AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2714302971
Éditeur : José Corti (01/08/1989)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 161 notes)
Résumé :
Au château d'Argol est le premier roman de Julien Gracq, le premier roman surréaliste tel qu'André Breton le rêvait.

Les sens irrigués par les lieux et les espaces sont l'image la plus exacte des relations entre les êtres, Albert le maître d'Argol, Herminien son ami, son complice, son ange noir, et Heide, la femme, le corps. Tout autour, sombre, impénétrable, la forêt. Tout près, l'océan.
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  21 mai 2014
Quel style déjà pour un premier roman! Paru en 1938, on y reconnaît déjà la patte de celui qui écrira "Le Rivage des Syrtes" une bonne dizaine d'années plus tard. Des phrases extrêmement travaillées et poétiques qui vous transportent dans un récit où l'on se complaît parfois délicieusement à se perdre.
Dans les chemins forestiers, par exemple, où les personnages s'égarent pour méditer, humer les parfums de la forêt ou préparer la tombe de quelqu'un! Car ces chemins mènent parfois à la mer, au milieu de la forêt, sur un plateau dénudé ou dans un cimetière...
L'auteur, agrégé d'histoire et de géographie, enseigne à cette époque, en 1937, à Quimper. Il a donc pu se rendre et visiter, non loin de là, Argol et ses alentours. Mais si on trouve bien un château inquiétant dans le roman, il n'a jamais existé à Argol...
On se perd aussi à s'interroger sur la réalité des personnages d'Albert, d'Heide et d' Herminien mais la violence de leurs sentiments n'est pas feinte.
Enfin, on peut être surpris de trouver une ambiance gothique dans de nombreuses scènes mais tout cela n'est que bonnes surprises. Ces aspects n'ont pourtant pas plu aux éditions Gallimard au contraire de José Corti et d' André Breton et des surréalistes en général.
Vous lirez donc, en plus d'un hommage poétique à cette partie de la Bretagne, un récit surprenant et surréaliste.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          393
Shan_Ze
  13 septembre 2017
Une lecture commune pour découvrir Julien Gracq… Je n'ai pas eu le plaisir attendu même si ça commençait plutôt bien. le style de Gracq est très descriptif sur la nature, le château, l'orage… les figures de style et autres métaphores donnent une grande ampleur à l'histoire. Seulement, plus on avance, plus ça alourdit l'ensemble, les actions ne sont jamais vraiment explicites, peu (pas ?) de dialogues entre les personnages. Dommage, l'évocation donnait bien envie de visiter ce château en Bretagne. Premier roman de Gracq, catégorisé comme surréaliste par André Breton, il a fait pratiquement l'unanimité dans notre petit club de lecture : très (très) moyen. Heureusement qu'il est court… !
Commenter  J’apprécie          276
Sullyvan
  26 avril 2012
J'ai lu ce roman de Julien Gracq trois fois, au moins. C'est dire combien ce livre, par son mélange savamment pesé de mystère et de suspense, me fascine. Et le plus incroyable, c'est que je ne me lasse pas de relire certains passages, de temps à autres.
Trois personnages apparaissent, puis disparaissent, au fil du récit : Albert et Herminien, deux amis de longue date, appartenant tous deux à cette espèce fort rebutante que sont les philosophes (rires). Puis, entre ces deux-là s'immisce une certaine Heide qui, comme l'on pouvait s'y attendre, ne manquera pas de renverser l'ordre établi, à force d'affections et de baisers volés. La machine s'enraye, pour faire place à la Mort, titre du dernier chapitre du roman.
Ce n'est pas tant le canevas que je trouve merveilleux (d'ailleurs il n'a rien de si original), que la présence, surabondante, omniprésente, de la nature, ainsi que cette inépuisable variété dont le narrateur fait preuve pour décrire le lien instinctif qui lie le déchaînement des éléments à celui des passions. La rage de la tempête et celle des émotions ne m'ont jamais paru si bien concorder que sous la plume de Gracq. Quelle sensualité que celle de la Nature dans ce roman, nature qui est peut-être, en définitive, le seul véritable personnage.
