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ISBN : 1034803662
Éditeur : Evidence Editions (23/10/2017)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 2 notes)
Résumé :
La journée n’avait pas si bien commencé que ça pour l’inspecteur Johnny Belle Gueule et c’était loin de s’arranger.

Car les deux enquêtes successives qu’il doit mener au cœur d’un bayou de Louisiane, chez la famille Broussart, propriétaires d’une ferme aux alligators, le conduiront sur des pistes plus qu’hantées par les Ombres du passé.

Mais c’est sans compter sur sa ténacité et son humour noir qui l’aideront entre autre à braver la Mor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
LightandSmell
  24 août 2018
C'est la couverture quelque peu glaçante qui m'a donné envie de découvrir ce roman dont je n'avais jamais entendu parler, ce qui est fort dommage, car ce roman à la croisée de plusieurs genres est plutôt sympathique.
Nous découvrons ainsi Johnny Belle Gueule, un policier, qui est en route pour une enquête : un bébé a disparu ! Mais attention, cette disparition ne s'est pas faite n'importe où, mais à la ferme aux alligators de la famille Broussart. Un lieu inattendu qui place d'emblée le décor puisque l'autrice nous entraîne en Louisiane, dans un bayou.
Je dois d'ailleurs dire que c'est bien ce lieu inhabituel pour un roman français qui m'a plu, et qui m'a permis de me plonger immédiatement dans le récit. Je n'ai jamais mis un pied en Louisiane, mais mon compagnon y a fait des études, et j'ai pris plaisir à retrouver certains plats ou certains endroits dont il m'avait parlé. Et puis Karine Gournay arrive à merveille à retranscrire l'atmosphère si particulière qui se dégage de cet état américain. Une atmosphère parfois étouffante, parfois inquiétante, mais qui ne laisse jamais indifférent !
Et de l'inquiétant, l'autrice vous en propose ici, car ne vous y trompez pas, nous ne sommes pas face à une enquête classique comme va, petit à petit, le découvrir Johnny Belle Gueule. le policier connaît bien la famille Broussart dont il appréciait le paternel maintenant décédé, mais il sait aussi que cette famille cache quelque chose. Cela le titille d'autant que le mystère semble s'épaissir à mesure qu'il progresse dans son enquête. Il y a cette femme au comportement versatile, ces secrets murmurés, une nouvelle disparition, une étrange apparition… le surnaturel qui se fait d'abord discret prend de plus en plus d'importance apportant à l'ambiance du livre un côté mystérieux et dangereux. Surnaturel et réel finissent même par se fondre au point de déstabiliser notre policier qui ne sait plus à quel sens se fier.
Il faut dire que le pauvre, en plus d'avoir une enquête qui prend un tournant inattendu et qui semble se complexifier, il doit également faire face à une rencontre inhabituelle : la faucheuse en personne ! Personnifiée sous les traits d'une rousse flamboyante, celle-ci ne correspond pas vraiment à l'image que l'on pourrait s'en faire… L'autrice a ainsi joué la carte de l'originalité avec une faucheuse qui serait plus intéressée par des RTT qu'une promotion. Caustique, libérée et déterminée à obtenir ce qu'elle veut de notre enquêteur, la faucheuse est un personnage haut en couleur que j'ai beaucoup aimé. Heureusement que face à elle, Johnny Belle Gueule ne manque pas de répondant et de mordant.
Il prend au sérieux l'enquête d'autant qu'il connaît bien les personnes impliquées, mais cela ne l'empêche pas de faire preuve d'un certain sens de l'humour et d'une bonne capacité d'auto-dérision. En plus de rendre l'ambiance un peu moins oppressante pour lui et les personnes avec lesquelles il échange, cela lui permet de prendre un peu de distance notamment envers des situations dont il a parfois du mal à saisir tous les enjeux. Amusant et habile enquêteur, Johnny Belle Gueule est un personnage qui ne laisse pas indifférent. le roman est trop court pour que je me sois attachée à ce dernier, mais j'ai pris plaisir à le suivre dans ses cheminements de pensée et dans ses tentatives pour faire le jour sur une enquête plutôt opaque.
