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EAN : 9782246802266
480 pages
Éditeur : Grasset (30/10/2013)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Un couple métissé, Steve, blanc, mi- juif mi-chrétien, et Jabulile, femme zoulou, vétérans de l'ANC, mariés à une époque où les lois raciales le leur interdisaient, se retrouvent en 1994 à Johannesburg dans l'Afrique du Sud post apartheid. Ils rencontrent d'anciens camarades et des voisins gays sortis eux aussi de l'illégalité. Les uns comme les autres n'avaient aucun mal à savoir qui ils étaient à cette époque, mais comment mener une vie normale dans cette société ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  06 octobre 2014
Vivre en Afrique du Sud post-apartheid, vie de couple, vie de famille dans un climat sociopolitique particulier.

Un couple, un blanc et une noire qui se sont connus pendant leurs études dans un autre pays. Elle a été emprisonnée, lui concoctait des bombes grâce à ses compétences de chimiste. La fin du régime leur permet de vivre ouvertement, elle devient avocate, il enseignera à l'université. Ils vivront dans une banlieue, dans une enclave qu'ils partageront avec d'anciens compagnons de lutte et des voisins, un couple homosexuel, des victimes aussi de la discrimination.

Dans ce roman, on trouve la vie quotidienne, les amours, la décision d'avoir un bébé, les inquiétudes pour les enfants et les relations avec les vieux parents, mais inévitablement aussi, beaucoup de réflexions sur la société et la politique.

Dans leur profession respective, i ils contribuent au progrès social : Jabu défend des victimes et Steve travaille fort dans les cours préparatoires qui aident des jeunes Noirs à vaincre le déficit d'une éducation primaire bancale. Malgré leurs efforts, ils ne peuvent s'empêcher de ressentir des sentiments de culpabilité, car ils ont une vie confortable pendant que des millions de gens n'ont pas de toit.

Avec les camarades qui ont lutté pour la libération du pays, ils vivent de difficiles désillusions, ils s'indignent devant la corruption qui s'est installée parmi les élites noires du parti. Ils ont du mal à accepter le train de vie fastueux de la classe politique alors que le peuple peine à se nourrir. Ils sont horrifiés par la violence de leur pays et les actes barbares envers les réfugiés des dictatures d'autres pays africains.

À près de 90 ans, madame Gordimer, lauréate du prix Nobel de littérature 1991, nous offre un portrait saisissant de son pays.

