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EAN : 9782350213194
122 pages
Naïve (30/11/-1)
4.11/5   9 notes
Résumé :
Le portrait d’un authentique collectionneur, vivant reclus au fin fond de la lande girondine, habité de la même passion, la folie analogue à celle d’un Pierre Bergé – Comme lui, il décidé d’échapper au temps humain, à la banalité de l’existence et la vulgarité du monde pour se réfugier – se multiplier, « s’éterniser » dans l’univers des objets et des œuvres d’art.

Des vestes Arnys, des oiseaux empaillés de la boutique Deyrolle, une multitude d’objets... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Merci à Babelio et aux éditions Naïve pour ce deuxième livre reçu dans le cadre de Masse Critique. « Les tiroirs de Visconti », roman de Didier Goupil.

Un texte léger, qui narre , décrit la vie, les états d'âme de Paul M., collectionneur invétéré, qui transforme sa vie et sa maison en fiction, en choisissant chaque objet, meuble, peinture, vêtement, .. avec soin et exigence. L'histoire d'une maison et d'un parcours de vie, original…

Une écriture fluide, des chapitres courts, une multitude de d'anecdotes qui nous apprennent mille détails sur les différents domaines auxquels s'intéresse notre collectionneur : les objets, les vêtements, les livres, les reliures, les oeuvres d'art, etc.

Une lecture très agréable alliant l'évasion et la connaissance d'un univers spécifique : celui des collectionneurs et des passionnés d'art.

« Paul M. ne savait pas résister à la tentation. C'était un vrai collectionneur qui collectionnait tout ce qu'il est possible de collectionner » (p.25)

« Ce qui m'importe, c'est que l'objet puisse s'inscrire harmonieusement dans le décor. Qu'il me plaise ou qu'il ait de la valeur ne sont pas des critères suffisants. Il faut qu'il apporte quelque chose à l'ensemble, qu'il trouve sa place dans la maison, et, une fois qu'il y est, qu'il ait quelque chose à dire- à me dire
J'attends de la vie qu'elle me raconte des histoires. Comme ce n'est pas toujours le cas, je me les fabrique. Je les invente » (p.26- 27)

« Cette maison, ces collections amassées au fil du temps, vous l'avez compris, c'est ma fiction à moi » (p.29)

« Faire de cette maison une vieille maison de famille, m'inventer une ascendance, ne me fait pas seulement traverser l'espace. Cela me permet également de voyager dans le temps. de me multiplier » (p.33)

Ce collectionneur, Paul M. veut comme la plupart des collectionneurs transcender la vie ordinaire… Un roman qui parle aussi par le biais de la recherche de la beauté , de la mort, de la solitude de chaque être humain, du sens que l'on cherche à donner à son existence. Des mini-récits à l'intérieur de l'histoire ,sur l'art, les objets, d'autres collectionneurs,: Yves Saint-Laurent ,Pierre Bergé, Loti, certains métiers spécifiques , comme taxidermiste , des portraits divers , Marie-François Banier, Pierre Bettencourt, écrivain et frère d'André, le mari de Liliane, certaines prédilections littéraires ou artistiques : Tony Duvert, Gabriel Matzneff, Joe Bousquet, le sculpteur belge, Jules Berchmans, etc.

Le titre de cette fiction m'intriguait ; nous ne comprenons ce choix qu'au terme de ce roman : une anecdote touchant le tournage du « Guépard » de Luchino Visconti , qui nous signifie l'importance des objets sur le ressenti de nos émotions
« Vous savez, Paul, que lorsque Visconti a tourné le Guépard, il a exigé que les armoires contiennent des vêtements de l'époque et que les tiroirs des commodes soient remplis, même si cela ne se voyait pas à l'écran ? Il était persuadé que sinon les spectateurs verraient qu'il s'agissait de décors et que du coup qu'ils ne croiraient plus à l'histoire qu'il voulait leur raconter » (p.118)

