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EAN : 9782843377372
231 pages
Éditeur : Anne Carrière (30/11/-1)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 183 notes)
Résumé :
New York, années 1980. Robert Goolrick nous invite au bal des vanités, où une bande de jeunes hommes vont vendre leur âme au dollar et se consumer dans une ronde effrénée, sublime et macabre. Ils ont signé pour le frisson, une place sur le manège le plus enivrant que la vie ait à leur offrir.
Et ces princes vont jouer toute la partie : les fêtes, les drogues, l’alcool, les corps parfaits des deux sexes, les pique-niques dans la vaisselle de luxe, les costumes... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
latina
  14 novembre 2017
« Allez tous vous faire foutre ! On veut tout, et vous pouvez nous tuer sous le joug, on s'en tape. On veut des choses impossibles, uniquement des grands crus, le nec plus ultra dans tous les domaines. On veut des salaires équivalents à notre âge multiplié par cent mille. On veut cramer notre vie dans une course furieuse, on veut saccager, piller notre quartier, violer et détruire nos amis les plus chers. On se montrait d'une générosité grandiose à l'extérieur, et d'une mesquinerie absolue dans le secret de nos coeurs ».
Aïe ! Ces phrases m'écorchent, elles me déchirent, m'étripent. Je déteste ce genre de personnage qui se croit omnipotent, qui adule la richesse et les plaisirs égoïstes, qui écrase, manipule, jouit et « tue ».
Et pourtant, ça existe !
Ce roman raconte l'expérience de feu qu'a connue un jeune dans les années 80, à New-York, dans l'univers de la Bourse, des traders, de ces agités du bocal qui ne peuvent vivre que sous pression et qui terminent leur vie en ayant tout brûlé, tout consommé, tout violenté, terrassés souvent par une crise cardiaque, le suicide ou le sida. Ces jeunes à qui on (« la Firme ») a promis le paradis – en l'occurrence, l'argent – et par conséquent la toute-puissance et l'irrespect total des moins riches (ne parlons même pas des « pauvres » qui n'ont aucune existence à leurs yeux).
« Difficile d'évoquer les années 1980 sans employer les expressions ‘putain' et ‘va te faire foutre' à tout bout de champ. Surtout si on considère que je passais l'essentiel de mon temps soit en état de fureur, soit à la recherche de femmes avec lesquelles coucher – et parfois les deux simultanément ».
Les trois quarts de l'histoire détaillent avec une précision exaspérante les multiples jeux auxquels s'adonnent le héros et ses « amis », leur vie de fous à mille lieues de celle du commun des mortels.
J'ai détesté ces descriptions, pourtant très bien mises en scène et servies par une langue fleurie, acerbe et tranchante.
Et puis vient la déchéance : l'alcool et les drogues ne font pas bon ménage avec le cerveau rationnel, et même si l'on est jeune, celui-ci arrive à se rebeller, et à forcer le corps à délirer. Conséquence : le renvoi, définitif, de cet univers doré et dangereux de la finance.
La chute commence, inéluctable. Chute des princes, donc de très haut, descente aux enfers, perte des amis, des repères, de l'amour, pour arriver à un état accepté avec plus ou moins de sagesse.
Et curieusement, c'est cet état que j'ai aimé lire. le narrateur s'est malheureusement très peu appesanti sur le présent, c'est dommage. C'est là qu'on trouve les réflexions profondes sur l'amour, l'argent, l'amitié, la mort.
« Je contemple la moitié du lit dans laquelle personne n'a dormi, et je me demande ce qui est arrivé à tous les possibles de ma jeunesse ».
Cette phrase recèle toute la nostalgie du monde, et conduit à un possible où s'exaltera peut-être la vraie nature de l'homme qui a osé creuser en lui pour y voir la vérité.
Avis donc plus que mitigé, car le côté obscur et abondamment décrit du personnage m'a procuré énervement et exaspération. Même son aspect plus sage – l'acceptation de sa vie déchue – m'a agacée à certains moments par le fait que celle-ci, plus « normale », est décrite comme étriquée, insignifiante.
Cela me choque, car moi qui ai une vie sans richesse excessive et sans misérabilisme, je l'aime et je la trouve riche. Riche de sens et de contacts, riche d'amour.
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domisylzen
  24 août 2018
Il a voulu s'approcher trop près des étoiles et s'est brûlé les ailes.
Dans les années 80 il est devenu Golden Boy sur un coup de poker. L'argent a coulé à flot … Et ce qui va avec, sexe, drogue, alcool et rock and roll. La journée c'est le taf, la nuit c'est la fiesta … parfois les deux se mélangent ... jusqu'à ne plus en pouvoir … Jusqu'à la cure de désintoxe ... Jusqu'à se faire virer. Et tout perdre. Même sa femme le jette dehors. Commence une longue errance dans les tréfonds des bas quartiers. C'est l'envers du décor.
