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3,64

sur 883 notes
J'étais restée très dubitative et moyennement convaincue par le précédent album des nouveaux auteurs d'Astérix, Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. Allez savoir pourquoi, dès lors que j'entends des " super, génial, sensationnel, impayable, à mourir de rire " et autres superlatifs totalement vides de sens de nos jours, par un réflexe quasi pavlovien, je suis sur mes gardes et je ferme mes écoutilles.

D'ailleurs j'avais pris plusieurs années avant de lire pour de bon Astérix Chez Les Pictes. J'ai déjà exprimé mon manque d'enthousiasme à propos de cet album, n'y revenons plus. En revanche, vous allez m'entendre professer ici quelque chose de rare et que je n'ai jamais fait jusqu'à ce jour.

Pour la première fois, je considère que cet album égale voire est un peu meilleur que des Goscinny de second choix (du genre : Le Cadeau De César, Les Lauriers de César ou Astérix Le Gaulois). Je le redis car c'est un scoop : cet album est selon moi meilleur que les Goscinny moyens ou les plus faibles de la série. (Quand je parle des "plus faibles de la série ", je parle évidemment des vrais albums de l'ère Goscinny et Uderzo, je ne compte même pas ceux pondus par Albert Uderzo tout seul et qui ne valent pas tripette.) Bien plus que les Pictes, voici enfin l'album qu'on attendait, susceptible de plaire autant aux deux publics cibles (mais pour des raisons différentes, bien entendu : les enfants ne vont sans doute rien piper aux calembours par contre ils vont sûrement bien rigoler en entendant Panoramix se faire traiter de galopin turbulent par le vieux druide).

L'idée de départ est délicieuse et s'appuie sur l'activité qu'on connaît d'écrivain et de témoin historique à laquelle se livra César en écrivant son fameux Bellum Gallicum (ou De Bello Gallico). René Goscinny adorait partir d'un fait historique avéré et le parodier à sa façon, notamment en utilisant les anachronismes. Ici, on renoue donc avec cette pratique qui nous a procuré tant de satisfactions tout au long de la série, notamment dans Astérix Légionnaire.

On sait toutes les falsifications historiques auxquelles donna cours César dans le but de briller à Rome et de justifier son activité militaire hors mandat républicain. On sait aussi que Les Commentaires Sur La Guerre Des Gaules ne sont pas l'œuvre que du seul César et qu'il y fut manifestement bien aidé par Aulus Hirtius, l'un des premiers " nègres " de l'histoire littéraire.

Et là, le départ de l'aventure me semble réellement excellent. Jean-Yves Ferri détourne la situation historique et la fait coller admirablement aux travers de notre époque et à l'ère du numérique, caractérisée par son flux d'informations continu et pléthorique.

César écrit donc loyalement ce qui s'est passé lors de la conquête de la Gaule et se sent moralement obligé de rédiger un chapitre sur les échecs qu'il a connu avec les irréductibles gaulois. Néanmoins, son conseiller en communication, Promoplus (visiblement inspiré par Jacques Séguéla), lui suggère d'évincer ce chapitre qui pourrait nuire à sa réputation à Rome ainsi qu'à la fabrique de sa légende.

Tous les rouleaux du chapitre incriminé sont donc détruits…
— Tous ?
— Oui tous.
— Vraiment tous ?
— … euh, tous sauf un…
Et c'est une information qui n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd mais dans celle d'un Gaulois expatrié à Rome : Doublepolémix (apparemment inspiré par Julian Assange). (Je vous avoue que ne connaissant pas particulièrement le faciès ni de Séguéla, ni d'Assange, la ressemblance ne m'a pas frappée, mais cela doit venir de moi et, de toute façon, cela me place exactement dans les mêmes conditions que les enfants qui, eux non plus, ne connaissent probablement pas ces deux lascars.)

Je ne vous en dis pas davantage de peur de gâcher le scoop mais enfin, trente-huit ans presque jour pour jour après la disparition de Goscinny, un album lui arrive enfin à la cheville, et même un peu plus haut. Ce n'est pas trop tôt.