Quelques informations sur l'auteur pour achever ces impressions de lecture: Didier Goupil, auteur de nouvelles et de romans, fut professeur de français au CNED ; Depuis 2001, il participe au Festival de la Correspondance de Grignan. Il anime des rencontres ou des ateliers d'écriture. Parmi ses écrits, un premier recueil de nouvelles, publié en 1995, « Maleterre », où l'acte de création et l'obsession qui en découle forment la plupart des toiles de fond de ces nouvelles…comme dans ce roman, où se croisent diverses réflexions sur la recherche de la Beauté, comme sublimation de la vie, et oubli de notre condition de mortel…
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** Petite chronique dans le cadre de Masse Critique. Je remercie donc Babelio, et les éditions Naïve. **

Je n'avais pas compris, en cochant ce livre dans la liste de MC, qu'il s'agissait d'un 'roman'... "Le portrait d'un authentique collectionneur, vivant reclus au fin fond de la lande girondine..." Je n'ai rien contre les romans, bien au contraire, mais pour le coup, je n'ai pas bien saisi l'intérêt d'un tel 'faux-portrait', je n'ai pas du tout su m'attacher à ce 'personnage' créé de toutes pièces (de collections...), pour moi, justement, d'avoir créé ce personnage lui ôte toute âme et toute sensibilité, et tout pour moi a clinqué dans le vide. Ce n'est pourtant pas imputable à l'auteur, Didier Goupil, car son 'portrait' de ce collectionneur est non seulement plausible, mais convainquant et plutôt pertinent. Peut-être par ce que je ne comprends pas qu'une oeuvre de fiction sur ce thème-ci, la collection, soit traité au premier degré et seulement 'explicatif' ou factuel. Parce que pour moi, ce puzzle de collections reflète justement l'âme de la personne qui 'collectionne', et si ce thème est justement traité à ce seul niveau, de façon fictive, la fiction perd justement pour moi tout son intérêt. J'ai une grande sensibilité envers les collectionneurs hétéroclites, j'en ai connu quelques-uns, qui ne sont pas des 'amis' car leur relation à l'autre est souvent problématique, et je viens même d'en rencontrer un qui ressemble un peu à ce Paul du livre, en plus jeune, et si je me sens proche d'eux, c'est non seulement lié à mon propre rapport aux 'objets' au sens plus général, et justement car leur collectionnite aigüe révèle de nombreuses sensibilités, parfois pathologiques. Bref, pour moi, ce pan de la personnalité, les collections, est quasiment révélateur de son ensemble, et donc, une fiction qui répertorie des collections via de fausses visites et faux entretiens, pour en faire un roman, ne peut me toucher.
Les mélanges de faits réels (les collections de Yves Saint-Laurent et de Pierre Bergé, Pierre Loti....) m'ont d'autant posé problème pour ses vrais-faux-entretiens. Tout ce qui y est cité y est 'vrai' mais le personnage est faux. Et tout repose sur ce personnage... sa vie, son passé, son habitation, ses livres, ses objets... Comment aurais-je pu m'attacher à ce faux Paul face à toutes ces vraies références sur d'autres collectionneurs ou amoureux des 'objets', 'objets' au sens noble du terme, mais pas spécialement d'un seul point de vue esthétique ou artistique... ?
C'est donc de façon toute (trop ?) subjective que ce roman n'a pas pu me ravir, ce Paul, personnage de papier, a perdu pour moi tout intérêt et consistance, car je ne pouvais l'incarner via sa réalité fictive.
J'ai tout de même su glaner quelques anecdotes ou références intéressantes, qui me mèneront vers d'autres livres cités ou d'autres oeuvres ; en ce sens, je prends ce court roman pour une passerelle vers d'autres sensibilités, ce qui est déjà pas mal pour un roman, de nous permettre de découvrir d'autres auteurs ou créateurs. Pour ces divers 'rebonds', je ne regrette pas d'avoir lu ce petit livre. Merci à l'auteur de ces multiples références, et aux éditions Naïve, pour l'envoi de ce livre.

