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ISBN : 2843378281
Éditeur : Anne Carrière (02/02/2017)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Diana Cooke est née avec le siècle. Dans une des plus belles maisons du Sud. Elle peut s'enorgueillir d'un patronyme qui remonte aux pères fondateurs de l'Amérique. Mais cette maison, comme son nom, est lestée par deux dettes abyssales. La première est financière, et le seul moyen de s'en acquitter est au prix du sang : Diana doit se marier sous le signe de l'argent. La seconde est plus profonde : la maison des Cooke et le prestige de leur nom de famille sont bâtis ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  14 mai 2017
Elle est jeune, belle, a de la classe à revendre et pas d'argent. Elle doit ferrer des prétendants riches pour sauver de la ruine Saratoga, l'immense propriété des Cooke en Virginie. Elle, c'est Diana, descendante en ligne directe des Pères Fondateurs, l'unique héritière des lieux.
Pour son malheur, Diana Cooke épouse le richissime capitaine Copperton, un arriviste qu'elle est persuadée d'aimer. Elle se trompe. Elle a d'autres priorités, lui le sait. Entre les deux amants, après des débuts idylliques, il n'y aura plus que fantasmes, violence, et rancœurs.
Digne d'une tragédie antique, l'histoire de Diana illustre le poids du passé quand il pousse à ne pas rompre avec les traditions ancestrales, et impose de perpétuer coûte que coûte ce qui échoit en héritage. Un drame personnel, familial, et le drame des esclaves noirs qui ont servi à créer et maintenir dans les états confédérés, des propriétés comme Saratoga.
Avec ce roman poétique et inspiré, Robert Goolrick raconte la fin d'un monde, celui du Sud des Etats-Unis où il a vu le jour. Il raconte aussi, toujours et encore - avec quel talent ! - ses blessures d'enfance. Celles infligées par une mère, qui a trahi son fils, et par toute une région, qui a vécu de l'exploitation et de la servitude des Noirs.
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tynn
  05 mai 2017
Elle brûla jusqu'à la dernière petite cuillère en argent monogrammé, la magnifique et vénérable maison de planteurs du Vieux Sud des États Unis, personnage principal de ce drame crépusculaire. le romantisme du contexte s'arrête là, aussi radicalement que le champ de ruines et de cendres où semble avoir disparu la propriétaire Diana Cooke.
Travelling arrière début 20ème.
Ici se jouent les savoir-vivre et savoir-être faisandés des familles ruinées des États autrefois Confédérés, où des jeunes filles sont sur le marché matrimonial, au plus offrant pour tenter de restaurer le lustre d'antan. Et il ne manque pas de prétendants "nouveaux riches" pour refaire à neuf les tapisseries Zuber, au risque de convoler en mariage calamiteux.
Je ressors partagée de ce dernier roman de Goolrick. Je l'ai trouvé parfois redondant et outrancier. La thématique du roman sentimental n'est jamais loin même si l'auteur affectionne toujours les situations les plus sombres pour raconter une histoire, ce qu'il fait avec un beau talent de plume et de descriptions. Il est certain qu'on est bien loin d'Autant en emporte le vent...
Robert Goolrick brosse un portrait de femme, sacrifiée, mal mariée, mal aimée, maltraitée par le destin. Une femme subissant les devoirs de sa naissance, les principes de son éducation et la fatalité de son milieu, milieu appelé à disparaître dans un monde en pleine mutation. On parle ici de toutes sortes d'amours et de devoirs: à ses racines (poids insurmontable de l'héritage), à son mariage (fut-il détestable), à son enfant (culpabilité et ambiguïté), à son amant scandaleux.
Toute cette histoire de secrets, de mensonges et de peurs sent bien sûr la tragédie à plein nez, portée par la sensibilité et le talent narratif de l'auteur.
Complétée d'une nouvelle autobiographie sur la notion du racisme, elle stigmatise les clivages sociaux, les mentalités dues au lourd passé esclavagiste des États du Sud et la disparition d'une société aisée, luxueuse, attachée à ses valeurs et à son argent.

