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Critiques sur Arrive un vagabond (122)
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Ladybirdy
  24 novembre 2018
Dans la petite cité de Brownsburg, en Virginie, fin des années 40, les habitants se connaissent tous, ils sont ordinaires et croient davantage aux prédictions du bon dieu qu'à leur propre conscience. La foi sied à tous comme seule bonté à vénérer. Lorsqu'arrive un vagabond, Charlie Beale n'a qu'une idée en tête, vivre heureux et vivre libre. Il tombe amoureux une première fois des terres de la Virginie qu'il acquiert comme le meilleur achat pour sa liberté. Il tombera une seconde fois en amour, pour la plus belle fille de la région, Sylvan, une jeune fille aux allures de pin up comme celle des photographies que les soldats emporteraient avec eux pour partir au front.
Ce que Charlie ignore en tombant ici amoureux, c'est la tragédie qui entoure cet amour aux contours ravageurs. Sylvan porte un lourd secret qui la rend prisonnière et la prive de sa liberté d'aimer.
Les secrets et non-dits pendent aux cous de nos deux protagonistes comme la passion et le désir les enserrent dans leur chair et leur coeur. Charlie, fou d'amour n'aura de cesse d'acheter la liberté pour sa belle sans se douter qu'une âme enchaînée traîne sa vie dans un labyrinthe sans issue.

Robert Goolrick signe un roman sur fond de drame social, sans naïveté et sans romantisme exacerbé, il plonge dans la nature humaine pour y disséquer les préjugés, les fausses convictions. Il prend un enfant de 6 ans en otage, spectateur et victime de ce qui se joue sous ses yeux innocents. Un roman audacieux où les puissants en sortent gagnants et les saints damnés...
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LoloKiLi
  29 novembre 2013
Une cité de Virginie à la fin des années quarante. Un nouvel arrivant. Une femme fatale.

Chronique d'un drame annoncé.

Robert Goolrick y dessine avec finesse l'existence d'une bourgade ordinaire, son rythme paisible et les discrets états d'âme de ses habitants, se focalisant en parallèle sur l'inexorable progression d'une histoire qui bouleversera irrémédiablement l'équilibre si parfait de ce tout petit monde.

Ce roman ressemble à la vie : âpre et doux, simple et complexe, et Goolrick utilise à merveille ces puissants paradoxes pour en peindre un tableau somptueusement fort et envoûtant.

Avec en intro ces quelques paroles du Boss qui résument tout...

“ It wasn't the cold river bottom I felt rushing over me
It wasn't the bitterness of a dream that didn't come true
It wasn't the wind in the gray fields I felt rushing thought my arms
No no baby, baby it was you ”

(Ce n'était pas le lit froid de la rivière qui m'emportait
Ce n'était pas la saveur amère d'un rêve jamais réalisé
Ce n'était pas le vent dans les champs qui me cinglait les bras
Non, non, c'était toi)

... impossible de résister à ce vagabond là.



Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Ziliz
  31 mars 2013
- pépite !

Etats-Unis, 1948. Brownsburg est une bourgade paisible et modeste de Virginie, avec ses Blancs et ses Noirs qui ne se mélangent pas mais se côtoient sans heurts. La petite ville est peuplée de gens "sans histoires" : la famille sympathique du boucher, une couturière aux doigts de fée, aussi douée pour rendre les femmes lumineuses que les marraines de Peau-d'Âne et de Cendrillon. Et puis "arrive un vagabond", Charlie. Homme sage et doux, il est vite adopté, mais perturbe involontairement cette harmonie en tombant amoureux.

Les protagonistes et leurs interactions sont brillamment dépeints, exprimant les passions et les paradoxes humains. Rêver ou vivre, vouloir plus au détriment d'un équilibre précaire mais confortable, limites de ce qu'on peut montrer et demander à un enfant, menace de l'Enfer brandie par les prêtres lorsque les événements les dépassent... Autant de sujets intéressants que l'auteur expose avec talent et finesse.

