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Annie Saumont (Autre)
EAN : 9782253037132
Éditeur : Le Livre de Poche (31/12/1990)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 17 notes)
Résumé :
La famille Smales, le père, architecte, la mère, Maureen, et leurs trois jeunes enfants ont fui leur belle villa, quittant Johannesbourg en proie au émeutes, incendies, violence. La population noire a pris possession d'une partie du pays, des avions ont été abattus, bref, c'est le chaos. Où aller? Leur domestique depuis quinze ans, July, propose des les emmener dans son village de brousse, à des centaines de kilomètres, où la case de sa propre mère leur sera prêtée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
le-mange-livres
  23 mai 2013
"Elle et sa famille était nourris par ceux de la famille de July, secourus par eux, protégés par eux."
Maureen et Bam, couple de Blancs bourgeois aux idées plutôt ouvertes, ont fui Johannesburg à feu et à sang, épouvantés, avec leurs enfants et leur domestique noir, Bam, qui les conduit à se réfugier dans son village dans le veld. Pour tous les autres villageois, la famille blanche devient "Ceux de July", autrement dit (sous-entendu) : les maîtres de July, même si le couple n'a jamais pensé sa place en ces termes.
Au sein de l'univers monotone du quotidien de la communauté villageoise se révèlent au sein de relations retournées, des tensions sous-jacentes. Alors que les enfants s'adpatent mervielleusement à leur nouvel environnement, pour Maureen et Bam il revêt des couleurs ambiguës, entre protection et danger, à la fois rassurant et inquiétant, dans l'ombre de July, leur ancien serviteur, pourvoyeur bienveillant dont le rôle central les placent dans une dépendance bien inconfortable, dont ils prennent progressivement conscience.
La conservation des clefs de la voiture qui a amené les Blancs devient ainsi un enjeu de pouvoir entre July et ses patrons, entre les Noirs et les Blancs : "Le bakkie lui appartenait, il n'en doutait pas. Il y avait dans son regard, dans son attitude, l'orgueil et la tranquille assurance de celui qui possède ; il ne savait plus que s'il possédait, d'autres avaient été dépouillés."
Avec Ceux de July, Nadine Gordimer tient un discours fin et puissant sur la fin de la suprématie des Blancs en Afrique du Sud, et donne à voir, dans la tragédie de l'intime, le naufrage d'un couple et d'un monde. A petites touches subtiles, où l'essentiel du propos réside dans des détails apparemment insignifiants, elle délivre le portrait d'une société sclérosée et anachronique, fondée sur des jeux de domination pervers.
Un roman clairement politique (on connaît l'engagement anti-apartheid de Gordimer), où, au sens strict, il ne se passe rien, mais d'une puissance assez sidérante et fascinante dans le propos.
"N'était-ce pas là des fantaisies inventées par ceux qui, dans leur situation sans issue, voulaient encore se bercer d'illusions ?"
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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keisha
  12 décembre 2015
À propos de Ceux de July (Albin Michel), paru en 1983, Nadine Gordimer déclarait à La Croix : « le racisme pourrait être le péché originel, l'inévitable tache qui marque tout être humain, de quelque race qu'il soit. Il faut savoir qu'il est là, en chacun de nous, comme le virus de la peste.
Parlons de l'histoire:
La famille Smales, le père, architecte, la mère, Maureen, et leurs trois jeunes enfants ont fui leur belle villa, quittant Johannesbourg en proie au émeutes, incendies, violence. La population noire a pris possession d'une partie du pays, des avions ont été abattus, bref, c'est le chaos. Où aller? Leur domestique depuis quinze ans, July, propose des les emmener dans son village de brousse, à des centaines de kilomètres, où la case de sa propre mère leur sera prêtée. le roman va juste raconter quelques semaines de leur séjour. La fin est assez ouverte.
