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EAN : 9782714302977
181 pages
Éditeur : José Corti (01/08/1989)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 191 notes)
Résumé :
Au château d'Argol est le premier roman de Julien Gracq, le premier roman surréaliste tel qu'André Breton le rêvait.

Les sens irrigués par les lieux et les espaces sont l'image la plus exacte des relations entre les êtres, Albert le maître d'Argol, Herminien son ami, son complice, son ange noir, et Heide, la femme, le corps. Tout autour, sombre, impénétrable, la forêt. Tout près, l'océan.
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  21 mai 2014
Quel style déjà pour un premier roman! Paru en 1938, on y reconnaît déjà la patte de celui qui écrira "Le Rivage des Syrtes" une bonne dizaine d'années plus tard. Des phrases extrêmement travaillées et poétiques qui vous transportent dans un récit où l'on se complaît parfois délicieusement à se perdre.
Dans les chemins forestiers, par exemple, où les personnages s'égarent pour méditer, humer les parfums de la forêt ou préparer la tombe de quelqu'un! Car ces chemins mènent parfois à la mer, au milieu de la forêt, sur un plateau dénudé ou dans un cimetière...
L'auteur, agrégé d'histoire et de géographie, enseigne à cette époque, en 1937, à Quimper. Il a donc pu se rendre et visiter, non loin de là, Argol et ses alentours. Mais si on trouve bien un château inquiétant dans le roman, il n'a jamais existé à Argol...
On se perd aussi à s'interroger sur la réalité des personnages d'Albert, d'Heide et d' Herminien mais la violence de leurs sentiments n'est pas feinte.
Enfin, on peut être surpris de trouver une ambiance gothique dans de nombreuses scènes mais tout cela n'est que bonnes surprises. Ces aspects n'ont pourtant pas plu aux éditions Gallimard au contraire de José Corti et d' André Breton et des surréalistes en général.
Vous lirez donc, en plus d'un hommage poétique à cette partie de la Bretagne, un récit surprenant et surréaliste.
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PhilippeCastellain
  09 juin 2019
C'est le charme de Julien Gracq, de nous faire croire que quelque chose se cache derrière ces écrits mystérieux où rien ne se passe ou presque, ces longues attentes ponctuées de minuscules incidents. Mais y a-t-il vraiment quelque chose ? Peu importe… Tant que le lecteur en a le sentiment !

Mais le château d'Argol m'a paru désespérément vide. Si j'ai été saisi par la beauté du lieu, et surtout de la massive forêt de chênes qui le borde, il n'a pas réveillé en moi le malaise sombre et l'étrange animalité qu'il est censé provoqué chez ceux qui l'habitent. Les distractions intellectuelles d'Albert, de son ami Herminien et de la belle Heide ne m'ont pas plus inspiré, et leurs personnalités m'ont semblé trop floues, mal définies.

Les descriptions sont magnifiques, de minuscules incidents méticuleusement décrits se mettent en place avant le dénouement et l'explosion de violence finale ; tous les ingrédients du ‘Rivage des Syrtes' sont là. Mais paradoxalement, je n'y ai pas retrouvé la puissance des sentiments qui habitent ce dernier et lui confèrent sa grandeur. L'attente et l'ennui, plus forts que l'amour et la haine ? Ou simplement le sentiment d'une première esquisse n'ayant fait que préparer l'oeuvre finale…
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Shan_Ze
  13 septembre 2017
Une lecture commune pour découvrir Julien Gracq… Je n'ai pas eu le plaisir attendu même si ça commençait plutôt bien. le style de Gracq est très descriptif sur la nature, le château, l'orage… les figures de style et autres métaphores donnent une grande ampleur à l'histoire. Seulement, plus on avance, plus ça alourdit l'ensemble, les actions ne sont jamais vraiment explicites, peu (pas ?) de dialogues entre les personnages. Dommage, l'évocation donnait bien envie de visiter ce château en Bretagne. Premier roman de Gracq, catégorisé comme surréaliste par André Breton, il a fait pratiquement l'unanimité dans notre petit club de lecture : très (très) moyen. Heureusement qu'il est court… !
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Marti94
  04 juin 2020
Je découvre Julien Gracq et ce premier roman est bien surprenant.