Une pure merveille, et que je vous recommande chaleureusement ! :)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          131
monsieurloic
  18 janvier 2015
Au château d'Argol ouvre le tome 1 de la pléiade consacrée à Julien Gracq, un auteur dont je n'avais lu que l'exquis rivage des Syrtes. Ecrit en 1938 et refusé par Gallimard avant d'être accepté par José Corti, c'est aussi le premier roman de l'auteur qui a déjà quand même 29 ans.
J'avais lu le rivage des Syrtes dans un ouvrage publié chez José Corti chez qui si j'ai bonne mémoire, il faut toujours séparer les pages au couteau...du coup quand on est encore à ça, je ne me pose même pas la question de savoir si cet éditeur dispose d'un département ‘ebooks'. Autant demander à une quincaillerie de se doter d'un site internet.
Argol est décrit comme un château de type médiéval perché sur une falaise rocheuse au milieu d'une forêt armoricaine à l'extrémité du Finistère. On ne sait pas trop quand l'action se situe mais j'opterais pour le 19e siècle. Sur les conseils d'un ami, Albert, le héros de cette histoire hilarante, achète ce château et il y arrive un jour sans armes ni bagages et est tout de suite envoûté par cette bâtisse imposante.
Au début, on a plus ou moins dans l'idée qu'on va lire un roman assez conventionnel d'autant que les descriptions du château et de la nature environnante abondent. Les choses se compliquent lorsqu'Albert reçoit la visite de son grand ami Herminien (une sorte de Gambetti en moins fantasque). Ce dernier est accompagné d'une fille prénommée Heide (à qui j'ai donné le visage de l'actrice Jean Seberg). Herminien et Albert entretiennent une grande complicité intellectuelle et philosophique en particulier et mènent des discussions interminables. Heide y participe vaguement. de toute façon, on a bien compris que sa raison d'être dans cette histoire est de foutre le bordel. C'est le troisième élément, l'intrus, la femme et la fin des haricots.
Subrepticement, le roman glisse vers le surréalisme et les balades en forêt se transforment en quête mystique . Les trois tristes lurons après une baignade suicidaire en mer perdent de la consistance pour devenir comme des esprits. On ne sait pas trop si Albert tombe amoureux de Heide, on ne comprend pas trop le comportement de Herminien. Un jour, alors que le conflit cordial bat son plein, les deux amis se retrouvent dans une chapelle nichée dans la forêt et Herminien se met à jouer de l'orgue. C'est un moment clé du roman mais je ne saurais dire en quoi. Ensuite, Albert retrouve Heide nue et blessée au bord d'une rivière et Herminien qui s'était absenté revient et se fait mal en descendant de son cheval.
Mais qu'importe, le récit se défait des faits et flotte par delà les landes et les rivages avant de se faufiler dans les couloirs sombres du sinistre château. Puis les corps se fragilisent et les trois tristes s'affaiblissent, le huis clos se termine mal mais on est presque soulagé que cet enfer armoricain se termine.
Je signale à toutes fins utiles que ce roman comprend des descriptions interminables..mais admirables et qu'il ne contient aucun dialogue. le tout donne l'impression que l'auteur a voulu, pour son entrée en littérature, en mettre plein la vue.
Pour l'anecdote, si le château d'Argol est sorti de l'imagination de Gracq, le bourg d'Argol situé à l'entrée de la presqu'île de Crozon existe bien et selon wikipedia signifierait ‘en perdition'.
Globalement, je déconseille fortement la lecture de ce déroutant mais trop ennuyant roman.

lecture : janvier 2015, la pléiade tome 1. note : 2/5
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
lDavidl
  24 juillet 2013
C'est avec Au Château d'Argol que je découvrais la plume de Julien Gracq et, pour ainsi dire ... je trouve cela sublime! D'abord surpris par un style un peu mystérieux et envoûtant, l'oeuvre m'a totalement conquis comme les passions ont conquis nos trois personnages. On rentre de suite avec Herminien, Albert et Heide tout en gardant une certaine distance par le côté un peu surréaliste du roman. de ce fait, nous sommes balancés constamment entre le regard des personnages et celui de la nature même, qui occupe une place d'honneur dans l'oeuvre. En effet, le génie de Gracq a parfaitement réussi à faire ressentir aux lecteurs les sensations et les sentiments de notre trio rien que par les mouvements flous et parfois sombres de la nature environnant ce château si mystérieux et de son atmosphère parfois pesante. Bref, un chef d'oeuvre à découvrir sans hésitation!