Une lecture émouvante, dérangeante…
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Aela
  30 décembre 2013
C'est un roman passionnant qui nous entraîne dans les débuts de l'Afrique du Sud de l'ère Mandela, en 1991, peu après l'abolition de l'apartheid.
C'est l'histoire d'un couple "mixte" qui va enfin pouvoir vivre en dehors de la clandestinité. Steve est blanc, mi-juif, mi-chrétien, et Jabulile est sa femme, d'origine zouloue.
Ils sont tous les deux vétérans de l'ANC, African National Congress comme chacun sait et ils vont vivre intensément leurs débuts de vie de couple "officielle".
Ils s'installent dans un quartier résidentiel avec comme voisins plusieurs couples gays, qui eux aussi sortent enfin de la clandestinité.
Le portrait de la nouvelle Afrique du Sud est captivant mais on se désole parfois, à la lecture de ce livre, de voir que la corruption persiste et que persistent également les inégalités entre Blancs et Noirs.
Un livre qu'il faut lire si on veut comprendre la nouvelle Afrique du Sud et mieux comprendre l'enjeu des luttes menées par Nelson Mandela qui vient de nous quitter récemment.
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JeanPierreV
  18 septembre 2015
Superbe roman pour découvrir l'Afrique du Sud
Steve et Jabulile, "Jabu", forment un couple mixte dans tous les sens du terme : il est blanc, elle est noire, il est né d'un père catholique et d'une mère juive, qui lui a imposé sa religion, elle est fille d'un directeur d'école réservée aux noirs et recteur d'une communauté religieuse.
Il a étudié en Afrique du Sud, elle a fait ses études au Swaziland, grâce à son père qui a souhaité pour sa fille une autre scolarité que celle promise aux enfants noirs par le régime de l'Apartheid. Il est assistant dans une université, avocate elle défend des femmes…
Ils se connu au sein de l'ANC, et luttaient ensemble contre l'apartheid. Chimiste de formation, il fabriquait des bombes…Ils ont été tous deux emprisonnés et torturés et au cours de son emprisonnement elle a pu se former grâce aux livres que son père lui transmettait
Un couple qui s'était battu pour un idéal, un idéal qui se concrétisa en 1994 avec l'élection de Nelson Mandela à la tête de l'Etat
Une vie nouvelle pour l'Afrique du Sud, avec la fin de l'apartheid, une vie nouvelle pour ce couple…Comment "Vivre à présent" dans ce nouveau pays, comment "Vivre à présent" leur vie de couple…un couple qui va s'embourgeoiser, comme tous leurs ancien amis de "la Lutte", achat d'une maison dans un quartier résidentiel, scolarité des enfants dans des écoles de qualité, ascension sociale…?
Et comment "Vivre à présent", alors que les idéaux de jeunesse sont mis à mal, corruption de membres dirigeants de l'ANC, scissions du vieux parti en clans rivaux, comment "Vivre à présent" alors que les violences faites aux noirs n'ont pas cessé, bidonvilles, violences physiques, chômage, pauvreté, éducation, ..?
Comment supporter que des noirs anciens leaders dans la lutte armée pour l'égalité puissent dorénavant s'enrichir immensément du fait de malversations financières..et dirigent des sociétés qui sous-payent leurs salariés noirs? Comment accepter que les noirs puissent intégrer les université avec un niveau de formation plus bas, leur rendant finalement impossible l'accès aux diplômes…?
Comment "Vivre à présent" dans un pays qui s'apprête à élire un président de la république issu de l'ANC, et sur lequel pèsent soixante douze chefs d'accusation pour fraude et corruption…un candidat qui se protège du Sida en prenant une douche?
Comment accepter de vivre dans un pays dans lequel on peut être à tout moment, victime d'agression et de vol à son domicile, dans un pays qui accueille des immigrés fuyant les régimes dictatoriaux africains et les parque dans des ghettos sordides.
"Plus moyen de vivre dans cette tromperie, cette parodie. A quoi servent un professeur assistant et une avocate là où l'éducation est la somme de toutes ces écoles produisant des élèves pour qu'ils soient admis à l'université sans avoir le niveau nécessaire pour comprendre les cours ; où la justice esquive toute condamnation de camarades coupables, haut placés dans le gouvernement. C'est une excuse de sainte-nitouche qui ne trompe plus personne, que d'invoquer ses enfants pour justifier une décision. [ ] Des enfants dont la conception même reposait sur une foi dans un présent qui n'est jamais venu. Aucun signe de l'égalité de leur fusion noir-blanc dans ce pays, né de la Lutte, qui est le plus inégalitaire de la planète"
Et si la solution était de partir, de quitter ce pays si éloigné de celui pour lequel ils se sont battu, d'émigrer…?
Un roman qui prend certes pour cadre l'Afrique du Sud, mais qui évoque les questions intemporelles de l'identité, des désillusions, de la gestion du pays faite par les hommes politiques…. des questions qui finalement se posent un peu partout, des interrogations qui sont les nôtres, celles des espoirs déçus, celles de la violence dans les cités, dans la société, de l'agent facile et sale, de la probité en politique, de l'immigration….
Des questions, un malaise que certains décident de fuir….
Des questions actuelles
Mon premier livre Nadine Gordimer, reconnue par le prix Nobel de littérature…Mais pas mon dernier, malgré une écriture parfois difficile. Je vous en reparlerai..Promis

