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ISBN : 2020375095
Éditeur : Seuil (16/09/2000)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Le Rire de l'ange conte les aventures de deux gaillards : Pico et Chaumet. Ils s'en vont sur les routes d'un Moyen Age de fantaisie, en compagnie de leurs femmes, à la rencontre d'étranges personnages. Et surtout d'un ange, un ange très curieux qui les suit et, autant qu'il peut, les protège.

Sous le regard de l'ange, tendre, étonné parfois, les deux hommes vont vivre de multiples aventures, échapper à la mort, apprendre la sagesse et se découvrir eux... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  12 septembre 2013
Qu'il est bon d'entendre le rire perlé de l'ange tintinnabuler au creux de nos poitrines et cascader en source fraîche dans le livre d'Henri Gougaud !
Que ce roman fait du bien ! Que de vie, de chaleur, d'humanité, dans ces lignes pleines d'appétit, de saveur, de couleurs!
Le fumet est capiteux, le verbe haut et égrillard, et la langue, voluptueuse, stimulante, fringante, roule en bouche et au palais comme un hydromel liquoreux. En voilà une écriture qui a du goût et du piquant !
Dans un Moyen-âge bigarré et jovial, un ange - par quelle hasardeuse volonté divine ? - tombe dans la chaumière de Pico, le menuisier du village, et il n'en faut pas davantage pour nous emporter dans une farandole existentielle, entre roman et conte.
Séduit par notre humanité dont il découvre l'aberrante propension à se créer des soucis au nom d'un hypothétique Dieu punisseur, l'imperceptible être éthéré, chuchotant aux oreilles des vivants, s'ingénie à leur faire prendre conscience des bonheurs de l'existence.
« La vie est partout où l'on va. Aimez-la, elle vous aimera. »
C'est ainsi que Pico, malheureux en ménage et victime de sempiternelles rognes conjugales, quitte son foyer en compagnie de Chaumet, son ami d'enfance.
Sous l'impulsion de l'ange, « tantôt prêcheur tantôt pitre de basse-cour », les deux compères prennent la route, bientôt rejoints par Judith et Lila, leurs nouvelles compagnes, et par d'autres personnages hauts-en-couleur, bons et généreux, rencontrés au gré de leurs pérégrinations.
Les expériences vécues au cours de leur périple sont de celles qui ouvrent le chemin de la connaissance de soi et de l'amour des autres. Vaincre ses peurs, aimer, jouir, être martyr, être saint, sage ou philosophe…En soufflant sur les braises de l'âme, l'ange malicieux va les inviter – et le lecteur avec eux - à quitter leurs broussailles d'épines pour vivre et mourir dans un éclat de rire.
Il y a quelque chose de profondément réjouissant dans la lecture de ce roman-conte à la bonhomie rabelaisienne, qui nous rappelle à chaque page combien la vie est faite de menus plaisirs qui font les grands bonheurs.
On lit « le rire de l'ange » comme on se roulerait dans le foin, les sens aiguisés par des odeurs de terre et de sous-bois, de thym, de vieilles pommes et d'eau-de-vie ; par des effluves de lits, de membres emmêlés, de corps unis dans des gigues endiablées; par des parfums d'enfantement, de naissances et de petit lait ; par des arômes de mort aussi, bien sûr, car tel est le cycle de la vie qui s'achève immanquablement dans des relents de terre remuée et dans la fragrance subtile des âmes vagabondes.
Un brin grivois sans être graveleux, les mots d'Henri Gougaud ont de la chair et du ventre. Charnus autant que charnels, ils sont comme ces fermières aux poitrines amples et généreuses qui étanchent les sanglots des chérubins capricieux. Ils abreuvent autant les sens que l'esprit et savent consoler et guider, nourrir et griser, pour vous laisser repus, le coeur bienheureux.
Né à Carcassonne en 1936, Henri Gougaud est l'un de nos derniers grands conteurs populaires.
De son passé de parolier qui écrivait pour Ferrat, Ferré et bien d'autres, il a conservé le sens de la rythmique et de l'écriture chantée ; le talent du barde allié à celui du passeur de traditions orales. Il est de ces hommes que l'on écouterait pendant des heures assis au coin du feu, et qu'on lit avec le plaisir de mâcher à l'envi de savoureux vocables qui se font fontaine de jouvence en s'unissant en exercice de style de haute volée.
