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EAN : 9782848766584
236 pages
Éditeur : Philippe Rey (15/03/2018)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 183 notes)
Résumé :
« Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatres et les égards réservés aux grands malades. Pendant que je collectionnais des cartes de hockey, elle accumulait les diagnostics. » Le drame familial d'un homme seul. Et des chats qui croisent sa route.
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  21 juin 2019
Mieux vaut tard que jamais car, enfin, je publie ma chronique d'une trilogie, celle de « La Bête » – une trilogie dont j'ai publié mes critiques « à l'envers » (j'avais prévenu) – et aujourd'hui, voici celle de « La Bête à sa mère » de David Goudreault (le numéro 1 de la série). Mais ce n'est pas grave car j'ai « recollé  les morceaux » très facilement dans ma tête.
Ce premier roman de notre écrivain québécois débute avec ces mots : « Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. (…) Ça faisait désordre. » Et paf ! On comprend tout de suite que le récit ne va pas être de tout repos.
De père inconnu, le narrateur écrit à la première personne et on ne connaît pas son nom. Ayant lu les deux autres romans, je n'ai été que confirmée dans mon jugement, à savoir que ce jeune homme est carrément un psychopathe. Il va errer de famille d'accueil en famille d'accueil où, chaque fois, il commet des actes répréhensibles (je préfère ne pas en décrire, ne serait-ce qu'un car le mot « répréhensible » n'est pas assez fort. C'est à découvrir) pour se retrouver, finalement, dans un centre fermé. Mais il garde en lui une grande obsession, retrouver sa mère, sa maman qui, il en est certain, serait heureuse de le revoir (hum, hum).
Il se retrouve à Sherbrooke où, apparemment, c'est ici qu'elle se trouve. Et là, commence une longue traque – il se monte tout un scénario foldingue – il est devenu accro à la drogue, au sexe (du porno de préférence) – il a une approche tout à fait spéciale avec les animaux (les pauvres...) – il ment comme il respire : "De toute manière, même quand je disais la vérité, on ne m'écoutait pas. J'étais un malentendu." et tout cela est bien « documenté » (un mot qui revient très souvent pour alléguer ses dires).
De révélations inattendues – de nombreux événements plutôt tordus – de pensées aussi folles les unes que les autres – il croit retrouver sa mère en la personne d'une serveuse, Marie Madeleine Fournier ou Fontaine ? Plutôt Fournier mais faut voir.
Il imagine un plan aussi extravagant que lui-même, un plan foireux – quand il est à court d'argent, il « se fait une piaule » (il vole une maison ou un appartement) – il n'arrête pas de proférer des « sacres » ("jurons" tels que : ostie – câlisse…. et j'en passe).
Cette recherche de sa mère se révèle pleine d'imprévus. David Goudreault nous entraîne dans les délires d'un personnage qui croit tout savoir – qui cite Coluche, Platon mais qui confond Oscar Wilde avec Orson Wells. Il observe le monde autour de lui tout en restant enfermé dans sa solitude.
On rit beaucoup. L'auteur nous enchante avec ses termes québécois, le tout à la vitesse grand V. Mais je vous rassure, tout est bien documenté.
Ainsi, connaissant déjà la suite de cette « Bête », je ne peux que confirmer que cette trilogie est percutante, dure, mais tellement excellente !
Recommandation : lire le « glossaire » en fin de livre pour y comprendre les mots québécois, c'est assez original quand on ne le connaît pas (par exemple « la sloche » = « la neige » et ce n'est pas tout…)
Nota : lire absolument la suite : « La bête et sa cage » ainsi que « Abattre la bête. » J'ai beaucoup plus ri avec le deuxième tome mais tout est génial.