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Allantvers
  01 septembre 2017
Je ne saurai dire à quel point cette magnifique tragédie sudiste m'a subjuguée.
Le chapitre introductif dans lequel Robert Goolrick prend le lecteur par la main pour lui faire pénétrer le mystère de Saratoga et de sa non moins mystérieuse propriétaire agit comme un sortilège : Sous le charme de cette ensorcelante demeure je suis.
La plume sensible et ample de Robert Goolrick, au sommet de son art dans ce roman, y est pour beaucoup, et sert à merveille les deux principaux personnages ensorceleurs de cette histoire à la fois sombre et lumineuse :
Saratoga : la plus somptueuse, la plus grande demeure de Virginie, voire du pays ! Ancienne plantation dont les milliers d'hectares firent la fortune grâce à des mains esclaves, elle continue de fasciner malgré le dévastateur incendie qui l'a presque entièrement détruite.
Diana Cooke, héritière d'une aristocratie au bord de la ruine, altière, provocante, egocentrée, fascinante, « vendue » par ses parents à un roturier richissime mais grossier ; Diane si glamour sur les photos de magazines, si recluse et invisible depuis de très longues années…
C'est son histoire et l'envers du décor de sa vie que le livre nous révèle, un destin intimement lié à Saratoga où se déroule toute l'action ainsi qu'au poids de l'histoire de cette famille et de ce lieu. Une histoire fascinante et hors du temps qui laisse en empreinte l'image de cette femme majestueuse descendant le grand escalier de Saratoga. Coup de foudre inoubliable !
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ManouB
  16 août 2017
En 1999, un journaliste part à Saratoga, pour tenter de comprendre qui était Diana Cooke, la propriétaire du domaine, et comment elle a pu mystérieusement disparaître sans laisser de traces, après l'incendie de sa maison.
Saratoga était une des plus belles maisons de Virginie, voire la plus belle. Elle avait connu des jours fastes, du temps de l'esclavage, quand des femmes et des hommes, privés de leur liberté y travaillaient dans les champs de céréales et de coton, les ancêtres de Diana, à sa grande honte, ayant bâti leur empire sur la souffrance de centaines de noirs.
Il en restait encore quelques-uns qui s'occupaient de la cuisine, du jardin et du domaine, avant l'incendie, comme la fidèle Priscilla et son mari mais traités différemment à présent...

Le roman retrace la vie de Diana, de son enfance dorée de privilégiée à ses années de jeune épouse et de mère.
Née au début du XXe siècle, Diana Cooke est une jeune femme, charismatique, intelligente et cultivée. Elle vit dans ce vaste domaine avec ses parents, au coeur de l'Etat de Virginie.
Après avoir connu ses heures de gloire, le domaine est désormais anéanti par la crise qui sévit dans le pays. En effet, comment entretenir des milliers d'hectares de terres qui représentent aujourd'hui un gouffre financier.
A 18 ans, en tant qu'unique héritière, il ne reste à Diana qu'une seule solution : épouser un homme riche qui pourra l'entretenir. Elle qui était enfant, un véritable garçon manqué, et qui a été éduquée à Farmington, dans la plus rigide pension de jeune fille de l'époque, va devoir quitter son domaine le temps de se trouver un mari.
Alors que la Première Guerre Mondiale touche à sa fin en Europe, Diana se rend à Baltimore, pour participer aux multiples bals des débutantes...
C'est ainsi qu'elle rencontre le riche capitaine Copperton.
Le capitaine, très amoureux, cache bien son jeu car sous ses airs séduisants, c'est un arriviste. Elle, croit être amoureuse, mais après une lune de miel idyllique, elle va déchanter très vite. Elle va en effet vivre de déception en déception, devenant à la fois pour son époux, objet de son plaisir, et de sa rancoeur. Sa vie, malgré l'argent qui coule à flot, le faste retrouvé, les soirées mondaines et les belles robes, sera faite de violence et d'humiliation...
Heureusement de cette union va naître un fils, Ash. Il fera lui-aussi sa joie et sa peine. Elle ne sait pas l'aimer comme il le faudrait et le petit garçon, malheureux à son tour, va s'attacher davantage à son père qui en fera son unique héritier, laissant à sa mort, sa femme sans le sou...


Sur fond d'histoire des Etats-Unis au XXe siècle, cette fresque romanesque est dépeinte par l'auteur sans détour avec la passion qu'on lui connait.
J'ai retrouvé avec plaisir le talent narratif de l'auteur et sa sensibilité. Il sait s'attacher à ses personnages avec beaucoup d'humanité et nous les faire aimer. Il nous les montre sans fioriture et toujours avec une justesse telle, que tout ce qui leur arrive nous touche.

C'est un roman très fort que j'ai pris et que je n'ai pas lâché tant je désirai connaître le destin de cette jeune femme privilégiée certes, mais si attachée à ses racines.
Tandis que son monde s'écroule et, qu'autour d'elle tout se délite, comme si sa vie devait servir à rembourser toutes les dettes de ses ancêtres, elle va prendre une décision irréversible afin de laisser derrière elle le poids du passé qui l'étouffe et l'empêche d'être heureuse...c'est le prix à payer pour expier leur faute et être enfin, libre.

Le roman est suivi, dans cette édition, par une nouvelle intitulée "Trois lamentations". Largement autobiographique, cette nouvelle retrace des événements vécus par l'auteur durant ses jeunes années de lycéens. Robert Goolrick nous raconte la vie de trois de ses camarades de classe, rejetées par les autres : Claudie est trop grosse, Wanda à l'inverse, un vrai "sac d'os" et Curtissa est noire.
Imprégnée de violence et d'intolérance, cette nouvelle nous rappelle la cruauté de la ségrégation raciale, et les conséquences du déterminisme social qui en découle, et de toute autre forme d'exclusion.
C'est réaliste et triste à pleurer...

