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EAN : 9782809710243
336 pages
Editions Philippe Picquier (22/08/2014)
4.35/5   101 notes
Résumé :
Yujeong a le cœur en miettes lorsque sa tante Monica, qui est religieuse, l’emmène à la Maison d’arrêt de Séoul visiter un condamné à mort. Rien ne semble pouvoir rapprocher une jeune désespérée de bonne famille d’un triple meurtrier, et pourtant…
Au fur et à mesure de leurs rencontres, ils vont se raconter avec sincérité leurs « vraies histoires », affronter les ténèbres et découvrir les lumières éblouissantes au sein de ces ténèbres, réparer leurs âmes meu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
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Ladybirdy
  15 octobre 2021
Voici un très beau roman coréen qui m'a beaucoup émue pour les multiples questions sur l'amour qu'il suscite comme les ravages d'une enfance dépourvue d'amour et la rédemption à travers la peine de mort.
Yujeong n'est plus que l'ombre d'elle-même, la mort l'obsède tant sa vie lui semble vaine. Après une énième tentative de suicide, sa tante Monica lui propose à l'alternative d'une hospitalisation en psychiatrie, de l'accompagner à la Maison d'arrêt de Séoul voir un condamné à mort, Yunsu.
Ce n'est pas de gaieté de coeur qu'elle accepte mais sa tante Monica compte tant pour Yujeong.
Quand elle rencontre Yunsu, quelque chose lui est familier chez cet homme, la souffrance éveille les signaux chez ceux qui la connaissent. Les deux écorchés, à force d'écoute, de réflexions, d'empathie vont tisser un lien qui doucement leur apprendra à pardonner.
L'écriture de l'auteure est une petite merveille, un temple où se côtoient poésie et douleurs.
Une juste réflexion est aussi portée sur la peine de mort avec une immersion auprès d'un prisonnier menotté nuit et jour, traité comme un insecte avec une explication évidente de la transformation latente d'un innocent en monstre.
Quant a Yujeong, c'est le poids d'une enfance piétinée qui est au centre où l'amour n'avait pas sa place.
Un roman qui happe, sonne juste et nous rappelle que nous ne naissons pas tous égaux, que derrière chaque coups mortels se cache un être qu'on a étranglé trop jeune, à qui il ne lui aura pas été appris à aimer.
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CasusBelli
  04 juin 2021
Bon sang quelle rencontre ! Ce livre est une véritable pépite, j'ai rarement été transporté à ce point.
Pour commencer il me faut dire que je suis loin de mes lectures habituelles, ma première expérience en littérature Coréenne, ma première rencontre avec Ji-young Gong et un thème un peu particulier puisqu'il sera question de prison et de peine de mort.
"Yujeong a le coeur en miettes lorsque sa tante Monica, qui est religieuse, l'emmène à la Maison d'arrêt de Séoul visiter un condamné à mort", c'est le point de départ d'un récit envoûtant et transcendant au sens propre du terme.
Réflexions sur le mal de vivre, sur la perception du malheur et de l'injustice, cette rencontre entre une "fille de bourgeois" et un meurtrier pourrait tomber dans les travers du cliché ou de la caricature mais ce ne sera pas le cas ici car ce qui fait la force et la beauté de ce récit est son extraordinaire justesse de ton, sans "pathos" aucun.
La construction de cette histoire est d'une maîtrise rare, sa progression est subtile et surtout cohérente.
Si j'ai vécu cette lecture de façon intime, c'est qu'en suivant la transformation de ces deux êtres qui vont devoir "s'ouvrir" pour grandir, je me suis ouvert moi-même à des questionnements qui m'ont passionné et remué comme je n'aurai pas pensé l'être.
La peine de mort étant abolie en France depuis 1981, il s'agit d'un thème de réflexion qui m'était inconnu, ce livre m'a permis de me forger une idée précise tant les arguments sont forts et évocateurs.
Je vais m'arrêter là avec le regret de ne pas trouver les mots qui conviendraient vraiment pour exprimer toute l'émotion que m'a procuré cette lecture.
J'ai juste envie de dire, lisez-le ! Je pense que vous ne le regretterez pas.
