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EAN : 9791037502490
Éditeur : Les Arènes (07/10/2020)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
"Les super-intelligents devraient être nos serviteurs, pas nos maîtres".
Le coronavirus a cruellement mis à nu l'aberrante hiérarchie des métiers : au sommet, les superdiplômés qui occupent des postes prestigieux et bien rémunérés ; à la base, les métiers vitaux mais en réalité méprisés et mal payés. Alors même que ce sont ceux-là, les infirmiers, les livreurs, les manutentionnaires... qui, pendant le confinement, ont fait tourner la société, quand les cadre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Aela
  15 janvier 2021
David Goodhart avait déjà écrit un livre passionnant « Les deux clans », dans lequel il décrit la scission croissante, dans les sociétés occidentales (surtout l'Angleterre, les USA, l'Allemagne et la France) entre une population très mondialisée, performante et internationalisée les « Anywhere » et une population moins diplômée, moins rémunérée et attachée au territoire, les « somewhere », ou encore ceux opposés à la mondialisation.
Dans ce livre « La tête la main le coeur », l'auteur explore les différences de statut et leur évolution entre les métiers relevant de la tête (ceux marqués par l'intelligence cognitive) , les métiers manuels et les métiers « de coeur » (le soin, l' éducation).
Il se trouve que le statut des métiers de main ou de coeur s'est plutôt dégradé dans les pays occidentaux comme les USA, la GB et la France. Différentes raisons sont analysées ici, comme par exemple la délocalisation des activités de production dans les pays émergents.
Le discours de Goodhart est simple : nous surpayons et survalorisons les travailleurs de la tête au détriment des autres, ce qui aboutit à une inflation des diplômes avec de jeunes diplômés qui ne trouvent pas toujours de débouchés et cela aboutit aussi à un ressentiment dans les classes populaires qui n'ont pas bénéficié d'études supérieures.
D'autre part certaines professions de la main et du coeur peuvent se complexifier et faire appel de plus en plus à l'intelligence cognitive. de l'autre côté la mondialisation peut maintenant mettre en concurrence des diplômés philippins, maghrébins ou autre avec des diplômés occidentaux. L'arrivée de l'Intelligence Artificielle va aussi bouleverser la donne et enlever du travail à de nombreux diplômés.
Illustration de ce malaise croissant : le Brexit et l'élection de Trump. A cet égard Goodhart rappelle qu'on pourrait voir le Brexit comme une conséquence de la politique mondialiste de Tony Blair, pourtant travailliste, notamment en matière d'immigration, les Européens de l'Est ayant été incités à venir travailler en Angleterre à cette époque.
La nécessité de rééquilibrage va être rendue plus forte avec la crise du Covid.
D'autre part, dans nos sociétés vieillissantes qui valorisent l'égalité des sexes, nous allons très probablement accorder une plus grande place à ceux qui prennent soin des autres.
Les impératifs écologiques qui se font de plus en plus sentir vont aussi nécessairement amener à réévaluer les métiers de la main : fini l'ère du « je jette, je rachète », nous entrons dans l'ère du « je répare ou je fais réparer »…
J'ai beaucoup aimé ce livre qui montre les limites de la méritocratie cognitive. Il devrait être lu par nos dirigeants politiques ! D'autant plus que la classe « cognitive » qui est au pouvoir de plus en plus depuis l'avènement de la mondialisation, tend à suivre ses propres intérêts tout en étant convaincue de servir le bien commun.
David Goodhart a un parcours intéressant : il a été journaliste au Financial Times. Il a travaillé sur l'anxiété des classes ouvrières britanniques devant l'immigration.
Son titre est un clin d'oeil à une école privée anglaise très chic, Bedales, fréquentée par certains des enfants de Boris Johnson et dont la devise est justement « la tête la main le coeur ».
Le titre anglais est d'ailleurs plus explicite : « Head Hand Heart. The struggle for Dignity and Status. »
David Goodhart illustre encore ici sa capacité à nous expliquer les grands chamboulements de notre époque avec un travail de synthèse étonnant, qui nous fait penser aux travaux de son confrère israélien Harari. Il met à nu les tensions sociales et politiques avec leurs conséquences. Un livre passionnant !
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culturevsnews
  07 octobre 2020
Ce livre traite de la façon de donner à la Main (travail manuel) et au Coeur (travail de soins), une partie du prestige et de la récompense qu'ils ont perdu à la Tête (travail cognitif). La situation politique actuelle dans la plupart des pays a été dictée par les Mains et le Coeur.