Commenter  J’apprécie          93
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   08 janvier 2016
Quant aux machines de guerre qui dans ce récit sont mises en œuvre ça et là, destinées à faire mouvoir les ressorts toujours malaisément maniables de la terreur, un soin particulier a été apporté à ce qu’elles ne fussent, et surtout ne parussent pas inédites, et pussent par conséquent jouer du plus loin possible le rôle d’un signal avertisseur. Le répertoire toujours prenant des châteaux branlants, des sons, des lumières, des spectres dans la nuit et des rêves, nous enchantant surtout par sa complète familiarité, et donnant au sentiment du malaise sa virulence indispensable en prévenant d’avance que l’on va trembler, na pas semblé pouvoir être laissé de côté sans que fût commise une faute de goût des plus grossières. De même que les stratagèmes de guerre ne se renouvellent qu’en se copiant les uns les autres, et nous font éprouver ce sentiment tout à la fois d’étourdissement créateur, de gloire et de mélancolie qui nous saisit à la pensée que la bataille de Friedland c’est Cannes et que Rossbach répète Leuctres, il semble décidément ratifié que l’écrivain ne puisse vaincre que sous ces signes consacrés, mais indéfiniment multipliables. Puissent ici être mobilisées les puissantes merveilles des Mystères d’Udolphe, du château d’Otrante, et de la maison Usher pour communiquer à ces faibles syllabes un peu de la force d’envoûtement qu’ont gardée leurs chaînes, leurs fantômes, et leurs cercueils : l’auteur ne fera que leur rendre un hommage à dessein explicite pour l’enchantement qu’elles ont toujours inépuisablement versé sur lui. (Avis au lecteur)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
ophrysophrys   22 novembre 2010
La lune baignait tout le paysage avec une capiteuse douceur. La nuit dispensait ses trésors. Dans le ciel chaque étoile avait pris sa place avec la même exactitude que dans une carte sidérale et présentait une image tellement probante de la nuit telle qu’on la connaissait de toujours et qu’on pouvait à bon droit l’attendre, que le cœur était touché devant cette scrupuleuse, naïve et presque enfantine reconstitution comme devant l’acte d’une bonté insondable. La nuit dispensait ses trésors.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
JdoJdo   27 novembre 2012
Et le salon entier avec la fin du jour s’emplissait de l’ombre des branches, de leur foisonnement ténébreux, et plongeait avec eux au cœur de la forêt dans un silence qui ne les défendait plus de son étreinte envahissante, et les taches jaunes et brillantes du soleil glissant au travers des vitraux sur les murs paraissaient à l’œil envouté indiquer non plus l’heure à chaque instant plus avancée du jour, mais au contraire à la façon d’un niveau minutieux les oscillations bouleversantes de l’entière masse du château engagé comme un navire en détresse au travers des houles puissantes de la forêt.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Charybde2Charybde2   08 janvier 2016
À l’horizon du sud s’étendait le haut pays de Storrvan. Depuis le pied des murailles la forêt s’étendait en demi-cercle jusqu’aux limites extrêmes de la vue ; c’était une forêt triste et sauvage, un bois dormant, dont la tranquillité absolue étreignait l’âme avec violence. Elle enserrait le château comme les anneaux d’un serpent pesamment immobile, dont la peau marbrée eût été alors assez bien figurée par les taches sombres des nuages, qui couraient sur sa surface ridée. Ces nuages du ciel, blancs et plats, paraissaient planer au-dessus du gouffre vert à une énorme hauteur. À regarder cette mer verte on ressentait un obscur malaise. Il semblait bizarrement à Albert que cette forêt dût être animée et que, semblable à une forêt de conte ou de rêve, elle n’eût pas dit son premier mot. Vers l’ouest de hautes barres rocheuses, envahies jusqu’au sommet par les arbres, s’alignaient parallèlement ; une rivière coulait à pleins bords dans ces vallées profondes ; la risée qui courait alors hérissait sa surface comme celle d’une peau transie de froid et, tout à coup, des milliers de facettes brillantes réfléchirent le soleil aveuglant avec un éclat curieusement immobile. Mais les arbres restèrent muets et menaçants jusqu’aux hauteurs bleuâtres de l’horizon.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
psycheinhellpsycheinhell   01 avril 2012
"Dans le silence des arbres, à peine distinct de celui des étoiles, ils vécurent une nuit du monde dans sa privauté sidérale, et la révolution de la planète, son orbe enthousiasmante parut gouverner l'harmonie de leurs gestes les plus familiers."