Il me reste à remercier Anne (Bruidelo) pour m'avoir fait découvrir ce très beau livre.
"Voilà, j'avais enfin compris pourquoi tante Monica allait dans cette prison depuis trente ans..."
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Bruidelo
  03 janvier 2021
Yujeong trimballe son mal-être avec l'«envie de jeter sa vie tout entière à la poubelle et de crier au monde : Oui, je suis une merde, j'ai tout raté... je suis un cas désespéré...». Après une nouvelle tentative de suicide, plutôt que d'aller à l'H.P., elle accepte d'accompagner sa tante, la seule personne avec qui elle a une relation sympa, dans ses visites à un condamné à mort. Et c'est une thérapie qui va plutôt bien lui réussir.
On a une double narration qui nous donne accès, en plus du point de vue de Yujeong, au témoignage de Yunsu, le condamné - et son cahier bleu, c'est du lourd, avec un tableau d'une dureté sociale terrible.
Au début, l'alternance des narrateurs empêche peut-être une totale plongée dans l'univers romanesque, mais finalement ça marche bien, très bien même. Gong Ji-Young nous raconte avec beaucoup de finesse une vraie, une très belle rencontre entre ces deux personnages de milieux sociaux bien différents. Une relation forte, avec ses jeux de miroir et des émotions, des sentiments puissants subtilement évoqués, qui va leur permettre de s'attaquer à leur prison intérieure.
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NathalC
  04 juin 2016
Je viens de refermer ce livre et je ne sais que dire !!
2 personnes que tout oppose. Et pourtant...
Ce livre n'est pas un playdoyer pour ou contre la peine de mort.
Je dirais que c'est un livre qui permet à chacun de s'ouvrir à l'autre... Apprendre à ne pas juger. Chaque personne est à chaque moment de sa vie différente, chacun évolue.
La gentillesse, la méchanceté, la tendresse, la violence, l'amour, la haine, le pardon, l'hypocrisie. Ce livre est un ensemble qui regroupe tous ces sentiments...
Je n'ai pas de mots pour qualifier ce que je ressens, excepté que j'ai été touchée au plus profond de moi...
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sandrine57
  06 avril 2018
Issue d'une riche famille séoulite, Yujeong n'y a pas trouvé sa place. Marquée par un drame intime, elle est en rébellion depuis ses quinze ans et s'oppose particulièrement à sa mère qui ne l'a jamais soutenue. A 30 ans, elle vient de faire une troisième tentative de suicide, encore un appel à l'aide ignoré par les siens, sauf par sa tante, religieuse catholique qui office sous le nom de Soeur Monica. La vieille femme lui propose de soigner son mal-être en se frottant à la vraie misère en l'accompagnant à la Maison d'arrêt de Séoul lors de ses visites. C'est ainsi que, bon gré, mal gré, Yujeong rencontre Yunsu, un prisonnier condamné à mort pour un triple meurtre. Comme elle, il est jeune mais il attend la mort, il la souhaite même pour mettre fin à une vie de souffrances. Confrontée à cet homme dont elle se sent si proche alors qu'ils n'ont rien en commun, Yujeong, qui jusque là vivait recroquevillée sur elle-même, s'ouvre à l'autre, le découvre, se sent capable de s'attacher à un autre être humain.
Située en 1996, au moment où la Corée exécutait encore ses condamnés à mort, l'histoire de Yujeong et Yunsu raconte plus la rédemption que la mort. La jeune fille de bonne famille qui se déteste, cherche à se détruire et le prisonnier qui n'a connu que la violence et la misère se retrouvent une fois par semaine dans une petite pièce, sous le regard protecteur d'un religieuse et la surveillance d'un gardien silencieux. Réticents au départ, ils finissent par s'apprivoiser et se livrer. Celui qui a survécu aux coups d'un père alcoolique, à l'abandon d'une mère, à la perte d'un petit frère aveugle, aux brimades de l'orphelinat, au froid de la rue s'interroge sur un destin qui semblait tout tracé pour le conduire entre ses murs, enchaîné comme une bête, à attendre la pendaison qu'il pense mériter. Elle avait tout pour être heureuse, la beauté, l'argent, tous les atouts pour s'accomplir professionnellement et trouver un mari tout aussi nanti qu'elle. Mais une agression sexuelle a mis un terme à son envolée et l'a plongée dans une dépression telle qu'elle veut en finir avec la vie.