Superbe histoire d'une passion ravageuse, destructrice, d'une grande tristesse. Dit ainsi, cela semble annoncer un roman à l'eau de rose. Pensez plutôt à 'Seul le silence', pour la beauté de la plume, l'atmosphère, les personnages et la subtilité, mais aussi à 'Portrait de l'artiste en hors la loi', 'Emma Bovary'...

Intense, douloureux, magnifique.
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latina
  15 mai 2020
« Je crois à la bonté. Je crois que c'est la seule chose qui compte. La seule qui restera de nous après notre départ ».
Voilà une phrase que j'adore, à laquelle j'adhère absolument.
Je suis donc d'accord avec la femme de Will le boucher, et mère de Sam, 5 ans.

Nous sommes en 1948, et cette famille de la Virginie rurale accueille Charlie le vagabond, voulant l'intégrer à la communauté de la petite ville de Brownsburg.
Charlie est bon et ne peut provoquer que de la sympathie à son égard. Sam, en particulier, lui voue une adoration sans faille. Adoration mise à rude épreuve lors des mois qui suivent, à cause d'une certaine Sylvan, la belle blonde aux yeux verts malheureusement mariée au plus ignoble des individus…

Histoire d'amour et de bonté, sur fond de racisme, d'indifférence et de religion.
Histoire d'enfance et de confiance.
Histoire de vérité et de mensonges, de paradis et d'enfer.
Histoire tragique et belle à la fois.

Voici enfin, après deux lectures décevantes de cet auteur, le roman de Goolrick que j'apprécie énormément.
Des personnages ambivalents à la psychologie développée évoluent dans une nature apaisante.
A coup de phrases tantôt simples, tantôt poétiques, le drame se prépare à partir de rien, enfin, presque rien : un regard, une silhouette, deux rêves. Celui d'une toute jeune femme et celui d'un homme bon, du moins, qui croyait à la bonté…

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Archie
  18 septembre 2020
Shakespeare et les autres n'ont pas attendu les Rita Mitsuko pour composer des histoires d'amour qui finissent mal en général. Les amants croient au paradis et se retrouvent en enfer… Dans Arrive un vagabond, l'histoire que raconte Robert Goolrick se termine elle aussi tragiquement.

L'enfer, c'est parfois au début, dans l'enfance, qu'on y est plongé. Les parents de Robert Goolrick font la fête à en perdre la raison. Un jour, après trop d'alcool, son père lui fait subir l'indicible. Il a quatre ans. Son parcours sera atypique. A trente ans, devenu à New York une star de la pub, il se met à gagner des sommes folles qu'il dépense à son tour en alcools, drogues, fêtes et orgies diverses, en compagnie de jet-setters et de prostitué(e)s ; il aurait fréquemment croisé D. Trump et J. Epstein. Mais à la cinquantaine, du jour au lendemain, il est viré, « fired ! »… Il se retrouve seul, sans un rond, et se met à écrire des romans, dont plusieurs sont à connotation autobiographique. Aujourd'hui septuagénaire, il vit seul avec ses deux chiens en Virginie.

Arrive un vagabond n'est pas un roman autobiographique. L'intrigue se situe en 1948 et 1949 à Brownsburg, un village tranquille de Virginie. Les habitants sont des gens simples, satisfaits de leur sort, chacun se tient à sa place, les relations sont apaisées. La plupart sont blancs, mais quelques familles de gens de couleur vivent entre elles, dans leur quartier. Les deux communautés vivent côte à côte, sans heurts malgré les évidentes inégalités sociales.

Au coeur du village et de l'histoire, une famille exemplaire. Will est propriétaire de la boucherie, où tous viennent s'approvisionner. Avec Alma, sa femme, ils sont accueillants, bienveillants et ils s'efforcent de donner une bonne éducation à Sam, leur fils unique, cinq ans.

Arrive alors à Brownsburg un étranger, Charlie, un homme qui trimballe avec lui son lot de mystères et les marques d'un passé chaotique. Il cherche un endroit pour poser ses maigres bagages. Un vagabond, en somme, mais un bel homme, d'une virilité de bon aloi, affichant bon sens, bonnes moeurs, bonne moralité. Financièrement, il ne semble pas démuni. Bref, sa décision de s'installer à Brownsburg ne suscite, de la part des femmes et des hommes du village, que des avis très positifs.

