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EAN : 9782760411968
240 pages
Éditeur : Stanké (01/04/2017)
4.31/5   108 notes
Résumé :
Après avoir passé plusieurs années dans un institut psychiatrique, un jeune adulte met à exécution, pour s’évader, un plan des plus ambitieux. Car c’est long, cinq ans attaché à une table avec pour seule compagnie l’écho de sa propre voix. Son isolement l’en a convaincu : sa mère, qu’il n’a presque pas connue, a dû être horrifiée en apprenant ses méfaits, lui qui a pourtant été reconnu criminellement non responsable. C’est pour la retrouver enfin qu’il s’enfuit.
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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bilodoh
  27 octobre 2017
Le troisième volet de cette histoire pour le moins scabreuse, la Bête poursuit son chemin de violence.

La Bête est enfermée dans un institut psychiatrique, mais pour faire une aventure, elle devra bien s'échapper un jour ou l'autre. Et un de ses premiers gestes de liberté sera de se faire tatouer une cible en plein front, rien de moins! Beau programme pour devenir une bête à abattre!

Dans le ton des romans précédents, ce sont les mêmes raisonnements tordus de la Bête qui cherche sa mère, s'adonne à une sexualité frénétique et n'éprouvre aucun remords pour le sort de ses victimes. C'est aussi le même humour déjanté avec des pointes de critique sociale lucide.

David Goudreault manie les mots avec une grande dextérité. Il faut dire qu'en plus d'écrire des romans, il excelle comme slameur. Il sait choisir le verbe percutant, créer des rythmes et imaginer des métaphores inattendues.

