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EAN : 9782714311351
203 pages
Éditeur : José Corti (05/03/2015)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Une silhouette montée sur un coursier se détache au loin sur le versant d’une colline. C’est une fille, elle est à la tête d’un groupe de cinq guerriers, à cheval eux aussi. Ainsi commence le second roman de Marc Graciano, hymne à la beauté de la nature sauvage et idyllique où l’on sent très vite que tout peut basculer car la cruauté des hommes, elle, sera sans limites.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
GuillaumeParodi
  24 mars 2016
Le personnage principal de la fille, que l'auteur ne nommera jamais autrement au cours des 204 pages du récit, est en chasse. Elle traque, elle recherche un ennemi inconnu au fil de ces longues phrases descriptives dans les profondeurs d'une vaste forêt. Voilà en quelques mots l'historiette que nous propose Marc Graciano dans son deuxième roman publié aux Éditions Corti. de fait, bien que l'éditeur catégorise cet ouvrage littéraire sous le nom de roman, il est difficile de le considérer comme tel tant sa structure et son propos diffèrent du schéma du roman traditionnel, si tant qu'il en existe un. En effet, chaque chapitre, dont certains peuvent s'étaler sur plusieurs pages, ne se composent que d'une seule et unique phrase. le procédé rappelle Zone de Mathias Enard ou encore les maîtres de l'OuLiPo dont la maîtrise de la langue leur permet de faire de la littérature un terrain de jeu.
Ces longues phrases descriptives suivent le mouvement de la fille et de ses leudes, des guerriers ayant prêté serment de féodalité à un roi, et ne font presque pas avancer le récit. Ce premier chapitre, cité en exergue, est suivi par une longue succession de phrases chapitrales qui décrivent avec une rigueur incroyable la fille, ses guerriers, leurs chevaux et le chien qui les accompagne. le deuxième chapitre s'ouvre de la manière suivante : « La fille était de taille moyenne et elle était fluette… ». le cinquième commence ainsi : « Hormis la cape de fourrure qui était de facture récente et encore neuve, les vêtements de la fille… ». Et le neuvième : « La fille chevauchait à la tête d'un groupe de cinq guerriers qui tous l'idolâtraient… ». Ce n'est donc qu'au neuvième chapitre, soit à la page 15, que l'auteur met en scène des personnages supplémentaires. Quinze pages ont été consacrées à la description minutieuse de cette fille dont, soit dit en passant, on ne connaît presque rien.
Ce maniement de la répétition permanent est un procédé incongru. Il permet néanmoins au lecteur d'avancer un pas feutré après l'autre dans le récit, il en mesure la poésie qui se dégage des mots et se retrouve projeté dans la forêt profonde et bleue, cet espace-temps situé en dehors de toute connaissance humaine. le roman se poursuit ainsi, au fil de leur chevauchée, jusqu'à ce qu'ils bivouaquent et fassent la rencontre d'un groupe de soldats, « une troupe de cavaliers qui allaient d'un air pressé ». L'affrontement qui s'ensuit laissera la fille comme seule survivante, devant faire face à la cruauté de ces tortionnaires et devant survivre dans les profondeurs de la forêt.
Ce récit offre au lecteur la possibilité de suivre une petite histoire, ce que l'on pourrait même définir comme une historiette, un « court récit écrit ou oral, vrai ou faux, souvent plaisant, sans grande importance ». Il me semble que c'est dans cette définition que se trouve la nature de ce récit. En fin de compte, et même si cela déstabilise au premier abord, peu importe l'absence de motivation des personnages, peu importe que le roman ne permette pas de suivre une aventure particulière. Tout est avalé par l'environnement sauvage de la forêt et l'être humain recouvre lui aussi sa nature animale. Ce n'est que dans sa fuite que la fille rencontrera un véritable être humain, un ermite. Cet homme, défiguré par la maladie et exilé de ses pairs, n'est plus un être humain au sens social du terme : il a été exilé, ou il s'est exilé lui-même, de la société dans laquelle il vivait. C'est une figure de l'altérité qui s'oppose aux violents cavaliers, aux leudes et à la fille.