De leur rencontre naîtra la pureté d'une relation basée sur la confiance, l'amour, le pardon et la foi.
Poignant mais aussi optimiste, ce récit n'est pas un plaidoyer contre la peine de mort, plutôt une interrogation sur la façon dont la Corée traite ses condamnés et leur impossible rachat. Dans une prison coréenne, le condamné est enchaîné jour et nuit, lape plutôt qu'il ne mange la soupe insipide qu'on lui sert, ne dispose d'aucun argent, d'aucun chauffage, son seul droit est un conseiller religieux de la confession de son choix. Certains acceptent leur situation grâce à leur foi et trouvent le chemin de la rédemption et du pardon. Mais il ne leur est pas accordé de seconde chance. Jusqu'en 1997, la Corée pendait les condamnés à mort, depuis, bien que la peine de mort soit toujours inscrite dans constitution, elle les laisse vivoter en cellule.
Un livre très émouvant, même si les considérations religieuses peuvent irriter par moment. Il faut en faire abstraction et ne retenir que la beauté de ces parcours de vie qui convergent dans l'amour. Une lecture bouleversante.
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   01 mai 2016
Eunsu et moi avons été envoyés dans un orphelinat. Ma vie s'est mise à ressembler à celle d'un mercenaire errant, je ne pouvais pas dormir tranquille une seule nuit, j'étais comme une sentinelle. Au retour de l'école, je retrouvais mon frère aveugle couvert de bleus et les autres enfants lui avaient volé son repas. Je cherchais les coupables, je les tabassais jusqu'à ce qu'ils aient le nez en sang. Après quoi, c'était le surveillant qui me frappait jusqu'à ce que j'aie le nez en sang. J'étais le mauvais garçon de l'orphelinat, un vrai dur à cuire. Le lendemain, pendant que j'étais à l'école, Eunsu subissait la vengeance de ceux que j'avais frappés la veille, au retour de l'école, je le vengeais de nouveau, puis le surveillant me frappait encore plus fort. Trois catégories d'êtres humains passaient donc leurs jours à punir et à se venger. Pendant cette période, on aurait dit que j'exerçais le sang que j'avais hérité de mon père, que je m'entraînais à la violence, au cri, au mensonge, à la révolte et à la haine. J'étais devenu une bête. Sinon, je n'aurais pas su comment continuer. Si je n'étais pas devenu une bête, je n'aurais été rien du tout.
(p. 85-86)
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ZilizZiliz   03 mai 2016
- Euh... à propos de l'exécution [des condamnés à mort, en masse, en Corée du sud]... vous êtes avertis à l'avance ?
Il hésita un instant avant de répondre :
- Oui, la veille au soir... Quand la nouvelle tombe, nous les éducateurs, on est obligés de boire pour la faire passer. Ce sont des criminels, au début on les déteste... mais en les accompagnant un bout de chemin, on finit par s'attacher. A lire la presse, ce sont des bêtes, mais quand on les connaît, ce sont des êtres humains comme nous. Et les hommes sont à peu près tous pareils, finalement... Après l'exécution, pendant un mois à peu près, on ne peut pas vivre sans alcool.
(p. 282-283)
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LadybirdyLadybirdy   12 octobre 2021
Ce n’est pas parce qu’on est habitué à être trahi qu’on ne souffre pas à chaque trahison, ce n’est pas parce qu’on tombe souvent qu’on se relève facilement une fois encore.
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BruideloBruidelo   05 janvier 2021
Les feuilles du platane se détachaient et s’envolaient. Je pensai que ce serait bien que les humains fassent eux aussi un long sommeil comme la mort une fois par an avant de se réveiller. Ce serait vraiment bien de recommencer de zéro avec de petites feuilles vert clair et des fleurs roses.
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LadybirdyLadybirdy   11 octobre 2021
Si la tristesse ne porte pas de masque, elle a quelque chose de mystérieux, de sacré et de sincère. Et cette tristesse très personnelle est parfois la clé qui permet d’ouvrir la porte de l’autre.
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