AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Nicolas Malais (Préfacier, etc.)
EAN : 9782952678209
Ed. du clown lyrique (25/06/2006)
4/5   4 notes
Résumé :
A la toute fin du XIXè siècle, dans un Paris secret, se préparent de sanglantes exactions anarchistes. Salèze, grand cérébral, financier occulte d'attentats, desctruteur de valeurs morales et religieuses, manie la métaphore avec éclat - entre Blake, Dante et Maldoror - pour tenter d'attirer dans son monde extraordinnaire et nihiliste la belle mais rétive Elise. Esotérisme, anarchisme, paradis artificiels: tous les moyens semblent bons aux personnages du Désarroi pou... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
lanardlanard   17 août 2010
p. 40-41
Je ne veux pas, dit Elise, croire que l’amour soit une des formes du mal.
Cependant, reprit Salèze, presque toute la joie cérébrale que peut donner l’amour vient de là, d’un obscur sentiment du mal faire, de violenter sa propre pudeur et celle d’autrui, de se livrer à un acte secret, de procéder à ces « chose déshonnètes » dont parlent les manuels de piété, déshonnètes, c’est-à-dire non conforme à la loi, des péchés enfin. Comment deviendrions nous des hommes, s’il n’y avait pas de péchés, pas de lois ? L’homme n’est homme qu’à l’heure où il dérange l’ordre, et il n’est libre qu’à ce prix, et il n’a pas d’autre moyen d’affirmer sa liberté. La révolte des mauvais anges est la seule preuve théologique de la liberté des créatures. Pareillement les lois humaines ne sont justifiées que par les rebelles. Les crime est la base unique des sociétés, car des hommes purement conformes à la règle constitueraient une horde de bêtes et non une société. Il faut des crimes, puisqu’il faut des lois ; et il faut des lois, pour que le crime soit possible et que l’homme se rende parfois digne de son nom. Il faut des choses défendues. Multiplier les défenses, c’est multiplier les occasions de joies pour les êtres forts. Mais c’est dans la violation des lois de l’instinct que l’on la joie suprême, et, l’amour étant l’instinct le plus impérieux, si l’on veut qu’il soit le plaisir le plus grand, il faut le nier comme instinct et l’affirmer comme révolte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
lanardlanard   17 août 2010
p. 56 Salèze n’était ni poète, ni artiste ; il n’avait jamais écrit, sinon de personnelles analyses, à peine transposées selon l’instinctif souci, pour un homme délicat, de fuir grossièreté et le ridicule des aveux directs et des plaintes sincères. Ecrivain de métier – et on n’est écrivain que de métier – il eût méprisé d’abord la sincérité, mérite des simples, gloire des miroirs ; si, en effet, la littérature a une fonction, cette fonction est le mensonge et, pour bien mentir aux autres, il faut premièrement se mentir à soi-même. La pratique de la vie exige l’application des mêmes principes ; seuls, pensait-il, les naïfs donnent leur opinion ; les sages, c’est- à-dire les intelligents, donnent un opinion, une de celles qui dorment, en attendant la fête, dans l’inépuisable cave de l’opulente logique. Car, s’il faut vivre, il faut vivre libre, - et quelle plus affreuse prison qu’un conviction, quel plus terrible bagne qu’une croyance ?
La foi, il est vrai, donne la sécurité, - donne à manger, à boire et à dormir : il y a des mendiants intellectuels qui « entrent en croyance », comme à l’approche de l’hiver, des vagabonds, par un méfait bien calculé, entrent en prison pour y attendre, à l’abri du gel, les jours clairs et les heures des belles randonnées. Les uns et les autres sont des faibles et des tristes, - synthèses de l’humanité, pour qui la liberté est l’horreur suprême et le fléau définitif.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
lanardlanard   17 août 2010
p. 46 [Salèze] Si des spectateurs se passionnent à des incidents qui nous paraissent d’une damnable mesquinerie, c’est que, pour eux, doués de simples facultés végétatives, ces incidents, tout minuscules, ont l’importance du rare et de l’exceptionnel. Ils sont émus par la dramaturgie baveuse d’Augier, comme nous par les dialogues philosophiques d’un Ibsen, et les romances de M. Déroulède leur donnent une impression esthétique aussi forte qu’à nous les sonnets de M. Mallarmé. Tout est relatif. Pénétrez vous de cette vérité. Méprisez les imbéciles, mais ne méprisez pas le plaisir des imbéciles.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
lanardlanard   17 août 2010
p. 49 [Salèze] Chaque mot a non pas seulement deux sens, l’un direct, l’autre métaphorique ; chaque mot à plusieurs centaines, plusieurs milliers de significations différentes. Comprendre, c’est choisir une signification parmi ce millier : c’est cueillir une fleur sur l’amandier tout épanoui.
Commenter  J’apprécie          40
lanardlanard   17 août 2010
p. 22 Après dîner ils remontaient le boulevard Saint-Michel parmi les étudiants dont la gaieté stérile taquinait l’avidité des jeunes femelles. Il y avait si peu sensualité vraie dans ces rapides fiançailles qu’un pensionnat innocent en eût remontré à tous ces groupes dans l’art des frôlements tièdes et des regards voluptueux. C’était la jeunesse dans toute sa glorieuse bêtise, faisant l’amour comme on apprend à nager, exerçant ses muscles et d’abord ceux de la parole et du cri, particulièrement estimé chez les peuples libres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Lire un extrait
Video de Rémy de Gourmont (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rémy de Gourmont
L’émission « Surpris par la nuit », par Mathieu Bénézet, diffusée le 9 mai 2008 sur France Culture. Invités : Pierre Viar et Emmanuel Rubio.
autres livres classés : anarchismeVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère