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ISBN : 2714302629
Éditeur : José Corti (01/01/1950)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 81 notes)
Résumé :
C'est sur cette adhésion donnée dans le secret du coeur que se fonde la prise d'un écrivain sur son public, la "société secrète" qu'il a peu ou prou créée, sur laquelle il n'a que de très vagues indices, et qu'il ne dénombrera jamais (heureusement).
C'est par elle seule qu'il est, s'il est quelque chose. C'est là toujours que reviennent s'agacer ses doutes, quand il s'interroge sur le plus ou moins fondé de l'idée singulière qui lui est venue d'écrire ; il in... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
dourvach
  28 janvier 2018
Etrange petit livre. Inclassable et prophétique. Plein d'humour aussi... Julien Gracq a deviné en 1950 la prolifération à venir du "non-littéraire le plus agressif" et il mord. Fort. 74 pages qu'on relit en savourant chaque développement, argumentations fines après images savoureuses (la rosse efflanquée, le caniche, le fameux "Livre Annuel" de certains...).
La pénible coterie parisienne des "GensDeLettres" tentera d'ailleurs de le piéger l'année suivante en lui attribuant benoîtement – pour son merveilleux et minéral "Le Rivage des Syrtes" (1951) – certain "Grand Prix Littéraire" (Oui, ce hochet "Goncourt" qu'a pu "enfin" décrocher un certain M. Houellebecq il y a quelques années... ) : Gracq le refuse. Pas pour "faire style" – comme on dirait aujourd'hui – , mais pour "simplement" rester cohérent... (on ne disait pas encore : "authentique").
Crépitement des flashs. "Ils" n'imaginaient pas que l'homme pouvait être – en son "fond" – aussi humainement, éthiquement, artistiquement "intact"... (et solitaire, bien sûr !). Alors ? " Caramba, encore raté !! " jurèrent certains, dépités... Puis "ils" passèrent à autre chose, à d'autres poulains et pouliches du moment... Car "ils" n'ont jamais compris – ils n'étaient pas en mesure de comprendre – son geste... "Pas dans le même monde" ? Peut-être... L'ancien éditeur Eric Naulleau – du temps de "L'esprit des Péninsules" (donc avant son intégration définitive aux Jeux du Cirque... "Alimentaire, mon cher Watson !") – a rappelé un jour (en certain article sur la mode française des "Prix") que le regretté Julien GRACQ (1910-2007) fut bien le seul à décliner – poliment mais fermement – le plus Prestigieux de nos "susucres-à-caniches" nationaux...
Bref, 74 pages de bonheur. Vive GRACQ for ever !

Lien : http://www.regardsfeeriques...
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ay_guadalquivir
  20 février 2012
Il faut bien l'admettre, l'exercice critique appliqué à ce livre serait une bien étrange entreprise, tant il point au terme de sa lecture que Gracq en appelle à la suspension du jugement d'actualité, pour laisser place au jugement à venir, celui de l'oeuvre à l'épreuve du temps. Partant d'un regard contemporain (1949) sur une nouvelle espèce de grands écrivains, il égrène les facteurs du temps qui ont tellement modifié cet inébranlable concept français. Car en 1949 - et a fortiori en 2012, on n'est plus grand écrivain comme dans le passé, de façon incontestable et définitive. On l'est, malgré tout agité des secousses qu'assène le public, lecteur ou non, la critique, politique plus que jamais, le passage du temps, faiseur et défaiseur d'idoles, les médias, qui cherchent pour le public de nouvelles icônes, et les auteurs eux-mêmes, qui ont transformé la matière même de la littérature. Une fois ce livre refermé, l'envie du silence devrait l'emporter, à méditer ce qui fut lu et oublié, faussement lu et encensé, pas encore lu et ignoré. le livre ne dit pas si la modestie de Gracq en fut sérieusement écornée...
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Missbouquin
  16 septembre 2011
L'auteur
Julien Gracq (pseudonyme de Louis Poirier; 1910-2007), agrégé d'histoire, écrit son premier roman en 1937 avec Au château d'Argol. Après ce premier ouvrage, il construit petit à petit une oeuvre de romancier, de poète, de nouvelliste, de dramaturge et d'essayiste. Ainsi seront publiés, toujours chez le même éditeur, José Corti, dix-huit livres. En 1951, il reçoit le Prix Goncourt pour le rivage des Syrtes, prix qu'il refusera (et sera le premier à le faire dans l'histoire du prix). En 1989, il est l'un des rares écrivains publié de son vivant dans la Pléiade. Après 1992, il se retire dans son village de naissance, très éloigné des cercles littéraires et des parades mondaines.