NB : Citation du livre, qui pourrait dans un tout autre contexte résumer mon sentiment face à cet ouvrage :
« Ce n'est pas à vous que je vais apprendre que les livres ne sont pas seulement faits pour être lus. »
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« Paul M. ne portait que des vestes Arnys » : ainsi débute le roman de Didier Goupil, les Tiroirs de Visconti. Paul M. est un collectionneur qui vit retiré dans sa maison de Gironde. Son existence est vouée au culte du beau, à la recherche de pièces pour meubler sa maison. Il se plaît dans la fréquentation d'objets et livres rares, porteurs d'histoires qu'il se plaît à imaginer.
Pour décrire cet homme apparemment mystérieux, Didier Goupil construit son roman en écrivant des chapitres courts, avec des titres censés résumer leur contenu : « livres », « inachevé », « julien », « fiction », « Gironde », « dernier voyage »... J'ai trouvé ce procédé un peu facile car souvent, les titres reflètent imparfaitement le contenu des chapitres en question. Ils sont surtout présents pour relier les différents morceaux du texte. Malgré cela, la lecture est fluide et limpide mais m'a laissée dubitative. Au fur et à mesure que j'avançais dans le roman, j'espérais que le texte allait décoller, qu'il y aurait un peu d'animation ( !), que le personnage en question allait révéler un épisode marquant qui pourrait le faire changer de cap, à l'occasion... Or il ne se passe rien de bien intéressant finalement, l'auteur parsème son texte de réflexions autour de son personnage, autour de sa vie, de ses envies, de ses marottes. Et moi, lectrice, cela m'a peu intéressée même si j'ai fini le livre sans encombre.
Autre chose qui m'a déplu, même si je l'ai perçu comme relevant d'une volonté propre de l'auteur, beaucoup de personnages réels dans le roman cohabitent avec ce monsieur Paul, désigné comme fictionnel. Pierre Bergé apparaît donc ainsi que son inséparable compagnon Yves Saint Laurent, un modèle pour Paul M. Les écrivains ne sont pas en reste puisque Paul est bibliophile :
« le cabinet de lecture sur lequel ouvrait la première porte ressemblait lui davantage à l'enfer.
Sade, Apollinaire et Bataille pour les anciens, Gabriel Matzneff ou Tony Duvert pour les contemporains, Paul ne cachait pas son admiration pour les auteurs sulfureux, honnis et vilipendés par l'époque.
« Croyez-moi, il n'y a pas pire haine que celle des vertueux ». (page 56)
Mais dans le récit on retrouve aussi François-Marie Bannier, défendu par Didier Goupil et là cela me gêne un peu aux entournures... D'autant plus que le frère de feu le mari de Liliane Bettencourt apparaît lui aussi dans le roman ! Là cela fait un peu trop, non ?
Le titre du roman est inspiré par Visconti qui, lors du tournage du Guépard, a exigé que les tiroirs des meubles contiennent de vrais objets ou tissus de l'époque du film. Intéressant mais je connaissais déjà l'anecdote avant de lire le livre…
Pour finir - je m'excuse car plus j'avance dans cette chronique, plus je descend le livre - j 'ai trouvé par ailleurs que l'écriture de Didier Goupil est intéressante mais j'aurais aimé davantage de style, de passion dans le texte. Bref, je suis déçue. Un roman qui se lit mais qui s'oublie.
Si cela vous intéresse, un site internet existe autour de ce livre : http://www.lestiroirsdevisconti.com/
Lien : http://attrape-livres.over-b..
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« Les tiroirs de Visconti » est un livre à l'écriture vive et agréable. Les chapitres, courts, abordent chacun un thème comme autant d'énigmes sur la vie, vécue ou romancée, de Paul M.