Dans une maison isolée vit Sylvan, une très jeune et très jolie femme issue d'une famille arriérée. Elle est mariée à un butor riche, gras et vaniteux, pour lequel la beauté de sa femme n'est qu'une marque de standing. Sylvan est obsédée par les vedettes d'Hollywood – Lauren Bacall, Lana Turner, Joan Crawford… – dont elle épluche la vie dans les magazines et dont les coiffures, tenues et manières lui servent de modèles pour la vie de tous les jours à Brownsburg. Pour la population, et notamment les hommes, l'effet est ravageur.

Charlie… Sylvan… Un homme capable de tout sacrifier à ses désirs et une femme enfermée dans une bulle fantasmatique... Que voulez-vous qu'il arrivât ?

L'intrigue se met en place lentement, sur un faux rythme, dans une atmosphère qui devient d'autant plus irrespirable, que Sam, le petit garçon auquel Charlie voudrait transmettre des savoirs et des valeurs comme s'il en était le père, assiste sans tout comprendre aux instants qui les emportent vers le drame annoncé.

Charlie avait pourtant relevé la spécificité des prêches religieux. Dans ce qui sert d'église à la population noire, on chante le paradis avec enthousiasme, alors que chez les Blancs, on menace de l'enfer les pécheurs. C'est ce qui déclenchera le drame. La peur de l'enfer, voilà ce qui finit par y précipiter le meilleur des hommes, un innocent, parce que chez ces gens-là, on ne pèche pas, monsieur, on ne pèche pas… on prie.

Une prose d'un lyrisme tourmenté, sauvage, presque dissonant. La vie n'a pas arraché la poésie du coeur de Goolrick, comme il l'écrit lui-même pour Charlie. Mais elle a tout mis à vif.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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caro64
  23 décembre 2012
Robert Goolrick nous livre une histoire qui dès les premières pages nous tient en haleine. On commence à lire et, on ne peut plus s'arrêter. On sent une tension qui ira crescendo tout au long du livre jusqu'à devenir déchirante et bouleversante.

Brownsburg est une petite ville Américaine typique de Virginie des années 1950 avec ses codes bien établis. Il y règne l'ordre et la tranquillité. C'est là que décide de s'installer Charlie Beale, jeune homme blanc qui voyage avec pour tout bagage, quelques vêtements, ses couteaux de boucher et beaucoup d'argent. Il est boucher… On ne sait rien d'autre de lui. Très proche de la nature, il tombe sous le charme du lieu et décide d'y acheter de la terre. Travailleur et sérieux, il se fait embaucher chez Will Haislett qui tient la boucherie de la ville. Il se lie aussitôt d'amitié avec Sam, le fils de son patron, un petit garçon joyeux qui l'accompagne partout... Mais un jour une créature somptueuse pousse la porte de la boucherie, c'est Sylvan Glass, jeune femme magnifique habillée comme une star d'Hollywood. Pour Charlie c'est le coup de foudre, une attirance passionnelle et immédiate. Mais Sylvan est mariée à Boaty Glass, l'homme le plus riche du pays. Désormais et irrémédiablement la tragédie est en marche, inexorablement elle va modifier tous les codes mis en place jusque là, ces codes qui faisaient de Brownsburg une ville tranquille qui n'avait jamais connu de crimes.


A travers ce roman tragique Robert Goolrick fait revivre sous nos yeux une communauté typique des Etats du Sud de l'Amérique, avec ces clivages raciaux, la place du religieux, la douceur de vivre aussi, au coeur d'une nature généreuse. Il prouve une fois de plus qu'il est un conteur extraordinaire, il m'avait bouleversée avec " Féroces", roman autobiographique, il récidive avec "Arrive un vagabond ".
 On y retrouve à peu près les mêmes thèmes . Il y est question de secret et d'innocence perdue, de l'enfance trahie, blessée involontairement par les turpitudes des adultes ... et aussi de la vie qui continue. Cette chronique d'une passion destructrice et d'un désastre annoncé est portée par un style clair quasi cinématographique. C'est à la fois poétique, et d'une cruauté terrifiante dans les détails, mais toujours remarquablement écrit. Goolrick n'a pas son pareil pour donner vie à ses personnages et les rendre attachants. Un roman superbe et très poignant.
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michfred
  06 juillet 2016
"Il y a dans cette vallée un coeur qui bat. Il est là, toujours" dit l'épilogue de cette histoire donnée pour vraie.