Le livre
Ce pamphlet est publié en 1950 dans la revue Empédocle. Il s'agit d'une violente condamnation des moeurs mercantiles et mondaines de l'édition de l'époque. En réalité, on y retrouve nombre de traits qui sont encore valables aujourd'hui, en faisant un ouvrage encore d'actualité pour certains points.
Ce que j'en ai pensé
Il est difficile de rendre compte de ce petit ouvrage, extrêmement dense et très virulent. Je vais cependant tenter de faire ressortir quelques parties intéressantes :
- "L'époque, malgré le foisonnement évident des talents critiques [...] semble plus incapable qu'une autre de commencer à trier elle-même son propre apport. On ne sait s'il y a une crise de la littérature mais il crève les yeux qu'il y a une crise du jugement littéraire." N'en sommes-nous pas là aujourd'hui ? n'est-ce pas pour cela en partie que tous ces blogs littéraires sont créés ? justement parce que les critiques littéraires se font moins nombreux ou déçoivent les attentes du public ? Cela me fait penser à cet article que j'ai lu récemment qui interrogeait la manière dont les ouvrages étaient sélectionnés et sur quels critères... (il faut que je le retrouve ..)
- "Car l'écrivain français se donne à lui-même bien moins dans la mesure où on le lit que dans la mesure où "on en parle." "Un anxieux, un essouflé "Je suis là !... j'y suis - j'y suis toujours ! est parfois ce qui s'exprime de plus pathétique, pour l'oeil un peu prévenu, au travers des pages de tel romancier de renom."
- D'après lui, une fois qu'un écrivain français a été publié une fois, il sait qu'il a été "adopté" à vie, qu'il est entré dans le circuit, et qu'il trouvera toujours à se faire de nouveau éditer. "On dirait qu'en France on ne consent à lire (mais à lire vraiment) un auteur qu'une seule fois : la première; la seconde, il est déjà consacré, embaumé dans ce Manuel de littérature contemporaine que l'opinion et la critique s'ingénient à tenir à jour."
- Au début du siècle, le public avouait ne pas comprendre telle ou telle théorie littéraire. Désormais ces théories sont admises et quiconque émet une théorie obscur acquiert un prestige immédiat : la métaphysique a débarqué en littérature. Sur ce point-là, je ne suis que moyennement d'accord : depuis les 50 dernières années, je trouve que justement la métaphysique a déserté la littérature ...
- Pour Gracq, il ne s'agit plus d'une "lente pénétration" d'une oeuvre, d'une lente digestion, mais "de pourvoir sans délai à des vides parmi les têtes d'affiche". C'est-à-dire que l'on insiste davantage sur l'écrivain lui-même, qui paraît partout, à tout moment, que sur son oeuvre qui conquerrait tranquillement son public. "L'écrivain moderne est devenu une figure de l'actualité." affirme Gracq. J'ai trouvé ce passage intéressant car finalement il marque la naissance de notre système littéraire aujourd'hui où quelques auteurs paraissent partout, publient des livres une fois par an, reçoivent tous les prix, etc.
J'ai essayé de rendre compte des quelques réflexions de Gracq que je trouve encore pertinentes aujourd'hui sur le système éditorial français. Il questionne ainsi très subtilement, entre autres, les modes de publication, la figure de l'écrivain qui prend une place plus importante que ses écrits, la place de la lecture dans la société (il faisait déjà la réflexion sur les Français lisent de moins en moins ...), l'obscurité gardée autour de pratiques qui n'ont que peu de rapport avec la littérature, etc.
C'est donc un petit livre très intéressant, certes dépassé sur certains points, mais c'est ce qui rend d'autant plus frappant la prise de conscience que certaines choses n'ont pas changées depuis 50 ans ...
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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NMTB
  20 décembre 2014
Passablement énervé monsieur Gracq… À lire ce qu'il en écrit, la littérature française en 1949 était un vrai champ de ruines ! Ou plutôt une guerre froide. D'un côté la littérature traditionnelle, individualiste (Gide, Malraux, Camus), de l'autre « la littérature (disons pour simplifier la littérature communiste) entièrement et volontairement soumise aux impératifs de parti » autour du couple Aragon-Triolet. Et deux armées de critiques au service de l'un et l'autre parti. Même si Gracq considère « la production d'extrême gauche » comme une forme en marge n'appartenant plus tout à fait la littérature, ce qu'il regrette c'est surtout l'incommunication totale entre les deux groupes. Gracq, d'autre part, condamne aussi la petite bulle spéculative qui s'était formée autour de cet autre couple Beauvoir-Sartre et Les temps modernes, c'est-à-dire l'Existentialisme et son lot de romans métaphysiques. Tout ça, pour lui, n'a pas grand-chose à voir avec la littérature, mais est surtout le fait d'une critique qui dans son agitation à découvrir toujours de nouveaux écrivains égare un public de plus en plus perméable, abandonnant trop facilement ses propres jugements pour se soumettre aux avis des critiques. Ce que déplore Gracq, c'est la disparition de cette relation directe qui unissait l'auteur à une poignée de lecteurs prêts à se faire « tuer pour lui ». Entre eux, s'est insinuée la critique littéraire. Une critique fébrile, partant dans tous les sens par peur de rater le génie, le poète maudit. Il en résulte une sclérose totale, un brouillard complet, des critiques partisans, inconséquents et un public moutonnier qui ne lit plus vraiment et n'a plus de goût mais des opinions sur tout.