Lien : http://www.bulledemanou.com/..
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Verdure35
  11 avril 2017
Je ne voulais pas commencer cette chronique par « Autant en emporte le vent » et pourtant , comment ne pas y penser dès les premières pages !
Le roman de R. Gollrick aurait certainement évoqué la Virginie avec autant de passion sans son grand aîné, le chef d'oeuvre de M. Mitchell, paru en 1936 , mais tout de même , j'ai souvent vu l'ombre de Scarlett derrière la sublime Diana , même si ce texte raconte l'autre face de cette époque ; ce n'est pas vraiment l'anti « Autant en emporte le vent », mais c'est le même vent qui souffle.
Ce roman a bien été écrit en 2017, et superbement traduit par M. de Prémonville, c'est à souligner.
Diana Cooke , née avec le siècle et pendant que ce prépare l'apocalypse sur l'Europe, représentante du sang le plus pur des Pères Fondateurs de l'Amérique , enfant frondeuse et libre, vite domptée dans une pension adéquate, revient chez ses parents ,en jeune femme accomplie, superbe, et excellente en toutes choses, prête pour le destin qu' ils lui assignent . Ces Cooke, en effet possèdent de génération en génération une, sinon la plus belle demeure du Sud « Saratoga » . Cette maison est un gouffre à entretenir avec ses 5000 h de terres au départ et ses 900 esclaves qui les cultivaient avant la guerre de Sécession , et toutes les brutalités qui accompagnaient la pauvre vie de ces hommes noirs. de richesses en déconfiture, Saratoga périclite, et il faut marier Diana avec un prétendant expérimenté et surtout très riche. Copperton arrive , Diana remplit sa mission : une autre forme d'esclavage !
S'ensuit une vie faite de malheurs, de bonheurs aussi, et tout finira par le gigantesque incendie de Saratoga qui dura 3 jours, et la disparition de Diana. Reste un fils qu'elle a aimé , mais mal.
Il ne faut pas raconter l'histoire mais voilà un livre que l'on prend et qu'on ne lâche pas, un vrai roman sur trame de l'Histoire du Sud des E.U jusqu'à nos jours , puisque c'est en 1999 qu'un journaliste part sur les traces de Diana Copperton Cooke sur le site même de Saratoga.
Un récit autobiographique sous forme de nouvelle , de situations qu'aurait vécues l'auteur dans ses jeunes années, alors que la ségrégation raciale était encore violente complète le roman.
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critiques presse (1)
LeMonde   06 juillet 2017
Dans « Après l’incendie », l’écrivain américain fait le procès du Sud raciste à travers l’histoire d’une femme hantée par le passé esclavagiste de ses ancêtres. Splendide.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   12 mai 2017
Après le dîner, elle avait bu un cognac en compagnie de son père qui lisait le Richmond Times Dispatch en frappant la double page d'un air excédé, outré par les scandales qui déshonoraient le Commonwealth. Les femmes exigeaient le droit de vote. Des citoyens voulaient interdire l'alcool. C'était un monde dur et froid dont il ne voulait plus être.
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palamedepalamede   13 mai 2017
Ces livres étaient toute sa vie, ses guides, ses semblables, ses amis, autant de fenêtres sur des mondes qu'elle ne verrait jamais, et leur destruction était pour elle une perte incommensurable.
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palamedepalamede   17 mai 2017
On dit que la vie est longue. C'est un mensonge. Elle s'écoule en un instant. On voit les choses de tout près puis, presque instantanément, de très loin, à une distance inatteignable, tandis que l'on reste sur la rive, dépossédé, vieux et fourbu, hanté par les souvenirs [...].
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palamedepalamede   19 mai 2017
Il y a cette manière odieuse dont on traite les Noirs. Ils ont le droit de vote, mais il existe tant d'arrêts qui les en empêchent qu'ils ne peuvent ou ne veulent en faire usage. Ils pourraient aussi bien être restés des esclaves, et un jour nous devrons le payer.
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palamedepalamede   15 mai 2017
Les Blancs ne mesurent jamais à quel point le cœur d'un domestique peut être heurté. Les Noirs vivent dans le souvenir de ces petits affronts, qu'ils tolèrent jusqu'au jour où le chagrin se meut en colère, puis la colère en fureur. Mais cette fureur-là fait courber l'échine. Ils vivent dans la défaite la plus absolue jusqu'à leur dernier soupir.
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Videos de Robert Goolrick (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Goolrick
Télématin 11.09.2012 - Coups de coeur rentrée littéraire du libraire Nicolas Lefort Au programme: Robert Goolrick, Arrive un vagabond (Anne Carrière), Stéphane Michaka, Ciseaux (Fayard), Laurent Gaudé, Pour seul cortège (Actes Sud)
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