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Georges Marie Lory (Traducteur)
EAN : 9782246618911
300 pages
Éditeur : Grasset (18/09/2002)
3.75/5   34 notes
Résumé :
Pour la première fois, Nadine Gordimer quitte la société sud-africaine pour aborder un sujet plus vaste : la condition des laissés-pour-compte de l'économie mondiale, ceux qui sont condamnés à rester étrangers au monde des pays riches.

Une très belle histoire d'amour, complexe, qui s'étend sur deux cultures, deux sociétés, deux paysages. Une écriture du dénuement, sobre et sensible, d'une très grande force, à l'image du désert.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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mariech
  04 octobre 2012
Un amant de fortune est le deuxième livre de Nadine Gordimer que je lis, on reparle dans ce livre de l'avocat de ' L'arme domestique ' c'est ainsi que j'ai su que ce livre avait été écrit après .
Nadine Gordimer continue de m'enchanter , certes elle a un style particulier , assez froid , mais c'est justement ce qui me plaît , son sujet me paraît mis en valeur .
Ici , Julie , fille blanche de famille très aisée qui a n'a presque plus de contacts avec sa famille , car elle est gênée , oui gênée comme beaucoup de jeunes de sa génération le sont , de la réussite de ses parents , qui sont divorcés d'autre -part .
Alors quand elle rencontre Abdou , c'est le choc des civilisations .
Julie est en panne de voiture dans un quartier défavorisé où elle retrouve ses amis un peu paumés , un peu marginaux comme elle dans un café appelé EL-Ay , elle va devoir trouver un garage pour la dépanner, c'est comme ça que le hasard lui fait rencontrer Abdou , un travailleur immigré , à l'opposé de son monde à elle .
Mais l'amour est en marche et surtout la détermination de Julie , à vouloir vivre autre chose , c'est le lien que les réunit , l'amour physique bien sûr mais bien plus cette détermination commune à vouloir vivre autre chose que ce que leur milieu leur permet . Révolte chez Julie , la blanche trop gâtée , refus de la misère pour lui .
Une magnifique leçon d'humanité que nous offre l'auteur ; Julie ne va pas suivre une voie facile mais elle va réussir quelque chose d'impensable , rester elle -même .
La fin m'a presque semblé être une fable , tellement c'est celle qui semble si juste , je ne la dévoilerai pas pour garder le mystère .
Un livre d'une grande dame , c'est inimaginable de penser qu'elle va fêter ses 90 ans en 2013 , elle est d'une terrible modernité .
Un livre qui nous fait réfléchir sur les enjeux de l'immigration .
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TiboLexie
  11 novembre 2020
Une panne de voiture et voilà comment Julie, la blanche se retrouve face à Abdou, un musulman, abordé pour réparer son engin. de ce service marchand découle une romance entre deux êtres que tout oppose, même dans cette Afrique du Sud post apartheid. Julie est issue d'une famille aisée quand Abdou lui, un immigré bientôt en situation irrégulière est dans la survie.
Il sera expulsé. Une expulsion qui ne met pas fin à cette histoire car Julie décide de le suivre dans son pays natal. Autre monde, autre réalité ! La jeune femme semble néanmoins s'y faire alors que son compagnon lui rêve d'un nouveau départ. Un départ vers l'Amérique cette fois. Tant pis pour le risque encouru car "émigrer" (ou immigrer) est en soi une réussite. Cela lui permet de surcroit d'essuyer l'affront de ce retour honteux. le retour involontaire de l'immigré.
Ainsi, au vu de ce surprenant épilogue, leur amour n'était-il pas basé sur un malentendu ? Que cherchait Julie en suivant son amant et après quoi court Abdou malgré ce qu'il ressent pour elle ?
Nadine Gordimer à travers une plume délicate dresse deux portraits d'une certaine idée de la liberté, de la trajectoire que l'on entend donner à sa vie. Tout l'enjeu de ce récit est de voir si celles-ci peuvent se rejoindre pour n'en faire qu'une.
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ladesiderienne
  19 novembre 2013
CHALLENGE NOBEL 2013/2014 (4/15)
Avec ce livre, c'est un autre prix Nobel que je découvre en la personne de Nadine Gordimer. Depuis que je m'intéresse à travers ce challenge aux grands noms de la littérature, une fois de plus, me voilà totalement décontenancée par le style d'écriture, qui m'a rappelé celui de Toni Morrison dont je viens de terminer "Un don". Dès le départ, l'histoire est difficile à saisir suite aux changements fréquents de narrateurs. L'auteur passe allégrement d'un paragraphe conté à la troisième personne à un dialogue, sans passage à la ligne, sans guillemets, ni tirets, bref, sans les signes de ponctuation distinctifs. Les avis des différents protagonistes se suivent sans que l'on sache qui parle. J'en suis à me demander si c'est une caractéristique des auteurs reconnus ou si c'est moi qui manque de souplesse.
Par contre, ce récit sur l'immigration et l'intégration m'a paru intéressant car traité de deux points de vue différents. Abdou est venu travailler illégalement en Afrique du Sud comme garagiste. Il y rencontre Julie qui tente de s'émanciper des siens, trop riches et trop bourgeois, à son goût. Leur amour va être contrarié car, dénoncé, le jeune homme est obligé de rentrer au pays. Contre son avis, Julie décide de l'accompagner. Elle va donc découvrir un autre monde, une nouvelle famille dans ce pays de confession musulmane, construit aux portes du désert. A son tour, elle va être l'étrangère dans le pays de l'autre.
