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ISBN : 2812615680
Éditeur : Editions du Rouergue (04/04/2018)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Comment un homme en arrive-t-il à entrer dans une combine tordue qui le mène tout droit dans le gouffre ? Contre son instinct, contre sa volonté, parce-qu'il se dit que c'est peut-être une manière de s'en sortir. Cet homme, c'est Caroff. Depuis des mois, il dérive dans la ville de Brest, sans bateau, sans métier, sans avenir. Ceux qui le connaissent ne veulent plus entendre parler de lui. Parce que par folie, par imprudence, il a perdu la vie d'un matelot de seize a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
berni_29
  06 mars 2019
Rade amère, c'est le titre de ce premier roman de Ronan Gouézec, publié aux Éditions du Rouergue et que j'ai lu dans le cadre de la sélection du prix Cezam 2019.
Rade amère est un roman noir, un roman d'atmosphère, battu par les vents du large et les pluies cinglantes qui viennent parfois gifler les visages d'ici.
Je vous parle d'ici car c'est près de ce paysage que je vis, au bord de cette rade immense, la rade de Brest, à la fois ouverte et fermée, ouverte vers l'océan plus large que le ciel et l'horizon, elle est en même temps fermée, refermée dans un réceptacle où les vagues basculent et se bousculent dans une étreinte insoluble.
Rade amère, c'est le lieu où se déroule ce roman sombre et profondément humain. Dans ce roman, la mer est un personnage à part entière.
C'est ici que j'habite depuis 1994, ce paysage est mon quotidien et je vous invite à monter à bord de ce très beau roman avec une immense subjectivité totalement assumée.
Je n'ai pas le pied marin, c'est ici aussi que j'ai failli me noyer il y a 25 ans en tombant à l'eau depuis un petit catamaran avec une mer de force 6. Je n'ai eu la vie sauve que grâce à un véliplanchiste qui passait par là par hasard... Mais je continue d'aimer à toutes forces cet océan, que je tiens désormais à distance, en préférant les chemins côtiers qui le bordent de part en part.
Aujourd'hui, comme dans les pages de ce roman, c'est le ciel lourd et humide de l'hiver qui est au rendez-vous, c'est un fragment de Bretagne maritime qui vient dans la bourrasque et les embruns des mots que je vous écrits.
Nous entrons de plein pied dans l'itinéraire chaotique de deux hommes qui ne se connaissent pas et qui ont cependant un point commun, cet océan, le goulet, cette rade immense qui va depuis le port de Camaret jusqu'à Brest, en passant par la pointe des Espagnols.
C'est un homme à la dérive qui nous accueille. Il s'appelle Caroff, « un nom qui sonne comme un aboiement ou un raclement de gorge ». C'est un pêcheur, désormais rejeté par les siens. Par imprudence, il a pris un jour la mer alors qu'il ne le fallait pas, la mer était démontée, tout le monde lui disait de ne pas y aller, il n'a écouté personne et cela a couté la vie d'un matelot de seize ans qui était à bord. Depuis il traîne sur les quais, rejetés par les siens, pour autant aimé par sa femme Marie et sa fille Gaëlle, les aimant plus que tout, ces êtres étant toute sa vie. Il est à la dérive et veut refaire surface.
Tout près de là, allant d'une rive à l'autre, un autre homme tente aussi à sa manière de se reconstruire. C'est Brieuc, il est en train de mettre en place une activité de taxi maritime entre Camaret et Brest.
Caroff reprend goût au ciel qui vient comme un rebond, à la faveur d'une étrange affaire dans laquelle il se laisse embarquer. Mais a-t-il encore le choix ?
Brieuc, lui, tend les bras vers une femme pour l'aider à embarquer dans une vie qui se reconstruit sur la crête des vagues. Elle s'appelle Babeth. Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous et c'est le premier rendez-vous merveilleux et improbable qu'offre ce roman.
Caroff lui aussi tente de se reconstruire, renouant avec ce bateau qui porte la poisse. Dans cette affaire sordide, on l'affuble de deux « gamins » issus des quartiers périphériques de Brest et qui paraissent totalement atypiques au monde marin. L'un s'appelle Toni alias 180 et l'autre Yann. Drôle d'équipage pour aller pêcher au large d'étranges colis qui n'ont rien à voir avec le genre halieutique.
Mais Caroff a un coeur immense, comme la rade qui est là sous ses yeux, prêt à l'emporter au plus près des tangages et des rêves éperdus.
Le fait-il pour lui ? Pour elles, c'est-à-dire ses vies, Marie, Gaëlle ?
Il est vrai qu'il aimerait tant que Marie continue à le regarder comme un homme nouveau.
Et puis, leur fille Gaëlle, c'est comme un petit miracle qui les maintient tous les deux à flot.
Dans le même temps, Brieuc et Babeth accompagnent un vieil homme et sa femme jusqu'au bord de leur vie ultime. C'est beau.
Ces deux hommes, Caroff et Brieuc, peu à peu reprennent, chacun à leur manière, leur vie en main.
Le savent-ils déjà, qu'ils vont bientôt entrer dans une zone dangereuse et violente ? Comment ressent-on que le destin construit un chemin en nous, quelque chose qui nous entraîne dans la douleur des flots ?
Au large, c'est le rail d'Ouessant, "là où les cargos se suivent et se croisent comme des camions sur une autoroute".
On peut naviguer sans arrêt dans cette rade immense et amère. "C'est le même endroit, la même zone de navigation et pourtant rien n'est jamais pareil". La lumière du ciel n'est jamais la même.
Caroff devient comme un père pour Toni, il se métamorphose.
Il y a comme une fraternité qui se dégage des personnages. Une immense fraternité.
Cette rade de Brest, c'est comme le réceptacle de leurs dernières illusions.
Il y a comme une impatience à embarquer, à aller au bout de l'horizon, à peut-être chavirer dans l'envers du décor sans savoir si c'est le vide ou le ciel qui nous attend de l'autre côté des vagues.
Ecrire que l'océan est ici un personnage à part entière, c'est peut-être faire injure aux autres personnages de ce roman.
Disons qu'il en le révélateur, il les met en relief, en action comme une forme de tragédie presque à huis clos.
Le huis clos, c'est cette rade de Brest et son goulet, qui en déterminent le contour géographique.
Mais si l'océan prend autant de place dans le récit, c'est peut-être aussi au détriment de l'intrigue qui en souffre un peu. Après tout ce n'est pas bien grave, tant les personnages sont ciselés avec justesse et sensibilité.
J'ai aimé ce roman, j'ai hâte de rencontrer son auteur dans le cadre du prix Cezam 2019 pour le lui dire, il est invité par la bibliothèque de Plougastel-Daoulas le 29 mars prochain.
Au final, n'est-ce pas toujours la mer qui a le dernier mot ? La mer, et ses plis sinueux, ses méandres, sa douleur et ses chimères.
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Renod
  24 avril 2018
« Qui voit Sein voit sa fin ».
Brieuc et Caroff sont dans une mauvaise passe. Ces deux Finistériens voient dans la mer une planche de salut. Brieuc sort d'une rupture difficile et a cédé sa librairie pour créer une activité de bateau-taxi. Caroff est miné par la pire des infamies pour un marin-pêcheur : il a perdu un homme d'équipage en mer. Privé de son chalutier, il vivote avec sa femme et sa fille jusqu'au jour où un inconnu lui propose de participer à un trafic lucratif. Mais confier son destin à la mer n'est pas sans danger. Elle peut se déchaîner sans délai et écraser les existences comme de modestes rafiots.
La rade, c'est celle de Brest et on se plait dans ce roman à passer le goulet pour naviguer en mer d'Iroise, au large de l'île de Sein. Ronan Gouézec décrit le port et son environnement et les conditions de vie pénibles des travailleurs de la mer.
