AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782800156132
280 pages
Éditeur : Dupuis (24/08/2012)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Un livre-monde graphiquement époustouflant sur la Patagonie. Indiens, colons européens, exilés, campagnards et urbains, et même un réalisateur de films allemand vont voir leurs relations évoluer, changer au fil du temps, mais toujours sous l’influence de l’immensité de ce finistère sud-américain : la Patagonie, le territoire le plus austral de la planète.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
oblo
  20 mai 2016
C'est une lecture éprouvante que ce Chère Patagonie. Jorge Gonzales y tisse une ambiance sombre grâce à des dessins crayonnés, qui tiennent parfois davantage du croquis que de l'oeuvre picturale, des dessins qui sont parfois flous sur lesquels on essaie de distinguer quelque chose, une forme connue. Gonzales dessine les hommes, les choses mais il matérialise aussi les éléments : le vent, la chaleur, le froid, la brume ... évoqués simplement par des traits ou des grandes plages de nuances de couleurs.
Le dessin est presque enfantin, au crayon à papier ou même au bic mais il dénote cependant une maîtrise qui se remarque dans les visages ou le rendu de la ville, ses bâtiments et ses enseignes.
La bande-dessinée est un ensemble d'histoires, comme un recueil de nouvelles, qui ont en commun la Patagonie, terre la plus australe du monde. Cette terre a été marquée par une histoire à l'image du pays : dure pour les hommes. Ces neuf histoires sont comme une traversée du temps historique argentin depuis le massacre des indiens Onas de Patagonie, à la fin du 19ème siècle, jusqu'aux heures les plus récentes en passant par l'écho des guerres européennes et mondiales et par le temps de la dictature policière de Pinochet.
Gonzales use de personnages récurrents : Taylor, ancien mercenaire charge de capturer les indiens pour l'exposition universelle, Karl Blumer, commerçant dans un village perdu, son fils Julian un temps intéressé par l'arrivée d'un cinéaste allemand - dont il partage les origines - et qui, déçu par lui et fasciné par la profusion de vie de Buenos Aires, part définitivement de Facundo pour devenir hôtelier et ne plus jamais voir ses parents. le dernier chapitre représenté la genèse du livre, visant à relire l'histoire d'un pays écrite autrefois par les dominateurs européens et qui a toujours nié la présence des peuples indigènes. En réhabilitant ces peuples, en montrant que la culture argentine est le produit du mélange des identités espagnoles, italiennes, allemandes, anglaises mais aussi mapuches, onas ou encore tehuelche, Jorge Gonzales, aidé par des auteurs argentins, écrit une oeuvre d'une rare puissance, offrant une place égale pour les hommes et la terre - dans la lignée de la tradition littéraire sud-américaine - dont il montre les liens étroits et pourtant si souvent âpres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
silmaril
  11 septembre 2012
C'est un objet très étonnant que voilà, déroutant du moins. C'est un livre d'images, de sensations. Sur l'histoire, ou plutôt les histoires, qui se rejoignent entre elles au gré de l'Histoire avec un grand H, justement, je dirai seulement que la toute dernière page, intitulée "précisions historiques" m'a permis de comprendre beaucoup de choses, m'a même invitée après ces éclaircissements très bienvenus, à relire le livre.
Cependant c'est le dessin qui rend ce pavé véritablement impressionnant à mes yeux : quasiment de bout en bout en noir et blanc, en sépia plutôt, avec tous les tons de l'ocre au marron, du gris au noir, quelques fois du bleu : ou les grands traits de crayon donnent l'impression que le vent qui souffle sur les planches nous ébouriffe les cheveux... Et le ciel !
Sur des doubles pages, des prairies immenses, le ciel changeant à perte de vue. Puis, devinés, à peine, des barrières, des toits, un village au milieu de nulle part, comme si l'on s'en approchait.
A l'inverse, quelques pages ou les cases se multiplient, donnant à voir -ou non- des multitudes de détails. Des crayonnés, au crayon de papier, au bic bleu, de la peinture, du pastel.
Il me vient à l'esprit en écrivant que ces pages sombres sont aussi celles des sombres passages de l'histoire de ce pays. Et d'ailleurs, les dernières planches de l'album, plus récentes chronologiquement, sont plus claires, on y voit même de la couleur.
Bref, un livre qui emporte, auquel on repense et auquel on revient avec plaisir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
svecs
  17 décembre 2013
J'ai longtemps hésité avant de lire cet livre. Ce sont les planches consacrées par l'auteur au derniers jours de Allende dans le premier numéro de "la revue dessinée" qui m'ont convaincu. Cette brique tente, au travers du destin de quelques personnages, de nous faire découvrir la Patagonie ainsi que sa place particulière sur l'échiquier argentin.
Le point positif, c'est un graphisme magnifique, d'une poésie rare, capable de traduire cette sensation d'immensité propre à la Patagonie, "le pays ou les pierres volent". Très beau travail sur la lumière, sur le rythme... il y a une vraie utilisation des potentialités de la bande dessinée, que ce soit à travers les pages-mosaïques, les scènes traduisant la vie morne de l'hotel où travaille Julian ou cette confession de la voyageuse, uniquement constituée de gros plans.
Cela fait un bien fou de lire une bande dessinée qui, comme c'est trop souvent le cas, ne se limite pas à une utilisation superficielle de ses possibilités. Les cadrages alambiqués, les effets de manche vaguement cinématographiques, les mises en pages chichiteuses... ne sont que de la poudre aux yeux. Parfois, cela suffit à produire son effet, mais le plus souvent, de tels artifices ne font que pallier un manque de fonds, comme un excès de pyrotechnie, de musique ou un montage épileptique au cinéma.
Malheureusement, le scénario, ou plutôt l'assemblage de scénarios, déssert le livre. le propos est parfois confus. L'ensemble manque de cohérence et d'équilibre.
Parfois fascinant, parfois indigeste...
Nous n'étions pourtant pas loin du chef d'oeuvre.
Il reste un ouvrage assez fascinant pour son graphisme, mais manquant de construction scénaristique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Bookinista
  14 août 2015
Sacrée bande dessinée...
Le trait et les dessins surprennent d'abord tout lecteur peu habitué comme bibi.
Cet ouvrage, je l'ai lu une première fois sans tout comprendre : je ne savais vraiment plus trop qui était qui et à quelle époque... Galère.
Une 2e lecture a permis de clarifier le propos.
Et la 3e lecture fut celle du grand plaisir...
... Celle où je pouvais admirer à loisir les grands planches figurant magnifiquement la pampa, les grandes étendues désertiques à perte de vue, où l'on entrevoit une silhouette d'arbre ou un bout de toit. Des dessins qui donnent l'impression d'entendre la pluie tomber, les vieilles planches des cahutes craquer ou le silence s'installer.
Les peintures de Buenos Aires sont tout aussi réussies.
Nous sommes à Facundo, dans le Chubut, dans les années 1880, et nous assistons aux massacres des tribus indiennes par les colons, en l'occurrence de grands propriétaires terriens anglais qui dès cette époque faisaient main mise sur le secteur de l'élevage et de l'exportation de viande.
Nous suivons donc les familles de ce village de Fagundo sur une centaine d'années : ouvriers ruraux, épicier, exilés (le réalisateur de cinéma allemand...), familles métisses ou issues de l'immigration européenne. Les grandes périodes de l'histoire de l'Argentine sont subrepticement évoquées. Il n'est pas facile de suivre le fil de l'histoire ou la vie de tel ou tel personnage, que l'on quitte à la fin d'un chapitre et que l'on pense reconnaître dans un autre se passant trente ans plus tard.
Une deuxième partie rompt totalement avec le style et la construction du début. Elle met en scène l'écrivain argentin Alejandro Aguado qui décide de partir sur les traces de ses ancêtres précisément dans la région de Facundo. Un pèlerinage émouvant qui est l'occasion de présenter la réhabilitation des cultures amérindiennes.
Sur mon blog : critique complète et photos
Lien : http://coquelicoquillages.bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Acerola13
  06 septembre 2020
Chère Patagonie est une bande dessinée troublante, au dessin sombre, vite esquissé, où le vent habite parfois plusieurs pleines pages, ou au contraire une multitude de vignettes qui se suivent...
La narration est déconstruite et l'on perd souvent le fil dans la dizaine de chapitres présentés, dont certains se font l'écho des précédents sans que cela ne soit systématique : les sauts temporels se succèdent, on croit reconnaître parfois des personnages qui réapparaissent, on passe d'un récit à une insomnie qui verse dans une émission de télé, avec une violence caractéristique de l'histoire de la Patagonie, particulièrement sanglante et tue.
De Buenos Aires et sa villa 31 à la Terre de Feu, de Comodoro aux estancias de la province de Chubut, les immigrés, les mapuches, ou les porteños semblent sans distinction voués à un spleen destructif ; les non-dits s'accumulent : massacres des onas et des mapuches, tortures physiques et psychologiques sous les dictatures, dures répressions des grévistes ou accaparement des terres par Benetton, c'est l'histoire "secrète" de la Patagonie qui semble revivre dans ce sombre témoignage empreint de violence et déroutant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20


