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ISBN : B00FEJM2PS
Éditeur : Gigamesh (30/11/-1)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Kalpa Impérial paraît juste après la dernière dictature argentine en 1983 pour des raisons de censure : comme de nombreux livres argentins de cette époque, il n’aurait pu être publié en cette période trouble. Sa poésie, son onirisme en font un exemple parfait de la littérature argentine, de son style, de sa force, de son originalité et de sa personnalité.
Au fil d’un récit caustique et ubuesque (souvent on pense à Alfred Jarry), mais aussi fantastique (à la m... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
OumG
18 juin 2017
Il était une fois un empire. Si puissant qu'il n'a pas d'ennemi. Si vaste qu'il semble englober le monde entier. Si pérenne que l'on a perdu le compte de ses dynasties. Qui a connu bien des renaissances. Et qui existe peut-être depuis toujours.
Laissez-vous guider par Angelica Gorodischer, l'Argentine, la conteuse. Elle prend soin de chauffer et d'attiser la curiosité de son auditoire. Au début de chacune de ces onze histoires apparemment disjointes. Contes des mille et unes journées de l'empire. Ou l'on côtoie empereurs et architectes, concubines et généraux, mendiants et ministres, prostituées et révolutionnaires, laquais et tueurs à gages. Où l'on parcourt palais, jardins et bouges, champs de bataille, cités lointaines, caravanes du désert ou jungles du sud.
Des histoires qui lorgnent autant vers le conte que le réalisme magique ou que la fantasy. Des histoires écrites dans un style baroque. Envoûtant. Des contes philosophiques.
Point commun, fil rouge entre toutes ces histoires, les empereurs et les impératrices. Le pouvoir. La manière de bien l'exercer. Les qualités qu'il faut pour cela. Questions pour lesquelles Angelica Gorodischer a des idées de réponses. Ainsi que pour d'autres. Et nous les livre au travers des portraits de ces personnages. Dans ces histoires passionnantes, optimistes et cruelles, désenchantées et enchanteuses.
Cool.
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Charybde2
10 mai 2017
Dense, épique, baroque et subtilement politique, l'art du conte d'un empire imaginaire.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2017/05/10/note-de-lecture-kalpa-imperial-angelica-gorodischer/
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SophieChalandre
07 février 2017
Angélica Gorodischer rédige une oeuvre où elle fait toute la lumière sur ses talents de conteuse, caractérisés par le recours à une écriture baroque et humoristique qui soutient un mode de l'invention historiographique. Ce roman culte est l'une des rares fictions en langue castillane à approcher la fantaisie héroïque.
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Les critiques presse (3)
Telerama22 juin 2017
La fable se charge d'ambiguïté, et Kalpa impérial devient aussi, voire surtout, une réflexion prophétique (le livre a près de 35 ans...) sur la communication, le mensonge et l'art de conter.
Lire la critique sur le site : Telerama
Telerama21 juin 2017
La fable se charge d'ambiguïté, et Kalpa impérial devient aussi, voire surtout, une réflexion prophétique (le livre a près de 35 ans...) sur la communication, le mensonge et l'art de conter.
Lire la critique sur le site : Telerama
Elbakin.net07 juin 2017
Livre somme porté par un souffle indéniable et une dramaturgie parfaitement maîtrisée, Kalpa Impérial ne s’érige jamais en ouvrage cherchant à faire la leçon à ses lecteurs.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
OumGOumG13 juin 2017
Il était fou, certes, mais il gouverna bien. Sans doute parce que pour gouverner, bien ou mal, on ne peut pas être totalement sain d’esprit. Car comme le disent les sages, l’homme sensé s’occupe de son potager ; le lâche, de l’or ; le juste, de sa ville ; le fou, du gouvernement ; et le sage, de l’épaisseur des feuilles de la fougère.