Commenter  J’apprécie          90
Videos de Julien Gracq (59) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julien Gracq
La Roseraie des Cultures et des Arts - 8ème édition Table ronde : "Tous des conquérants" Invité(e)s : - Bernard Lavallé, Professeur de civilisation hispano-américaine à la Sorbonne. Mondialement connu pour l'étude des effets de la colonisation sur les sociétés d'Amérique latine. Biographe de F. Pizarro et de B. de Las Casas chez Payot. Ouvrages qu'il signera avec « Au nom des Indiens ». Titre de son intervention : « Francisco Pizarro, conquistador de l'extrême ». Livre « Francisco Pizzaro, conquistador de l'extrême », aux Éditions Payot, 2004.
- Eric Freysselinard, Haut fonctionnaire, agrégé, énarque, inspecteur de l'administration, conseiller et directeur de cabinets ministériels, préfet, directeur des stages de l'ENA. Signera sa biographie d'Albert Lebrun. Titre de son intervention : « Albert Lebrun : la conquête de l'héritage du dernier président de la III° République ». Livre « Albert Lebrun, le dernier président de la III° République », aux Éditions Belin, 2013.
- Suzanne Varga, Agrégée, docteur d'État, Professeur des Universités, spécialiste de la littérature auriséculaire, auteur de biographies dont Lope de Vega (Fayard), grand prix de la biographie littéraire de l'Académie française et Philippe V, petit-fils de Louis XIV, prix Hugues Capet. Elle signera ces biographies ainsi que celle de « Sophie d'Espagne » et « Les 12 Banquets qui ont changé L Histoire ». Titre de son intervention : « Sophie d'Espagne, une reine à la reconquête du trône des Bourbons ». Livre « Sophie d'Espagne », aux Éditions Flammarion, 2015.
- Philippe le Guillou, Agrégé, doyen de l'Inspection Générale de Lettres Modernes, écrivain, auteur de nombreux essais et d'une trentaine de romans, essentiellement chez Gallimard, prix Médicis pour « Les Sept Noms du peintre », préside le Centre de l'imaginaire arthurien. Il signera entre autres ouvrages « Géographies de la mémoire », Gallimard, 2016. Titre de son intervention : « Julien Gracq et Jean Guillou, rendez-vous à la conquête des abîmes et des cimes ». Livre « Géographies de la mémoire », aux Éditions Gallimard, 2016.
- Jean Guillou, Titulaire des grandes orgues de Saint-Eustache, compositeur, pianiste, organiste, concepteur d'orgues, pédagogue, Professeur honoraire de l'Université de Sarrebruck, écrivain, poète. Signera « L'Orgue, souvenir et avenir » (Symétrie), La Musique et Le Geste (Beauchesne), le Visiteur (Ch. Chomant). Titre de son intervention : « La Musique et Le Geste » ou une dramaturgie musicale conquérante. Transcription syncrétique de la Fantaisie et Fugue sur le nom de B.A.C.H. (F. Liszt) exécutée aux grandes orgues de Saint-Eustache, le 18 avril 2015. Projection du film et de l'enregistrement réalisés par le L'Haÿssien Philippe Barbier. Livre « La Musique et Le Geste », aux Éditions Beauchesne, 2012. Icone livre « L'Orgue, souvenir et avenir », 4ème édition, Lyon, aux Éditions Symétrie, 2012.
-- Projection (extrait) du concert de Jean Guillou, aux grandes orgues de Saint-Eustache, le 18 avril 2015. Film réalisé par le L'Haÿssien Philippe Barbier.
Modératrice : Suzanne Varga.
http://www.laroseraiedescultures.fr/edition2016/mb-table-ronde-1-Tous_des_conquerants.html
Association "La Roseraie des Cultures et des Arts" le 3 septembre 2016 - Moulin de la Bièvre Salon du Livre et des Arts de L'Haÿ-Les-Roses http://www.laroseraiedescultures.fr
Réalisation : M.D'E
+ Lire la suite
autres livres classés : surréalismeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
1870 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre