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EAN : 9782956517337
244 pages
Gorge Bleue (02/11/2020)
4.4/5   5 notes
Résumé :
Pas de bougie bougie :
La fringante et gouailleuse Amélia, 83 ans, souhaite mettre fin à ses jours. La nouvelle ébranle tout son entourage, de ses petits-enfants au curé de la paroisse, en passant par le coach de vie que son fils a embauché pour lui remonter le moral. Mais Amélia a pris sa décision et commence à s'organiser ; dans ce huis-clos absurde où chacun a son mot à dire, elle finit pourtant, comme prévu, par avoir le dernier.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Avant toute chose, je remercie Babelio et tous les acteurs de l'opération Masse critique pour m'avoir permis de découvrir ces deux pièces.

Difficile pour moi d'être brève ! J'annonce d'emblée que je compte masquer un certain nombre de lignes, pour éviter de gâcher les belles surprises aux futurs lecteurs.


La pièce Pas de bougie bougie tout d'abord :

J'ai ri dans mon lit dès les premières pages. Cette pièce est pleine d'humour : humour noir et humour par l'absurde principalement, avec de nombreux jeux de mots, bref tout ce que j'aime !

Au vu des nombreuses références, tant musicales que littéraires, cinématographiques ou télévisuelles, j'ai supposé que les autrices avaient à peu près le même âge que moi (mais je n'en ai toujours aucune idée). J'ai apprécié la variété des références musicales, j'avais des chansons en tête rien qu'en lisant les dialogues .



Toutefois, derrière l'humour, il me semble que nous avons aussi une pièce satirique :
- on se moque gentiment des injonctions bien-pensantes actuelles :
- on voit que les nouvelles se répandent via la Gazette du village aussi vite que sur les réseaux sociaux, que la société est prompte à juger, a des réactions inappropriées (mais Amélia le lui rend bien !)
- on dénonce les clichés liés à l'âge : j'ai beaucoup aimé l'idée d'attribuer à la vieillesse une affirmation généralement entendue au sujet de la jeunesse
- on pointe brièvement du doigt (avec humour, une fois encore) la société de consommation, au travers du salon funéraire.

Evidemment, la pièce nous invite à réfléchir sur la libre disposition du corps humain, sous la forme du suicide. Est notamment posée la question de savoir qui est véritablement égoïste : la personne qui passe à l'acte en laissant ses proches derrière elle ou bien la société qui refuse de laisser partir la personne même lorsqu'elle souffre (physiquement ou psychologiquement) ?

Ainsi, le fils d'Amélia lui reproche d'infantiliser sa famille, mais on se rend bien compte que l'inverse se produit également (à cet égard, il me semble que la pièce critique aussi la façon dont on traite nos aînés) ;



Je n'ai pas parlé des petits-enfants d'Amélia : ils incarneront la tolérance et la bienveillance, j'ai trouvé la scène 3 de l'acte V subtile, délicate. Quant à la scène 5, bien menée et surprenante, j'ai souri en imaginant ce que cela pouvait donner sur scène !

Cette pièce se lit en très peu de temps, je n'ai eu aucun mal à imaginer une représentation en direct (cela m'a rendue nostalgique du temps où nous pouvions aller au théâtre...) et je dois dire qu'Amélia est une grand-mère résolument moderne, j'ai adoré son personnage (le genre de grand-mère que je pourrais devenir peut-être ?).


Shakesqueer : la querelle, ensuite :

Cette pièce raconte le combat de deux femmes homosexuelles, Inès et Rachel, qui luttent, chacune à leur manière, pour un monde plus écologique et solidaire (pour la survie de l'humanité en somme).



J'ai aimé le fait d'assister aux mêmes dérives que dans un couple hétérosexuel, je pense que c'était volontaire et je trouve que c'était une bonne chose.

La pièce pose plusieurs questions très actuelles, dont la principale est de savoir si la vie privée est politique. Elle dénonce les violences policières et les inégalités de toutes formes, et nous interroge sur la place de la liberté d'expression dans notre société d'aujourd'hui. Elle n'oublie pas non plus les questions de genre

Tous les profils politiques sont représentés, avec des élus et militants parfois racistes, parfois misogynes, parfois homophobes… et bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait purement fortuite !



C'est une pièce engagée qui délivre tout de même un message d'espoir. de fait, elle m'a paru beaucoup moins humoristique, même s'il y a de nombreux jeux de mots qui m'ont fait rire ou sourire. Chose qui devrait peut-être nous inquiéter, elle m'a également paru beaucoup moins caricaturale…
On y trouve une fois encore de nombreuses références ; je suis sans doute passée à côté de certaines.


Sur la forme :

J'ai aimé la police d'écriture, le format souple du livre. Si je devais formuler une critique, je dirais que j'ai eu du mal à savoir si l'absence de forme négative était volontaire (ex : « on en parle pas »), et j'ai été agacée de trouver plusieurs fautes d'orthographe (cf p30, 42, 97, 139, 147, 162, 206). Même si j'ai eu grand plaisir à lire cette pièce, je trouve cela dommage.