Cette écriture que Robert Goolrick utilise me sied à merveille, je m'y sens comme chez moi. L'histoire n'est pas narrée d'une manière linéaire, les chapitres sont comme des petites nouvelles qui se suffisent à eux-mêmes, mais l'ensemble brosse un tableau plutôt négatif sur le monde des paillettes.
Dans un monde ou l'argent est roi, la majorité vont se retrouver sur le carreau, certains caresseront du bout du doigt ce rêve américain de pleine réussite … Mais la bête est cruelle, sans pitié. Ce peut-être un point de départ pour une introspection, un coup de fouet pour déboucher vers plus de compréhension et commencer à entrevoir la Vérité en face.
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michfred
  08 janvier 2019
Quand on raconte une chute, il existe, il me semble , deux façons de faire : en dégringolant, depuis le haut de la falaise jusqu'en bas, ou alors,   comme ces bandes qu'on rembobine, en remontant lentement du tas de cailloux sur lequel le corps s'est abîmé,  jusqu'au faîte d'où il a chu.
La première façon  est dramatique et moralisatrice -sic transit gloria  mundi.. - la seconde est tragique mais permet aussi le recul ironique,  façon  Cécile  Sorel - "l'ai-je bien descendu?"-
Goolrick en a inventé une troisième: il pulvérise façon puzzle, il atomise  la chute, au mépris de toute chronologie - wind ou rewind-  en une infinité de petits moments pailletés comme les soirées de ses héros et poudrés comme leur  nez , une collection de petites nouvelles dont le héros-ou plutôt le narrateur-personnage récurrent- est tellement inconsistant  qu'il dit plus souvent "nous" que "je"- et qu'on ne connaît même pas son nom. Tout au plus,  son surnom: Rooney.
Difficile de s'attacher à une trajectoire aussi savamment brouillée,  à un personnage aussi pâlichon.  
Reste le charme de la plume...
En lisant, on accroche  bien quelques silhouettes: Jools, la pauvre petite fille riche qui ressemble tellement à Audrey Hepburn, morte d'une overdose de drogue et d'inattention, Holly, prostituée  transsexuelle au grand coeur,  et tous ces fêtards ou fêtardes brusquement terrorisés par un virus qui rend 'tout contact, tout baiser(..) tragique" , tandis que "la voix du désastre chuchote à  ( leur) oreille" : " c'est la mort du plaisir"...
Les années 80, dans la Big Apple, ce sont aussi les années sida, la catastrophe à  l'oeuvre dans cette gigantesque partouze friquée.. .
On retient quelques scènes...on hume quelques atmosphères. ..mais sans jamais s'attacher, sans s'attarder ni s'apesantir, encore moins s'apitoyer ou frémir,  comme gagné par la frénésie consommatrice, par la futilité  de cet univers d'argent facile, où il est impensable de ne pas rouler en Lamborghini, avec des Lobb  aux pieds, une chemise Turnbull tendue sur des tablettes de chocolat savamment entretenues à coup de coaching, impeccablement sanglé dans  un costard  Brioni , sûrement le fin du fin chez les yuppies! -  je cite de mémoire, tant ces marques fétiches ponctuent en abondance le récit, à se demander si Goolrick n'en a pas fait ses sponsors...
Bref, j'ai lu, j'ai vu, j'ai pas adoru.
J'ai même été plutôt déçue.
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tynn
  29 septembre 2014
Grandeur et décadence d'un golden boy des années 80...
Après une décennie de fric, d'alcool et de drogue, il perd tout: viré de son job de trader et viré par sa femme.
Son travail l'avait fait "riche et puissant mais déchiqueté vivant".
Dans sa nouvelle médiocrité quotidienne et sa solitude, les souvenirs s'entremêlent avec les espoirs déçus d'une vie familiale heureuse et d'une réussite professionnelle accomplie.
La fluidité d'écriture de Robert Goolrick, son style pétillant m'ont entrainée avec addiction dans un tourbillon qui n'est pas sans rappeler le Loup de Wall Street de Scorsese.
L'auteur réussit à rendre attachants et poignants des personnages excessifs et conquérants, en équilibre sur le fil du rasoir. Des images virevoltantes de fêtes délirantes, d'argent facile, de sexualité débridée et de luxe cohabitent avec des décès par suicide, overdose pour un rail de coke de trop, le stress permanent des salles de marché et les cures de désintox: une vie de jeunes dieux olympiens et décadents, cramant joyeusement et avec application leurs vies par tous les bouts, avant le couperet des années sida.
Un bal de "vampires" qui va entrainer dégoût de soi et dépression jusqu'au "burn out". Car tout s'arrête net pour un excès de trop. La descente aux enfers doublée de nostalgie est disséquée avec acuité, comme un engrenage infernal, de même que ce monde d'argent et de réussite complètement déshumanisé.
Magistrale démonstration, Monsieur Goolrick!
Et quelle belle image que la rédemption vienne par les livres...
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koalas
  18 décembre 2014
"Mon nom est Ozymandias, Roi des Rois. Contemplez mes oeuvres, ô Puissants, et désespérez !"