Lien : https://mesbelleslectures.wo..
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granada
  16 février 2014
Pour Jabulile et Steve, il y a avant et après : avant la fin de l'apartheid et après. Elle, fille d'un directeur d'école réservée aux Noirs , et recteur de sa communauté religieuse, a pu aller étudier au Swaziland. Son père a contrevenu aux traditions pour permettre à sa fille d'étudier, et lui a fait transmettre des livres lorsqu'elle était en prison . Lui, jeune homme blanc engagé dans la lutte contre l' apartheid en mettant ses connaissances de chimiste au service de l' ANC, a du s'exiler au Swaziland pour éviter la répression. Entre les deux, l'amour, le combat commun , un mariage à l'époque interdit entre gens de couleurs différentes , donc la vie dans la clandestinité. En 1994, comment « vivre à présent » ? Dans une société qui n'interdit plus leur relation, mais où ce qui faisait la lutte commune n'apparaît plus comme évident, comment se situer ? D'abord un déménagement auprès de leurs amis de la lutte, dans un quartier petit bourgeois, le choix d'une école privée pour leur fils, l'entrée à l'université de Steve , le travail de Jabulile auprès du Justice Centre, pour aider les noirs analphabètes à accéder à la justice. Mais bien vite, ce sont les désillusions, les interrogations : le parti se déchire entre groupes rivaux, la corruption envahit la nouvelle administration jusqu'aux plus hautes sphères du gouvernement, les noirs qui accèdent aux classes moyenne et supérieure se comportent avec les plus pauvres comme les classes blanches le faisaient avec eux ou presque. Les violences faites aux noirs n'ont pas disparu comme plusieurs évènements dans des universités ou écoles mixtes le montrent. le niveau d'inculture des enfants noirs leur rend difficile l'accès aux études supérieures et aux emplois correspondants. le chômage et la violence s'accroissent… le doute s'installe chez ceux qui ont consacré leur jeunesse au changement. « Qui aurait pu prévoir . Qu'on en arriverait-là » dit l'un d'entre- eux. « le nouveau président , qui atteint des sommets de popularité aux yeux de l'homme du peuple, sera un président sur lequel pèsent soixante-douze chefs d'inculpation pour fraude et corruption ».
La tentation est grande pour le couple de partir pour protéger leurs enfants de cette société qui n'est pas celle dont ils ont rêvé et pour laquelle ils se sont battus. « Qu'est - ce qui explique la différence ente ne rien faire du tout et en être arrivé au point , bien malgré soi, où l'on reconnaît que ce en quoi on croyait, ce pour quoi on s'est battu n'a jamais été un tant soit peu appliqué- d'accord, ne pouvait l'être- en quinze années de gouvernement- et dégénère à présent de jour en jour. «
Ce roman pose aussi la question de l'identité, des identités : les rapports de Jabu et son père et sa famille, les relations de Steve à sa propre famille , un de ses frères décidant d'assumer leur origine juive ….
J'ai lu les romans d' André Brink avec passion et désir de voir s'effondrer le régime abominable de l' Apartheid. Dans un monde idéal , on aurait aimé une société pacifiée, égalitaire, harmonieuse. la réalité n'est pas celle-là. Tout reste à faire pour le peuple d' Afrique du Sud, pour que la promesse d'une vie meilleure se réalise .
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Nuageuse
  15 juin 2020
Un coup de coeur !
Je ne m'étais pas rendue compte que la fin de l'apartheid datait des années 90. C'est fou. En même temps, l'actualité nous rappelle sans cesse que le racisme est toujours présent. Ce qui m'a le plus choquée est la participation des Noirs à la dénonciation d'autres Noirs en faveur d' "avantages". D'ailleurs Hannah Arendt parle des juifs qui ont dénoncé les leurs sous la Seconde guerre mondiale.
Pour revenir à Vivre à présent, Nathalie Gordimer nous emmène aux côtés de Steve et Jabulile, surnommée Jabu, en Afrique du Sud après l'apartheid. Il est blanc, elle est noire. le livre commence sur leur déménagement, ils vont vivre dans la Banlieue à la vue de tous. Ils ont pour voisin entre autres des homosexuels qui ont une piscine.
L'auteur s'interroge sur la vie d'après "Madiba" alias Nelson Mandela, le président de la réconciliation.
Il reste hélas un parfum de corruption : le procès Zuma est sans cesse reporté. Il est accusé de corruption dans un contrat d'armement impliquant un groupe français..
J'espère qu'un jour l'Afrique du Sud sera débarrassée de tous ses démons.
Il m'a été dur de quitter Steve et Jabu, deux personnages très profonds, deux combattants.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   30 décembre 2013
La banlieue exclusivement boer n'était pas la seule à s'être transformée conformément au politiquement correct, considéré comme une forme de justice. L'autre banlieue, celle aux belles demeures, dont une bonne partie reproduisait les traits architecturaux des Vieux Pays dont étaient originaires leurs propriétaires, et qui avait été l'apanage des blancs les plus aisés, avait elle aussi subi une invasion, sinon une transformation.
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bilodohbilodoh   06 octobre 2014
Épicure croyait en un univers non créé, non régi par un créateur, sa morale affirme la liberté humaine de suivre nos aspirations, de vivre mieux, de chercher le plaisir, état qui ne peut être obtenu qu’en nous imposant des contraintes à nous-mêmes dans nos rapports aux autres, en respectant les principes de justice qui garantissent l’existence même de cet état. Le droit au bonheur. (p.250)
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bilodohbilodoh   06 octobre 2014
« Moi. je suis prête à l’ultime émigration. » 
[…]
« Vous allez jouer les touristes sur la lune? À cotre âge?

— Non. La crémation. On s’envole en particules infinitésimales vers l’infini.
(p. 303)
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bilodohbilodoh   06 octobre 2014
Donc, nous avons acheté une maison pendant que d’autres, dont tant de nos camarades… pendant que des millions d’autres vivent encore sous des abris de tôle et de carton. (p. 128)
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JeanPierreVJeanPierreV   16 septembre 2015
Plus moyen de vivre dans cette tromperie, cette parodie. A quoi servent un professeur assistant et une avocate là où l'éducation est la somme de toutes ces écoles produisant des élèves pour qu'ils soient admis à l'université sans avoir le niveau nécessaire pour comprendre les cours ; où la justice esquive toute condamnation de camarades coupables, haut placés dans le gouvernement. C'est une excuse de sainte-nitouche qui ne trompe plus personne, que d'invoquer ses enfants pour justifier une décision. [ ] Des enfants dont la conception même reposait sur une foi dans un présent qui n'est jamais venu. Aucun signe de l'égalité de leur fusion noir-blanc dans ce pays, né de la Lutte, qui est le plus inégalitaire de la planète (P. 434)
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