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EAN : 9782714307637
313 pages
Éditeur : José Corti (23/01/2002)
4.79/5   14 notes
Résumé :
Dix ans après la parution des Carnets du grand chemin, ce recueil d'entretiens avec Julien Gracq constitue un événement pour tous ceux qui, au fil des ans, ont suivi cet écrivain, un des rares contemporains accueillis par la Pléiade.

Ces entretiens s'échelonnent sur plus de 30 ans. La variété des interlocuteurs comme celle des questions aboutit à un ensemble cohérent et complet - sinon exhaustif - où Julien Gracq s'exprime sur les sujets les plus dive... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
dourvach
  29 juillet 2021
Voici un livre rassemblant (sur plusieurs dizaines d'années) pas moins de six longs entretiens avec notre célèbre "Guetteur" des rives de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), toujours habité de son incroyable exigence artistique.
Particulièrement fouillé et passionnant, l'entretien avec Jean-Paul Dekiss, centré sur l'univers évidemment "daté", positiviste et naïf des romans de Jules Verne : y communient tout le savoir encyclopédique de l'un (Dekiss) et la sourde tendresse - d'origine enfantine - que lui réserve l'autre (Gracq)... "Grand Papa Verne", qualifié affectueusement de : "mon Primitif à moi... " par notre — si modeste, ombrageux et chaleureux — Passeur, riverain de tout ce fabuleux XIXème siècle littéraire français...
Remarquable aussi, la méthode exposée pour la confection "gracquienne" d'un roman : j'avoue que la lecture de cet entretien vous met en situation de tirer parti par vous-même des humbles conseils prodigués par notre "Géographe sentimental" ("Dernier Romantique" pour d'autres...), et peut-être, vous aussi, vous lancer dans votre propre aventure esthétique : qui sait ?
Un livre dense, lumineux et presque pédagogique en ces temps d'impostures intellectuelles massives et de pur triomphe — au moins quantitatif — du "non littéraire le plus agressif", devenu tristement (sournoisement, insidieusement) hégémonique en France : car ce que nous annonçait la prophétie de Gracq en son écrit pamphlétaire de 1949 ("La littérature à l'estomac") n'est-il pas — exactement et irrémédiablement — advenu ?
Lien : http://fleuvlitterature.cana..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   28 janvier 2018
En réalité, mon impression est la suivante et je tenais à la préciser ici : jamais aucun prosateur ne m'a inspiré comme vous ce "climat" si particulier que seule jusqu'ici la musique avait su me communiquer. Aucun écrivain n'a jamais pu entrer en concurrence avec cet "art de faire tenir en quelques mesures un infini de nostalgie et de souffrance" que vous évoquiez tout à l'heure à propos de Wagner et de Debussy. Ainsi, le début du "Roi Cophetua " baigne-t-il pour moi dans ce brouillard mouillé qu'on trouve dans certains études pour le piano de Debussy. L'impression qu'éprouve l'aspirant Grange aux Falizes, lorsqu'il entend la récitation des écoliers – " Il sentit battre en lui une petite vague inerte et désespérée qui était comme le bord des larmes " – avec les bruits calmes de cette arrière-saison dans cet alpage charmant, cette impression me renvoie irrésistiblement à certaine pièce de Ravel [...].

[Propos de Jean Carrière, "Qui êtes-vous, Julien Gracq ?", La Manufacture, 1986 – texte repris dans l'ouvrage : Julien GRACQ, "Entretiens" – Entretien avec Jean Carrière [1986], éditions José Corti, 2001, page 149]
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dourvachdourvach   12 avril 2014
A cette question finale de l'entretien réalisé par Dominique Rabourdin à Saint-Florent-le-Vieil début 2007 pour "Le magazine littéraire" : " - Etes-vous stoïcien ? N'avez-vous pas peur de la mort, de votre propre mort ? ", Julien Gracq répondra : - " La perspective de ma disparition ne me scandalise pas : la mort semble partout inséparable de la vie, individuelle ou collective. La mort survient, un jour ou l'autre ; quoique très proche pour moi, sa pensée ne m'obsède pas : c'est la vie qui vaut qu'on s'en occupe. "
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dourvachdourvach   28 janvier 2018
" La littérature est-elle pour vous la création d'un temps sans durée ? "