En résumé, belle réflexion sur la différence culturelle, sur la recherche de l'Eldorado qui n'est pas idéalisé par tous de la même façon. Donc tout à fait d'accord sur le fond, mais absolument pas sur la forme, beaucoup trop alambiquée à mon goût.
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cedratier
  30 novembre 2016
« Un amant de fortune » Nadine Gordimer (Grasset, 343 pages)
Julie est jeune, indépendante, belle sans doute, blanche, fille d'une famille très aisée dont elle ne partage guère les valeurs et qu'elle a donc mise à distance. Abdou est jeune, beau sans doute, noir, de famille musulmane, certes diplômé dans son pays d'origine, mais immigré entré clandestinement dans ce pays riche, il fait le mécano sans papier. Ce pourrait être chez nous de nos jours, ça se passe en fait en Afrique du Sud, à la fin des années quatre-vingt-dix qui suivent la suppression légale ou formelle de l'apartheid. Autant dire que ces deux-là ne devaient pas se rencontrer. Ce pourrait être un roman à l'eau de rose, mais c'est Nadine Gordimer qui écrit, et qui évite ce piège. On prend la réalité de ce clandestin en pleine figure, les tentatives de régularisation désespérées, l'expulsion vers le très pauvre pays d'origine (la Namibie ?). Et l'amante le suit et l'épouse, et finit par trouver une place hésitante dans sa belle-famille pourtant si éloignée de ses racines. Et lui continue à faire des pieds et des mains pour trouver un eldorado qui le fasse sortir de son pays de misère.
Il y a une faiblesse gênante à la présentation du livre (qui tient peut-être à l'édition ?), c'est l'absence de guillemets et de tirets qui signalent les nombreux dialogues, d'autant que les choses sont présentées successivement du point de vue de la femme et de celui de l'homme, on s'y perd parfois lorsqu'on lit « je », il faut chercher pour comprendre qui parle.
Mais la force essentielle du livre tient à l'absence de manichéisme, à l'imprécision de la réalité des sentiments pourtant très intenses qui unissent les deux personnages, à l'ambiguïté maintenue ; car il y a du malentendu entre eux, né du fossé culturel et d'a priori différents sur les destinées possibles, et Nadine Gordimer se garde bien de trancher. Ce qui n'empêche pas une grande lucidité sur la complexité des rapports humains. Cette complexité des liens est très bien traduite par une écriture qui laisse ouverte des doutes, alors qu'elle se fait d'une précision quasi-chirurgicale lorsque l'auteur dépeint les milieux sociaux si différents dans lesquels évoluent les personnages.
Un roman fort, que j'ai avalé presque d'un traite.
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Rhodopsine
  06 août 2014
Afrique du Sud: Julie est une jeune femme blanche issue d'une famille aisée, Abdou/Ibrahim un jeune homme noir , clandestin. Difficile de qualifier le roman d'histoire d'amour, tant l'écriture de Nadine Gordimer fuit toute émotion, dans une construction "cubiste" (chaque situation apparaissant sous les points de vue des différents protagonistes dans le même élan). L'accueil de Julie dans la famille d'Ibrahim fait pendant à l'accueil d'Ibrahim par les amis de Julie: fossé culturel, maladresses, condescendance...Difficulté de s'attacher aux personnages, intrigue froide: chacun suit ses rêves, juxtapose sa vie à celle de l'autre. L'un part, l'autre reste: chacun atteint son objectif, chacun s'attache à son ambition, mais les sentiments n'ont pas leur place.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
mariechmariech   04 octobre 2012
N'est-ce pas suffisant d'avoir un portable et la télé ?
N'est -ce pas déjà du superflu ?
Qu'est -ce qu'il vaut la peine de posséder , là-dehors dans ce monde de faux dieux ?
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ladesiderienneladesiderienne   17 novembre 2013
Le désert. Jamais en fleur. Jamais en déclin. Juste l'alternance sans fin du jour et de la nuit. Hors du temps : elle le contemple, non de loin, mais prise par lui, car son espace ne connait pas de limites, de bornes marquant les distances. Il n'y a pas d'horizon dans une pellicule de brume, la pâleur du sable, souligné de rose, lumineux comme du lilas avec sa propre couleur dans la lumière légère ne trace aucune frontière entre ciel et terre. La brume du ciel est indistincte de la brume du sable. Tout cela se noie, et sans aucun spectateur ; le désert est une éternité.
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TiboLexieTiboLexie   09 novembre 2020
Prolonger leur statut actuel : sa situation à lui est déterminante. Il est ici et il n'est pas ici. C'est dans ce contexte qu'ils existent en tant qu'amants. Un état en suspension loin de la pression planificatrice des autres ; voir plus loin. Il n'y a pas d'avenir sans une identité pour le revendiquer ; ou être contraint de le faire. Il n'y a pas de normes pour mettre en cage.
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TiboLexieTiboLexie   10 novembre 2020
C'est vrai, mais il voit, il sent, il lui apparaît quelque chose qu'il ne connaît pas : cette étrangère a pour lui _ des mots magnifiques lui viennent dans sa langue maternelle _ un profond attachement. Quel homme, quelle femme peut refuser cela ? L'attachement. N'est-il pas naturel d'être aimé ? D'accepter une bénédiction.
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ladesiderienneladesiderienne   16 novembre 2013
Il lit avec une intense concentration et un devoir d'incrédulité, son principe premier pour jauger les faits. Parfois il lui demande la signification d'un mot ou d'une expression. Elle l'observe à la dérobée - c'est un passe-temps paisible de l'amour : il lit comme si sa vie dépendait du contenu.
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Video de Nadine Gordimer (2) Voir plusAjouter une vidéo
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