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OumGOumG11 juin 2017
Mezsiadar III l’Ascète avait peur de lui-même et ses nuits étaient agitées. Je crois que cela expliquait tout. Après avoir ordonné que l’on coupe la tête des fonctionnaires, il s’assit seul dans la pénombre, dans une chambre dénudée et froide et songea attentivement à la ville multicolore qui vivait la nuit, aux rêveurs pieds nus, aux modèles nus, à la promiscuité, à l’absinthe, à l’oisiveté ; il pensa aux choses qui ont lieu dans l’obscurité, il pensa aux effleurements et aux murmures, il pensa aux chambres tapissées, aux voix rauques, aux instruments à cordes qui sonnent paresseusement, aux escaliers étroits qui mènent à des atmosphères suffocantes où l’on devine les formes des corps et où une odeur piquante s’infiltre dans le nez, il pensa aux langues, aux seins, aux cuisses, aux sexes et aux fesses, peints, nauséabonds, en chair, s’activant, grossiers, balourds, empotés, immondes d’attirance. Cette nuit-là il renvoya son repas, se coucha dans son lit sans couverture et eut de la fièvre. Le lendemain, deux corps d’armée s’élançaient vers la ville.
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OumGOumG13 juin 2017
Je savais aussi que les hommes ne pensent pas. Non, non, ne ris pas. Ils ne pensent pas. De temps à autre il y en a un qui pense, c’est vrai, et il le dit et il l’écrit, et cela est si extraordinaire que personne ne l’oublie. Les gens assemblent ces fragments que d’autres ont pensés, comme ils peuvent, parfois sous une forme très opportune, parfois sous une forme très absurde, ils répètent une série de pensées d’autrui sans rapport précis avec une situation donnée et une autre série de pensées d’autrui dont le rapport n’est pas plus précis avec une autre situation donnée, et ils croient que ce sont eux qui pensent.
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Charybde2Charybde210 mai 2017
Vous avez sûrement lu quelque chose un jour ou entendu quelque chose au sujet du règne de l’Empereur Furet. Peu importe ce que vous avez entendu ou su, moi je vous affirme que ce fut un homme juste. Il était fou, certes, mais il gouverna bien. Sans doute parce que pour gouverner, bien ou mal, on ne peut pas être totalement sain d’esprit. Car comme le disent les sages, l’homme sensé s’occupe de son potager ; le lâche, de l’or ; le juste, de sa ville ; le fou, du gouvernement ; et le sage, de l’épaisseur des feuilles de la fougère.
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Charybde2Charybde210 mai 2017
Pour une fois le sud n’avait rien à y voir. Le sud resta tranquille, prit ses aises et regarda, goguenard, aussi bien amusé que plein d’espoir, comment se massacraient ses frères du nord. Et ses frères du nord le réjouirent et lui offrirent un beau spectacle, violent et tonitruant ; et ils recouvrirent la terre et le ciel de cris de guerre et de douleur. C’est ça, je vous parle de la Guerre des Six Mille Jours. Qui ne dura pas six mille jours mais beaucoup moins et dont personne ne semble savoir pourquoi on l’appelle ainsi sauf un quelconque maniaque chercheur de bizarreries historiques qui pourrait vous dire que plus ou moins six mille jours furent nécessaires pour que l’Empire se remette de la lutte entre les trois dynasties et pour que soient rétablis l’ordre, les frontières et la paix. C’est ce que disent les histoires académiques tout du moins. La véritable vérité est peut-être qu’Oddembar’Seil le Sanguinaire eut besoin de plus ou moins six mille jours pour chercher, persécuter, exterminer les membres et les partisans des deux autres dynasties. Ce qui est certain c’est que tout le nord ne fut qu’un seul et même champ de bataille, et comme les hommes en ces temps-là n’étaient occupés à rien d’autre qu’à se battre, le port du nord resta paralysé et même les véhicules de transport de marchandises ne s’approchèrent plus de la ville des collines. La guerre, pour elle, était très loin ; la ville continuait d’être couverte de mousse et de lierre, qui s’épanouissaient dans les bassins et sur les corniches, abritant des bestioles colorées dans les anfractuosités des monuments et des fontaines de pierre, et elle perdura ainsi quasiment jusqu’à la fin et tout eût continué ainsi, pour toujours, peut-être jusqu’à aujourd’hui, si le Sanguinaire, qui méritait bien son sobriquet, n’avait pas été trahi par un général ambitieux.
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