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ISBN : 2369560177
Éditeur : Editions Intervalles (17/03/2015)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Un roman naturel avait été salué par la critique internationale comme l’un des meilleurs romans postmodernes européens dont la structure ouverte et libre, l’écriture fragmentée et ludique se révélait être particulièrement propice à allier les contraires : imbrication de la mémoire collective (celle du socialisme) et de la mémoire individuelle (celle du monde de l’enfance) ; de la nostalgie et de la dérision par l’ironie, dans une quête du « moi » longtemps sacrifié ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Nuageuse
  07 août 2015
Un roman d'un auteur bulgare que je ne connaissais pas.
Une écriture fragmemtée tout en ayant un ordre.
L'auteur nous délivre des souvenirs de sa famille comme s'il était présent. Cela peut dérouter au début... Mais c'est plaisant et on s'y attache à ces membres.
Une écriture à la fois autobiographique et à la fois fantastique, le tout enveloppé de lyrisme.
L'importance de l'écriture a beaucoup de place dans ce chef d'oeuvre.
Un vrai coup de coeur!
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alouett
  10 avril 2015
« Je suis né à la fin du mois d'août 1913, être humain de sexe masculin. Je ne sais pas la date exacte. On a attendu de voir quelques jours si j'allais survivre et c'est alors seulement qu'on m'a déclaré. […]
Je suis né deux heures avant le lever du soleil, mouche à vin. Je mourrai ce soir après le coucher du soleil.
Je suis né le 1er janvier 1968, être humain de sexe masculin. Je me souviens dans le détail de toute l'année 1968, du début jusqu'à la fin. Je ne me rappelle rien de l'année en cours. Je ne sais même pas son numéro.
J'ai toujours été né. Je me rappelle encore le début de l'Ère de glace et la fin de la Guerre froide. le spectacle de dinosaures mourants (durant ces deux époques) est l'une des choses les plus insoutenables que j'aie jamais vues.
Je ne suis pas encore né. Je suis à venir. J'ai moins sept mois. Je ne sais pas comment on compte ce temps négatif passé dans le ventre. […]
Je suis né le 6 septembre 1944, être humain de sexe masculin. Temps de guerre. Une semaine plus tard, mon père est parti sur le front. […]
J'ai des souvenirs de moi né comme buisson d'églantier, perdrix, ginkgo biloba, escargot, nuage de juin (ce souvenir est fugace), crocus mauve d'automne au bord du Halensee, cerisier précoce figé par une neige tardive d'avril, comme une neige ayant figé un cerisier leurré…
Je sommes nous. » (extrait du prologue de l'ouvrage).

Il est difficile de présenter un résumé de « Physique de la Mélancolie ». Cet ouvrage croise plusieurs récits mais ils sont relatés par un seul narrateur. Ce dernier est complexe, à la fois unique et multiple, car doté d'une empathie hors du commun, il expliquera d'ailleurs sa capacité à se fondre dans [le corps de] l'Autre pour ressentir les choses.
A l'instar de « L'Alphabet des femmes », « Physique de la Mélancolie » s'ouvre sur une préface (étayée, généreuse et réflexive) de Marie Vrinat-Nikolov. La traductrice partage son point de vue quant à la sensibilité dont il faut faire preuve lors de la traduction d'un roman ; tenir compte des jeux de mots, de l'ambiance, de la poésie, des références… tenter de construire des passerelles entre les cultures tout en ne dénaturant pas la culture d'origine (littéraire, populaire,…).
De fait, cet ouvrage nous ravit de métaphores nouvelles et de descriptions inattendues. Cette alliance magique et mélodieuse de termes, cette formulation souvent atypique, ravissent le lecteur. Ce rythme narratif original ne change pas les habitudes de lecture mais la manière dont le regard est posé sur les choses et les gens offre une familiarité singulière (donnant l'impression que l'on découvre un terrain pourtant connu). On se laisse envelopper par cet univers riche, parfois poétique et il est difficile de rester insensible à la musicalité du langage.
(...)