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ay_guadalquivir
  16 décembre 2010
Il m'aura fallu tout ce temps depuis mon arrivée à Nantes pour me décider à aller vers Julien Gracq. Comme ces auteurs qui font un peu peur. Gracq marquait un refus catégorique que ses livres soient édités en poche. Ne devrait-on l'en remercier, au plaisir particulier de ces petits volumes édités par Corti. Une couleur, typographie à l'ancienne, et les feuillets pliés qu'il faut découper patiemment pour entrer dans le livre. Gracq m'évoque la Loire. Je sépare le haut des pages, l'une après l'autre, déjà le début d'une aventure.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   19 juin 2016
Depuis, disons un demi-siècle, la masse des connaissances humaines acquises, dans presque tous les domaines, a grandi comme on sait à peu près au-delà de toute expression - il n'est plus question, et depuis longtemps, pour un cerveau normalement conditionné, d'en tenir registre, et de s'en faire une idée lointaine autrement qu'à travers des vulgarisations non plus de seconde, mais de troisième ou de quatrième main. En même temps que la prise individuelle se desserrait progressivement sur l'acquis d'ensemble de l'espèce, l'homme s'éveillait de façon de plus en plus lancinante à la pression constante sur lui d'une totalité : comme si chacun était devenu l'aiguille d'un sismographe, la planète entière propage aujourd'hui à travers lui à chaque seconde des trains d'ondes inquiétants et le plus souvent indéchiffrables : du survol des terres polaires à la grève des chemins de fer à Chicago, de la découverte d'une technique nucléaire en Sibérie à celle d'un nouvel insecticide dans le Texas. Pour peu qu'il refuse de se réfugier dans un petit paradis individuel et définitif de "nonchalance", mille domaines techniques, politiques, scientifiques, économiques, qui sont désormais attenants à la plus stricte actualité écartèlent à chaque instant son attention : aucun ne lui semble plus inoffensif; il sent confusément qu'il n'est plus de branche des connaissances et de l'activité humaine, fût-ce les plus traditionnellement anodines : l'histoire, la génétique ou la statistique, qui n'ait désormais bec et ongles, et bec et ongles pour lui. Il ne sera donc plus question de les tenir complètement à l'écart; mais la part d'attention et de temps réservé à chacune s'en trouve vertigineusement réduite : en attention, à celle qu'on consacre à une causerie radiophonique, en temps, à celui que prend la lecture d'un article de seconde page dans le journal du soir. La conséquence est que - numériquement parlant - en 1950 il n'existe pratiquement plus nulle part de publics de "première main".
(pp. 47-49)
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dourvachdourvach   01 janvier 2015
Ainsi l'écart provocant entre l'impression qu'elle nous donne et le jugement qu'on en publie partout tourne-t-il en nous quoi que nous en ayons au plus grand prestige d'une œuvre qui nous reste extérieure : le caractère obsédant qu'elle arrive à prendre très vite tient avant tout aux efforts désordonnés des réfractaires, qui se sentent malgré eux dans leur tort, pour se mettre en règle avec elle. Si délibérément que nous cherchions à nous nettoyer les yeux en face de nos lectures, à ne tenir compte que de nos goûts authentiques, il y a un tribut payé aux noms connus et aux situations acquises dont nous ne nous débarrasserons jamais complètement [...].

Ce qui fait pour nous qu'une œuvre "compte", comme on dit, ayons le courage de nous avouer que c'est parfois - que c'est aussi - le nombre de voix qu'elle totalise, et dont nous augurons trop docilement sur l'intensité d'une campagne électorale toujours en cours. Conservateur d'instinct sur le plan social, en littérature non plus [le Français] n'aime pas remettre en question les situations acquises.