Une suite qui n'a rien perdu de sa vigueur!
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adtraviata
  23 novembre 2020
Et voilà, David Goudreault met un point final à sa trilogie décalée, déjantée, et il s'impose comme une voix originale dans la littérature québécoise. Mon billet sera court car je n'ai pas grand-chose à dire de plus par rapport aux deux premiers de la série, La bête à sa mère et La bête et sa cage. Sauf que, cette fois-ci – et pourtant j'ai lu le tome 2 en février, il n'y a pas si longtemps – j'ai eu un peu de mal à me détendre, à retrouver le second degré (voire plus) qui est pourtant la marque de fabrique de David Goudreault. (Attention, si vous n'avez pas lu les autres, je spoile.) Après ses « débordements » en prison, la Bête (le narrateur) a été placée en hôpital psychiatrique et bien entendu, sa priorité est de s'évader, selon un plan particulièrement violent qu'il exécute à la perfection. Et son seul but dans la vie… évidemment, c'est de retrouver sa mère. Cette violence initiale va parcourir tout le roman, sous les yeux éberlués du lecteur (de la lectrice), et bien sûr, dès qu'on réussit à se mettre au second degré (au trente-sixième, carrément), on ne peut qu'admirer les références cinématographiques, Vol au-dessus d'un nid de coucous, par exemple, picturales (la Bête recrée L'origine du monde en découvrant le sexe de Maple), littéraires (il y a du Hemingway et du Yves Duteil – si, si). On ne peut que rire devant ce héros psychopathe et parfaitement benêt qui se « fond dans la masse » en se déguisant en punk, crête d'Iroquois rousse sur la tête et cible (!!!) tatouée sur le front. On ne peut que déguster la richesse et la variété de son style unique. J'imagine aussi que l'auteur met dans ce roman tout ce qu'il aime et tout ce qu'il veut dénoncer de Montréal et de son Québec.
Tout compte fait, il échappe à tout, notre narrateur – dont on découvre le prénom à la fin – quelle pirouette ! Et son final est carrément… christique. Bah oui, tant qu'à faire il mérite le meilleur.
Bravo, David Goudreault, bravo le Québec ! Et définitivement, j'adore l'expression québécoise « les bobettes » 😉
Une mention spéciale à Axel Pérez de León pour les illustrations de couverture de la série. Celles-ci sont reprises sur l'édition de poche française, chez 10/18 (et elles sont bien plus belles – à mon goût – que l'édition de Philippe Rey).
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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Neneve
  24 octobre 2021
C'est avec énormément de tristesse que je quitte cette série... et ce personnage. La dernière page est tournée, et la seule chose que je peux dire, c'est qu'il nous en aura fait voir de toutes les couleurs Goudreault. Dans cette sage, j'ai ri, j'ai pleuré, j'ai été émue, j'ai été prise de tendresse, de révolte... Une gamme complète. La plume est géniale, noire, satyrique, musicale. le rythme est fou !! Je ne peux que vous conseillez la lecture de cette série, qui est, a mon sens, un p'tit chef-d'oeuvre. Un OVNI littéraire.
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MELANYA
  18 juin 2021
Le hasard en a voulu que cette fois on va « Abattre La bête » de David Goudreault, le dernier tome de sa trilogie.
Si je n'ai pas publié mes chroniques dans l'ordre, mieux vaut commencer les lectures par le commencement : « La Bête à sa mère. »
Le narrateur, La Bête, débute cet ouvrage par ces mots : « A la fin de ce récit, je vais me tuer. Et puis mourir. C'est ainsi. Toute bonne chose a une fin, mais moi aussi... » Nous voilà donc prévenus et on repart dans le plus grand du suspense avec ses « pif, bam, boum… «  des « sacres » comme « tabernak, calvaire, crisse... », ce qui pimente encore plus. Et c'est bien documenté comme les autres récits.
Le désir du narrateur ici ? Après l'évasion, retrouver sa mère.
Son avocat, surnommé Juifstein, lui recommande de plaider l'aliénation mentale.
A noter qu'ici, on a réparé les dents de la Bête : « question de prononciation et de crédibilité » (p.22). Cela signifie qu'on ne va plus l'entendre « fiffler » comme auparavant puisque avec ses « palettes neuves » il peut parler normalement.
Le cri de la Bête ? « Maman, je t'aime ! », cette mère qui l'a abandonné tout petit – une mère qui se suicidait souvent.
Le héros va se retrouver à Montréal « dans la rue la plus effrayante du monde », un ghetto. Il s'était échappé de l'enfer pour se retrouver à Sodome.
Dans cette fuite éperdue et cette recherche de la mère, il va passer encore par bien des événements, des rencontres comme celle de Maple (une dame qui travaille dans la rue), Bébette pour qui « il tombe en amour. »
Si parfois, avec les trilogies on parvient avec un peu de difficulté au dernier tome car on finit par se lasser, ce n'est pas le cas avec cette Bête grâce au talent de David Goudreault qui a su nous tenir en haleine, nous faire rire, avec des péripéties sans cesse. Un rythme soutenu tant au niveau psychologique que comportemental.
C'est un ouvrage vraiment intense avec non seulement sa grande violence mais aussi avec la sexualité décrite.
Si La Bête est cruelle, l'auteur nous la rend pathétique, il ajoute même du slam avec Grand Corps Malade et le dénouement nous laisse assez pantois. A découvrir !
J'ajoute seulement quelques lignes extraites des « Remerciements » : « Merci aux lecteurs dotés d'un esprit assez ouvert pour y faire entrer la Bête ; aux lectrices assez perspicaces pour savourer les deuxième et troisième degrés des sens. (…)
La Bête, mon frère, ma muse, mon inadmissible personnage, tu vas me manquer. Merci pour ces trois beaux délires. C'est documenté. »
Et moi je dis « Merci David pour ces aventures ! »
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MichelRoberge
  07 janvier 2018
Résumé : Le drame familial d’un homme. Et des chats qui croisent sa route. / La prison brise les hommes, mais la cage excite les bêtes. / Des explosions d’amour et de violence pour une finale apocalyptique digne de ce nom.
Commentaires : Certains romans sont des coups de cœur. La trilogie de La bête de David Goudreault est un coup de poing dans le plexus solaire : naît-on déviant ou le devient-on par l’action ou l’inaction d’une société hypocrite ou corrompue à l’os ? Vous devinez déjà la réponse.
Quel personnage que cette bête abandonnée par sa mère à l’âge de sept ans, qu’on trimballe de familles d’accueil en familles d’accueil, rejeté par les services sociaux, et qui s’enfonce progressivement dans la criminalité en milieu carcéral. Affublé de tous les travers : accro à la porno, aux drogues, menteur, manipulateur, violent, raciste, sexiste, homophobe, agresseur… nommez-les. À la recherche de sa mère et d’une paix interne dans la lecture dans un univers noir. Et pourtant, un monstre en manque d’amour qui finit par devenir attachant, à qui on souhaiterait porter secours et pour lequel on se sent démuni.
Une fiction percutante et très réaliste qui se veut une critique sociale et une charge contre la déshumanisation du soutien des individus souffrant de troubles de personnalité ou qui aggravent leur sort en prison :
« Mon personnage est un prisme génial sur ce monde dur et violent. Avec son regard absolument tordu, il m’a permis d’avoir un point de vue plus cru et plus drôle sur la prison. Les lecteurs connaissent plus ou moins la réalité du milieu, où ça consomme à fond, où ça se fait battre et ça se viole à tour de bras, mais je n’aurais pas pu leur balancer tout ça au visage sans passer par son regard décalé. Mon style plonge profondément dans l’horreur, mais j’offre des respirations aux lecteurs avec des touches d’humour, des clins d’œil, des aphorismes et un rythme particulier. […] J’ai collaboré de près avec des agents correctionnels et d’ex-détenus. Ils m’ont dit que je faisais survenir beaucoup de choses en trois mois d’histoire, mais ils m’ont confirmé que ces événements pouvaient arriver sur un an. Il y a une quantité folle d’armes blanches, de drogues, d’agressions et de meurtres en prison. Quand on enferme des psychopathes et des criminels aguerris avec des agents qui manquent de formation et de moyens, c’est évident que ça va péter une fois de temps en temps. »
Avec toute une finale… « Le film de ma vie a défilé derrière mes paupières closes. Attendri, je me suis revu enfant, en train de m’amuser avec personne. Tous les logements, les centres d’accueil et les prisons où j’ai traîné mon anxiété défilaient, toutes les écoles où j’échouais, où j’ai échoué, repassaient sur la toile de ma biographie. Et les animaux que j’ai aimés, les femmes que j’ai touchées, les drogues qui m’ont consolé, les armes qui m’ont édifié, tous les détails de mon existence tournaient en boucle comme la bande-annonce d’un long métrage prometteur. »
Précipitez-vous chez votre libraire, vous ne le regretterez pas.
Ce que j’ai aimé : Tout ce qu’on peut lire entre les lignes. Le niveau de langage des différents personnages. Le style et l’humour de l’auteur qui allège jusqu’à un certain point la dureté impitoyable de la thématique.
Ce que j’ai moins aimé : -
Lien : https://avisdelecturepolarsr..
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   24 avril 2017
Dans ce troisième tome, il y a encore plus d’action.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   27 octobre 2017
La psychiatrie, c’est comme la prison, en plus désinfecté. On joue sur les termes pour mettre la main sur des subventions spécifiques, mais au fond c’est pareil. Le trou s’appelle « pièce consacrée à l’isolement », la cellule se nomme « notre chambre », les menottes s’appellent « médication » et la détention s’appelle « thérapie », mais faut pas se tromper, c’est la même violence psychologique, la pire : l’enfermement de l’homme par l’homme.