Si l'écriture inclusive m'a gênée en lisant la première pièce (oui, je fais partie de ceux qu'elle agace, pour le moment), cela fut moins le cas en lisant la seconde : la pièce dénonçant entre autres choses les inégalités homme / femme, l'écriture inclusive me paraissait y trouver sa place. Un autre choix aurait pu être critiqué par les esprits tatillons.


Pour conclure, j'ai pris plaisir à découvrir ces deux pièces contemporaines. Etant manifestement plus encline à rire de la mort que du monde dans lequel je vis aujourd'hui, ma préférence va à la première pièce ! Je ne lis pas souvent de pièce de théâtre car j'ai tendance à préférer assister aux représentations, mais c'est une belle découverte que je conseillerai à mon entourage.
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Pas de bougie bougie et Shakesqueer: la querelle sont deux pièces de théâtre abordant deux thèmes très différents mais très actuels.
La première met en scène Amélia qui, à 81 ans, trouve qu'il est tant pour elle de mourir et demande de l'aide à ses proches. Même si cela à première vue semble tragique, on rigole beaucoup avec le caractère de la protagoniste et les différents personnages qui gravitent autour d'elle ( caricaturaux mais qu'on aime quand même). Bien sûr, on traite évidemment du suicide assisté, de sa place dans notre société, des qu'en-dira-t-on, de la peur de la mort, du droit à la dignité, etc... Bref, une pièce très dynamique, on ne s'ennuie pas et on réfléchit sans s'en rendre compte!

Pour la deuxième, on est sur une crise de couple quand la vie professionnelle et privée se percutent, que peut-on faire? Rachel et Inès sont mariées et vont avoir un enfant, mais elles sont aussi très engagées: l'une dans la politique pour devenir présidente et l'autre dans une organisation écologiste. Comment peuvent-elles mener de front ces deux vie qui vont changer?
Ici, on rigole moins, du moins j'ai moins rigolé et je pense que l'éditeur a bien fait de mettre cette pièce en second, on est très proche de ce qui se passe en ce moment. J'ai moins de recul pour apprécier à juste titre cette pièce. Là encore beaucoup de choses sont abordées et tant mieux, on passe du bon temps et on réfléchit.

Ce qui a pu me perdre parfois, c'est l'abondance de jeux de mots, et de références que je n'ai pas toujours, qui m'ont un peu fait ralentir ma lecture . Je pense que joués, cela passe largement mieux. En tout cas j'ai une préférence pour la première pièce, c'est incontestable.

Je remercie Babelio et l'éditeur Gorge Bleue de m'avoir fait découvrir ces pièces par le biais de la masse critique. Je n'oublierai pas le personnage d'Amélia!
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Que dire de ces deux pièces à part qu'elles sont profondément justes et humaines.
Avec Pas de bougie bougie qui traite de l'euthanasie, les autrices frappent fort. Amélia, une grand-mère cynique et cinglante veut prendre le droit de choisir le moment de sa mort. Mais ce n'est pas si facile d'imposer cela à sa famille et Amélia n'écoute personne. Au coeur de cette grande question qui est celle de l'euthanasie, Pas de bougie bougie parvient à nous surprendre et à nous faire rire. Ainsi, même si elle aborde un sujet sérieux, la pièce est truculente tout en étant émouvante. C'est une belle réussite !

Shakesqueer la querelle, en mêlant le privé et le politique parvient à questionner le lecteur sur des problématiques actuelles à travers des personnages bien construits et touchants. Inès et Rachel s'aiment, mais quand la vie politique d'Inès s'immisce dans sa vie privée et celle de Rachel, tout se complique. À nouveaux, les autrices nous proposent des personnages complets, chacun avec ses envies, ses contraintes et ses désirs. Elles arrivent avec brio à nous montrer la complexité des relations humaines quand le politique vient se mêler au privé. J'ai aimé la justesse de l'écriture des personnages et l'affirmation que porte la pièce. Car oui, le privé est politique.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Allez conter alentour, prenez la poudre d'escapade,
par les villes, par les campagnes, les montagnes et par les ZAD.
Allez-vous-en conter la fin de la querelle
Entre nos deux amoureuses, Inès et Rachel.
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STEPHANIE, même jeu. - Je rêve qu'un jour les barmaids et les dauphins du monde entier se parlent comme des frères. Que les fils d'industriels et les oursins puissent s'asseoir, main dans la main, sur des plages de sable fin.

RACHEL, exaspérée, à Mathis. - Merde, elle nous fait le "I have a dream" de la paille en inox.
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AMALIA - Longtemps je me suis couchée de bonne heure en me demandant ce qui pouvait occuper les courageuses journées de nos amis les prêtres. Ça y est je sais. Vous comptez les bougies.
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