L'auteur réussit à créer des atmosphères particulières, et cela commence dès les premières lignes, sous une pluie furieuse, dans un rade du port dont on devine l'humidité, l'exiguïté, le brouhaha. On ressent une tension qui porte en elle les germes de l'histoire à venir.

J'ai trouvé que les émotions des personnages étaient rendues avec beaucoup de justesse. Certaines scènes sont cocasses, je pense notamment à l'improbable rencontre entre un marin-pêcheur et deux « cailleras ». L'auteur sait également s'amuser des clichés sur la Bretagne. D'autres scènes sont poignantes ; les deux protagonistes feront des rencontres qui les guideront vers la voie d'une renaissance précaire.
Un « roman de mer », un roman amer, parfaitement maitrisé, dans lequel je vous invite à embarquer.
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umezzu
  11 janvier 2019
La quatrième de couverture laisse imaginer un roman policier sur fond maritime. On est plutôt dans le drame humain. Un drame bien noir, sur fond de vagues de la mer d'Iroise, aux reflets bleus-gris.
Caroff est un patron pécheur brestois pour qui les choses ont mal tourné. Accident en mer – de sa responsabilité disent ses collègues, qui le fuient désormais. Caroff n'a plus de bateau, plus d'avenir, que des dettes. Alors quand un gars du Sud vient lui proposer une combine pour le renflouer, il pense à sa femme, à sa fille … et à une nouvelle vie ailleurs.
Jos Brieux commence, lui, une nouvelle activité de bateau-taxi dans la rade de Brest. Un boulot pour effacer le départ de l'être aimé. le premier client de Jos est un petit couple de retraités de Camaret, dont le mari René se rend régulièrement au CHU de Brest suivre une chimiothérapie. Rapidement le courant passe avec le malade. Jos enchaîne les sorties en mer et les rencontres.
Ces deux destins tourmentés vont se croiser quelque part entre le goulet de la rade et le grand large.
Ronan Gouézec déroule son histoire d'une belle plume. Évidemment la pluie est là, les embruns aussi ; les machines des navires sont huilées, les bars remplis de fortes personnalités pas toujours commodes. Il y a même de quasi passagers clandestins : deux gamins pas sortis de l'enfance, ratés scolaires, trimbalant chaînes et breloques sur leur haut de survêt, ignorant tout des choses de la mer, même si celle-ci est à quelques centaines de mètres de leur cité.
Le résultat final n'est toutefois pas totalement concluant. A soigner la forme du récit, Gouézec oublie un peu d'avancer l'intrigue. Laquelle d'ailleurs se résume à fort peu de choses, et part parfois dans le caricatural.
Ce sont les quelques moments d'amitié entre Jos et René, l'ancien, qui touchent le plus le lecteur. Quelques moments de grâce lors d'une ballade à l'île de Sein; quelques moments de vie arrachés à la maladie.
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lucia-lilas
  19 avril 2018
Ah, comme j'aime les romans noirs bien noirs, battus par les vents violents de l'océan et une bonne pluie glaçante qui vous saisit les os ! Pas beaucoup d'éclaircies dans ce récit bien sombre qui met en scène Jos Brieuc (oui, ça se passe en Bretagne!), un ancien libraire divorcé qui s'est lancé dans une entreprise de taxi maritime. Un bon gars qui ne va pas très bien depuis que sa femme l'a quitté et qui aimerait bien se sortir de sa solitude et de sa vie de galère… Il a réinvesti tout son argent dans l'achat d'un bateau et il compte transporter les gens autour de la rade de Brest, vers Camaret ou la pointe du Conquet. Une remise à flot qui semble plutôt partir du bon pied. J'ai dit « qui semble »…
Et puis, il y a Caroff, un ancien pêcheur qui, il y a de ça quelques années, a voulu à tout prix sortir en mer alors que le temps était menaçant. le jeune matelot de seize ans qui l'accompagnait est mort et depuis, tout le monde lui en veut de sa folle imprudence. Il vit dans un pauvre mobil-home posé sur un terrain vague avec sa femme et sa fille, ses seuls bonheurs de l'existence. Sans boulot, sans bateau, ça sent le fiasco et l'avenir lui paraît bien compromis, alors quand on lui propose de tremper dans une magouille qui rapporte - des colis à récupérer en mer -, il a beau vouloir refuser, il se dit que c'est peut-être l'unique chance qui lui permettra de partir avec sa femme et sa fille en Irlande et de couper avec cette vie pourrie dont il ne veut plus.