Je comprends André Breton qui a dit d'après Wikipédia qu'il s'agissait du premier roman surréaliste. Il est vrai que les surréalistes pratiquaient l'écriture automatique. Les auteurs écrivaient machinalement ce qui leur passait par la tête et cueillaient, comme des fleurs étranges, ce qui poussait de leur inconscient. Cette description ressemble "Au château d'Argol".
Le début de ce court roman qui date de 1938, est une sorte de fable campagnarde. Albert a acheté une demeure en Bretagne sans l'avoir vu. Julien Gracq raconte la découverte de ce bien par son propriétaire. Il va cheminant dans la campagne et découvre un château surprenant, un peu fantastique comme dans celui de la Belle et la Bête de Jean Cocteau.
On imagine la forêt semblable au conte, comme dans un rêve. Albert ne restera pas longtemps seul puisque son ami Herminien dit le docteur Faust viendra le retrouver ainsi que la belle Heide.
À partir de ce moment-là tout devient étrange. Il y a de longues descriptions de paysages, des promenades d'Albert et de Heide amoureux, des trois amis qui nagent au large comme s'ils voulaient se noyer mais aussi des moments plus tragiques autour de la mort et de Heide retrouvée violée. Ce n'est pas écrit comme cela, uniquement suggéré et c'est comme si l'espace et le temps étaient déréglés. On se demande s'ils sont dans la réalité ou s'il s'agit de songes ou de fantasmes.
Julien Gracq évoque une surnaturelle exaltation comme dans une Gravure de Dürer et il est très difficile de suivre l'histoire.
Je n'ai donc pas tout compris mais ce que je retiens ce sont les envolées lyriques avec de très longues phrases, un style très particulier, un peu vieillot, mais qui se reconnaît par son originalité.
Lu en juin 2020
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oiseaulire
  13 juin 2019
Surréaliste selon le coeur d'André Breton, le roman "Au château d'Argol" ? Dès les premières pages on a l'impression de lire la copie d'un élève très doué imitant les grands auteurs romantiques des 18ème et 19ème siècles. C'est rempli de formules convenues qui semblent tout droit sorties du Dictionnaire des idées reçues : les ténèbres sont "profondes", le travail est "riche", les vallées "profondes" (encore !), le vert "tendre" et la forêt "sauvage". Les lieux communs se ramassent à la pelle, et que dire d'un jeune godelureau de quinze ans qui demeure inflexible envers ses parents sur ses projets d'avenir et qui a déjà le dégoût des femmes ? On a envie de le lui faire passer avec une bonne fessée tant que la loi le permet encore, et pas du genre érotique. Par ailleurs un pot-pourri de Lamartine, de Goethe, de Nerval, de Balzac ( ah les longuettes descriptions !) et de bien d'autres qui ne vécurent pas, eux, au 20 ème siècle, et dont la langue était novatrice. Il semble même que Julien Gracq ait entendu parler du mythe d'Ophélie ! En tous cas il ne se prive pas d'utiliser la fascination exercée par le sang et son lourd symbolisme.
J'ai cru lire tout du long une parodie du style classique.
PS : on me dit que je devrais me tenir mieux informée car la loi interdisant la fessée a été votée. Je ne peux que m'en réjouir, mais j'aurais bien toléré une petite exception envers Albert !