[Un extrait percutant de "La littérature à l'estomac", pamphlet de Julien GRACQ (1950), reproduit sur son blog par Pierre Jourde, auteur de l'essai "La littérature sans estomac" (2002)]
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milgoulmilgoul   23 juillet 2010
Quand nous nous sommes une fois "fait une idée" d'un écrivain (et tout l'effort de notre critique écrite et parlée vise à ce qu'une telle sclérose intervienne très vite) nous devenons paresseux à en changer - nous marchons en terrain sûr et nous lisons de confiance, d'un oeil dressé d'avance à ramener les hauts et les bas, les accidents singuliers de ce qui s'imprime, à la moyenne d'une "production" sur laquelle nous savons à quoi nous en tenir. Lorsque nous laissons tomber négligemment (nous le faisons dix fois par jour) d'un ton complaisant de prévision comblée : "C'est bien du X..." ou "du Y...", une tendance instinctive se satisfait par là à peine consciemment, qui est de faire reparaître l'essence permanente sous l'apparence accidentelle, d'en appeler de la singularité concrète et parfois déroutante d'une oeuvre à une sorte de noumène de l'écrivain sur lequel nous nous vantons de posséder des repères qui ne trompent pas. De là l'impression de malaise, et la malveillance à peine déguisée qui se font jour dès qu'un écrivain s'avise de changer de genre : il "était" romancier - que se mêle-t-il d'écrire des pièces de théâtre ? Il était une rivière bien endiguée, comme on les aime en France - de petits jardinets y puisaient l'eau et prospéraient modestement sur ses berges (car, comme la Seine, à Paris l'oeuvre d'un écrivain aussi coule entre des livres : les livres qu'on écrit sur lui) le voilà maintenant un de ces fleuves de la Chine, qui s'amusent irrévérencieusement à changer de lit.
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milgoulmilgoul   23 juillet 2010
De ce que l'écrivain dispose aujourd'hui de mille manières de se manifester qui portent souvent infiniment plus loin que ses livres, il se trouve que sa mise en place gagne infiniment en rapidité à emprunter d'autres voies que la lente pénétration, la lente digestion d'une oeuvre écrite par un public que la faim ne dévore pas toujours. Mille impressions sensibles -dans notre civilisation amoureuse de graphiques, d'images parlantes-inscrivent aujourd'hui pour l'oeil plus que pour l'intelligence et le goût un ordre de préséances obsédant qui n'est pas celui de la lecture, et qui va jusqu'à déclencher une espèce d'automatisme de répétition : grosseur des caractères dans les journaux, fréquence des photographies, manchettes des revues, "présidiums" de congrès d'écrivains, comme une salle de distribution des prix, "ventes" littéraires publiques, dont on diffuse les chiffres, apposition de noms au bas de manifestes, grandes orgues radiophoniques, séances de signatures où le talent de l'écrivain, de manière obscure, triomphe aux yeux dans l'étendue de sa performance, comme un champion d'échecs qui donne des simultanées. Le grand public, par un entraînement inconscient, exige de nos jours comme une preuve cette transmutation bizarre du qualitatif en quantitatif, qui fait que l'écrivain aujourd'hui se doit de représenter, comme on dit, une surface, avant même parfois d'avoir un talent.
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   19 juin 2016
Placé en tête-à-tête avec un texte, le même déclic intérieur qui joue en nous, sans règle et sans raisons, à la rencontre d'un être va se produire en lui [lecteur]: il "aime" ou il "n'aime pas", il est, ou il n'est pas, à son affaire, il éprouve, ou il n'éprouve pas, au fil des pages ce sentiment de légèreté, de liberté délestée (...) ; et en effet, dans le cas d'une conjonction heureuse on peut dire que le lecteur "colle" à l'oeuvre, (...) forme avec elle au vent égal des pages tournées ce bloc de vitesse huilée et sans défaillance dont le souvenir, lorsque la dernière page est venue brutalement "couper les gaz", nous laisse étourdis, un peu vacillants sur notre lancée, comme en proie à un début de nausée et à cette sensation si particulière des "jambes de coton". Quiconque a lu un livre de cette manière y tient par un lien fort, une sorte d'adhérence, et quelque chose comme le vague sentiment d'avoir été miraculé : au cours d'une conversation chacun saura reconnaître chez l'autre, ne fût-ce qu'à une inflexion de voix particulière, ce sentiment lorsqu'il s'exprime, avec parfois les mêmes détours et la même pudeur que l'amour : si une certaine résonnance se rencontre, on dirait que se touchent deux fils électrisés. C'est ce sentiment, et lui seul, qui transforme le lecteur en prosélyte fanatique, n'ayant de cesse (et c'est peut-être le sentiment le plus désintéressé qui soit) qu'il n'ait fait partager à la ronde son émoi singulier ; nous connaissons tous ces livres qui nous brûlent les mains et qu'on sème comme par enchantement - nous les avons rachetés une demi-douzaine de fois, toujours contents de ne point les voir revenir. Cinquante lecteurs de ce genre, sans cesse vibrionnant à la ronde, sont autant de porteurs de virus filtrants qui suffisent à contaminer un vaste public : il n'y faut que quelques dizaines d'années, parfois un peu plus, souvent beaucoup moins : la gloire de Mallarmé, comme on sait, n'a pas eu d'autre véhicule - cinquante lecteurs qui se seraient fait TUER POUR LUI.