Dans les Années 80 à New York, Rooney, jeune trader avide de gloire et de fric (c'est chic) n'a qu'une envie croquer la vie à pleine dents . C'est fou, tout lui réussi ! Il grille sa vie à cent cinquante à l'heure comme au volant de sa Ferrari. Sa carrière, il la joue sur un coup de poker, ses fringues que du nec plus ultra. Son petit chez soi, un loft hyperdesign. Après le boulot : sexe, drogues, alcools et débauches à gogo . Ses amis sont de la même veine, "des big swinging dicks" (grosses bites qui se la pètent). Plus dure sera leur chute : suicide, overdose, sida, folie...Pour Rooney, la dégringolade est brutale sur le coup mais pas vitale: dépression, chômage, divorce, studio minable "humble taudis", quartier insalubre et dangereux peuplé la nuits d'interlopes en tout genre puis... la rédemption qu'il narre avec une humanité retrouvée. de sa vie de roman, une nouvelle vocation de "passeur" va naître...
Robert Goolrick a vécu à 28 ans cette vie de prince décadent avant de se brûler les ailes. Devenu écrivain sur le tard, son dernière livre a tout d'une d'autobiographie romancée.
Les chapitres flashback alternent entre les années décadentes, la chute, la résilience et la rédemption pour Rooney, le prince déchu.
D'une prose puissante et nuancée, l'auteur décrit avec éclat et justesse l'arrogance, la prédestination et la rage de ces jeunes traders élus, avides de gloire et de jouissance. Et nous dépeint l'enfer et l'envers du décor, du plaisir qui se transforme en poison. Sous la plume de Robert Goolrick, la fascination et la pitiè laisse place à la compassion et l'empathie pour ces personnages damnés par l'argent et les plaisirs faciles. Rooney brisé, esseulé n'aura qu'une quête se reconstruire. L'amour des autres et la lecture seront ses nouvelles armes et sa thérapie.
Le cadre du roman se déroule dans le New-York des années 80 qui n'est pas encore un grand centre commercial aseptisé mais une ville sale et décadente qui "grouille de rats, de toxicos défoncés au crack et de putes". le chapitre de la "ballade de la grande putain" met en scène des anges de l'asphalte comme le travesti Holly qui a de l'amour à revendre et à partager.
Les personnages sordides et flamboyants font resonnance aux héros de Hubert Selby Jr avec quelques étincelles d'espoir, de Bret Easton Ellis hormis l'horreur et au Loup de Wall Street de Scorcese pour l'arrogance. Robert Goolrick ajoute une touche d'humanité pour son héros Rooney qui rongé par la culpabilité et le remord n'en finit pas de s'excuser.
Un roman fascinant sur le thème de la rédemption écrit avec talent par un fin connaisseur du New-York des années 80.
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critiques presse (2)
LePoint   24 novembre 2014
Dans un quatrième roman qui a tout d'un chant expiatoire, l'américain Robert Goolrick revient sur ses féroces années au pays de la "gloire". Sensationnel.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress   11 septembre 2014
Cette décennie aussi décadente qu'incandescente, l'auteur de Féroces l'exhume sans fard et la dissèque sans pitié, dans un style au scalpel. C'est fou, c'est fort. Un grand roman.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm   13 avril 2021
Je me suis demandé comment une addiction tellement sexy chez les jeunes pouvait devenir aussi répugnante chez les vieux. Dans la foulée, je me suis juré d'arrêter de fumer avant quarante ans. Tant qu'on a du charme, on peut se laisser aller, on vous pardonne tout. Mais il suffit de perdre de s superbe pour que les portes de tous les clubs VIP se ferment instantanément. Je serais la première personne dans l'histoire de l'humanité à arrêter de fumer pour préserver non pas sa santé, mais son sex-appeal Sauf que presque aussitôt, je me suis dit ; Et merde, je ne suis pas venu à Vegas pour arrêter de fumer.
+ Lire la suite
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Bruno_CmBruno_Cm   13 avril 2021
J'avais lu Proust et m'étais fait agresser. Ce furent mes deux activités principales cette année-là. Dans les deux cas, des expériences marquantes et formatrices.
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Bruno_CmBruno_Cm   12 avril 2021
... j'adorais mon travail. Il faut dire qu'il offrait des avantages conséquents, dont celui de me rendre riche et puissant. Son seul défaut, finalement, c'est de m'avoir déchiqueté vivant.
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Bruno_CmBruno_Cm   13 avril 2021
Je n'osais imaginer l'ennui mortel d'une sortie officielle avec Cyril, que je n'avais rencontré qu'une fois, mais qui m'était apparu comme la version humaine d'un site d'enfouissement de déchets.
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Bruno_CmBruno_Cm   13 avril 2021
Ma vie n'est pas horrible en soi, juste ordinaire. J'essaie de faire cohabiter les réminiscences de mon ancienne existence avec celle que je mène aujourd'hui, et c'est impossible.
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Videos de Robert Goolrick (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Goolrick
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