Deux hommes, deux destins qui n'auraient jamais dû se rencontrer...
Ce que j'ai trouvé vraiment très réussi dans ce roman, c'est la description des lieux, l'atmosphère  : on sent que l'auteur connaît la Bretagne et sait de quoi il parle. La pluie, les nuages sont omniprésents (seuls ceux qui ne sont pas du coin semblent d'ailleurs en souffrir - « en Bretagne, il pleut que sur les cons » aiment rappeler mes collègues bretons), le vent du large ne décoiffe pas que les Bigoudens, son souffle hurle la nuit, se faufile dans les moindres recoins. Tout craque, tout vibre, croule sous les rafales. Une bourrasque en appelle une autre. Il n'y a jamais aucun répit, à peine une accalmie. C'est bien sombre, bien pesant et, en même temps, magnifique, comme une peinture dans les tons gris et noir. Les contrastes de lumière sont saisissants, quasi cinématographiques. Et l'on entend l'océan gronder dans le lointain… Tous les sens sont en alerte...
Une vraie plongée dans l'atmosphère bretonne donc, l'hiver bien sûr, parce que l'été...
J'ai beaucoup aimé aussi, malgré toute la noirceur de ce texte, l'humour : je vous en donne un exemple. le gars chargé de transmettre les infos du boss auprès de Caroff est un homme du Sud, alors la Bretagne n'est pas vraiment son truc et c'est en ces termes qu'il en cause : « Des marées noires, des oiseaux crevés, des tempêtes… Il avait du mal à croire vraiment que des gens veuillent aller passer des vacances là-bas… Ou alors, il fallait être anglais ou belge... allemand à la rigueur... » ou bien « Bon, la Bretagne donc… Des plages désertes forcément, tellement il gèle, des crabes et des cirés jaunes un peu partout, des bonnets, des crêpes, des coiffes, misère… Il paraît qu'ils sont saouls toute la sainte journée... » Ça me fait rire parce que c'est exactement la façon dont les gens du Sud voient la Bretagne… Autre exemple, dans un autre domaine, assez marrant : notre Caroff se voit imposer deux loubards d'une cité brestoise qui n'ont pas franchement le pied marin, espèces de clichés ambulants, survêt' et chaînes dorées au cou, dont la description est à mourir de rire. Alors, il faut en profiter parce que pour le reste, encore une fois, l'atmosphère est comme le ciel : bien plombée. On met les pieds dans quelque chose qui ressemble à une tragédie. Ah, le destin des hommes parfois...
Dernier point pour finir de vous convaincre, l'écriture est magnifique (et ce n'est pas toujours le cas dans les romans policiers...). Espérons que l'auteur, dont c'est le premier roman, sera de nouveau inspiré par ses « vagabondages côtiers » comme le dit la 4e de couv' parce que des comme ça, on en redemande !
Une très belle réussite donc !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Biblioroz
  03 février 2019
Brieuc, Caroff, la rade de Brest et le Sud qui s'invite sur cette pointe bretonne sous de funestes auspices.
Un hiver breton dégoulinant d'humidité. Petite parenthèse bretonne : pour faire mentir tous les clichés ce n'est pas systématique !