Lire l'article intégral sur le blog :
Lien : https://chezmo.wordpress.com..
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nunux34
  16 juin 2015
« Physique de la mélancolie » n'est pas un ouvrage dont il est facile de faire la description : fiction, autobiographie, poésie, illustrations; le classement dans un genre particulier ne serait pas aisé.
« Je » ,« Nous », « Il », le narrateur est « multiple » dès les premières pages du roman.

Peut être que nous pourrions trouver ici le passage du « nous » au « je » : transition qui mène inéluctablement à la mélancolie : le socialisme bulgare s'éteint, les « je » se libèrent.
L'auteur (« minauthor ») classe, fiche, accumule, fait sienne la mémoire du monde, explore l'empathie dans ses moindres recoins : dans le corps de l'Autre, dans le souvenir de l'Autre. Un voyage qui nous fait perdre les limites de l'existence : « sommes nous ? ». Les époques, les âges et les frontières du vivant s'effacent.
Vous pouvez lire le roman de manière classique (page après page) mais vous pouvez aussi le parcourir au gré de vos envies, le feuilleter, vous en imprégner, vous accaparer ici et là des morceaux de vie.
La mémoire nous joue des tours : qu'est ce que le narrateur a réellement vécu ? qu'a-t-il emprunté des souvenirs de l'autre, qui est il vraiment ? Est-il ? La fiction, l'autobiographie, les vies se mêlent et nous même nous nous perdons dans ce joyaux narratif.
« Physique de la mélancolie » est plus qu'un roman, il est un objet littéraire.
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Moulinaie
  28 juin 2015
L'enveloppe Masse Critique est blanche, dedans une petite carte avec un mot manuscrit, c'est agréable.
Une biographie de l'auteur et une analyse du livre : je ne lis pas, je ne veux pas être influencé.
Puis l'ouvrage : la couverture est moche, une toile cirée des années 70.
Le nom de l'auteur imprononçable, de toute façon, je ne les retiens jamais, mes enfants se moquent souvent de ma mémoire.
J'ouvre, une préface : je ne lis jamais les préfaces.
Puis les premiers mots, et là : magie. Je comprends, puis je ne comprends plus, tout se mélange pour se former à nouveau dans un tableau cohérent, l'auteur me balade, mais il laisse des pistes. Je le suis, je cours, je flâne.
Ce roman est écrit comme on vit. Il y a le fil conducteur, les grands projets, les passages obligés. Et puis il y a les pensées qui nous arrêtent, les questions grandes ou petites. Il y a les digressions, les détails qui nous perturbent, qui détournent notre attention.
Ce roman est une vie, rêvée, fantasmée, vécue, peu importe. D'une beauté doucement distillée, au fil des jours.
C'est aussi notre empreinte dans l'histoire, nous sommes les enfants de millions d'années, de nos parents, de nos grands parents, nous sommes encore leurs souffrances et leurs joies prolongées, nous sommes les légendes anciennes. Ce livre nous inscrit dans le temps et nous prolonge dans le futur.
La mélancolie dont il est question est belle, c'est celle des beaux souvenirs, c'est le poids rassurant de ce qu'on a été à travers les autres puis nous mêmes, c'est ce qui fut et qui n'est plus, c'est celle du temps qui passe, de l'heure des bilans, de la vieillesse apaisée.
C'est la mélancolie doublée d'un sourire en regardant une vieille toile cirée des années 70.
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CDI06
  24 juin 2015
L'écrivain Guéorgui Gospodinov délivre une oeuvre puissante où nous explorons avec lui le XXe siècle, plus particulièrement la Bulgarie à travers ses émotions et ses souvenirs. Ce roman débute sur une riche épigraphie où j'ai pu apprécié la citation de Fernando Pessoa. Un seul mystérieux écrivain m'intrigue déjà : le fameux Gaustin, personnage que l'on retrouvera par la suite dans le récit. Ce début m'a immédiatement plu, annonçant le ton du livre. On suit avec plaisir la quête de sens du narrateur.