Ajoutons à cela que contrairement à tout ce qui c'était vu depuis la mort de René Goscinny, pour la première fois, on peut déceler un vrai message intéressant à l'adresse de la jeunesse. D'une part, la falsification de l'histoire, toujours écrite par les vainqueurs et ce quel que soit le conflit et quelle que soit l'époque. C'est toujours bon de rappeler aux enfants que tout ce qui est inscrit dans leurs livres d'histoire n'est peut-être qu'un morceau (voire un petit morceau) de la vérité historique.

Ensuite, l'autre message tout à fait d'actualité concerne la précieuse et salutaire mise en garde à propos de tout ce qui est écrit ; quoi que ce soit et d'où que cela vienne (et plus encore quand on nous assure que c'est la vérité). On n'a jamais reçu autant d'informations en même temps ; on croule littéralement sous l'information, donc notre vigilance diminue, si bien que pour attirer l'attention, l'on use et l'on abuse de procédés de communication qui n'ont rien d'innocents. La " com " comme on dit, et toutes les ombres qui l'accompagnent… D'ailleurs, " com " c'est aussi le début d'un autre mot très en vogue au XXIème siècle après J-C (Jules César) : le commerce… souvenez-vous-en, les enfants, sachez lire entre les lignes et même si cet album est la quintessence du commercial, ce message ne vous fera pas de mal…

Outre le fait qu'après un excellent début, l'aventure s'essouffle un tout petit peu par la suite, j'aurais seulement deux petits griefs à remonter aux auteurs. Tout d'abord, cette sale manie, à plusieurs endroits qu'a Jean-Yves Ferri d'expliquer ses calembours (de bonne qualité, par ailleurs, ce qui n'était pas toujours le cas dans Les Pictes) et ensuite, un bémol concernant Didier Conrad qui possède vraiment bien tous les personnages…
— Tous ?
— Oui, tous.
— Vraiment tous ?
— … euh, tous sauf un en fait.
— Lequel ?
— … j'ose pas trop vous le dire, chef.
— LEQUEL PAR JUPITER !!!
— … bah, je sais pas trop comment vous le dire, mais c'est un personnage qu'on voit de temps en temps, c'est…
— QUI ?? ACCOUCHE OU TU FINIRAS DANS L'ARÈNE !!!
— … Astérix, chef. Par moment, je ne sais pas…, il ne lui fait pas trop une bonne attitude… Pour tous les autres il se débrouille très bien… mais… Astérix…, je ne sais pas, il ne le sent pas toujours très bien…
— Bon j'en réfèrerai à César par pigeon spécial.
— … euh, dites lui bien, chef, que ce n'est que mon avis, hein, c'est-à-dire pas grand-chose, hein.
— On verra, on verra.
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César vise le Goncourt avec "Commentaires sur la guerre des gaules".
Promoplus, en conseiller fourbe mais néanmoins avisé, voit d'un très mauvais œil le chapitre XXIV faisant état de revers subis face aux irréductibles gaulois d'Armorique. Ni une ni deux, il sera supprimé d'autorité. Travestir un chouïa la vérité au profit d'une côte de popularité ascendante n'a jamais effrayé tout dictateur ambitieux qui se respecte.
Doublepolémix, encarté à colporteur sans frontières, - pourvu qu'il ne tombe jamais aussi bas que le maire de Béziers - parvient à s'approprier la copie de ce chapitre infamant, trouver refuge au sein de l'accueillant petit village gaulois, semant ainsi la zizanie dans les plus hautes sphères du pouvoir romain.

Ils sont de retour par Toutatis !
Assange sous les traits de Doublepolémix, ça colle.
Séguéla en Promoplus, j'avoue avoir eu plus de mal à l'identifier sans son teint habituellement hâlé - cramé - et sa rolex.
Nonobstant ces quelques ajustements rapides, j'ai dévoré ce nouvel opus à la vitesse d'un pigeon au galop.
Le traitement de l'information en des temps que les moins de 20 ans - hummm, tu dévisses légèrement mon Charles - ne peuvent pas connaître, voilà de quoi il retourne ici, à quelques libertés près.

Le ton est alerte, les gags nombreux et majoritairement risibles - mention spéciale à l'ours - et les traits en parfaite adéquation avec le coup de crayon d'Uderzo.
N'était un léger coup de mou à mi-mandat, ce Papyrus de César renoue pleinement avec l'esprit de Goscinny, prouvant ainsi qu'un héritage, aussi pesant que l'est celui d'Astérix, parvient finalement à asseoir des héritiers dignes de ce nom, avec pas mal de temps et autant d'humilité...