critiques presse (8)
BoDoi   22 octobre 2014
Tour à tour extrêmement sombre ou étonnamment coloré et lumineux, [le] trait habille la voix off qui plante des retrouvailles familiales, ou le massacre des habitants de Peja, avec une grande subtilité.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Telerama   27 novembre 2012
Aussi libre qu'inspiré dans les ruptures de styles et de rythmes, sautant du lyrisme au grotesque, de la profondeur sombre à la transparence aérienne avec une audacieuse virtuosité, il participe moins à la mise en scène du récit qu'à sa respiration intime.
Lire la critique sur le site : Telerama
Telerama   27 novembre 2012
Aussi libre qu'inspiré dans les ruptures de styles et de rythmes, sautant du lyrisme au grotesque, de la profondeur sombre à la transparence aérienne avec une audacieuse virtuosité, il participe moins à la mise en scène du récit qu'à sa respiration intime.
Lire la critique sur le site : Telerama
Culturebox   19 octobre 2012
Après Bandonéon publié en 2010 toujours aux éditions Dupuis, Jorge Gonzalez confirme avec ce nouvel album son génie graphique. Chère Patagonie n'est pas loin du chef-d'oeuvre.
Lire la critique sur le site : Culturebox
BDGest   08 octobre 2012
Comblant les promesses suscitées par son précédent opus, Jorge González démontre avec Chère Patagonie son statut d’auteur majeur de la bande dessinée contemporaine, par sa puissance graphique, par sa capacité à embrasser l’Histoire avec hardiesse, à manier tension dramatique et pauses contemplatives avec un égal bonheur.
Lire la critique sur le site : BDGest
ActuaBD   11 septembre 2012
Chère Patagonie vise constamment le contre-pied, l’allégorie graphique, l’illustration la plus proche de l’organique, pour tenter de toucher au plus profond. Une forme de poésie pour les uns, d’auto-complaisance pour les autres.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Lexpress   10 septembre 2012
C'est une des plus belles BD de l'année. Peut-être la plus belle. Et peut-être pas seulement de l'année, d'ailleurs.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Sceneario   30 août 2012
L'écriture est […] d'une virtuosité exceptionnelle, à la fois évocatrice, sèche et incroyablement touchante, elle ouvre les portes à tout un pan de l'histoire de l'humanité. Une histoire assez méconnue qui pourtant reste bouleversante !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
mandarine43mandarine43   23 mars 2013
- Je ne sais pas ce qu'a ce misérable désert, mais c'est le seul endroit où je ne me sens pas déçu.
- Un jour vous me raconterez comment vous êtes arrivé dans ce village ?
- Dans quelques mois, et avec un peu de whisky... c'est possible...
- N'ayez pas peur de mon jugement, je suis convaincu que personne n'est coupable de ce qu'il doit vivre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
laurent35laurent35   29 octobre 2017
Par essence ces gens sont différents de ceux des villes ils conservent des traits des coutumes et des valeurs semblables à ceux des pionniers
La logique urbaine d'être quelqu'un en fonction de ce que l'on consomme et des biens matériels que l'on possède ne les a pas encore touchés
Dans ces villages perdus de la patagonie qui sont ancrés dans le passé chacun vaut pour ce qu'il est en tant que personne et par l'histoire qui le précède
La permanence au milieu de tant de solitude accentue les traits de la personnalité ce qui est visible sur leur aspect physique leurs habits et leur façon de s'exprimer leurs mots sont justes mesurés précis et même s'ils racontent des histoires dures de sacrifices et de pénuries leurs regards respirent le calme
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
laurent35laurent35   29 octobre 2017
Ca me fait tellement de peine de savoir que je ne vais plus pouvoir aller les voir
la partie la plus dure de ce que je fais des livres sur le passé c'est qu'on devient ami avec les gens et comme ils sont âgés c'est dur d'apprendre leur mort
au moins on préserve une partie de leur voix de leur vécu
ils vivent encore à travers le texte
Dans ce silence on dirait que le passé est vivant on ne le voit pas mais on peut le sentir visiter ces lieux dépouillés de gens est devenu un vice pour moi une nécessité
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Acerola13Acerola13   01 septembre 2020
N'ayez pas peur de mon jugement, je suis convaincu que personne n'est coupable de ce qu'il doit vivre.
Commenter  J’apprécie          40

Lire un extrait
Videos de Jorge Gonzàlez (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jorge Gonzàlez
Cyril Pedrosa vous parle de "La Flamme", un Aire Libre signé Jorge González.
La llamarada, la flamme, c'était le surnom de José Maria González, un grand joueur du football argentin à cause de sa chevelure qui lui donnait une allure de fusée quand il courait derrière le ballon. C'était aussi le grand-père du dessinateur Jorge González qui ouvre sa palette graphique pour retracer sa généalogie intime, en interrogeant l'héritage et la transmission de pères en fils au fil des générations.

"La flamme", disponible en librairie Feuilleter la BD : bit.ly/LaFlamme-AL
autres livres classés : patagonieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les personnages de Tintin

Je suis un physicien tête-en-l'air et un peu dur d'oreille. J'apparais pour la première fois dans "Le Trésor de Rackham le Rouge". Mon personnage est inspiré d'Auguste Piccard (un physicien suisse concepteur du bathyscaphe) à qui je ressemble physiquement, mais j'ai fait mieux que mon modèle : je suis à l'origine d'un ambitieux programme d'exploration lunaire.

Tintin
Milou
Le Capitaine Haddock
Le Professeur Tournesol
Dupond et Dupont
Le Général Alcazar
L'émir Ben Kalish Ezab
La Castafiore
Oliveira da Figueira
Séraphin Lampion
Le docteur Müller
Nestor
Rastapopoulos
Le colonel Sponsz
Tchang

15 questions
3794 lecteurs ont répondu
Thèmes : bd franco-belge , bande dessinée , bd jeunesse , bd belge , bande dessinée aventure , aventure jeunesse , tintinophile , ligne claire , personnages , Personnages fictifsCréer un quiz sur ce livre

.. ..