– J'ai l'impression que la temporalité qui règne dans la fiction est beaucoup plus inexorable que celle qui s'écoule dans la vie réelle. Dans la vie réelle, les neuf dixièmes sont distraction et divertissement. La littérature les élague impitoyablement. Je relisais l'autre jour "David Copperfield", il y a un épisode où la petite Emily est séduite, et à partir de ce moment commence une sorte d'écoulement inflexible qui est loin de celui de la vie réelle. On sent là vraiment la temporalité de la fiction beaucoup plus proche du destin que dans la vie. La lecture ne supprime jamais le sentiment de l'écoulement du temps concret. Mais elle réussit à mettre en conserve de la durée qu'on peut libérer et même réitérer puisqu'on relit les livres. C'est une sorte de temps en conserve qui peut se superposer au temps vécu réellement, sans l'annihiler comme le rêve.

[Julien GRACQ, "Entretiens" – Entretien avec Jean Roudaut [1981], "L'écrivain au travail" –, éditions José Corti, 2001, page 80]
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dourvachdourvach   28 janvier 2018
["Entretiens", de Julien GRACQ – court texte critique de Michèle GAZIER paru dans l'hebdomadaire "Télérama" en 2002]

" Beau et intéressant recueil que ces six entretiens publiés dans des magazines ou des revues, à l'exception de celui de Jean Roudaut, "Autour du Roi Pêcheur", enregistré pour la Radio Suisse romande et jamais diffusé. Qu'il s'exprime sur le roman, l'écriture, son rapport au monde – Julien Gracq, on le sait, enseigna toute sa vie la géographie – , son goût des paysages, ses lectures, ses préférences littéraires, artistiques ou cinématographiques, l'auteur du "Rivage des Syrtes" demeure fidèle à ses engagements d'écrivain, à cette écriture qui chez lui est une éthique autant qu'une esthétique. "Ecrire", explique-t-il à Jean Roudaut, "c'est un plaisir, c'est une passion, que l'anxiété accompagne aussi naturellement. Je n'ai jamais pensé que l'écrivain était un martyr de l'écriture". Ces entretiens diversement menés selon les interlocuteurs – généraliste avec Jean-Louis Rambures et Jean Carrière, géographique avec Jean-Louis Tissier, géographique et littéraire avec Jean-Paul Dekiss, plus centré sur l'écriture avec Berhild Boie, son éditrice en Pléiade – donnent à voir un écrivain soucieux de l'univers qui l'entoure, sensible à son temps, exigeant avec lui-même. Menant sa route sans jamais dévier. Un esprit libre. "
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dourvachdourvach   28 janvier 2018
La situation imaginative préférée d'un écrivain de fiction ne coïncide pas, dans mon esprit du moins, avec sa manière de vivre. Il faut une tension liminaire, qui exige plus ou moins de dépaysement : il s'agit toujours quant au lieu de l'action, et même s'il y a des ressemblances avec des lieux familiers, d'un "pays où l'on n'arrive jamais", pour parler comme André Dhôtel. Confins, lisières, frontières, effectivement, sont des lieux qui m'attirent en imagination.

[Julien GRACQ, "Entretiens", éditions José Corti, 2002]
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Videos de Julien Gracq (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julien Gracq
Lecture de Lettrines de Julien Gracq par Constance Dollé et Emmanuel Noblet
Pour la cinquième année consécutive, la BnF invite à écouter les mille et une voix de la Bibliothèque. Lectures, performances et spectacles habitent les espaces du site François-Mitterrand, inspirés cette année par l'exposition phare de la saison, Henri Cartier-Bresson. le Grand Jeu.André Breton a été une figure essentielle pour Henri Cartier-Bresson et Julien Gracq qui ont tous deux participé aux réunions des surréalistes dans les cafés de la place Blanche. « C'est au surréalisme que je dois allégeance, car il m'a appris à laisser l'objectif photographique fouiller dans les gravats de l'inconscient et du hasard », dit le photographe. On aime l'idée qu'un même hasard, guidé par le flux des idées journalières, ait accompagné Julien Gracq dans la rédaction de ses Lettrines, « un ensemble très libre, une mosaïque de notes de lecture, de réflexions, de souvenirs ». Les comédiens Constance Dollé et Emmanuel Noblet prêtent leurs voix à quelques-uns de ces fragments dans un échange libre et inspiré, au plus proche du ton du texte.
Lecture enregistrée le 5 juin 2021 à la BnF I François-Mitterrand dans le cadre de la Bibliothèque parlante, Festival de la BnF
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