Pour ma part, ce sera 4 sangliers et 2 membres antérieurs d'ours sur l'échelle gourmande d'Obélix.
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Dans le palais De César... Celui-ci s'entretient avec Bonus Promoplus, son conseiller. A propos du manuscrit que César a écrit, il suggère de supprimer le chapitre XXIV intitulé "Revers subis face aux irréductibles gaulois d'Armorique", certain que cela ferait accroître sa popularité. Après tout, cela fait des années que ces gaulois ne font plus parler d'eux. Ça se trouve, ils ne savent même pas lire! Aussitôt, les scribes numides muets de Bonus Promoplus sont tenus de supprimer ce passage. Tous vont s'y soumettre, sauf un qui réussit à s'enfuir avec une copie de ce chapitre qui, en peu de temps, va se retrouver entre les mains de Doublepolémix, un colporteur gaulois sans frontière. Celui-ci, fuyant les Romains partis à se recherche pour le faire taire, tombent par hasard sur Astérix et Obélix, partis à la cueillette de champignons. Aussitôt, il les informe qu'il est en possession du chapitre manquant du livre De César et demande à s'entretenir avec Panoramix...

Quid de ce deuxième opus avec les nouveaux papas d'Astérix et Obélix ? L'on ne pourra pas reprocher à son auteur, Jean-Yves Ferri, d'être dans l'air du temps: information, communication, monde littéraire... Tout y passe, dans ce qu'il a de plus mesquin et l'auteur se moque gentiment de notre monde. Un scénario dynamique et plutôt bien vu, des jeux de mots à tout va et des personnages enlevés et très en forme(s), notamment Bonnemine. Sur la forme, le dessin de Didier Conrad ressemble à s'y méprendre à celui d'Uderzo. L'on savoure avec plaisir cette nouvelle recette de potion magique!
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Un album qualitatif côté dessin et côté texte mais un peu mou du genou côté action.

Le début était prometteur, avec pas mal d'allusions très drôles au monde de l'édition, des trouvailles sur les moyens de communication, des jeux de mots sympas - c'est juste un peu dommage que nombre d'entre eux soient expliqués par un astérisque, un comble ! - et un Jules César impérial mais... j'ai trouvé que l'histoire tournait assez vite en eau de boudin, le rythme faiblissant aux deux tiers de l'album, comme s'il lui manquait... un chapitre - là encore un comble quand on connaît le pitch !

Au final, plutôt un bon moment en compagnie de nos irréductibles Gaulois. Obélix supplante allègrement Astérix qui manque singulièrement de corps mais bon, face à un tel gabarit, qui n'en manquerait pas ?

PS : Je reste partagée quant au post-scriptum inédit de cet opus. Hommage ? Ultime ironie aux frais du monde de l'édition ? Ou simple réclame misant sur la nostalgie pour renvoyer fissa le lecteur en librairie ? Je ne saurais le dire, je ne suis pas dans le secret des dieux.


Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
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Nous sommes en 2015 après Jésus-Christ, tous les rayons de la FNAC sont occupés par le 36e album d'Astérix… Tous ? Non ! On trouve encore une petite place pour caser d'autres « créations » récentes comme Bob Morane, Corto Maltese ou Ric Hochet, ressuscités sous la plume de nouveaux et talentueux scénaristes et dessinateurs. Mais c'est bien la sortie d'Astérix qui fait aujourd'hui l'actualité en occultant l'invasion de ces anciens héros à la démarche encore raide et hésitante, jaillissant du cimetière des BD oubliées aussi nombreux que les morts-vivants dans un clip de Michael Jackson.

On les attendait au tournant, Ferri et Conrad, après l'accueil plutôt mitigé du 35e album, Astérix chez les Pictes, encore bien maladroit. le succès d'estime de cette reprise allait-il faire place à une ovation dès la deuxième tentative ? La série pouvait-elle espérer reprendre son vol à des hauteurs frôlant l'Uderzone et la Goscinny-altitude ? Eh bien on y est presque, par Toutatis ! Et ce n'était pourtant pas gagné d'avance !