De vraies personnalités existantes ou ayant existé se mêlent aux personnages de ce roman qui brouille les pistes. Il est assez habile de la part de l'auteur de mélanger ces personnes. En effet, tout au long du livre, Paul M. nous explique comment ses collections lui permettent d'échapper à la platitude de la vie, et lui permettent de s'en construire une, voire plusieurs, davantage romanesques. La « complicité » de ces personnalités réelles contribue à la réalisation de ce but.

J'ai apprécié ce livre. le récit de Paul M. nous entraîne au fil des pages. Mi-biographie (celle de Paul M.), mi-roman philosophique, on y trouve de nombreuses réflexions pertinentes sur la vie et l'être humain.

Je vous recommande ce roman.
Lien : http://chroniqueslitteraires..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
[ Incipit ]

ARNYS

Paul M. ne portait que des vestes Arnys.
Avec le temps, c'était devenu comme une seconde peau et il avait pris l'habitude de porter une veste tout au long de la journée, qu'il soit dehors ou bien chez lui.

« Dehors je porte des forestières, reconnaissables à leurs épaules naturelles et à leur col droit boutonné très haut. Un modèle qui s'inspire directement des vestes des gardes-chasse telles qu'on peut en voir dans ''La Règle du jeu'' de Jean Renoir. À l'intérieur, dans mes appartements, ce sont des vestes en velours côtelé, aux couleurs acidulées, prune, moutarde ou vert anis.
La forestière a été créée à la fin des années quarante par Léon Grimbert, le fondateur de la boutique, à la demande de l'architecte Le Corbusier. Celui-ci souhaitait une veste souple, libérant le mouvement, avec des manches tombant juste même lorsqu'il travaillait au tableau. Léon Grimbert, se souvenant de la veste des gardes forestiers qu'il rencontrait dans son enfance, lors de ses vacances au bord du Cher, décida de la redessiner, lui donnant une forme déstructurée qui n'est pas sans rappeler le kimono ou le deel, la tunique traditionnelle mongole.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais paradoxalement ce sont ces emprunts à des formes ancestrales qui aujourd'hui encore lui confèrent son aspect avant-gardiste. [...] »
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Je n'avais pas vu le temps passer. comme à chaque fois, pourrais-je ajouter. Cet endroit avait la faculté d'abolir les heures, de vous aspirer dans une durée qui lui était propre. On voyageait à travers les époques, on mettait ses pas dans ceux de grands hommes qui avaient fréquenté les plus beaux endroits, collectionné les objets, les oeuvres et les livres les plus rares, et l'on quittait un temps son enveloppe corporelle pour habiter une autres existence, enfiler une nouvelle identité multipliée à l'infini.
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"Je ne sais pas si vous avez lu Montherlant, mais dans sa correspondance, il donne ce conseil aux écrivains en herbe : "Soyez forts, ne vous mariez pas, n'entrez pas dans les ordres, ne partez pas en Afrique. Achetez un chat."
C'est ce que j'ai fait."
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Paul M. avait choisi sa chatte comme tous les objets de la maison. Comme il avait choisi le tapis marocain de sa chambre, sa baignoire en cuivre ou le grand vase qui trônait à l’entrée du salon chinois.
Avec le même souci esthétique, avec le même soin apporté à l’harmonie de l’ensemble, et il n’y avait rien à redire : Dee Dee, qui tenait autant de l’œuvre d’art que de l’animal domestique, était à la hauteur du décor dans lequel elle évoluait. (p.22-23)
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« Les gens ne se rendent pas compte, mais pour devenir taxidermiste, il faut posséder de nombreuses compétences empruntées à différents métiers. Il faut être capable d’être en même temps sculpteur, dessinateur, chimiste ou encore éthologue. Une dizaine d’années d’études sont nécessaires avant de pouvoir naturaliser son premier animal » (p.12)
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