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ISBN : 2809710244
Éditeur : Editions Philippe Picquier (22/08/2014)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 72 notes)
Résumé :
Yujeong a le cœur en miettes lorsque sa tante Monica, qui est religieuse, l’emmène à la Maison d’arrêt de Séoul visiter un condamné à mort. Rien ne semble pouvoir rapprocher une jeune désespérée de bonne famille d’un triple meurtrier, et pourtant…
Au fur et à mesure de leurs rencontres, ils vont se raconter avec sincérité leurs « vraies histoires », affronter les ténèbres et découvrir les lumières éblouissantes au sein de ces ténèbres, réparer leurs âmes meu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  06 avril 2018
Issue d'une riche famille séoulite, Yujeong n'y a pas trouvé sa place. Marquée par un drame intime, elle est en rébellion depuis ses quinze ans et s'oppose particulièrement à sa mère qui ne l'a jamais soutenue. A 30 ans, elle vient de faire une troisième tentative de suicide, encore un appel à l'aide ignoré par les siens, sauf par sa tante, religieuse catholique qui office sous le nom de Soeur Monica. La vieille femme lui propose de soigner son mal-être en se frottant à la vraie misère en l'accompagnant à la Maison d'arrêt de Séoul lors de ses visites. C'est ainsi que, bon gré, mal gré, Yujeong rencontre Yunsu, un prisonnier condamné à mort pour un triple meurtre. Comme elle, il est jeune mais il attend la mort, il la souhaite même pour mettre fin à une vie de souffrances. Confrontée à cet homme dont elle se sent si proche alors qu'ils n'ont rien en commun, Yujeong, qui jusque là vivait recroquevillée sur elle-même, s'ouvre à l'autre, le découvre, se sent capable de s'attacher à un autre être humain.
Située en 1996, au moment où la Corée exécutait encore ses condamnés à mort, l'histoire de Yujeong et Yunsu raconte plus la rédemption que la mort. La jeune fille de bonne famille qui se déteste, cherche à se détruire et le prisonnier qui n'a connu que la violence et la misère se retrouvent une fois par semaine dans une petite pièce, sous le regard protecteur d'un religieuse et la surveillance d'un gardien silencieux. Réticents au départ, ils finissent par s'apprivoiser et se livrer. Celui qui a survécu aux coups d'un père alcoolique, à l'abandon d'une mère, à la perte d'un petit frère aveugle, aux brimades de l'orphelinat, au froid de la rue s'interroge sur un destin qui semblait tout tracé pour le conduire entre ses murs, enchaîné comme une bête, à attendre la pendaison qu'il pense mériter. Elle avait tout pour être heureuse, la beauté, l'argent, tous les atouts pour s'accomplir professionnellement et trouver un mari tout aussi nanti qu'elle. Mais une agression sexuelle a mis un terme à son envolée et l'a plongée dans une dépression telle qu'elle veut en finir avec la vie.
De leur rencontre naîtra la pureté d'une relation basée sur la confiance, l'amour, le pardon et la foi.
Poignant mais aussi optimiste, ce récit n'est pas un plaidoyer contre la peine de mort, plutôt une interrogation sur la façon dont la Corée traite ses condamnés et leur impossible rachat. Dans une prison coréenne, le condamné est enchaîné jour et nuit, lape plutôt qu'il ne mange la soupe insipide qu'on lui sert, ne dispose d'aucun argent, d'aucun chauffage, son seul droit est un conseiller religieux de la confession de son choix. Certains acceptent leur situation grâce à leur foi et trouvent le chemin de la rédemption et du pardon. Mais il ne leur est pas accordé de seconde chance. Jusqu'en 1997, la Corée pendait les condamnés à mort, depuis, bien que la peine de mort soit toujours inscrite dans constitution, elle les laisse vivoter en cellule.
Un livre très émouvant, même si les considérations religieuses peuvent irriter par moment. Il faut en faire abstraction et ne retenir que la beauté de ces parcours de vie qui convergent dans l'amour. Une lecture bouleversante.
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isabelleisapure
  23 octobre 2014
Rencontre, confrontation puis communion de deux êtres que tout sépare, l'origine, la condition sociale le sexe même mais que l'épreuve d'une dureté souvent insoutenable dans une société dénuée de toute humanité finira par réunir dans le cadre de l'univers carcéral Coréen. Ils sont tous les deux à la peine,
Elle jeune fille de bonne famille mais psychologiquement en miette, lui incarcéré souffrant en cellule les atrocités ayant cours pour le condamné à mort qu'il est se sont rencontrés à l'initiative d'une religieuse, tante de la jeune désespérée. Commence alors au fil des visites un bouleversement de sa vie.