Le trait de Didier Conrad est en progrès et converge indéniablement vers celui d'Uderzo. Je soulignais la différence du traitement des vagues dans la critique du précédent album. La difficulté est ici évacuée, la mer n'est tout simplement pas représentée (même lors de l'épisode des pirates, page 16). Pour le reste, rien à redire, les vignettes grand format de la forêt des Carnutes (pages 31), du combat contre les romains (page 45) ou du banquet (page 48) sont des modèles du genre. le traitement du dessin de couverture, symbolique et au coloriage inachevé, reprend une idée déjà mise en oeuvre dans Astérix en Corse et le Domaine des Dieux. Nous sommes en terrain connu.

Le scénario de Jean-Yves Ferri n'est pas en reste. On retrouve enfin un scénario solide et consistant, prenant sa cohérence dans un thème de la société actuelle – ici la communication, la manipulation et les nouvelles technologies de l'information – renouant avec le succès et l'originalité des meilleurs albums de la série. Ce fil rouge est parfois cousu de fil blanc. J'ai trouvé par exemple un peu artificielle l'idée d'une transmission orale des récits gaulois qui devait passer obligatoirement par Archéoptérix pour parvenir jusqu'à notre époque. Cet épisode qui prend une grande place dans le récit est sans réelle nécessité pour le dénouement local de l'aventure, tout ça pour ça, et se conclut par une pirouette scénaristique en forme de post-scriptum. J'ai regretté l'inaction du colporteur Doublepolémix dans la résolution du conflit avec les romains, même si le fait de trouver refuge dans le village des irréductibles Gaulois rappelle à juste titre l'asile politique d'un Julian Assange réfugié dans l'ambassade d'Équateur à Londres. En revanche, l'exploitation d'un épisode inédit et censuré de la Guerre des Gaules, rédigé par César lui-même et mettant en péril la destinée de l'empire, est un véritable coup de génie. On se demande même comment Goscinny a pu passer à côté d'une telle idée, aussi lumineuse qu'évidente.

Cet épisode d'Astérix se lit presque comme une histoire d'espionnage, où il est question de secrets, de manipulation de l'information, de la face cachée de la Guerre des Gaules menée par les hommes de l'ombre. A partir de là, les références à l'actualité, comme dans tout bon album d'Astérix, sont multiples, on y trouve pêle-mêle des allusions à Julian Assange (Doublepolémix aurait d'ailleurs pu s'appeler Wikilix) et à Alfred Hitchcock, le maître du suspense spécialiste de la manipulation de l'information en temps de guerre, réalisateur de films comme L'Homme qui en savait trop (1934) et, faut-il le rappeler, Les Oiseaux (1963).

Avez-vous remarqué tous ces oiseaux ? le pigeon voyageur (pages 15 et 16) et l'aigle (page 33) utilisés pour transmettre des messages, le faucon (page 16) pour intercepter les messages (i.e. la NSA sous l'influence des « faucons » américains ?), l'archéoptéryx, l'oiseau-dinosaure évoqué par le druide Archéoptérix, les oiseaux bleus de Twitter (pages 26 et 40)… n'en jetez plus ! Les références ornithologiques sont omniprésentes dans l'album. Pas étonnant donc, qu'Alfred Hitchcock apparaisse en guest star (pages 24, 29 et 33) en tant que dresseur d'aigles, renouant ainsi avec la tradition des caméos de ses films !

Cet album fait intervenir d'autres personnages connus et caricaturés (mais plus difficiles à détecter) comme Franz-Olivier Giesbert et Jean Réno (respectivement en journaliste littéraire du Mundus et en légionnaire romain sur la piste du papyrus volé). J'ai cru reconnaître également parmi les invités de Promoplus, alias Jacques Séguéla, Philippe Tesson, chroniqueur littéraire et journaliste. Bref, le trombinoscope s'étoffe dans la plus pure tradition de la série.

