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ISBN : 2918597414
Éditeur : Les liens qui libèrent (13/11/2013)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 6 notes)
Résumé :
"Une perspective nouvelle s'ouvre ainsi à nous: la construction d'une civilisation du temps libéré. Mais, au lieu d'y voir une tâche exaltante, nos sociétés tournent le dos a cette perspective et présentent la libération du temps comme une calamité. Au lieu de se demander comment faire pour qu'à l'avenir tout le monde puisse travailler beaucoup moins, beaucoup mieux, tout en recevant sa part des richesses sociallement produites, les dirigeants, dans leur immense maj... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Vermeer
  18 juin 2017
Aujourd'hui, on produit plus, mieux avec moins de travail. Il faudrait rompre avec l'idéologie du toujours plus de croissance car elle ne permettra plus de retrouver le plein emploi. le travail n'est plus le principal ciment social même si on fait semblant de croire le contraire. La flexibilité, la précarité augmentent. La société est divisée entre ceux qui bénéficient d'un emploi stable et les autres. La société actuelle est basée sur la compétition, le combat. Pourtant, toute société a besoin de ciment social pour survivre. Comment redistribuer les gains de productivité? Il faudrait pour l'auteur créer une société du temps libéré, partager les richesses. le problème c'est qu'une telle réflexion entraîne une remise en cause du système capitaliste.
Au lieu de cela, on compte sur les emplois de service à la personne pour résorber le chômage. L'analyse d'André Grotz est très intéressante. Ces emplois constituent au plan économique une "substitution équivalente, improductive" (Adam Smith) c'est-à-dire qu'ils ne permettent pas de gain de temps (contrairement à la rationalisation de la production). Certains de ces emplois permettent aux plus favorisés de bénéficier de plus de temps libre (remise au goût du jour des emplois de serviteurs du XIXème siècle). D'autres sont indispensables à la société (travail auprès des personnes âgées, handicapées, enfants). Ils devraient donc être non marchands, non rémunérés, fondés sur l'échange de temps. Cela permettrait de donner plus de cohésion à la société et de créer une société plus solidaire. Bien sûr, cela peut paraître utopique mais ces réflexions ont le mérite de nous interroger sur les limites de la société capitaliste fondée sur plus de consommation, de croissance (modèle selon l'auteur dépassé depuis la fin des Trente glorieuses). Elles permettent de faire évoluer les mentalités.
L'opus débute par un article bluffant, terriblement visionnaire car écrit en 1974. L'auteur prévoit déjà la récupération par l'industrie et le capitalisme de l'écologie (dont les coûts pèseront sur les plus pauvres). Dès 1974, il invite à ne plus penser en terme de toujours plus de croissance.
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Iraultza
  29 juillet 2014
Et si l'on réduisait notre temps de travail pour mieux vivre ? C'est en résumé ce que défend André Gorz dans cet article écrit dans Le Monde Diplomatique en 1993, Bâtir la civilisation du temps libéré, et qui est publié avec d'autres textes dans cette édition des Liens qui Libèrent.
L'auteur part d'un constat simple : depuis plusieurs années, la production de richesses en France ne cesse d'augmenter, alors que parallèlement les heures de travail baissent. Aujourd'hui, nous sommes capables de produire plus et mieux avec moins de travail. Pour A. Gorz, cela nous permettrait de donner une nouvelle perspective à notre société : réduire le temps de travail, sans perte de revenus, et gagner en qualité de vie.
Mais pour la majeure partie de notre société, la réduction du temps de travail est perçue de manière très négative. Et pourtant, partager le travail de manière équitable va devenir une nécessité absolue pour lutter contre le chômage. Si l'on veut éviter d'avoir un pays divisé entre ceux qui ont un travail permanent, une sécurité, et ceux qui vivent de manière précaire car n'ayant pas accès à un emploi stable, il faudra s'engager sur la voie de la diminution du temps de travail.
Cela passe évidemment par une meilleure redistribution des richesses, c'est pourquoi hommes politiques et représentants du patronat s'opposent à une telle réforme, car elle remet en cause le fondement même du système capitaliste : la confiscation par une minorité de la richesse produite par la majorité.
