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EAN : 9782844855770
48 pages
Éditeur : Allia (05/10/2012)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 11 notes)
Résumé :
En 1964, à 32 ans, Glenn Gould décide de ne plus se produire en public et privilégie les enregis­tre­ments en studio. Ce revirement dans sa carrière restait à ce jour une énigme. Entre autres sujets abordés, il s'en explique ici, dans un texte étonnant, où on perçoit aussi en lui l'essayiste et le théoricien de l'art. Pourtant, il nous affranchit d'emblée : le seul sujet qu'il ne souhaite pas aborder, c'est la musique. Ce qui, à ses yeux, ne peut que favoriser les r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
karkarot
  03 février 2021
J'ai vu un jour un documentaire su Glenn Gould. Un truc intellectuel, pour musicien chevronné. Je ne le suis pas, malheureusement. Je ne connais Gould que par ses Variations Goldberg, que j'adore. J'ai découvert qu'il en avait fait deux enregistrements, un de jeunesse et l'autre en pleine maturité. Je les écoute en alternance, sans savoir lequel j'aime le plus. Mon grand-père qui lisait la musique, aimait la dernière version, plus fidèle selon lui.
Bref, je ne suis pas mélomane.
Cette interview est loufoque, un peu égotique (forcément quand on se fait soi même parler de soi. Bibi parlant de bibi à bibi). Une thérapie à pas cher, en quelque sorte !
On en profite pour découvrir un Gould qui se contredit, vit entre deux idées, n'est pas un esthète, juge l'art sévèrement, n'explique pas son retrait de la scène mais donne des clefs, notamment dans la façon dont il a apprécié (le mot est faible, jouit plutôt) le concert de Karajan dirigeant la 5eme de Sibelius.
C'est étrange, iconoclaste, dérangeant, drôle et instructif.
L'artiste raisonnait aussi sur son art et sur lui même, semble-t-il. Était-ce la base de son talent ?
En tous cas, c'est un petit opuscule plaisant, que je recommande !
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lanard
  09 avril 2013
La lecture de cette interview de G.G. par g.g. à propos de Glenn Gould ne m'a pas seulement beaucoup amusé; elle m'a donné matière à méditation jusqu'au vertige.
Ceci dit, passons à la pratique et méditons cette déclaration: "Eh bien, je pense qu'on devrait donner à l'art une chance de disparaître progressivement de lui-même. Je crois nous devons accepter le fait que l'art n'est pas inconditionnellement bénéfique, qu'il est même potentiellement destructeur. Nous devrions analyser les domaines dans lesquels il a tendance à faire moins de mal, les utiliser comme un fil directeur, et construire à l'intérieur même de l'art un élément qui lui permettra de présider à sa propre obsolescence." (pp. 36-37)
Voilà qui ressemble à un formidable projet post-Duchamp (selon ma propre interprétation du travail de Marcel Duchamp qui veut que tout ceux qui revendiquent le statut d'"artiste" après lui sont des faux-culs). Glenn Gould aurait-il été le seul véritable artiste d'art contemporain?
On s'amuse vraiment beaucoup à la lecture de ce petit livre rose.
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mdhennin
  16 octobre 2012
Glenn Gould se joue, dans ce court texte publié initialement dans un magazine américain en 1974 et traduit ici en français pour la première fois, de son image de génie autiste et coupé de son public. Il s'en amuse, s'explique et creuse cette intéressante brèche par le truchement jubilatoire d'une interview de lui-même, par lui-même, sur lui-même.