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   08 janvier 2016
Quant aux machines de guerre qui dans ce récit sont mises en œuvre ça et là, destinées à faire mouvoir les ressorts toujours malaisément maniables de la terreur, un soin particulier a été apporté à ce qu’elles ne fussent, et surtout ne parussent pas inédites, et pussent par conséquent jouer du plus loin possible le rôle d’un signal avertisseur. Le répertoire toujours prenant des châteaux branlants, des sons, des lumières, des spectres dans la nuit et des rêves, nous enchantant surtout par sa complète familiarité, et donnant au sentiment du malaise sa virulence indispensable en prévenant d’avance que l’on va trembler, na pas semblé pouvoir être laissé de côté sans que fût commise une faute de goût des plus grossières. De même que les stratagèmes de guerre ne se renouvellent qu’en se copiant les uns les autres, et nous font éprouver ce sentiment tout à la fois d’étourdissement créateur, de gloire et de mélancolie qui nous saisit à la pensée que la bataille de Friedland c’est Cannes et que Rossbach répète Leuctres, il semble décidément ratifié que l’écrivain ne puisse vaincre que sous ces signes consacrés, mais indéfiniment multipliables. Puissent ici être mobilisées les puissantes merveilles des Mystères d’Udolphe, du château d’Otrante, et de la maison Usher pour communiquer à ces faibles syllabes un peu de la force d’envoûtement qu’ont gardée leurs chaînes, leurs fantômes, et leurs cercueils : l’auteur ne fera que leur rendre un hommage à dessein explicite pour l’enchantement qu’elles ont toujours inépuisablement versé sur lui. (Avis au lecteur)
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ophrysophrys   22 novembre 2010
La lune baignait tout le paysage avec une capiteuse douceur. La nuit dispensait ses trésors. Dans le ciel chaque étoile avait pris sa place avec la même exactitude que dans une carte sidérale et présentait une image tellement probante de la nuit telle qu’on la connaissait de toujours et qu’on pouvait à bon droit l’attendre, que le cœur était touché devant cette scrupuleuse, naïve et presque enfantine reconstitution comme devant l’acte d’une bonté insondable. La nuit dispensait ses trésors.
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JdoJdo   27 novembre 2012
Et le salon entier avec la fin du jour s’emplissait de l’ombre des branches, de leur foisonnement ténébreux, et plongeait avec eux au cœur de la forêt dans un silence qui ne les défendait plus de son étreinte envahissante, et les taches jaunes et brillantes du soleil glissant au travers des vitraux sur les murs paraissaient à l’œil envouté indiquer non plus l’heure à chaque instant plus avancée du jour, mais au contraire à la façon d’un niveau minutieux les oscillations bouleversantes de l’entière masse du château engagé comme un navire en détresse au travers des houles puissantes de la forêt.
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AuroraeIohannisAuroraeIohannis   18 avril 2020
Telle était cette figure angélique et méditative : un air venu des régions supérieures, léger et vif, semblait sans cesse affluer vers le front habité de lumière, mais la spiritualité de cette physionomie était à chaque instant conjurée par la charnelle, la mortelle élégance du corps et des membres denses et longs : là étaient enserrés d’autres pièges ; une angoissante souplesse, une chaleur dormante, les ténèbres et les magies d’un sang lourd en peuplaient les artères : une femme eût voulu se laisser tomber entre ces bras sans force, comme dans un asile et une prison. Telle était cette attirante figure, faite pour pénétrer les arcanes les plus subtils de la vie et pour en étreindre les plus exaltantes réalités.
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Charybde2Charybde2   08 janvier 2016
À l’horizon du sud s’étendait le haut pays de Storrvan. Depuis le pied des murailles la forêt s’étendait en demi-cercle jusqu’aux limites extrêmes de la vue ; c’était une forêt triste et sauvage, un bois dormant, dont la tranquillité absolue étreignait l’âme avec violence. Elle enserrait le château comme les anneaux d’un serpent pesamment immobile, dont la peau marbrée eût été alors assez bien figurée par les taches sombres des nuages, qui couraient sur sa surface ridée. Ces nuages du ciel, blancs et plats, paraissaient planer au-dessus du gouffre vert à une énorme hauteur. À regarder cette mer verte on ressentait un obscur malaise. Il semblait bizarrement à Albert que cette forêt dût être animée et que, semblable à une forêt de conte ou de rêve, elle n’eût pas dit son premier mot. Vers l’ouest de hautes barres rocheuses, envahies jusqu’au sommet par les arbres, s’alignaient parallèlement ; une rivière coulait à pleins bords dans ces vallées profondes ; la risée qui courait alors hérissait sa surface comme celle d’une peau transie de froid et, tout à coup, des milliers de facettes brillantes réfléchirent le soleil aveuglant avec un éclat curieusement immobile. Mais les arbres restèrent muets et menaçants jusqu’aux hauteurs bleuâtres de l’horizon.
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Vidéo de Julien Gracq
POÉSIE MÉDIÉVALE – Julien GRACQ à propos de La Quête du GRAAL (1968) Un extrait de l’entretien de Julien Gracq avec Julien Paget, enregistré en 1968, diffusé en 1969 sur France Culture.
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