"Arrive un vagabond" est une tragédie -littéralement- "grecque"et transposée par l'écrivain dans la douce Virginie des années 47-50, dans ce "Deep South" du blues, des stars lointaines d'Hollywood et de la ségrégation raciale...

C'est une sorte d' apologue sur la condition humaine: comment les rêves que nous avons déterminent notre existence, et comment les secrets que nous gardons l'empoisonnent lentement mais sûrement.

Au début, il y a un homme en caravane, un bel homme, un homme seul, un vagabond au regard tranquille et franc. Charlie Beale. Un boucher, avec ses beaux couteaux bien aiguisés, le silence d'une autre vie, derrière lui et, devant lui, le désir bien ancré d'en recommencer une autre, plus chaude, plus vibrante, plus pleine.

Au début, il y a l'envie de trouver sa place, sa juste place, toute sa place. Il y a donc beaucoup d'observation, pas mal de réserve, un peu d'hésitation, et du respect.

Puis surgit l'envie d'être aimé, d'être accepté, d'être apprécié. Il y a alors autour de Charlie Beale plus de chaleur, d'échanges, de confiance et d'amitié. Il a des amis, Will et Alma, l'épicier qui l'emploie, et l'institutrice qui le devine et l'entoure de sa prévenance, il a surtout un enfant d'adoption, le petit Sam, fils de Will et Alma, qui l'appelle Beebo et le choisit pour héros,

C'est alors, alors seulement, que Charlie Beale peut faire la place aux rêves, leur donner corps: un chien fidèle qui a le nom d'un joueur de base-ball noir, une maison pleine de vieilles choses et des terres, un peu partout, parce que le Sud c'est beau, plein de bonne terre, sillonné de rivières à truites.

Choisir sa place, choisir sa vie. On pourrait s'en contenter. On pourrait s'arrêter là.

Mais choisir sa vie, tous en rêvent.

Willie et Alma, couple modèle, qui rêvent d'un monde d'accueil et d'amour où les enfants ne mentent pas et où on a toujours toujours, en bons parents, la bonne réponse à la mauvaise question.

Claudie Wiley, la petite black aux doigts de fée qui rêve d'habiller les stars, et même l'affreux Harrison Glass qui s'achète une femme sur mesure pour aller avec sa belle Cadillac et habiller sa solitude.

Et enfin Sylvan Glass, elle-même, la belle qui rêvait d'être Mary Pickford ou Lauren Bacall, et qui en voulait la garde-robe, comme on choisit un cadeau à cause de l'emballage.

Et voilà: Charlie s'est mis à rêver de Sylvan - et seulement d'elle, au point de lui sacrifier ses autres rêves - et l'enfance si tendre et confiante du petit Sam.

Le petit Sam qui rêvait, lui, de ne pas casser le rêve de Charlie.

Une chaîne de rêves qui se croisent et se marchent parfois sur les pieds, déchirés et détricotés par la réalité..

Une chaîne de secrets portés dans l'ombre impénétrable des coeurs.

Et beaucoup d'amour. Mais que peut l'amour quand les rêves, cruellement, se déchirent? Quand les secrets pèsent si lourd qu'ils ravagent et qu'ils tuent?

"Place-moi comme un sceau sur ton coeur, comme un sceau sur ton bras, car l'amour est fort comme la mort..."disent sombrement les Ecritures.

Une belle fable plus vaste, plus universelle, plus intemporelle qu'il n' y paraît. Qui fait mouche et qui bouleverse.

J'y ai retrouvé l'incroyable don de Goolrick pour parler de l'enfance, car si Charlie Beale , ce boucher sincère et passionné, m'a touchée, c'est Sam, ce petit enfant fidèle, confiant, obstinément muet, attaché à lui comme un chien à son maître, marqué dans sa vie et dans sa chair par son amitié indéfectible pour cette figure de père spirituel, qui m'a profondément bouleversée.