Joss Brieuc vient de pénétrer dans l'univers bruyant et surchauffé d'un bar-restaurant brestois. Dehors, des bourrasques de vent charrient des pluies collantes gorgées d'iode et de sel. Il rumine sa solitude et s'apprête à entamer le lendemain une reconversion professionnelle en s'installant comme bateau-taxi autour de la rade.
Caroff a tragiquement perdu en mer son tout jeune matelot. Rejeté violemment par son entourage, il se terre dans un misérable mobil-home. Pour offrir à sa femme et sa petite puce un plus bel avenir, il fait le choix hasardeux de tremper dans un dangereux trafic proposé par une crapule du Sud.
L'auteur déroule ce roman noir en nous guidant tout au long d'une succession de scènes très imagées. Scènes de bar, de navigation, de zone portuaire ou de port de plaisance, d'amitié ou de vie de famille écorchée, de déchaînements météorologiques, de balade venteuse sur l'île de Sein, de violence…
Il exploite à merveille les préjugés de certaines personnes du Sud vis-à-vis de la Bretagne avec des clichés criants de vérité.
L'écriture est surprenante. Jurons, langage familier contemporain et phrases descriptives travaillées et poétiques se côtoient en un mélange détonant et vivant qui finalement colle parfaitement aux différentes ambiances rencontrées.
C'est un premier roman prometteur qui, bien au-delà de l'intrigue qui est prévisible, m'a surtout plu dans la perception des différentes atmosphères. Entre les masses d'eau de la mer d'Iroise et celles déversées par un ciel aux différentes variations de gris, le chaos tempétueux s'installe dans cette rade amère.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   11 avril 2018
Devant, une immensité émeraude et grise, une absence d'horizon. L'océan et le ciel plombé qui se confondaient seulement en un endroit que son œil ne percevait pas clairement. A cinq ou six milles, plein ouest, il y avait le phare d'Ar-Men quelque part, pointé vers le ciel comme un doigt d'honneur magnifique à toutes les tempêtes passées et à venir.
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BibliorozBiblioroz   31 janvier 2019
Il avait difficilement supporté ce voyage en Bretagne. Il secoua la tête. Brest, seigneur... La Bretagne... Bien sûr, il connaissait. Bon, il n'en savait en gros que ce qu'en disaient les blondasses de la météo, et ça suffisait. Des marées noires, des oiseaux crevés, des tempêtes... Il avait du mal à croire vraiment que des gens veuillent aller passer des vacances là-bas... Ou alors il fallait être anglais, belge... allemand à la rigueur.
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MatatouneMatatoune   18 mars 2018
Autour de Jos et René, des galets par milliers, de toutes tailles, présentant toutes les nuances imaginables de gris. Des lichens plats venaient marqueter les pierres polies d'ocres, de jaunes d'or, de verts sombres et de bruns profonds. Certaines pierres arboraient d'autres variétés de ces végétaux frustres en une barbe parsemée, rugueuse sous les doigts. Ils étaient aux avant-postes de la vie végétale, au front de la guerre permanente qui animait ces rivages depuis des millénaires. Ils demeuraient là, vigies austères de la péninsule, moines soldats de bure rêche, minéral et brut.
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BibliorozBiblioroz   03 février 2019
Les Marric eux sont déjà dans leur bagnole, une petite voiture de location avec, la honte, une boîte automatique, rapport à la patte folle de l’aîné… Ils ne l’ont que depuis trois jours mais elle est déjà devenue une espèce d’annexe mobile de la déchetterie centrale, l’aspect tri sélectif en moins… Cannettes, emballages de restauration rapide, frites écrasées entre les sièges, mégots par terre assurent l’essentiel du décor, et, pour couronner le tout, il y règne une odeur mouillée de grands fauves africains après une pluie d’orage… les Marric dans toute leur splendeur.
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umezzuumezzu   11 janvier 2019
Il a sous les yeux une vraie communauté, homogène, de petits blancs modestes, d'extraction ouvrière, d'employés et d'agents de maîtrise, nombreuse au souvenir d'un de ses membres disparus.
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