Cette relation triangulaire est elle-même mise en abîme par sa réflexion sur les rapports ambigus entre le public, l'oeuvre et l'artiste. Un régal.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
lanardlanard   08 avril 2013
Je crois simplement que l'on devrait accorder à l'artiste, pour son bien comme pour celui de son public - et permettez-moi de dire officiellement aujourd'hui que je n'aime pas du tout les termes comme "public" ou "artiste", et en particulier la hiérarchie qu'implique l'usage d'une telle terminologie-, je crois donc que l'on devrait accorder à l'artiste l'anonymat. Il devrait avoir le droit d'agir en secret, en quelque sorte, détaché - ou, mieux encore, insouciant - des supposées exigences du marché, exigences qui, si elles sont considérées avec suffisamment d'indifférence par un nombre suffisant d'artistes, disparaîtront tout simplement. Et puisqu'elles auront disparu, l'artiste abandonnera son faux sentiment de responsabilité vis-à-vis de son "public", et son "public" renoncera à son rôle de dépendance servile.
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PartempsPartemps   25 septembre 2020
)
 glenn gould
g.g. – Eh bien, pour tout vous dire, je n’y
ai pas vraiment réfléchi. Mais improvisons!
Que diriez-vous par exemple de la situation
politique au Labrador?
g.g. – Je suis sûr que cela pourrait engendrer un dialogue fort intéressant, en effet,
M. Gould ; mais nous devons garder à
l’esprit que high fidelity
est avant tout
destiné à un public américain.
g.g. – Oh, c’est exact. Eh bien, dans ce cas,
peut-être que les droits des aborigènes dans
l’ouest de l’Alaska feraient un bon sujet.
g.g. – Oui. Soyez-en certain, M. Gould, je
ne voudrais surtout pas faire l’impasse sur
des sujets aussi sensationnels; mais dans la
mesure où high fidelity est destiné à un
lectorat féru de musique, nous devrions au
moins, je crois, entamer notre discussion
dans le domaine des arts.
. Magazine publié aux États-Unis entre 1951 et 1989 et
consacré à divers aspects de la musique (équipements
audio, enregistrements, biographies d’interprètes
reconnus, etc.). (n.d.t.)
glenn gould 
g.g. – Oh, naturellement. Peut-être
pourrions-nous examiner la question des
droits des aborigènes à travers des études
ethno-musicologiques de terrain à la Pointe
Barrow.
g.g. – Eh bien, je dois avouer que j’avais à
l’esprit une ligne d’attaque, pour ainsi dire,
plus conventionnelle, M. Gould. Vous vous
en doutez, j’en suis sûr, la question quasi
inévitable dès que l’on aborde votre carrière
est la controverse qui oppose concerts et
médias, et j’ai le sentiment qu’il nous faut
au moins l’évoquer.
g.g. – Oh, bien, je ne vois pas d’objections
à répondre à quelques questions sur ce sujet.
De toute façon, cela engage avant tout, à mon
avis, des considérations d’ordre moral plutôt
que musical; donc je vous en prie, allez-y.
g.g. – Eh bien, c’est très aimable à vous. Je
vais essayer d’être bref, et ensuite, peut-être,
pourrons-nous changer de sujet.
g.g. – Parfait!
g.g. – Bien. On vous a entendu dire que
votre intérêt pour l’enregistrement – pour
 glenn gould
les médias en général, en fait – représente
un intérêt pour l’avenir.
g.g. – C’est exact. Je l’ai même déclaré dans
les pages de cet illustre magazine, pour tout
vous dire.
g.g. – Tout à fait. Et vous avez également
déclaré, inversement, que la salle de
concert, la scène, l’opéra, etc., représentaient le passé ; peut-être un aspect de votre
propre passé en particulier et, de manière
plus générale, le passé de la musique.
g.g. – C’est vrai, même si je dois admettre que
le seul contact professionnel que j’ai eu avec
l’opéra s’est soldé par une petite trachéite que
j’ai ramassée en jouant dans l’ancien palais des
festivals de Salzbourg. Comme vous le savez,
c’était à l’époque un bâtiment extrêmement
soumis aux courants d’air et je…
g.g. – Peut-être pourrions-nous parler
de votre état de santé à un moment plus
opportun, M. Gould; mais il me semble – et
j’espère que vous me pardonnerez de vous le
dire ainsi – que les déclarations de ce genre
sont toujours par nature un peu intéressées.