Paru en Afrique du sud en 1981, bien avant la fin de l'Apartheid que l'on connaît, ce roman imagine donc une rébellion armée de la population noire, la mort, la résistance ou la fuite de la population blanche, mais les événements resteront en arrière plan. Nadine Gordimer scrute l'évolution des rapports entre ses personnages. le couple Smales, avec le mari désormais sans pouvoir et dépendant du bon vouloir de son ex-domestique, lequel décide d'apprendre à conduire et récupère les clés de leur véhicule. Difficile pour le couple de passer d'une immense villa à une simple case, sans intimité réelle (et ni eau ni électricité bien sûr). Cahin caha ils s'adaptent, Maureen essaie de travailler avec les femmes. C'est finalement leur plus jeune fille qui s'intègre le mieux au village.
Mais les moments les plus forts, à mon avis, sont ceux des échanges entre Maureen et July, où l'on retient sa respiration tellement la tension est palpable. Les Smales n'étaient pas de mauvais employeurs selon leurs critères, ils essayaient de respecter July et lui offrir de bonnes conditions de travail, mais pourtant jamais il ne fut leur égal. Maureen commence à réaliser qu'elle ne comprenait pas July.
"De là, elle voyait la brousse. Elle se mit à lire. Mais le dépaysement qu'offre un roman, l'impression illusoire et pourtant profonde de se trouver transportée dans un autre temps, un autre lieu, une autre vie, qui fait tout le plaisir de la lecture, elle ne l'éprouvait plus. Dans un autre temps, un autre lieu, une autre vie? Elle y était déjà. Et cet exil l'oppressait. Ce changement dans son existence, ce dépaysement involontaire occupaient toute sa pensée comme l'air qu'on souffle dans un ballon le remplit et lui donne sa forme. Déjà, elle n'était pas ce qu'elle était. Aucune fiction ne pouvait rivaliser avec ce qu'elle découvrait à présent et qu'elle n'aurait jamais pu imaginer.
Ces gens ne possédaient rien.
Dans leurs maisons, il n'y avait rien. du moins à première vue."
Un très beau roman, qu'on ne peut oublier.
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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CostellO-
  28 mars 2015
Immense oeuvre, presque aussi bonne qu'un roman de Coetzee
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   15 novembre 2016
Maureen partageait la conviction générale (estimant comme tout le monde que cette conviction se fonde sur une réalité incontestable) selon laquelle il n'y a pas de différence essentielle dans les rapports intimes entre les êtres : des rapports qui obéissent, toujours et partout, à une sorte de loi absolue. Si les gens ne ressentaient pas tous de la même manière les satisfactions ou les privations affectives, comment pourrait-on proclamer l'égalité des besoins?
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le-mange-livresle-mange-livres   23 mai 2013
Chef, voici le Maître. (Combien de fois, là-bas, Maureen et Bam avaient-ils essayé de lui faire abandonner la formule servile ? Mais July semblait en être incapable, c'était comme s'il n'y avait aucun terme pour la remplacer, aucun qui exprimât exactement le caractère de ses rapports avec Bam.
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le-mange-livresle-mange-livres   23 mai 2013
Le bakkie lui appartenait, il n'en doutait pas. Il y avait dans son regard, dans son attitude, l'orgueil et la tranquille assurance de celui qui possède ; il ne savait plus que s'il possédait, d'autres avaient été dépouillés.
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le-mange-livresle-mange-livres   23 mai 2013
N'était-ce pas là des fantaisies inventées par ceux qui, dans leur situation sans issue, voulaient encore se bercer d'illusions ?
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le-mange-livresle-mange-livres   23 mai 2013
Ils avaient fui les batailles des rues, ils avaient arraché leurs enfants au danger, ils s'étaient soustrait à l'obligation de défendre leurs vies au nom d'un idéal qu'ils ne partagent pas, dans une société blanche sur le déclin en laquelle ils ne croyaient plus.
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Video de Nadine Gordimer (2) Voir plusAjouter une vidéo
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