A travers cette rencontre, l'auteure pose question sur la peine de mort mais aussi sur la culpabilité, le repentir et la possibilité du pardon.
Malgré la dureté du sujet j'ai ressenti à la lecture de ce livre une grande sérénité et beaucoup de douceur dues sans doute à l'écriture toute en finesse de GONG Ji-Young.
Ouvrir un livre des éditions Picquier est toujours pour moi qui suis une amoureuse de l'Asie la promesse d'un voyage littéraire de qualité.
Je voudrais souligner également l'esthétisme de la couverture représentant un visage de jeune fille derrière un rideau de pluie… ou de larmes ?
N'hésitez pas à lire ce livre bouleversant, émouvant et tout simplement beau.
Un grand merci à Babelio et aux Editions Picquier.

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NathalC
  04 juin 2016
Je viens de refermer ce livre et je ne sais que dire !!
2 personnes que tout oppose. Et pourtant...
Ce livre n'est pas un playdoyer pour ou contre la peine de mort.
Je dirais que c'est un livre qui permet à chacun de s'ouvrir à l'autre... Apprendre à ne pas juger. Chaque personne est à chaque moment de sa vie différente, chacun évolue.
La gentillesse, la méchanceté, la tendresse, la violence, l'amour, la haine, le pardon, l'hypocrisie. Ce livre est un ensemble qui regroupe tous ces sentiments...
Je n'ai pas de mots pour qualifier ce que je ressens, excepté que j'ai été touchée au plus profond de moi...
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diablotin0
  27 février 2016
Gros coup de coeur
Beau, émouvant, bouleversant éprouvant, je cherche les mots pour qualifier ce livre. Je l'ai terminé en larmes mais avec une très grande satisfaction de l'avoir lu.
La rencontre entre Yujeong, jeune femme en mal de vivre, sa tante Monica, religieuse et Yunsa, condamné à mort est d'une incroyable force.
Ces pages passées avec eux remuent et font réfléchir sur la peine de mort, les blessures, le pardon, et la vie.
Ces thèmes sont abordés avec beaucoup de sensibilité et d'amour.
Je vous le conseille, vous passerez un moment intense.
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Ziliz
  04 mai 2016
Corée du sud, 1996.
Yujeong et Yunsu ont envie de mourir.
Yujeong, parce qu'elle est dépressive ; elle vient de faire sa troisième tentative de suicide.
Yunsu, parce qu'il est dans les couloirs de la mort, alors autant en finir, vite. D'autant que le système sud-coréen est particulièrement pervers : les condamnés ne connaissent pas à l'avance la date de leur exécution.
Yujeong et Yunsu se rencontrent, par l'intermédiaire de la tante religieuse de Yujeong, visiteuse de prison. A la prison de Séoul, les condamnés à mort sont obligatoirement suivis par un conseiller religieux - ils ont le choix entre bouddhisme, protestantisme et catholicisme.

Yujeong et Yunsu ont à peu près le même âge, une trentaine d'années, ils ont vécu jusqu'alors dans des univers totalement opposés. Elle dans un milieu d'intellectuels nantis, dotés "de belles situations" ; lui dans la misère, sous les coups d'un père alcoolique et puis il a dû survivre à l'orphelinat, dans la rue et protéger son petit frère de la violence des caïds.
J'attendais beaucoup de cet ouvrage, l'idée de confronter une personne suicidaire et un condamné à mort est intéressante. Je suis déçue. Les propos sur la peine de mort m'ont semblé superficiels ; j'ai lu d'autres ouvrages, vu des films qui m'ont davantage bousculée et fait cogiter sur la question (pour, contre, oui mais...). Cela dit, il faut placer les réflexions de l'auteur dans leur contexte, ce genre de propos est probablement audacieux en Corée du Sud au début des années 2000 (lieu et période de la publication originale).
L'aspect religieux m'a dérangée également, j'y ai vu une démarche prosélyte. Je ne suis pas certaine que ce soit l'intention de l'auteur, mais les références appuyées à l'amour de Jésus ont tendance à me faire décrocher.
J'ai trouvé les courts extraits du cahier de Yunsu bouleversants, en revanche les états d'âme de Yujeong m'ont trop souvent agacée. Sa souffrance est palpable, mais le côté vilain petit canard immature, bof...