Une forêt profonde et bleue fait partie de ces objets littéraires difficilement identifiables, à la frontière du roman et de quelque chose d'autre. Comme je l'ai présenté au fil des paragraphes précédents, l'écriture travaillée par Marc Graciano est tout sauf naturelle. Elle établit une différenciation entre le lecteur et sa réalité première, posant ainsi la question du genre littéraire. En effet, certains termes utilisés renvoient directement à l'époque du Moyen-Âge : les leudes sont des guerriers de l'époque mérovingienne, les scramasaxes qu'ils manient sont des glaives dont le nom n'est guère plus utilisé que par les archéologues, et le mège, le médecin médiocre qui s'occupe de la fille, est un terme très peu fréquent. Cette accumulation de termes inconnus renvoie le lecteur dans un monde qu'il ne connaît pas et dont il lui faut reconstruire les aspects. Dès lors, s'agit-il d'un roman historique, où lecteur et personnages partagent les mêmes connaissances du monde qui les entourent, ou d'un roman de fantasy, ou le lecteur se doit de construire mentalement une histoire, une géographie et un lexique du monde qu'il découvre. La frontière est poreuse, et Marc Graciano plonge le lecteur dans l'une des vastes forêts européennes des temps anciens pour l'introduire à un monde autre, celui de la sauvagerie animale de l'être humain.
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SIRON
  07 octobre 2015
Il est évident que ce livre est très mal écrit, quasiment illisible. Il contient à peu près tout ce qui est à éviter en littérature : répétition de mots dans un même paragraphe, phrases interminables, vocabulaire réduit (sauf quelques mots inconnus de tous pour faire « intelligent »), rythme lancinant, écriture lourde...
Bref, la lecture de ce livre me fut un vrai supplice. Rassurez-vous, étant un masochiste modéré, je n'ai pas prolongé très longtemps cette difficile épreuve.
De deux choses l'une : soit ce monsieur ne sait pas écrire ou bien il le fait exprès. Je pencherai pour la seconde thèse. Peut-être voulait-il s'attirer les faveurs des pseudos-intellectuels qui hantent les clubs littéraires ? À voir les critiques élogieuses, il semble qu'il ait réussi son coup !
Pour ma part, je regrette simplement qu'un tel scribouilleur ait pu être édité alors que tant d'écrivains (des vrais, ceux-là !) ont tant de mal à trouver un éditeur.
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muheca
  09 janvier 2016
un conte de fée pour adulte... et qui finit bien pour une fois... :-)
alors oui, l'écriture de Graciano n'est pas conventionnelle et peut sans-doute déstabiliser Mme Michu, mais, croyez-moi, il n'est pas besoin d'être un intellectuel (même pseudo) pour apprécier la lecture de ce roman.
laissez-vous aller au rythme hypnotique du récit de Graciano, vous ne le regretterez pas...
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etienn
  05 janvier 2019
J'apprécie les livres de Marc Graciano, mais pour celui-ci je conseille vivement de ne pas lire le chapitre 4 intitulé "le ravissement" (du verbe ravir signifiant enlever, kidnapper). Ce chapitre décrit et raconte des actes d'une cruauté extrême, insoutenable, d'une horrible bestialité envers la fille.
Pour le reste beaucoup de poésie, une relation de qualité avec "le mège". J'ai bien aimé.
J'aime beaucoup l'écriture particulière, le style, de cet auteur.
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Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  24 janvier 2019
Dans les romans de Marc Graciano, la forêt est un lieu véritablement hors du monde obéissant à ses propres règles, à sa propre logique qui mêle la cruauté des lois de la nature à un réalisme magique puissamment onirique. Dans Une forêt profonde et bleue, c'est une forêt médiévale, peuplée de bandits de grand chemin et de barbares qui sert de décor à la rencontre entre une femme victime de ceux-ci et d'un mage qui va l'aider à se reconstruire. Nimbée de mystères, profondément menaçante car inexplorée, la forêt devient aussi, paradoxalement, un refuge loin de la fureur des hommes, sublimé par le style méticuleux et ciselé de Graciano.
Lien : https://balises.bpi.fr/Conte..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
GuillaumeParodiGuillaumeParodi   23 mars 2016
La fille montait un étalon de race barbe et de robe alezan brûlée et c’était un cheval maigre et fougueux au cou long et gracieusement arqué et c’était une monture rétive et ombrageuse, quoiqu’ordinairement quiète sous les ordres de la fille, que la fille montait à cru sans système de mors et de bride ni système d’enrênement et la fille, durant la chevauchée, agrippait alternativement une main à la crinière en désordre de sa monture et un épi de crins rebelles s’était formé, à l’usage, sur la crinière en désordre de sa monture.
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