(p. 29)
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bilodohbilodoh   11 octobre 2017
Il est recommandé de voler les pauvres : ils ont moins d’armes, d’alarmes et de ressources. Dans la vie comme au tribunal, s’attaquer aux pauvres garantit une certaine impunité.

(p. 185)
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   24 octobre 2021
Il n'y a pas de sot métier, mais il y a des connards professionnels. On en trouve une concentration particulièrement élevé dans le milieu de la santé et des services sociaux. À mon grand désespoir, j'ai toujours été bien placé pour le savoir.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   24 octobre 2021
Inicipit
L'optimisme
La folie n'est pas une maladie mentale, c'est une marque d'intelligence. Moi, je suis fou raide. Raide bandé aussi, ça indispose les infirmières. Elles sont trois, assistées d'un grand nègre, à essayer de m'attacher au lit de contention. Je suis tout nu, flambette, graissé à la margarine de la tête aux pieds, et je me débats tel un brochet épileptique dans le fond d'une chaloupe. C'est sportif. Un coup de quéquette par-ci, un coup de tête par-là, et hop, je réussis à mordre le pouce de la petite grosse. Ça crie, ça menace, ça frappe dans tous les sens, l'ambiance est excellente !
Rares sont les occasions de se divertir à l'Institut universitaire de psychiatrie légale Philippe-Pinel. Privé d'alcool, de drogue et de pornographie, faut se rabattre sur la médication et la violence. L'humain est créatif de nature, et je suis très humain.
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ErrantErrant   16 août 2018
Je dois l'admettre, la vieille pute me fascinait. Droite et détruite à la fois, elle irradiait la beauté des granges désaffectées, celles qu'on photographie en noir et en blanc. Mais colorée, elle était resplendissante et ravagée. Les putes s'usent plus vite que les femmes bénévoles. À force de vendre son cul, on n'arrive plus à racheter son âge. Les crèmes n'y peuvent rien. Le temps passé sur le trottoir finit par rentrer dans le corps, comme un pénis d'inconnu, sans ménagement. Les aléas du métier.
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Vidéo de David Goudreault
Le Salon dans tes oreilles - S1E38 - La fuite, un remède au mal-être?
Parfois, se retrouver implique de partir, de suspendre la course des jours et de s'offrir un nouvel angle de vue sur ce qui nous pèse. Ce mouvement nécessaire est au coeur du travail des trois auteurrices qui participent à cette table ronde.

Présenté par SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL
Et ALTO ÉDITIONS DE LA PLEINE LUNE STANKÉ
Avec Hélène Dorion, Auteurrice David Goudreault, Auteurrice Valérie Garrel, Auteurrice Tristan Malavoy, Animateurrice
Livre(s) Pas même le bruit d'un fleuve Ta mort à moi Rien que le bruit assourdissant du silence
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