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Sylviegeo
  07 octobre 2017
"Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune en amatrice." Quand un roman débute ainsi, on peut s'attendre à être remué, sinon heurté. Bang ! En pleine face. Pour "La bête à sa mère " de David Goudreault, le lecteur doit se compromettre. Aucune distance n'est possible. On ne fait pas dans la dentelle. Tout est bien trop "vrai". "La bête à sa mère" ou peut être "Anatomie du délinquant", est une malaisante critique. Une embarassante critique sociale mais tellement juste de notre hypocrisie commune, des trous de nos systèmes sociaux. C'est le parfait portrait d'un vaurien, un véritable "looser" et de sa longue descente (montée ? ) dans la déviance. Accroc aux amphétamines, à la porno, à l'alcool, au sexe, au jeu etc. c'est un homme seul. Malade, blessé à mort, en manque de tout, d'amour, de mère, de famille , il interprète constamment sa vie. Se la joue "cool" tout le temps. Ce qui est vraiment fou, c'est que rien dans ce roman ne nous est vraiment inconnu. Il suffisait de nous le dire crûment. L'écriture de David Goudreault est ryhtmée, ses mots sont durs mais justes , attention aucune rectitude politique permise ici, et surtout, ils résonnent longtemps dans notre tête. Définitivement moderne, d'actualité et légitime, on ne doit pas passer à côté de cette lecture. Un premier roman qui décoiffe , qui détonne.
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bilodoh
  29 septembre 2017
L'enfance de la bête, où comment on devient psychopathe…

Un bambin qui assiste aux tentatives de suicides de sa mère et qui à 4-5 ans devient celui qui appelle les urgences. Mais ensuite, les services de protection de l'enfance le séparent de sa mère. Il sera hébergé chez des familles d'accueil qui se lasseront vite de ce gamin perturbé. Et le garçon gardera un souvenir idéalisé de sa mère qu'il cherchera désespérément à retrouver.

Écrit au je, c'est du point de vue de l'esprit dérangé de la bête qu'on assiste à l'histoire. Sa logique complètement tordue est déconcertante, mais on se rappellera que l'auteur est travailleur social et s'est probablement inspiré des bizarreries des clients avec qui il a traité.

Pour faire passer l'horreur, des touches d'humour avec des citations complètement farfelues allègent le texte. Car la bête est aussi un lecteur. Il nous servira par exemple « Si la montagne ne vient pas à toi, va à la montagne » écrivait Laurence Darabie, une poétesse maghrébine. (p. 181)
Une écriture intelligente, mais un thème brutal, une trilogie à découvrir.
(et le deuxième de la série est encore meilleur…)
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Neneve
  08 janvier 2017
La bête à sa mère ou le journal d'un jeune dégueulasse.
Le narrateur est un sociopathe narcissique, toxicomane, masturbateur compulsif, alcoolique, voleur… et j'en passe. Une vraie de vraie bombe à retardement, un narrateur se constituant une véritable bible de vengeance. Enlevé à sa mère suicidaire dès son plus jeune âge, commence alors pour lui la succession de familles d'accueil et de centre fermé. Son profil de dérangé se forge, se consolide. Il deviendra obsédé par le fait de retrouver sa mère. Sur les bons conseils d'une barmaid cocaïnomane, il se rendra à Sherbrooke, retrouver la femme qu'il croie être sa mère. Commence la traque et une lente descente aux enfers.
Une histoire sordide, crue, noire, gore… tout ce qu'il y a de mauvais chez l'être humain se retrouve dans ce court roman. Mais étrangement, j'ai aimé. Je l'ai littéralement dévoré et lu d'un trait. Goudreault écrit dur, mais écrit vrai. On lit le travailleur social en lui et il sait mettre en mot les profondeurs de l'âme. Mais vous ne sortirez pas indemnes de cette lecteur. Pas de zones grises, par contre. On aime ou on n'aime pas ; mais l'avantage à ça, c'est que ce roman ne laisse pas indifférent.
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adtraviata
  26 novembre 2018
C'est une amie qui m'a fait découvrir ce livre lors de la dernière Foire du livre à Bruxelles : un chat sur la couverture et des chats à l'intérieur, ça ne pouvait que m'attirer tout comme elle. Et puis j'ai entendu David Goudreault, en compagnie de Nicolas Dickner, Stéphane Larue et un quatrième dont j'ai oublié le nom, dans une rencontre du Festival America : quatre héros souffrant d'addictions diverses, quatre jeunes romanciers contemporains qui renouvellent vraiment le genre au Québec. Sachez aussi que David Goudreault est travailleur social mais aussi poète ; il anime des ateliers d'écriture dans des écoles et des prisons et il a remporté la Coupe du monde de slam à Paris. Lors du débat, parlant de son livre, il nous a prévenus : « la réalité dépasse la fiction ». Oufti, comme on dit à Liège (petite expression belge contre savoureux langage québécois) : je ne m'attendais pas à prendre pareille claque dans la figure !