C'est lui, le premier et dernier narrateur de la fable, et dans sa voix, dans ses souvenirs on retrouve le narrateur de Féroces.

L'histoire n'est pas la même, et il y a indubitablement de la tendresse et beaucop de bonté dans l'amour de Charlie pour Sam, mais c'est encore une histoire d'enfance malmenée, massacrée par les passions adultes...même avec les meilleures intentions du monde.

"Oui, l'enfance est l'endroit le plus dangereux qui soit. Si l'on devait y rester toujours, on ne vivrait plus très vieux" dit Goolrick, cet éternel enfant abusé.

Un grand livre, plein de force et de profondeur.
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Annette55
  04 février 2015
Un des plus beaux romans de début d'année!
L'histoire d'une communauté digne et paisible, des femmes et des hommes ordinaires, bons et conciliants mais tous dominés par la peur du péché! Tous hantés par la crainte insupportable de Dieu et des prêches tonitruants, vengeurs, inflexibles de ces révérends respectés et craints!
Nous sommes à Brownsburg en Virginie, en 1948! Petite ville calme où l'on ne verrouillait jamais sa porte! Des blancs et des noirs y vivaient: chacun avait son église, sa religion,ses fidéles, il ne s'y passait presque rien.....au cours de cet été, débarque un homme ouvert et doux chargé de deux valises, dans l'une quelques affaires et des couteaux de boucher- c'est son métier- dans l'autre une importante somme d'argent. Son nom est Charlie Beale dit "Beebo",il tombe amoureux de cette région dont les paysages sont décrits avec fougue , sensualitê et réalisme.....il tombe aussi amoureux de la femme d'un autre, une femme à la beauté parfaite, qu'il va aimer du plus profond de lui même, à qui il va offrir bien plus que sa personne, son corps, son âme, lui offrir la liberté !
Quand la passion chasse la raison, oú l'amour interdit est dangereux et destructeur , comment parvient- on à s'abandonner autant? À se délester de tout pour l'être aimé?
A en oublier la bienséance, et le regard de Sam, le petit garçon .....voyeur de scénes qu'il ne comprend pas....., à s'oublier soi - même juste pour vivre cet amour?
Une intrigue amère, toute en tension, comme sur un fil, comment Charlie est entré dans la vie de Brownsburg,?comment en est - il sorti par la petite porte?la fulgurance de son passage ajoute à cette fresque splendide sur fond d'amour et d'amitiés et descriptions minutieuses .....les habitants l'acceptent , s'attachent à lui mais lorsque le scandale éclate.....la Peur du Jugement de Dieu est la plus forte ....ces gens au coeur simple sont dépassés par la force de l'amour de Charlie envers Sylvan, la femme aimée, envers Sam, le petit garçon de ses amis Will le boucher et sa femme Alma, l'institutrice....
Les dernières pages de ce roman sont marquantes, violentes et bouleversantes à l'image d'une montée en puissance ressentie dés les premières pages....l'écriture est absolument magnifique, une plume débordante d'humanité qui nous transporte dans cette histoire émouvante et triste ....un récit rude, vibrant, fort, déroulé comme les images d'un film, constamment sous tension! Jusqu'au drame final que le lecteur redoute depuis le début! Qui nous laisse sans voix!
Une oeuvre remarquable , une tragédie en marche....j'avais lu " Une femme simple et honnête" du même auteur , cette fois encore, je n'ai pas été déçue!


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paroles
  06 mars 2014
Dès les premières lignes, j'ai su... J'ai su que je ne lâcherai pas ce livre avant la fin.

On ne sait rien de lui et pourtant on l'admire, on l'aime. C'est un homme simple, épris de liberté, en phase avec la nature. On sait seulement qu'il est boucher et qu' il fait son métier proprement.
Son arrivée ne dérange pas Brownsburg (Virginie) mais la trouble un peu cependant. La nouveauté n'a pas lieu ici. Les habitants se connaissent tous, vont à la messe tous les dimanches, les Noirs vivent séparés des Blancs. Bref, une petite ville americaine ordinaire en cette année 1948. Alors quand Charlie Beale arrive dans son vieux pick up, c'est un souffle nouveau qui se répand sur la ville. D'autant plus qu'il va bientôt tomber amoureux de Sylvan Glass, l'épouse de Boaty Glass.
Brownsburg, petite ville tranquille va alors connaître un avenir moins serein...