"Acquéreur d'histoires", le narrateur plonge dans les souvenirs des autres au point de se confondre avec toutes ses histoires croisées. L'image récurrente de la figure du Minotaure amplifie cet attachement qu'à le narrateur pour cette icône mythique, tant porteuse de sens pour Guéorgui Gospodinov. Comme le Minotaure, le narrateur navigue dans le labyrinthe des souvenirs. "Collecteur de souvenirs", le narrateur conserve même les faits d'actualité, épluchant avec minutie la presse pour ne pas oublier un événement. comme un gardien de la mémoire, dépeignant ainsi une image de l'humanité. Alliant poésie, humour et réflexion, ce roman est passionnant par sa construction originale. Guéorgui Gospodinov s'exprime avec des phrases percutantes, un style fluide et riche tant au niveau des idées que de l'expression. L'écrivain manie parfaitement les procédés stylistiques, alternant habilement entre récit autobiographique, mythe et réflexion. Il n'hésite pas à interpeller le lecteur, comme un complice de sa quête. Un roman bien construit qui fut pour moi une belle découverte.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
stekasteka   28 mai 2015
C'est ça que j'ai envie de décrire, cette sensation de mélancolie, d'épuisement du sens, qui, d'un coté, peut-être une sensation pénible, mais qui, de l'autre, peut-être aussi un sentiment lumineux. L'homme triste, c'est l'homme pensant, l'homme triste, c'est l'homme contemplant. Je pense que, lorsque l'on raconte une mélancolie, elle devient plus lumineuse. C'est la mélancolie non racontée qui est une mélancolie pesante.
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alouettalouett   10 avril 2015
Après toutes les preuves montrant que l’histoire des quatre milliards d’années écoulées est inscrite dans l’ADN des êtres vivants, l’expression selon laquelle l’univers est une bibliothèque n’est plus, depuis longtemps, une métaphore. Nous aurons maintenant besoin d’une nouvelle écriture. Beaucoup de lecture en perspective. Lorsque monsieur Jorge disait qu’il imaginait le paradis comme une bibliothèque sans début ni fin, il est fort probable que, sans le soupçonner, il ait pensé aux étagères infinies de l’acide désoxyribonucléique. Je suis des livres
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alouettalouett   10 avril 2015
Une amie me racontait que, petite, elle était persuadée que la Hongrie était au ciel. Sa grand-mère était hongroise et elle venait chaque été leur rendre visite à Sofia pour voir sa fille et sa petite-fille bien-aimée. Ils allaient toujours la chercher à l’aéroport. Ils s’y rendaient plus tôt, levaient la tête comme des oisillons, jusqu’à en avoir des courbatures au cou, et sa mère disait : regarde, ta grand-mère va apparaître maintenant. La grand-mère de Hongrie, qui venait du ciel. J’aime bien cette histoire et je la mets tout de suite dans la resserre. Je suppose que, lorsque la grand-mère hongroise est morte, elle est tout simplement restée là-haut, dans la Hongrie céleste, à agiter la main depuis un nuage, sauf qu’elle avait cessé d’atterrir
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CDI06CDI06   24 juin 2015
Lorsque j'ai senti que ma faculté commençait à disparaître, que je me désempathisais, comme le dirait en plaisantant mon médecin, j'ai eu recours à ce substitut bien faible : collectionner. Je ressentais un besoin aigu d'accumuler, de ranger dans des cartons et des carnets, des listes et énumérations. De sauver des choses par des mots. Un endroit délivré d'une obsession en trouve toujours une autre pour la remplacer. Avant, je pouvais habiter tous les corps de la Terre, maintenant je suis si heureux si je parviens à passer de pièce en pièce dans la maison de mon propre corps. C'est dans celle de l'enfance, je l'ai déjà dit, que je demeure le plus longtemps.
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NuageuseNuageuse   03 août 2015
Tu expires le mot, il est si léger, tu gonfles ses voiles et l'envoies vers le port de l'autre.
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Video de Guéorgui Gospodinov (1) Voir plusAjouter une vidéo
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