L'autre attrait traditionnel des albums d'Astérix repose sur les jeux de mots, ici s'appuyant pratiquement tous sur les nouvelles technologies de l'information, thème central de l'album. Pour n'en citer qu'un seul (particulièrement réussi), rappelons l'extrait de dialogue suivant : « – Je viens pour la relève du pigeonnier… – installe-toi Antivirus. »

Vous l'avez compris, je suis fan de cet album qui a franchi une étape supplémentaire dans l'entreprise de résurrection du moribond Astérix. La potion s'avère plutôt magique qu'amère, merci à Ferri et Conrad de maintenir dans les prochains numéros le même niveau de qualité, et pourquoi pas de parvenir à le dépasser, ils ont montré cette fois qu'ils en étaient capables.
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J'ai éprouvé beaucoup de plaisir en lisant ces nouvelles aventures de nos héros Gaulois. Les auteurs ont enfin restitué l'ambiance des bons vieux albums que l'on prend plaisir à relire. L'histoire semble reprendre la trame de quelques albums bien connus, avec un schéma typique De César à qui un conseillé véreux suggère une action ( Obélix et compagnie, le domaine des Dieux, la zizanie…) portée à la connaissance de notre célèbre village qui va réagir en envoyant nos héros en mission. Si l'action consistant en une escapade à travers la forêt des Carnutes, une réaction de Rome, et les discours d'un colporteur ambitieux ne m'a pas semblée très développée, je me suis régalée avec la mise en place par les auteurs, des technologies nouvelles façon Antiquité, des roucoulements des romains, et surtout des jeux de mots bien imaginés. Assurancetourix le barde y a son rôle et le lecteur découvrira quelques instruments dignes d'un bon Gaston Lagaffe. Je suis enchantée de cette renaissance d'Astérix et lui souhaite longue vie si les albums suivants sont semblables !
Lien : http://1001ptitgateau.blogsp..
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La curiosité et la nostalgie sont de bons promoteurs de vente : point besoin de se faire un nom, du moins à la première tentative, pour que l'ouvrage s'amasse en piles monstrueuses dans tous les points de vente spécialisés ou non. Gageons que l'album figurera en bonne place au pied du sapin dans quelques semaines.
Comme ça, sans tricher, qui peut au pied levé donner les noms des deux auteurs? Je l'avoue, pas moi , bien que je l''ai lu, et aimé. Mais voilà Astérix et Obélix font partie de la mémoire culturelle collective de ce pays, et ce sont eux qui sont les vrais vedettes.
Cela signifie aussi, que si le lancement est facile, il ne faut pas se rater, car l'esprit du petit village gaulois, on le connaît, les jeux sur les mots, on connaît, les allusions à des phénomènes de société actuels, on les attend, alors on peut « leurrer une fois mille personne, mais pas mille fois une personne » (cf La cité de la peur)

Eh bien, non, Goscinny n'a pas de raison de se retourner dans sa tombe et Uderzo peut être fier de son successeur. Dessin et texte tiennent la voie romaine, les héros sont de retour. On n'atteint peut-être pas la jubilation d'un Astérix chez les Corses ou chez les Bretons, mais c'est quand même un bon cru (de cervoise). Les allusions au monde contemporain sont bien vues et certaines sont fort drôles : les moyens de communication (« pas de roseau, pas d'appel »), la presse, l'édition, et puis on joue avec les mots avec allégresse : des « colchiques dans les braies », aux solutions pour éliminer « les Thraces rebelles »,on en a pour tout ses serterces.

Rendez-vous réussi, qui pourrait augurer d'un glissement sémantique et éditorial : dans la mémoire collective Conrad et Ferri pourraient devenir indissociables de leurs héros, l'on pourrait voir leurs noms figurer en haut de la couverture, tels des gardes du corps de part de d'autre d'Astérix, place qu'occupent encore les auteurs « canal historique », Uderzo et Goscinny  .

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Deuxième album d'Astérix de la nouvelle équipe, avec un vrai scénariste et un très bon dessinateur. Au risque de chagriner les nostalgiques des moustaches de notre héros, c'est très réussi. Par rapport au premier, on sent une montée en puissance, une meilleure maîtrise des personnages et une ambition supérieure, avec une certaine prise de risque, très réussie de mon point de vue, en donnant une touche quasi moderne à cette histoire de héros gaulois.