Henri Gougaud a l'art de la métaphore joyeuse, de la réflexion gaie, de la morale espiègle, de l'analyse badine et guillerette. C'est un jongleur de mots.
Ses histoires sont simples mais ses phrases puissantes, magnifiques de sons, de verdeurs, d'élan, d'emportement du coeur.
Il les brode, les carde, les tisse avec l'amour du paysan pour la terre, avec la jouissance de l'épicurien pour les plaisirs de l'existence, avec l'enjouement du ménestrel pour les joies du spectacle.
C'est à la fois divertissant et profondément enthousiasmant dans ce qu'il nous invite à partager d'une philosophie de vie empreinte de simplicité et d'humanisme.
On se prend alors à avoir faim de vie, empli du désir de s'en couper des tranches comme dans un gros pain de campagne et l'on se dit que si l'on tendait suffisamment l'oreille du coeur, qui sait, peut-être un ange viendrait-il nous chanter la mélodie du bonheur ?…
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brigittelascombe
  02 janvier 2012
Saviez-vous que, parfois, à Romanicheux-le-bas, un ange grâcieux, se croyant visible se poste sur un toît à l'écoute de la misère humaine et tente d'unir les êtres sur une même longueur d'onde?
Justine B. à l'aube de son crépuscule, a chargé l'auteur de retranscrire cette merveilleuse histoire dédiée aux femmes, car le rire de l'ange souvent fripon, sait se faire entremetteur pour pousser les corps à la jouissance.
Prude "muette de la bouche mais point sourde de coeur" a su entrevoir sa figure "d'écuyer de bonne famille",son corps transparent perché sur la maison du menuisier Pico, alors que sa fille Judith "fragile comme un oeuf couvé" "touillait la soupe".
Quel remue-ménage!
Pico et Marguerite, son épouse se disputent.
Arrive sur ces entrefaites, le bûcheron Chaumet dont la maison brûle.
Puis, le docteur qui trousse la chemise de Marguerite illico.
L'ange accompagne de son rire cette comédie, un brin paillarde, puisque les couples se forment et se reforment. Justine avec Pico et Chaumet avec Lila.Bien d'autres vont accompagner les aventures des deux compères, un curé, un ermite....
Une bénédiction par ci,un corsage entrouvert par là, la tentation danse la guigue au son du violon céleste.Mais le cachot ouvre aussi ses portes lorsque la mort sévit.
Saviez vous que les anges rêvent "d'éprouver ce qu'un homme ressent lorsqu'il voit une femme nue,et la respire,et la caresse"?
Non?
Alors lisez vite Henri Gougaud, conteur de métier, et vous saurez tout!
Un conte au langage truculent,imagé, égrillard, plein d'humour, à lire les jours de ciel gris pour chasser les nuages et sentir pousser des ailes.
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zabeth55
  14 janvier 2014
Dans un Moyen-âge plein d'obscurantisme et de superstitions, vivent Pico et son ami Chaumet.
Un ange les prend sous son aile (si je puis-dire), et fait dévier leur destin. Mais, bien que plein de bons sentiments il est encore un peu inexpérimenté.
Et cela crée des situations désopilantes et des dialogues savoureux.
C'est truffé de métaphores pleines de poésie, mêlées à une bonne dose d'humour.
Je n'ai pu m'empêcher de faire un parallèle avec l'esprit de Jean Teulé.
Quelques passages sont un peu longs et embrouillés, mais globalement, c'est un savoureux divertissement.
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wayana
  17 octobre 2012
« le Rire de l'ange conte les aventures de deux gaillards : Pico et Chaumet. Ils s'en vont sur les routes d'un Moyen Age de fantaisie, en compagnie de leurs femmes, à la rencontre d'étranges personnages. Et surtout d'un ange, un ange très curieux qui les suit et, autant qu'il peut, les protège. »
Voilà un livre que j'ai abandonné… que Mr Gougaud me pardonne. J'ai lu 135 pages qui m'en ont paru le double ! Je me suis ennuyée, l'écriture au style médiéval n'a pas aidé sur ce coup là. Je métais pourtant délectée de « le voyage d'Anna » du même auteur mais faut croire que les anges… bah, c'est pas mon truc !
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Sayyadina
  19 août 2013
Ce livre, je l'ai ressenti comme une chanson, une fable. Les personnages sont de simples personnes, des gens venant de la campagne pas particulièrement instruits qui vont croiser la route d'un ange tomber du ciel (ou tout simplement l'ange qui a rencontré des gens tout à fait par hasard, chacun l'interprète comme il le veut).

