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Danièle Bondil (Autre)
EAN : 9782253031772
192 pages
Le Livre de Poche (31/01/1996)
3.67/5   146 notes
Résumé :
"C'était une ruelle sombre, avec la lune qui l'éclairait en éclaboussant de sa lumière des taches de sang séché." Obsédé par le souvenir de sa jeune sœur qui s'est suicidée après avoir subi un viol, Kerrigan traîne depuis des années sa haine dans Vernon Street, le coin le plus sordide de Philadelphie.
Jusqu'au jour où il rencontre Loretta, une jeune fille venue des beaux quartiers bien décidée à le sortir de cet enfer. Mais les vieux démons ont la peau dure e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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♫ On choisit pas ses parents, ♫ on choisit pas sa famille ♪ On choisit pas non plus les trottoirs de Manille ♪ de Paris ou d'Alger ♪ Pour apprendre à marcher ♫

Indubitablement, l'endroit où l'on vit nous marque à jamais.

Parfois, on peut s'en affranchir, parce que cet endroit n'avait pas une grande force, ou qu'il n'était pas l'équivalent d'un Trou Noir aspirant tout sur son passage sans jamais vous laisser l'opportunité de fuir.

Vernon Street, rue sordide de Philadelphie, est un lieu qui pèse sur les épaules de ses habitants, un lieu qui vous aspire et vous retient dans ses filets.

Vous y habitez et jamais vous n'en sortirez, jamais vous ne vous élèverez dans votre condition, toute votre vie vous serez un looser, habitant dans un taudis, avec toute votre famille, buvant de l'alcool ou traficotant des certificats de mariage, ou, au mieux, vous serez docker et manipulerez des tonnes de fret dans votre putain de misérable vie.

Goodis a un certain talent pour nous brosser les portraits de loosers finis… Un talent certain, je dirais même, pour nous décrire aussi la misère crasse et les pauvres ères qui hantent ces rues sordides, ces épaves humaines imbibées d'alcool à tel point qu'on aurait peur d'allumer une cigarette à côté de certains.

Rien à dire, c'est un roman est noir de chez noir qui parle de conditions sociales et de la difficulté de s'en échapper, de se hisser au-dessus de sa condition, de ce quartier qui a façonné ses habitants, et pas le contraire.

Oui, ici, noir c'est noir et il ne reste même plus l'espoir. Entre Kerrigan qui cherche le violeur de sa soeur (soeur qui s'est suicidée ensuite) qui est coincé entre un frère alcoolo d'un niveau médaille d'or aux J.O, un père coureur de jupons (et de ce qu'il y a dessous), mais possédant un grand coeur, la nouvelle copine de son paternel, la fille de celle-ci qui lui court derrière…

Sans parler des femmes qui boivent, qui se font battre, qui frappent elles aussi, qui se prostituent et qui, à 30 ans, en paraissent 60.

Oui, c'est un roman super noir, sec comme un coup de trique, brûlant comme un alcool fort, et pourtant, je n'ai pas ressenti l'ivresse que j'attendais, même si le début m'avait collé une mandale et un début de gueule de bois.

Certes, l'histoire est presque secondaire, même si le final est assez sordide, mais j'ai eu l'impression de survoler la dernière partie alors que les premiers chapitres m'avaient happées violemment.

En fait, je suis "sortie" de ce roman au moment ou Kerrigan commence à répondre aux avances de Loretta et qu'il va la retrouver en endossant son costume du dimanche, qui, pour un habitant des beaux quartiers comme Loretta, équivaut sans doute à des loques pour torcher les pattes du chien après sa balade dans la boue…

Bref, j'avais commencé par me prendre des coups d'entrée de jeu avec les descriptions et les atmosphères bien sordides de Goodis et je me suis perdue sur la fin, dans les 40 dernières pages, avant de me reprendre un coup dans les gencives.

Dommage… Malgré tout, je suis contente d'avoir découvert cet auteur de Roman Noir car il l'art et la manière pour plonger son lecteur dans la sombritude (néologisme offert) humaine.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Il n'est pas rare qu'après avoir vu un film adapté d'un roman, je sois irrésistiblement tenté par la lecture de celui-ci ; et c'est justement ce qui m'est arrivé avec « La lune dans le caniveau » de David Goodis

Une histoire sordide, en fait : une jeune femme, Catherine, s'est suicidée après avoir été violée ; son frère, William s'est promis de retrouver le coupable et de venger sa soeur.

L'action se passe à Philadelphie, autour de Vernon Street où vivait Catherine, un quartier mal famé… William y retrouvera son propre frère, Franck, un ivrogne bon à pas grand chose comme seule la littérature américaine sait en produire ; également, un artiste déchu, Mooney ; et puis bien d'autres, comme le chef des dockers, Ruttman…
Et puis il y aura Loretta Channing… la belle Loretta…tout droit issue des beaux quartier qui cherche pendant qu'il est encore temps à extraire son frère tombé comme par mégarde dans cette environnement sordide.

Un roman noir. Très noir… qui en second plan traite de la difficulté pour ses habitants à se sortir de l'environnement qui les a façonnés pour se hisser tant bien que mal dans l'échelle sociale.

Un bon polar qui fut adapté au cinéma en 1983 par Jean-Jacques Beinex, avec dans les rôles principaux Gérard Depardieu et Nadtasia Kinski.

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Une plongée en enfer ...
Quand l'on commence ce livre on ne s'attend pas à cette déambulation au coeur de la nuit de l'ame que Goodis propose ...
Un héros chez Goodis ça n'existe pas . Dans cet opus on emboite le pas à un homme dévasté , détruit , qui traine sa violence au coeur des rues ...
La puissance du style de ce roman est telle que le lecteur en sort KO...
Cet opéra de la folie est magistral .
L'intrigue s'attache aux pas de ces étres que la violence à détruit .
Et qui eux méme ne sont plus que violence ...
La lecture de cet opus n'est pas pour toutpublic , mais que l'expérience est forte ...
Inoubliable et culte .
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Dans une ruelle de Philadelphie, William Kerrigan, sous le clair de lune, pense à sa soeur qui à cet endroit s'est suicidée quelques mois plus tôt, après avoir été victime d'un viol. Et il se jure qu'il retrouvera le coupable, celui qui l'a amené, elle si pure, à commettre cet acte désespéré.
Et Kerrigan le docker va petit à petit approcher de la vérité, en cotoyant les personnes de son entourage dans Vernon Street, rue sordide où traînent misère et violence, alcoolisme et basse condition. Un endroit dont Kerrigan aurait souhaité sortir sa soeur.
C'est là également qu'il rencontrera Loretta Channing, femme riche totalement fascinée par cet homme sensible, hanté par sa condition sociale.
Un roman noir qui dit toute la difficulté qu'il y a à vouloir se hisser socialement, quitter cette rue, protagoniste principal ici, Vernon Street, qui marque à jamais ses habitants.
Kerrigan s'apercevra que sa soeur avait parfaitement assimilé cet enracinement et avait fait sien ce monde qui l'a vu grandir.
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C'est le titre du roman de David Goodis qui m'a attiré en premier. Puis, j'ai commencé ma lecture, et c'est la langue qui m'a transportée, entre désir, plaisir et émotion.
Les évènements se déroulent principalement dans Vernon Street, une rue de Philadelphie. Elle en est l'acteur principal avec ses terrains vagues, ses cabanes en bois, ses immeubles de brique aux races mélangées. William Kerrigan vit avec sa famille au rez-de-chaussée d'une maison triste, grise, délabrée. Il y a Tom, son père, alcoolique, chômeur et faible. Il n'a même pas le courage de réclamer le loyer de ses locataires qui vie=vent au premier étage. Il y a son jeune frère, Frank, amaigri par l'alcool et hanté par sa mémoire qui flanche, en conflit permanent avec William. Lola, sa belle-mère et sa fille, Bella. Elle en pince pour William et sa jalousie n'a pas de limite. Les conditions de vie sont dures. William est le seul à travailler. Il est docker. Son salaire suffit juste à les faire vivre. Et La tragédie ne les a pas épargnés. Catherine, sa soeur s'est suicidée après avoir été violée. Elle est morte dans une ruelle sombre de Vernon Street. Un ange de gentillesse, de douceur, de simplicité et de sincérité, perdu dans un monde en faillite.
Vernon Street attire un frère et sa soeur issus des quartiers favorisés. Leurs parents sont morts les laissant riches et désoeuvrés : Newton et Loretta Channing. La rencontre a lieu au Dugan's Den. Vernon Street est une malédiction. La rencontre entre deux mondes que tout oppose et le fantôme de Catherine empêche William de s'extraire de sa condition sociale misérable. Il s'épuise à combattre un ennemi invisible, la réalité, sombre et sinistre.
Le style pesant, la construction de la narration épousent admirablement la peinture d'une société américaine désenchantée. D'ailleurs le titre : « La lune dans le caniveau » est explicite. Un mirage.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Il arrive un moment où la batterie est à plat, le ressort lâche et on se fout de tout. C'est ce qui est arrivé il y a longtemps à l’honnête citoyen que je suis. Je n'aurais rien pu faire pour toi, à part m'appuyer sur ton épaule et t'enfoncer. Je suis très doué pour m'appuyer, je suis un des meilleurs. J'ai un talent remarquable pour fatiguer le monde.
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Planté sur le trottoir, il regardait la maison, les tuiles déplacées, les volets cassés, les marches du perron enfoncés. Il ne restait qu'un peu de peinture accrochée aux murs de bois, une peinture écaillée qui depuis longtemps n'avait plus de couleur, et la maison était d'un gris triste et austère. C'était une espèce de pavillon délabré au bois fendu dont la laideur choquait la vue comme tous les autres taudis de Vernon Street.
(P.30)
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A dix heures du matin, le soleil ressemblait à une énorme gueule de fusil crachant du feu liquide sur le fleuve.
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Il le regarda et échangea avec lui des silences.
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C'était une ruelle sombre, avec la lune qui l'éclairait en éclaboussant de sa lumière des taches de sang séché.
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Video de David Goodis (2) Voir plusAjouter une vidéo

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