Une idée de départ bien trouvée, comment concilier la Guerre des Gaules de ce bon vieux Jules (une pensée émue pour tous ceux qui, comme moi, ont traduit ce livre en cours de latin, il y a plusieurs décennies) et l'histoire de ce village qui résiste à l'envahisseur.

Des bons jeux de mots, un scénario qui se tient, Bonemine au summum de sa forme, je pense qu'il faudra même que je le relise, parce que j'ai du rater des jeux de mots.

J'ai hâte du 3ème tome, et au retour de Bruxelles avec la fusée en miniature dans l'aéroport, j'ai toujours un grand regret qu'Hergé ait voulu que Tintin meure avec lui.
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Je suis tombée dans la marmite d'Astérix quand j'étais petite et depuis je relis régulièrement presque tous les albums. J'avais bien aimé le précédent opus signé Ferri et Conrad même s'il était loin d'avoir le niveau d'un album de l'âge d'or d'Astérix.

Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que je me sois procurée rapidement LE PAPYRUS DE CÉSAR. Je ne vous cache pas que j'avais une petite appréhension en ouvrant la BD. J'ai vu au JT qu'Uderzo et la fille de Goscinny ont à nouveau chapeauté le travail des deux artistes et je craignais de me retrouver avec un nouvel album-hommage.

Il n'en est rien ! Cette trente-sixième aventure de l'intrépide guerrier Gaulois aux moustaches jaunes est à mes yeux une réussite. Si on s'amuse au jeu des comparaisons, il n'a pas le niveau d'un Astérix Légionnaire, en Hispanie, en Corse ou chez les Hélvètes. Il se situe plutôt dans la mouvance d'Astérix et les Lauriers de César. Autrement dit, ça n'est pas le meilleur opus de la série mais je l'ai trouvé mille fois meilleur que toute la tambouille que nous a infligée Uderzo depuis le décès de Goscinny.

L'histoire débute par un fait historique avéré : ce bon vieux Jules César qui décide d'écrire tout, absolument tout sur la Guerre des Gaules. le brave homme choisit même d'inclure dans ce récit épique sa défaite face aux irréductibles gaulois que nous connaissons bien. Mais son conseiller en comm', Promoplus, lui suggère de supprimer purement et simplement ce chapitre qui fait tache sur son CV. Malheureusement pour Promoplus, un de ses scribes est un fervent défenseur de la véracité historique. Il remet un exemplaire du papyrus de la discorde à Doublepolémix, un colporteur de nouvelles. Les ennuis commencent pour Promoplus.

J'ai beaucoup aimé l'intrigue du PAPYRUS DE CÉSAR. Jean-Yves Ferri a su marier avec bonheur les anachronismes et les petits travers de nos sociétés modernes. Il se moque gentiment du monde numérique et de notre facilité à prendre pour pain béni tout ce qu'on lit sur la toile.
Les calembours sont drôles et les gags bien amenés, j'ai ri de bon coeur de nombreuses fois.

Quant aux dessins de Didier Conrad, je les trouve très réussis. Il n'est déjà pas facile de dessiner alors dessiner «à la manière de» est encore plus ardu et Conrad relève le défi avec brio. Ses dessins manquent peut-être encore de finesse par rapport à ceux d'Uderzo mais je trouve qu'il a progressé depuis ASTÉRIX CHEZ LES PICTES.

Je n'en dirai pas plus sur cet album, je ne veux pas vous gâcher le plaisir de la découverte parce que le mieux que vous puissiez faire est de vous le procurer et de juger par vous-mêmes !
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Dès les premières cases, nous sommes happés par l'intrigue ainsi que par le coup de crayon de Didier Conrad. le scénario est très bien écrit et touche vraiment à l'actualité. La thématique sur laquelle repose la BD est celle des réseaux de communication, des fuites d'informations et bien sur des enjeux stratégiques que cela entraînent.

Les nouveaux personnages ont des noms très bien trouvés comme Doublepolemix, Rézowifix, Kefelapolis ou Promoplus... Ce qui est un plus pour l'humour et les dialogues entre les personnages.

Je pense que les auteurs ont réussi un coup de maître qui mettra d'accord aussi bien les fans de la première heure que les petits nouveaux qui viennent de tomber dans la marmite où sont concoctées les histoires de nos intrépides guerriers gaulois.
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