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EAN : 9782081404441
320 pages
Éditeur : Flammarion (06/09/2017)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Résultat des coïncidences superbes de l’existence, une femme venue de loin se retrouve sur les îles Salomon, aux antipodes de tout ce qu’elle a pu connaître en cinquante années de vie. La solitude est propice aux bilans, à la nostalgie, à l’interrogation sur les choix effectués au fil du temps. Du temps, Francine en a passé beaucoup à reconstituer la vie d’un homme aimé, qui un jour l’abandonna. L’entourage mélanésien et la différence renforcent les perceptions, sti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
madameduberry
  04 novembre 2017
Se perdre, se trouver, ou assembler les fragments pour donner du sens aux rencontres, de la consistance au vide, une présence à l'absence. L'héroïne quinquagénaire part sur les traces d'un amour perdu, qui n'a jamais été aussi présent que depuis qu'il est devenu du passé, mais qui l'obsède par son caractère inachevé ou plutôt inabouti. Doublement abandonnée, par le père et l'amant de jeunesse , elle vit sa vie avant de chercher à la comprendre .Puis un jour elle renoue plusieurs fils de son existence et décide de remonter chacun d'eux jusqu'au bout. Elle suit alors les traces laissées par son ancien amant, que ce soit les traces matérielles laissées sous forme de documents dans une malle, ou les souvenirs déposés dans la mémoire des personnages qu'il a croisés et qu'elle rencontre donc à son tour, aux antipodes, les îles Salomon. Cette quête n'a rien d'une errance, au contraire elle a toutes les caractéristiques d'un voyage non pas touristique, mais organisé pour la découverte ou les retrouvailles virtuelles avec la personne qu' elle (pour)suit. En lisant ce livre, j'ai ressenti souvent la même frustration que celle que je ressentais, enfant, à la mention « à suivre » qui repoussait à un futur toujours plus lointain la conclusion de l'énigme. Ce récit en effet entremêle l'imaginaire de l'héroïne et la déception, , la tristesse du voyageur qui se cogne au vide des désillusions (le voyage finit là où il commence) et à l'étroitesse du lieu où il se trouve, puisqu'il ne peut être mesuré qu'à l'aune du voyageur. Ce qui redouble l'impossible de faire du présent à partir du passé. Et l'incompréhension du lecteur qui ne voit que les touches du tableau semble devoir croître au fil des pages.
Le leurre du dépaysement qui se réduit à la difficulté d'adaptation à un lieu inconnu mêlé d'ennui et de jetlag, le vide de soi-même face à une oisiveté forcée, le rétrécissement des possibles face aux contraintes imposées par l'état de voyageur, coincé dans un état de transit permanent, pourrait faire conclure hâtivement, paraphrasant Levi Strauss et Tristes tropiques ; « Je hais les voyages, et les explorateurs »…de soi-même.
Mais par plusieurs torsions successives l'auteur nous permet d'accompagner la recherche de cette voyageuse et finalement d'admirer son parcours dont plusieurs métaphores très poétiques nous donnent la signification et l'épaisseur. C'est finalement le rapport à l'autre qui ordonne le rapport à soi-même et cette découverte permet de relier les fils épars d'une vie. Les rencontres ou les découvertes peuvent brièvement désopacifier le réel, en prenant la forme de signes, voire de signes de reconnaissance, qui ordonnent l'absurde de toute existence.
Mais n'espérez pas, lecteurs, trouver là les images technicolor des plages bordées de cocotiers. A moins que votre imaginaire ne soit une fois pour toutes construit sur ce mode, le dépaysement ne sera pas ici la réplique d'une brochure touristique.
On peut trouver en revanche dans ce beau livre une réflexion déclinée sous forme littéraire, sur nos vies bordées par différents rivages, délimitées par le champ des possibles et les bornes de l'impossible, ordonnées et étrécies par les tabous qui déterminent notre repérage symbolique.
Cet ouvrage est d'une qualité d'écriture remarquable, l'ouverture en particulier est d'une beauté rare, tant sur la forme que sur la force d'évocation.
Merci à Babelio et Masse Critique, Merci aux éditions Arthaud Poche, Merci à Marc de Gouvernain, sans qui je n'aurais pu rencontrer le Témoin des Salomon.
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Cyril_lect
  08 octobre 2017
Pour la première fois je reçois un livre pour en faire la critique. Que Babélio (opération Masse Critique) et les éditions Flammarion (Arthaud Poche) en soient ici remerciés.
Cela a un goût particulier que de recevoir un ouvrage, comme ça, juste pour le critiquer. Et pourtant, j'en ai envoyé des services de presse lorsque j'étais éditeur ! Mais de se retrouver de l'autre côté de la barrière, quelle qu'elle puisse être, cela surprend toujours.
Il faut d'abord dire que l'objet est magnifique. Entendons-nous bien, on parle d'un livre de poche. Mais la couverture et la matière (le pelliculage) sont particulièrement réussis, le directeur artistique a bien fait son travail. La réalisation est soignée, i.e. il n'y a qu'une coquille dans tout l'ouvrage ce qui, à l'aune de restrictions budgétaires, de suppressions de lecture-correction et de la débandade dans le savoir-faire éditorial, est en soi une réussite. Oui, je sais, cela fait vieux con, mais franchement à l'ère des ouvrages mal maquettés, pas relus, mal fagotés, pouvoir encore s'ébaubir d'un travail bien fait est en soi une victoire contre l'entropie.
Bon j'exagère un peu. Mais quand même.
L'histoire : au début de la fin de sa vie, Francine part en quête de l'homme qui l'a quittée il y a si longtemps, mais qui n'a jamais cessé de la hanter. Depuis des décennies, elle le suit à la trace, récoltant conversations, témoignages, rencontres. Elle construit un portait impressionniste de cet absent (père de sa fille Giorgia ?), de discussions avec le père de celui-ci, avec l'Autre, Danaé, abandonnée elle aussi. Et puis, s'offre à elle l'opportunité de récupérer une malle que Frédéric a laissé dans les îles Salomon, se rapprocher encore plus près de lui. Tout quitter pour aller au bout de sa quête.
J'avais déjà lu un ouvrage de Marc de Gouvernain, S'y retrouver dans les étoiles, mais pas sa traduction des Millénium (je n'aime décidément pas les polars scandinaves). J'avais apprécié ce guide de l'espace qui porte bien son nom, permettant, à partir de repères simples, de progressivement trouver le sens du ciel.
Je ne savais pas ce que j'allais trouver dans le Témoin des Salomon. J'ai eu un peu de mal à entrer dans la peau féminine du personnage alors que l'auteur est un homme. C'est la frontière la plus difficile à traverser pour un auteur. Pourtant la plume de Gouvernain estompe rapidement les préventions que l'on peut avoir. Sa capacité à mettre au jour les vagues qui traversent les êtres et forgent les identités, ainsi que sa maîtrise dans la gestion des points des vue, réussissent habilement à nous faire partager la surprenante étrangeté du sentiment d'exister.
Le mystère irrésolu de la magnificence du monde mais aussi l'étreinte de la perte, de ce que nous avons rêvé, de ce que nous ne reverrons plus s'infiltrent à mesure que Francine se rapproche de Frédéric.
Le monde est là, nous entoure, c'est une énigme à décoder, éternellement renouvelée. On sait qu'on n'y arrivera pas et pourtant les signes apparaissent durant la vie, enregistrés, et parfois, mais seulement parfois, ils ne sont compris que bien plus tard. Ou pas.
L'obsession des nomades antiques et de l'être qui manque, l'absence des pères, un exemplaire de L'illustration, le prénom de sa fille, une baleine échouée en Provence, autant de petits cailloux que l'auteur sème pour rendre compte de l'unité d'une vie dans le hasard et l'immensité de l'univers. Faire advenir une cohérence, une cartographie intime, malgré la séparation, l'éloignement et la mort. Un plan se dessine, le sens émerge alors que l'existence semble se déliter, dans un chiasme cruel.
Le témoin des Salomon est l'incarnation, à l'aune d'une vie, de la quête in-finie du sens de l'existence, une autre tentative de S'y repérer dans les étoiles.
Lien : https://leslecturesdecyril.b..
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Maks
  22 octobre 2017
Un récit dans lequel j'ai eu beaucoup de mal à entrer, je trouve le personnage principal à la limite de l'antipathie. Son amour passé et perdu la rend irrationnelle d'une certaine façon, une quête perdue d'avance.

Les lieux sont eux magiques, les îles Salomon sont superbes mais au final n'ont qu'une place d'arrière plan, un simple décor.

Pour l'écriture en elle même, les phrases sont très longues, un peu à la manière du roman "réparer les vivants" de Maelis de Kerangal, sauf qu'ici la magie n'opère pas sur moi, dommage.
Le point positif est la poésie qui se dégage assez souvent dans le texte.
Le problème c'est que le rythme n'existe pas, c'est lent et lent et encore lent sans dynamisme, comme si l'on contemplait un tableau pendant des heures, ce qui n'est pas trop mon fort.
Lien : https://unbouquinsinonrien.b..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Cyril_lectCyril_lect   07 octobre 2017
Mon cheval fume dans la pénombre jetée des plus hautes branches. L'air est humide, la terre couverte de feuilles détrempées et pourrissantes. Les troncs de châtaigniers et de chênes, tiges lisses ou craquelées, forment une barrière de toute part, se referment derrière moi comme si je n'étais pas venue par un chemin et, devant, obstruent vite un passage cru possible. Un sentier existe pourtant, une horizontale aberrante dans hérissement issu de la terre et barrant le ciel, qui voudrait unir terre et ciel mais exclut l'un et l'autre.
p. 11
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Vidéo de Marc de Gouvenain
Entretien avec Marc de Gouvenain, éditeur et traducteur de Millénium à Actes Sud.
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