Dernier reproche personnel : j'adopte difficilement le rythme et le ton de la littérature asiatique...
Lecture décevante, qui m'a peut-être trop rappelé 'La dernière marche' (film de Tim Robbins, 1995, adapté du témoignage de Sœur Helen Prejean), que j'ai préféré.
Je suis désolée de m'être ennuyée en lisant cet ouvrage, dont je conseille quand même la découverte. Fiez-vous aux autres avis sur Babelio !
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   01 mai 2016
Eunsu et moi avons été envoyés dans un orphelinat. Ma vie s'est mise à ressembler à celle d'un mercenaire errant, je ne pouvais pas dormir tranquille une seule nuit, j'étais comme une sentinelle. Au retour de l'école, je retrouvais mon frère aveugle couvert de bleus et les autres enfants lui avaient volé son repas. Je cherchais les coupables, je les tabassais jusqu'à ce qu'ils aient le nez en sang. Après quoi, c'était le surveillant qui me frappait jusqu'à ce que j'aie le nez en sang. J'étais le mauvais garçon de l'orphelinat, un vrai dur à cuire. Le lendemain, pendant que j'étais à l'école, Eunsu subissait la vengeance de ceux que j'avais frappés la veille, au retour de l'école, je le vengeais de nouveau, puis le surveillant me frappait encore plus fort. Trois catégories d'êtres humains passaient donc leurs jours à punir et à se venger. Pendant cette période, on aurait dit que j'exerçais le sang que j'avais hérité de mon père, que je m'entraînais à la violence, au cri, au mensonge, à la révolte et à la haine. J'étais devenu une bête. Sinon, je n'aurais pas su comment continuer. Si je n'étais pas devenu une bête, je n'aurais été rien du tout.
(p. 85-86)
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ZilizZiliz   03 mai 2016
- Euh... à propos de l'exécution [des condamnés à mort, en masse, en Corée du sud]... vous êtes avertis à l'avance ?
Il hésita un instant avant de répondre :
- Oui, la veille au soir... Quand la nouvelle tombe, nous les éducateurs, on est obligés de boire pour la faire passer. Ce sont des criminels, au début on les déteste... mais en les accompagnant un bout de chemin, on finit par s'attacher. A lire la presse, ce sont des bêtes, mais quand on les connaît, ce sont des êtres humains comme nous. Et les hommes sont à peu près tous pareils, finalement... Après l'exécution, pendant un mois à peu près, on ne peut pas vivre sans alcool.
(p. 282-283)
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ZilizZiliz   30 avril 2016
- Seigneur... Vous vous regardiez comme heureux, et maintenant vous versez des larmes.
- Lorsque je réfléchis, répond Xérès, sur la brièveté de la vie humaine, et que de tant de milliers d'hommes il n'en restera pas un seul dans cent ans, je suis ému de compassion.
- Nous éprouvons, dit Artabane, dans le cours de notre vie, des choses bien plus tristes que la mort même. Car, malgré sa brièveté, il n'y a point d'homme si heureux, soit parmi cette multitude, soit dans tout l'univers, à qui ne vienne dans l'esprit, je ne dis pas une fois, mais souvent, de souhaiter de mourir.

• Hérodote, 'Histoires'
Traduit du grec par Larcher
paris, Charpentier, 1850
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ZilizZiliz   04 mai 2016
Oscar Wilde a dit : 'Dans une prison, le temps n'avance pas, il tourne lentement sur lui-même, il donne l'impression de pivoter autour d'un centre de douleur.' Une cellule fait à peine sept mètres carrés. Dans cet espace, sept ou huit hommes passent toutes leurs journées assis face à face. Si on enfermait un jeune couple amoureux dans une petite pièce rien qu'un mois, leur amour se volatiliserait, ils deviendraient peut-être les pires ennemis, alors, si ces gens qui, pour reprendre les propos de ma tante, n'avaient pas toujours vécu gentiment, n'éprouvaient pas de volonté de meurtre, on pouvait déjà parler de miracle.
(p. 225)
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NathalCNathalC   04 juin 2016
Tenez, il y a quelqu'un qui a dit, quand on a été témoin d'un meurtre, on devient partisan de la peine de mort, quand on a été témoin d'une exécution, on devient partisan de l'abolition de la peine de mort... Enfin, ni le meurtre ni la peine de mort ne sont vraiment acceptables.
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