La plume de l'autrice est agréable, fluide et les dialogues plutôt naturels, un bon point si comme moi, vous abhorrez les échanges surjoués. Mais ce qui devrait vraiment rendre votre lecture immersive et prenante est sans aucun doute la narration mise en place par l'autrice qui alterne entre différents personnages et différentes époques. Cette alternance de points de vue apporte un certain dynamisme à l'intrigue tout en permettant de découvrir une galerie de personnage intéressante. Si j'ai apprécié de découvrir des personnages très différents les uns des autres et, en général, plutôt hauts en couleur, j'aurais peut-être préféré qu'ils soient moins nombreux, mais que leur psychologie soit un peu plus développée… Quant à l'alternance entre le présent et le passé, elle vous permettra progressivement d'assembler les pièces du puzzle, et de comprendre les raisons pour lesquelles le sort semble s'acharner sur la famille Broussard. Je préfère rester vague pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux néanmoins vous dire que les bassesses humaines ne restant jamais impunies, les ombres du passé peuvent ternir le présent de la manière la plus surprenante qu'il soit.
À cet égard, l'autrice aborde en filigrane dans son roman un thème qui ne pourra que vous révolter : l'esclavagisme. À travers un personnage malmené par la vie, elle nous rappelle à quel point des hommes ont pu se montrer cruels avec d'autres hommes en raison de leur couleur de peau, et de leur supposée infériorité. Alors, on se révolte devant la violence physique et morale, et cette manière abjecte de nier à l'autre le droit de vivre simplement parce qu'il n'est pas né blanc. Certains passages m'ont beaucoup émue et retournée, car je ne doute pas que dans le passé, des femmes ont vraiment vécu ce que nous narre l'autrice. On crie à l'injustice, on frémit et on finit nous aussi par crier vengeance ou, du moins, justice !
En conclusion, dans Sale quart d'heure pour la mort, il est question d'enquêtes et de révélations, de secrets de famille, de crimes impunis, mais aussi de justice et de vengeance. Un livre à la croisée du fantastique et du roman policier qui se révèle, grâce à une narration alternée et des sauts dans le temps, diablement envoûtant. Un peu à l'image de la Louisiane, ce roman dégage une atmosphère aussi fascinante qu'étouffante que je ne peux que vous inviter à découvrir.
Lien : https://lightandsmell.wordpr..
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gabrielleviszs
  02 octobre 2018
Je remercie Jennifer de la maison d'éditions Evidence pour cette nouvelle découverte. Je dois avouer que le titre m'a tapé dans l'oeil et c'est sans regarder le résumé que j'ai débuté ma lecture.
Johnny Belle Gueule, inspecteur du Bayou, voit une nouvelle affaire lui tomber sur les bras. Hélie, un bébé de dix mois a disparu de son lit en pleine nuit. Personne n'arrive à la trouver et sa famille décide de prévenir les autorités bien des heures après. Un bébé, dans son lit à barreau qui arrive à se tirer et qui est retrouvé dans un lieu insolite. Oui, mais voilà, comment a-t-elle fait ? Qui a bien pu faire cela. Et qui se cache derrière tout cela ? Surtout qu'à peine retrouvée, une autre disparition dans la famille plombe l'ambiance.
En regardant bien la couverture, on peut voir dans le titre deux yeux et un peu plus même. Cela donne froid dans la dos. Non, je rigole ! Qui a rêvé de voir la mort en chair et en os ? L'auteur a dû faire une expérience de ce type, car elle nous donne de jolis détails et Johnny en fait les frais. Une histoire de disparition qui en entraîne une autre et qui au final cache un très lourd secret. le livre est découpé en deux parties, sans oublier que nous avons deux récits dans l'histoire. Nous suivons des personnages différents à des époques différentes. 2017 avec Johnny et la famille Broussart et en 1804 avec Camba, Aschland et le Shérif Landry. Quel est le lien entre les deux ? Difficile au départ jusqu'à ce que l'on comprenne ce qui tient à un fil.
La famille Broussart tient une ferme de gentils... alligators ! Gentils, lorsqu'ils ont à manger. Nous découvrons la Louisiane et surtout le bayou. Les légendes, les malédictions, les "trucs" vaudou, enfin non pas ce dernier point. Je me dis que si un jour j'ai la chance d'aller dans cet état, il me faudra des vêtements légers, car la chaleur semble étouffante. Tout comme ce qui se passe. Au début un simple "enlèvement" qui continue sur un chemin quelque peu paranormal. Imaginez la rencontre d'une belle rousse qui se transforme aisément en faucheuse ? Elle a du répondant et notre Johnny en a tout autant. Il joue avec et même si elle n'aime pas cela, elle ne fait rien, pour le moment. le surnaturel débute timidement, pour au final prendre le pas sur l'histoire. En même temps, vu où nous nous trouvons, s'il n'y en avait pas, j'aurais été déçue.