Au fur et à mesure que le narrateur se remémore cette année là, la tension monte et on sent inexorablement le drame arriver. On est pris au piège du récit et on ne s'en libérera qu'en apprenant le nom de celui-ci.

Un brillant exercice de style, des personnages hauts en couleurs, une description précise de la vie américaine dans une petite ville de Virginie, une histoire d'amour dévastatrice... Que demander de plus ? Pour moi, le menu était parfait. Je ne peux que vous souhaitez bon appêtit !
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thedoc
  09 janvier 2018
En 1948, il fait bon vivre à Brownsburg, petite bourgade rurale de Virginie. Là-bas, tout le monde se connaît, les Blancs comme les Noirs, même s'ils s'évitent bien entendu. La rue principale a ses commerces, chaque maison est bien entretenue et chaque pratiquant a son église. Bref, chacun est sa place. Les gens sont des montagnards, des familles sans histoire. On ne pense pas au bonheur à Brownsburg, on vit, tout simplement. C'est là que débarque un jour Charlie Beale avec son pick-up et ses couteaux de boucher. Sans attache, Charlie, la quarantaine, observe pendant une semaine cette petite ville, ses habitants et ses alentours. Il se fait ensuite embaucher par le boucher, Will Haislett, qui devient très vite un ami avec sa femme Alma, l'institutrice, et Sam, leur petit-garçon de cinq ans. Charmant, séduisant, travailleur, Charlie est très vite apprécié par tous les habitant. Comme eux, il savoure une vie simple entre ses moments de rêveries auprès de la rivière et ses promenades avec le petit Sam qui le surnomme affectueusement Beebo. Et puis, un jour, entre deux clientes, Charlie croise le regard de Sylvan Glass, jeune fille de 19 ans à l'allure de starlette hollywoodienne et épouse de l'homme le plus riche de la ville. La passion est née, la tragédie est en route.
Robert Goolrick, dont je lis ici le troisième ouvrage, est à nul autre pareil pour nous parler des passions de l'âme et du corps. L'histoire pourrait être très classique : un mari indifférent, une jeune épouse trop belle, un amant passionné. En bref, une histoire d'adultère et d'amants maudits. Oui, peut-être, mais c'est sans compter le talent de l'auteur. L'histoire de Charlie et de Sylvan, c'est celle de toute une ville et de toute une époque : ségrégation raciale, poids de la religion, conservatisme. Malgré la bonté, sincère, des habitant de Brownsburg, les carcans sont suffisamment serrés pour que la passion des amants vire au tragique.
Autre thème cher à l'auteur, la fin de l'enfance et de ses illusions. le petit Sam, plongé bien involontairement dans le monde des adultes, y fera ses armes. Non, l'enfance, ce n'est pas un arbre à chewing-gum, c'est le danger de la rivière qui coule sous ses hautes branches. C'est aussi un secret trop gros à porter quand on a cinq ans. Quant à Sylvan, sorte de Lolita mal ou trop aimée, perdue dans ses fantasmes et ses rêves de star, elle réalise trop tard que la vie n'est pas un film.
On l'attendait, bien sûr, l'histoire d'amour de Charlie et de Sylvan. Mais est-ce le plus sincère du roman ? Car l'amour, ici, est partout. C'est l'amour de gens simples qui accordent leur affection à un étranger, c'est l'amour inconditionnel d'un enfant pour un adulte qu'il voit comme un modèle, l'amour fidèle d'un chien pour son maître, l'amour profond d'un père et d'une mère pour leur enfant. Mais comme souvent chez Goolrick, l'amour est souvent malmené. Et c'est la qu'il est le plus terrible et le plus flamboyant.

Non, ce n'est pas une simple histoire d'amants maudits. C'est bien plus.
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