L'économie de la connaissance a placé la méritocratie cognitive au centre de la hiérarchie des statuts, et les bienheureux cognitifs ont prospéré, mais beaucoup d'autres ont le sentiment d'avoir perdu leur place et leur sens… plus technocratique, la stratification croissante par l'éducation, tout cela a réduit la confiance dans la classe politique, alimenté le ressentiment et encouragé les gens à voter pour des partis anti-système ».
David Brooks, le chroniqueur du New York Times, a rapporté que, selon Google, au cours des trente dernières années, il y a eu une forte augmentation de l'utilisation des mots économiques et un déclin de l'utilisation des mots moraux : « gratitude » en baisse de 49 %, « humilité » en baisse de 52 %, et « gentillesse » en baisse de 56 %.
Nous avons pris notre temps, mais après plusieurs décennies de débats sur les vertus de la diversité des races et des sexes, nous parlons enfin de la diversité cognitive aussi.
Goodhart espère que les activités « de la main » et « du coeur » obtiendront le statut qu'elles méritent à l'ère de l'économie de la connaissance. Un meilleur équilibre entre la tête et le coeur est une exigence politique non sentimentale, le rééquilibrage n'est pas seulement souhaitable mais nécessaire.
Mais de temps en temps, Goodhart semble se plaindre que l'économie de la connaissance se moque de la religion, alors qu'avant l'industrialisation, « le prédicateur laïc était une figure de respect ». La société postindustrielle a érodé les systèmes de croyance compensatoires fournis par la religion, qui vous reconnaît pour votre caractère moral, et non pour vos capacités, et (en théorie) considère que tout le monde a la même valeur aux yeux de Dieu ». Je me demande quelle société religieuse n'est pas marquée par des inégalités (même en théorie) ? Et l'auteur qui dit à juste titre que l'économie de la connaissance a suscité le ressentiment de nombreuses personnes envers les élites, ne se lance pas dans le ressentiment contre la religion qui a conduit à de nombreuses révolutions, comme la Révolution française qui a commencé par des attaques contre la corruption de l'Église et la richesse du clergé supérieur. L'affirmation de Goodhart selon laquelle la religion est une partie de la réponse pour maintenir l'égalité ne tient pas la route.
Lien : https://culturevsnews.com/
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lehibook
  07 décembre 2020
Un essai à la lecture très stimulante. Il est centré autour du constat de la primauté accordée dans nos sociétés à l'intelligence cognitive (la tête) devenue quasiment le seul critère de sélection pour l'accès aux emplois et statuts sociaux rémunérateurs et valorisés . L'auteur y voit un facteur d'inégalités et de tensions sociales ( le Brexit , Trump). La crise de la COVID rend évidente la revalorisation nécessaire des métiers de la Main (technique ,habileté manuelle… ) et du Coeur (soin , éducation ,relations sociales…) qui est inscrite aussi dans l'évolution future du marché du travail induite par les évolutions technologiques . Je ne suis pas d'accord avec tout mais cet ouvrage (principalement centré sur les pays anglo-saxons) ouvre un vaste champ à la réflexion sur le présent et l'avenir de nos sociétés.
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critiques presse (1)
LesEchos   23 novembre 2020
Dans son dernier ouvrage, l'essayiste britannique David Goodhart s'interroge sur l'importance qu'ont prise les capacités cognitives et l'université dans nos sociétés au détriment des travailleurs qui ne sont pas passés par la fac. Dans une étude passionnante et argumentée, il montre l'urgence de sortir de ce système créateur de frustration pour les non-diplômés.


Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
lehibooklehibook   07 décembre 2020
Un emploi en vient à être jugé , et payé ,en fonction des qualifications nécessaires pour l'obtenir plutôt qu'en fonction de son niveau de productivité ou de pénibilité , ou encore de la manière dont vous l'accomplissez.
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Video de David Goodhart (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Goodhart
Comment expliquer ces fractures sociétales à travers l'Europe ? Sonnent-elles le glas du clivage gauche / droite ? La poussée du populisme met-elle les démocraties en danger ?
Pour en parler, Guillaume Erner reçoit l'essayiste anglais David Goodhart et l'eurodéputé et journaliste Bernard Guetta.
L'Invité des Matins de Guillaume Erner - émission du 12 novembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/saison-26-08-2019-29-06-2020
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