La famille Broussart a donc une "ferme" d'alligators. C'est bien pratique, surtout dans ces contrées. La petite-fille Hélie, de la mère supérieure Keira enlevée. Keira a perdu son mari et elle va bientôt le suivre dans la tombe : un cancer qui la grignote un peu plus chaque jours. Ses fils sont revenus au bercail et l'un d'entre eux est marié avec Tess, qui ont eu la petite. Une famille qui est obligée de vivre ensemble pour cause de perte d'emploi. Des tensions qui sont présentes. Une vieille famille qui vit là depuis... toujours, ou presque.
Camba est une esclave d'une quinzaine d'années, lorsqu'elle est violée par Aschland. Vendue, traitée comme une moins que rien, perdant le peu de dignité qu'elle a. Il est tellement abruti qu'il le crie haut et fort et tout ce qui suit dans son histoire. Un mal pour un bien. Une malédiction, des croyances, de quoi laisser un gout amer. C'est une époque sombre pour cette jeune femme, mais aussi ceux et celles qui sont obligés de travailler dans les champs. Deux cent ans les séparent tous et pourtant l'auteur nous laisse un lien subtil, qui une fois découvert ne nous étonne pas plus que cela. Camba est farouche et ne se laisse pas abattre. Deux contre un, c'est si facile de fragiliser une femme lorsque l'on se met à plusieurs. Pourtant elle va montrer un courage à toute épreuve, jusqu'au bout.
Johnny Belle Gueule n'a pas eu une enfance facile avec les autres, pourtant il s'est toujours battu. Devenu inspecteur, il sait ce qu'il fait, ce qu'il vaut. Je ne comprends pas par contre comment il a su qui avait fait quoi, parce que les éléments sont vraiment minces. C'est un homme qui a un esprit vif, des idées bizarres par moment. Par contre, comme on ne le voit pas énormément, je n'ai pas réussi à m'attacher à lui, mais à Tess. Cette femme semble dédoublée et pour cause. Hallucinations ou juste esprit dérangé ? Qui peut dire lequel des personnages est le plus sain ? Non parce que même la faucheuse nous raconte qu'elle en a marre de faire e qu'elle fait et voudrait bien que quelqu'un vienne prendre sa place... Logique, non ? C'est vrai que cela doit être rébarbatif pour elle de toujours faire la même chose.
Un bon point : les différents points de vue. nous avons les ressentis de la plupart des personnages, avec ce qu'ils voient, ce qu'ils font dans un style naturel. Certaines joutes verbales m'ont fait rire, surtout entre Johnny et Faucheuse. N'empêche, j'ai beaucoup aimé la fin et le titre prend tout son sens.
En conclusion, je me suis bien marrée avec la mort. J'ai ragé contre les marchands d'esclaves et la vie tout juste touchée du doigts sur ces hommes et ces femmes qui n'ont fait que subir l'homme blanc... Une enquête bien sympathique où le surnaturel prend le pas en douceur.
http://chroniqueslivresques.eklablog.com/sale-quart-d-heure-pour-la-mort-karine-gournay-a148798942
Lien : http://chroniqueslivresques...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
gabrielleviszsgabrielleviszs   02 octobre 2018
Minute ! Pourquoi ce mur était-il en plein milieu de cette cave ? à force, de le scruter, je finis par y distinguer une saillie qui paraissait être une espèce d'âtre, comblée et maçonnée dans le même style que le reste de la pièce. Comme si on avait voulu empêcher qu'un oeil indiscret y découvre quelque chose de suspect. Mais voilà, au vu de l'âge de la maison, la construction n'était plus solidement cimentée. Je n'y tenais plus, je m'accroupis et, irrésistiblement, mes doigts coururent sur les espaces vides laissés par les briques disparues. Et d'un coup, sur la paroi salpêtre, ils s'engouffrèrent dans le premier interstice.
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gabrielleviszsgabrielleviszs   02 octobre 2018
Le shérif se raidit, puis éclata d'un rire cruel.

- Non, mais tu t'entends ? Pour qui te prends-tu ? T'es qu'une négresse, ma fille, et de quoi parles-tu ?

Camba serrait si fort les poings que ses ongles s'enfonçaient dans ses paumes. Landry ricana et reprit :

- Tu n'y peux plus rien. Est-ce que tu réagis ? Le mieux que je puisse faire est de fermer les yeux. Je te laisse une dernière chance, repars tout de suite au champ.

Ne se contenant plus, la jeune femme se jeta sur lui, armé d'un tisonnier qu'elle eut le réflexe de ramasser devant l'âtre. Le shérif sous la violence du choc recula en titubant.
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