît fade, son amour pourtant sincère n'a pas l'éclat que certaines phrases laissaient imaginer. Sans doute aurait-il suffi de presque rien pour pallier ce manque, cette déception, ce goût d'inachevé. C'est joli, raffiné, mais sans véritable saveur.
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mireille.lefustec
04 juin 2017
Le coeur à l'aiguille de Claire Gondor
Je commence par ma conclusion : ce tout petit livre est un bijou.
Tout à fait ce que j'aime : une écriture parfaite, une ambiance feutrée, toute de douceur et d'amour.
Ce sont d'abord les lettres de son aimé, brèves missives de quelques mots que Leïla coud , soir après soirs, sur des carrés de tissu blancs pour s'en faire une robe. de mariée ou de deuil. « Comment cette idée de se fabriquer une robe de mots était née, Leïla ne saurait le dire. Dès le lendemain, (…) elle avait su. Su que c'était là la seule manière de panser la béance. »
On ressent la tristesse profonde de la jeune femme qui devait arrêter son travail de couture « pour aller se coucher et mettre en sommeil la fabrique à idées noires qui ferraillait dans sa tête. »
Ensuite, ce sera le souvenir des moments heureux avec Dan, le souvenir des soirées passées avec sa famille afghane exilée à Paris.
Le ton en est différent, c'est celui du récit, de la vie.
Une fois le livre terminé, j'ai relu le chapitre d'ouverture qui prend tout son sens.
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem22 juin 2017
Elle n'avait jamais imaginé qu'un parfum pût l'émouvoir à ce point, qu'il pût l'appeler tout entière, la mettre en mouvement, faire tressaillir son ventre. Son odeur comme un coup de sifflet la convoquant-sur-le-champ. Elle aurait pu passer des heures à le respirer ainsi, muette, le souffle court, les reins noués, jusqu'à sentir en elle quelque chose s'élargir, un instinct prendre forme, une faim brutale, carnassière, sans bride montrer soudain les crocs. Son odeur singulière, sa signature, attisait chez Leïla le sauvage. (p. 48)
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gambadougambadou08 juin 2017
"C'était toujours le même rituel : elle s'imprégnait d'abord de la lettre de Dan, la lisait lentement une fois, puis une autre fois encore. Chaque mot comptait, chaque signe ; elle fermait les yeux, se laissait emporter par le rythme des phrases , tantôt heurté et tantôt lisse, par leurs sonorités, leur apparente rudesse - tous ces sons qui en bouche avaient la rondeur d'un cocon rassurant, un abri tout chaud, ces mots qui chuchotés luisaient dans la douceur même des premières confidences devenaient aux confins de la rêverie des façades hérissées de herses, des territoires étranges, inconnus, voire hostiles, un pays merveilleux où dans les grottes se tapissent des dragons édentés et des chevaliers stupides. Tout cela tourbillonnait un moment de sa tête, c'était un ballet de mots et de sons, de syllabes qui finissaient par s'entrechoquer et s'amalgamer sans logique. Le sens n'importait plus. "
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LoretteIpsumLoretteIpsum15 mai 2017
Fil noir au chas de l'aiguille dans la main tatouée de Leïla; cinquante et unième lettre dans la main vierge, dans la main gauche de Leïla. Fil, noeud, dent, ciseaux. Les mêmes gestes tous les soirs, les mêmes mains et leurs aiguilles, et cette robe qui s'évase sur le mannequin du salon, et cette boîte qui se vide, soir après soir, dans le silence.
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mireille.lefustecmireille.lefustec04 juin 2017
L'absence enjolivait le souvenir pâlissant de leur terre natale.
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mireille.lefustecmireille.lefustec04 juin 2017
Le passé était un gouffre qui l'aspirait, un leurre qui la détournait de l'instant.
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