A un moment, j'ai pensé "Oh non, ça va parler que de religion et je supporte pas ça" mais en même temps au Moyen Age, je pense que c'était quand même relativement important donc j'ai laissé couler mais ça ne parle pas que de religion, ça parle aussi de sentiment (y a du sexe mais il est pas non plus omniprésent comme j'ai pu le lire parfois) ... Les sentiments des personnages entre eux mais également les sentiments que l'ange souhaiterait connaitre en voyant ses "amis".

J'ai également lu ce livre par curiosité, les quelques livres que j'ai lu sur les anges étaient souvent classés dans la Bit-Lit ou fantastique et ça faisait également longtemps que je n'avais pas lu un auteur français et je n'ai pas été déçue mais cette écriture. A aucun moment, je n'ai trouvé ce livre lourd, l'auteur connaissait bien son sujet.

Puis, un sujet qui m'a toujours interpelée, est traité dans ce roman : La vie après la mort et j'ai été très étonnée de voir que malgré qu'il soit ange, il est totalement dans le vague pour savoir si il y a un Dieu ou une autre entité supérieure, la seule chose qu'il sache, c'est qu'il y a d'autres anges et que la vie ne finit pas après la mort, que la vie est un perpétuel recommencement et c'est aussi quelques peu la morale de cette histoire que la vie est un perpétuel recommencement qu'on aura beau essayé de changer mais rien ne le fera car à un moment, nos vies ne sont pas "une" mais "plusieurs".
Lien : http://sayyadina.over-blog.c..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
MalauraMalaura   06 septembre 2013
Sais-tu bien ce qui nous force à vivre comme des pauvres sous la pluie? Je sais, moi, je découvre. J'étais aveugle. Enfin je vois. La peur, elle seule frérot, la peur à l'haleine puante, la peur et ses finasseries de vieille putain au cul lourd, la peur qui fait de toi un mendiant en hiver au moindre cri d'oiseau dans une église vide.
Regarde-moi. La peur, je m'en défais. Je m'en lave et m'en déshabille. Je la dépose. Je l'écrase. Je la foule à grands coups d'orteils. Je l'émiette, je la dépiaute. Et maintenant, je me redresse.
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MalauraMalaura   07 septembre 2013
Les hommes partent au loin chercher je ne sais quoi, conquérir Dieu, faire la guerre. Et nous, qu'attendons-nous, là, comme des mendiantes? Tu le sais? Moi, je sais. Un amant chaud comme un manteau, un gaillard, un roc, un amour. Et certes, nous savons nous battre. Mais nos batailles à nous ne sont pas pour l'honneur, ni pour le roi d'ici, ni pour celui du Ciel, elles sont pour préserver le feu, le feu d'espoir, là, dans le creux. S'il s'éteint, nous mourons aussi.
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brigittelascombebrigittelascombe   02 janvier 2012
Les femmes sont semblables aux racines de l'arbre et les hommes aux branches feuillues.Elles sont obscures et nourricières,ils sont fiers et désordonnés.Elles savent les secrets humides de la terre,ils connaissent l'espace et la force du vent.Les unes sont profondes et les autres sont hauts.Ils ne peuvent donc ni s'entendre,ni se quitter sans dépérir.
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OdeOde   14 mai 2016
On n’entend presque pas les anges d’ordinaire, et encore faut-il avoir l’oreille fine pour percevoir le sens de ce qu’ils sèment en nous. Cela nous parvient comme un chant aussi lointain que désirable. Il nous fait envie. On écoute. Voilà tous nos sens à l’affût. On s’imagine alors qu’une vérité rare vient de poindre au tréfonds obscur de notre esprit. On se hâte, on s’approche d’elle, on tente de l’apprivoiser. En vérité on l’alourdit. Les mots l’abîment, l’affadissent. On s’obstine, on cherche, on explique. On a tort, il faudrait chanter. Alors on met des phrases au monde, des à-peu-près, faute de mieux, mais la musique a fui comme un parfum qui passe.
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brigittelascombebrigittelascombe   02 janvier 2012
Si tu veux découvrir la vie dans sa plaisante nudité,oublie ce que le monde estime inoubliable et demeure attentif à ce qu'il croit léger.Tu m'en diras des nouvelles.
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