La bête du titre, c'est le personnage principal qui nous raconte son histoire, dont nous ne connaîtrons jamais le nom : mère suicidaire, placé dans des familles d'accueil puis des centres fermés, très vite émancipé (à vrai dire pour se débarrasser de lui), il a appris sur le tas et est devenu un petit délinquant accro aux amphétamines et aux joints, au sexe (porno évidemment), masturbateur de compétition, avec un rapport… particulier aux animaux, entre autres exploits. Il ne manque pas de lettres (« c'est documenté »), il est sans cesse en train de chercher des coups (de plus en plus foireux) pour nourrir ses addictions (et se nourrir tout court) mais surtout il a gardé l'espoir de renouer avec sa mère. Il croit la retrouver à Sherbrooke, s'y installe, se fait engager à… la SPA et réfléchit à la meilleure manière d'approcher sa mère. « Les liens du sang sont plus forts que tout, c'est documenté. » (p. 71) de son point de vue personnel donc, nous assistons alors à ce qui est en réalité une descente aux enfers, alors qu'il se voit presque comme un bienfaiteur de l'humanité.
Il y a des pages de ce roman qui peuvent au minimum vous faire les yeux ronds, voire vous soulever de dégoût, et il me faut bien avouer que je me suis parfois demandé pourquoi je continuais à le lire. Mais comme je me souvenais de l'avertissement de l'auteur, je l'ai lu au trente-sixième degré, goûtant l'humour sans limite de David Goudreault et appréciant au passage la critique sociale que son personnage nous renvoie à la figure. Un personnage qu'on finit par trouver attachant, si si… Je suis curieuse de lire la suite c'est une trilogie), j'espère qu'elle monte en puissance.
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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critiques presse (2)
Culturebox   12 avril 2018
Écrit dans un truculent français du Quebec, "La bête à sa mère" (Philippe Rey), premier roman de David Goudreault, embringue le lecteur dans une fuite en avant désespérée à bord du cerveau du narrateur, personnage écorché par la vie et complètement secoué.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaPresse   06 juin 2016
Le livre amène une prise de conscience, essentielle: on ne naît pas bête, on le devient.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   22 juin 2019
On n’a pas de raison de quitter le Canada. C’est un beau pays, le Canada. En plus, on est un petit paquet de perdants parlant français sur le bord de l’océan. Si on n’avait pas les Anglais pour faire rouler l’économie et parler la langue des affaires, il y a longtemps qu’on se serait fait envahir. On n’a même pas d’armée. Un pays sans armée, c’est comme une femme sans seins, ça attire juste les problèmes. C’est documenté.
P.94/95
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bilodohbilodoh   30 août 2017
Le besoin de parler est souvent plus fort que celui de bouder. Le bouddhisme et la bouderie nécessitent un silence et une concentration peu accessibles au commun des mortels. Reynald était très commun et très mortel.

(p. 160)
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Marylou26Marylou26   12 septembre 2018
On m’a dit que je ne comprenais pas tout, car je suis dysphasique. Ça ne m’impressionne pas, leur diagnostic bidon. Je ne comprends pas toujours le sens des mots ? On n’a pas compris le sens de la vie encore, alors que le sens de certains mots m’échappe n’est pas alarmant. (p. 20)
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nadiouchkanadiouchka   23 juin 2019
Je ne connais même pas mon véritable patronyme. Ça aussi, c’est particulier. Je suis lié par le sang et par un nom mystérieux à tout un paquet d’inconnus. C’est un peu comme si je faisais partie d’une immense confrérie et que j’étais le seul à ne pas le savoir.
P.16
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shmileblikshmileblik   15 mars 2017
Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatres et les égards réservés aux grands malades. Électrochocs, doses massives d’antidépresseurs, antipsychotiques, anxiolytiques et autres stabilisateurs de l’humeur ont rythmé les saisons qu’elle traversait avec peine. Pendant que je collectionnais des cartes de hockey, elle accumulait les diagnostics. Ma mère a contribué à l’avancement de la science psychiatrique tant elle s’est investie dans ses crises
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Vidéo de David Goudreault
Interview de David Goudreault.
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