(pp. 20-21)
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Vidéo de Julien Gracq
La Roseraie des Cultures et des Arts - 8ème édition Table ronde : "Tous des conquérants" Invité(e)s : - Bernard Lavallé, Professeur de civilisation hispano-américaine à la Sorbonne. Mondialement connu pour l'étude des effets de la colonisation sur les sociétés d'Amérique latine. Biographe de F. Pizarro et de B. de Las Casas chez Payot. Ouvrages qu'il signera avec « Au nom des Indiens ». Titre de son intervention : « Francisco Pizarro, conquistador de l'extrême ». Livre « Francisco Pizzaro, conquistador de l'extrême », aux Éditions Payot, 2004.
- Eric Freysselinard, Haut fonctionnaire, agrégé, énarque, inspecteur de l'administration, conseiller et directeur de cabinets ministériels, préfet, directeur des stages de l'ENA. Signera sa biographie d'Albert Lebrun. Titre de son intervention : « Albert Lebrun : la conquête de l'héritage du dernier président de la III° République ». Livre « Albert Lebrun, le dernier président de la III° République », aux Éditions Belin, 2013.
- Suzanne Varga, Agrégée, docteur d'État, Professeur des Universités, spécialiste de la littérature auriséculaire, auteur de biographies dont Lope de Vega (Fayard), grand prix de la biographie littéraire de l'Académie française et Philippe V, petit-fils de Louis XIV, prix Hugues Capet. Elle signera ces biographies ainsi que celle de « Sophie d'Espagne » et « Les 12 Banquets qui ont changé L Histoire ». Titre de son intervention : « Sophie d'Espagne, une reine à la reconquête du trône des Bourbons ». Livre « Sophie d'Espagne », aux Éditions Flammarion, 2015.
- Philippe le Guillou, Agrégé, doyen de l'Inspection Générale de Lettres Modernes, écrivain, auteur de nombreux essais et d'une trentaine de romans, essentiellement chez Gallimard, prix Médicis pour « Les Sept Noms du peintre », préside le Centre de l'imaginaire arthurien. Il signera entre autres ouvrages « Géographies de la mémoire », Gallimard, 2016. Titre de son intervention : « Julien Gracq et Jean Guillou, rendez-vous à la conquête des abîmes et des cimes ». Livre « Géographies de la mémoire », aux Éditions Gallimard, 2016.
- Jean Guillou, Titulaire des grandes orgues de Saint-Eustache, compositeur, pianiste, organiste, concepteur d'orgues, pédagogue, Professeur honoraire de l'Université de Sarrebruck, écrivain, poète. Signera « L'Orgue, souvenir et avenir » (Symétrie), La Musique et Le Geste (Beauchesne), le Visiteur (Ch. Chomant). Titre de son intervention : « La Musique et Le Geste » ou une dramaturgie musicale conquérante. Transcription syncrétique de la Fantaisie et Fugue sur le nom de B.A.C.H. (F. Liszt) exécutée aux grandes orgues de Saint-Eustache, le 18 avril 2015. Projection du film et de l'enregistrement réalisés par le L'Haÿssien Philippe Barbier. Livre « La Musique et Le Geste », aux Éditions Beauchesne, 2012. Icone livre « L'Orgue, souvenir et avenir », 4ème édition, Lyon, aux Éditions Symétrie, 2012.
-- Projection (extrait) du concert de Jean Guillou, aux grandes orgues de Saint-Eustache, le 18 avril 2015. Film réalisé par le L'Haÿssien Philippe Barbier.
Modératrice : Suzanne Varga.
http://www.laroseraiedescultures.fr/edition2016/mb-table-ronde-1-Tous_des_conquerants.html
Association "La Roseraie des Cultures et des Arts" le 3 septembre 2016 - Moulin de la Bièvre Salon du Livre et des Arts de L'Haÿ-Les-Roses http://www.laroseraiedescultures.fr
Réalisation : M.D'E
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