Une nouvelle société pourra ainsi voir le jour, où une réelle autogestion du temps et des horaires permettra d'ajuster les plages de temps libéré au projet où à la situation familiale de chacun (maternité, paternité, congé sabbatique, congé pour soigner un proche, formation, etc).
Ce sera aussi l'occasion pour chaque personne de vivre pleinement sa vie, et de s'engager totalement dans la vie de la cité. de nombreuses activités sans but monétaire pourront se développer (coopératives, échanges de services, réseaux de solidarité, etc), et l'on pourra même imaginer un essor sans précédent du secteur associatif.
A. Gorz nous invite donc à réfléchir sur l'opposition entre avoir et être, et pose les limites du modèle actuel de notre société qui pousse à la surconsommation, et à travailler toujours plus, alors que nous pouvons avoir à portée de main une vie plus libre et une société plus égalitaire.
Cela passera nécessairement par une révolution des mentalités, et une prise de conscience collective qu'il vaut mieux vivre sa vie que de la gagner.
Lien : https://jehaislesindifferent..
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CeliaNo
  17 mai 2014
Un excellent livre qui remet en question les fondements même de la "crise" que nous traversons actuellement.
Nos avancées technologiques nous ont permis de produire plus à un moindre coût. Pourtant à aucun moment ne s'est posé la question de que faire de ce temps libéré et de comment cette hausse de production pourrait être bénéfique pour tous. Au contraire les entreprises faisant de plus en plus de profits ont embauché de moins en moins de monde. On a assisté à une précarisation des travailleurs et a une paupérisation de la société.
André Gorz propose une réfléxion sur tout cela.
Quand on a fini ce livre ses propositions semblent si intéressantes et logique que l'on se demande comment on a pu ne pas y avoir pensé plus tôt.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   13 mars 2018
Le capitalisme est contraint de prendre en compte les coûts écologiques sans qu’une attaque politique, lancée à tous les niveaux, lui arrache la maîtrise des opérations et lui oppose un tout autre projet de société et de civilisation. Car les partisans de la croissance ont raison sur un point au moins : dans le cadre de l’actuelle société et de l’actuel modèle de consommation, fondés sur l’inégalité, le privilège et la recherche du profit, la non-croissance ou la croissance négative peuvent seulement signifier stagnation, chômage, accroissement de l’écart qui sépare riches et pauvres. Dans le cadre de l’actuel mode de production, il n’est pas possible de limiter ou de bloquer la croissance tout en répartissant plus équitablement les biens disponibles.

Tant qu’on raisonnera dans les limites de cette civilisation inégalitaire, la croissance apparaîtra à la masse des gens comme la promesse — pourtant entièrement illusoire — qu’ils cesseront un jour d’être « sous-privilégiés », et la non-croissance comme leur condamnation à la médiocrité sans espoir. Aussi n’est-ce pas tant à la croissance qu’il faut s’attaquer qu’à la mystification qu’elle entretient, à la dynamique des besoins croissants et toujours frustrés sur laquelle elle repose, à la compétition qu’elle organise en incitant les individus à vouloir, chacun, se hisser « au-dessus » des autres. La devise de cette société pourrait être : Ce qui est bon pour tous ne vaut rien. Tu ne seras respectable que si tu as « mieux » que les autres.

Or c’est l’inverse qu’il faut affirmer pour rompre avec l’idéologie de la croissance : Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul mérite d’être produit ce qui ne privilégie ni n’abaisse personne. Nous pouvons être plus heureux avec moins d’opulence, car dans une société sans privilège, il n’y a pas de pauvres. (pp. 18-19)
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VermeerVermeer   18 juin 2017
Ce qui est bon pour tous ne vaut rien. Tu ne seras respectable que si tu as mieux que les autres. (devise de la société de consommation selon André Gortz)
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Videos de André Gorz (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Gorz
"Andre Gorz" film by Marian Handwerker. part 1
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