+ Lire la suite
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lanardlanard   08 avril 2013
C'est la tradition post-Renaissance qui a mené le monde occidental au bord de la destruction. Vous savez, cet attachement bizarre à la liberté de mouvement, à la liberté d'expression et tout le tremblement est un phénomène étrangement occidental. Tout cela fait partie de l'idée occidentale selon laquelle on peut aisément séparer les paroles des actes.
(...)
Seules les cultures qui, par hasard ou d'habile manière, ont contourné la Renaissance voient l'art comme la menace qu'il est en réalité.
g.g. : - Je présume que l'URSS en fait partie?
G.G. : - Absolument. Les Soviétiques sont un peu brut de décoffrage en ce qui concerne la méthode, je l'admet, mais leurs inquiétudes sont totalement justifiées.
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PartempsPartemps   25 septembre 2020
g.g. – Pensez-vous que c’est là l’essentiel?
Je veux dire, étant donné mon expérience
des interviews – et j’en ai déjà réalisé un
certain nombre à l’antenne, comme vous
le savez peut-être –, je suis enclin à penser
que les révélations les plus instructives
découlent de sujets qui ne sont qu’indirectement liés au métier de celui qui est
interviewé.
g.g. – Par exemple ?
g.g. – Eh bien, par exemple, dans la phase
de préparation de mes documentaires radiophoniques, j’ai parlé de technologie avec un
théologien, de William James avec un géomètre, du pacifisme avec un économiste et
des rapaces qui peuplent le marché de l’art
avec une femme au foyer.
glenn gould 
g.g. – Mais vous avez aussi interrogé des
musiciens sur la musique, je présume ?
g.g. – Eh bien, oui, en effet, à l’occasion, afin
de détendre l’atmosphère et de les mettre
à l’aise devant le micro. Mais il a été bien
plus instructif de parler avec Pablo Casals,
par exemple, du concept de Zeitgeist 
qui,
évidemment, n’est pas sans rapport avec la
musique…
g.g. – Oui, j’allais justement me permettre
cette remarque.
g.g. – Ou avec Leopold Stokowski de
l’aspiration au voyage interplanétaire, ce qui
constitue – n’en déplaise à Stanley Kubrick,
je pense que vous en conviendrez – une
légère digression.
g.g. – Cela pose problème, en effet,
M. Gould. Permettez-moi alors d’essayer
de formuler la question de façon plus affirmative. Y a-t-il un sujet que vous aimeriez
tout particulièrement aborder?

. Littéralement: “esprit du temps”. (n.d.t.)
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PartempsPartemps   25 septembre 2020
glenn gould. – M. Gould, d’après ce que
j’ai entendu dire – et pardonnez-moi, monsieur, d’être aussi direct – vous êtes plutôt
coriace en interview.
glenn gould. – Ah bon? Je ne savais pas.
g.g. – Oui, c’est le genre de ragots que nous
autres journalistes glanons à droite et à
gauche; mais je tiens à vous assurer que je suis
tout à fait prêt à supprimer de notre entretien
toute question qui vous semblerait déplacée.
g.g. – Oh, je ne peux imaginer que de
telles difficultés s’immiscent dans notre
discussion.
g.g. – Bien. Alors pour commencer, et afin
d’éviter tout malentendu, laissez-moi vous
poser la question franchement: y a-t-il des
sujets à ne pas aborder?
g.g. – Je ne vois vraiment pas, non. À part
la musique, évidemment.
g.g. – M. Gould, je ne veux pas revenir sur
ma parole. Je sais que votre participation
 glenn gould
à cette interview n’a jamais été confirmée
par un contrat; mais elle a été scellée d’une
poignée de mains.
g.g. – Façon de parler, évidemment.
g.g. – Évidemment. Et j’avais supposé que
nous passerions le plus clair de cette interview sur des sujets relatifs à la musique.
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