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EAN : 9782714312495
176 pages
Éditeur : José Corti (07/01/2021)
3.61/5   18 notes
Résumé :
En 1980, au moment de la parution de "En lisant en écrivant", Angelo Rinaldi, dans « L’express », souligna que Julien Gracq figurait parmi les contrebandiers habiles à faire passer les « frontières séparant les époques ». Plus de 40 ans après, ce constat reste d’actualité, comme si le temps avait eu peu de prise sur ses fragments, toujours devant nous.

Ce qui est frappant avec les textes inédits de Julien Gracq, rassemblés ici, par Bernhild Boie, son ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Yves222
  22 février 2021
Retrouver la langue de Julien Gracq dans ce livre inédit est un grand plaisir. Plus personne, on le dirait, n'écrit comme cela, avec un tel pouvoir de description qui place les choses comme devant les yeux. La lecture de Gracq entraîne dans une agréable rêverie et réveille mille sensations.
Ce livre n'est pas un fond de tiroir, l'auteur y est pleinement lui-même, celui, par exemple, qu'on admire dans Un balcon en forêt.
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ollivier
  14 avril 2021
Certes l'écriture est magnifique, l'artiste hors pair ; l'enchevêtrement de la phrase procure un immense plaisir.
Mais ce qu'il nous dit, il le dit d'abord à lui-même ; dès lors, le lecteur est est exclu de ses remarques et fort peu a résonné en moi.
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MARTINE300645
  23 août 2021
Une série de 29 cahiers intitulés "Notules", se trouvant dans le département des Manuscrits à la BNF, ne seront divulgués qu'en 2027 (testament de l'auteur). Mais rien n'interdit aujourd'hui d'avoir accès à des fragments de prose que l'on pourra lire dans ce recueil. C'est une prose poétique, lumineuse, qui en flânant le long des chemins fait surgir des paysages, des idées, des souvenirs, des mythes.... des noeuds de vie.
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Baltyka
  23 juillet 2021
Difficile de résister à Julien Gracq. J'ai foncé sur cet opus posthume !
Et cela commence très fort avec le chapitre "Chemins et rues". J'y retrouve mon Gracq préféré.
Mais peu à peu le soufflé retombe. Pas vraiment étonnant car il s'agit d'un ensemble de textes divers recopiés dans des carnets, puis donnés à dactylographier.
Comme expliqué dans l'avant-propos, l'ensemble est présenté en chapitres (Chemins et rue, Instants, Lire, Écrire) , avec une photo de l'auteur en guise d'exergue.
Plutôt pour spécialistes ou hyper passionnés, selon moi. Déçue je suis...
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
karamzinkaramzin   13 juin 2021
...
Pourquoi ― et particulièrement lorsque je parcourais, à pied ou en bicyclette, l'Anjou du sud en 1932, et dix ans plus tard la Normandie de l'ouest, telle étape, et parfois tel trajet seulement d'une heure au cours d'une étape, ont-ils fait pleuvoir sur moi cette félicité subite et sans cause qui me rend chère encore une page du Grand Meaulnes : celle où Meaulnes s'engage dans l'allée de sapins balayée de frais du Domaine perdu ? Je me souviens de deux au moins de ces éclaircies augurales lorsque, parti de Tigné, petit bourg angevin sans caractère, je cherchais à rejoindre La-Fosse-de-Tigné, dont le clocher tantôt se dissimulait, tantôt reparaissait capricieusement derrière les bois, puis, plus tard, allant en bicyclette de Caen à Vire, alors que je descendais la côte qui précède Le Mesnil-Vilbert (je ne suis pas tout à fait certain du nom).
Ce qui m'emplissait alors d'éveil et de légèreté, ce n'était pas le sentiment qu'éprouve Meaulnes : le sentiment (je cite de mémoire) « qu'il était arrivé et qu'il n'y avait plus que du bien à attendre », c'était plutôt, au contraire, le sentiment que quelque chose partait de là, comme ces trouées sans fond dans la forêt, ou ces routes ruinées, encore mystérieusement éveillées sous leurs broussailles, dont mes livres ont gardé l'obsession. Au Mesnil-Vilbert, de l'autre côté du vallon abrupt où la route plongeait, on voyait sur la crête d'en face, que les haies cessaient de cloisonner, se profiler en sentinelle les premiers genêts et les fougères d'une lande. Mon regard se plaît toujours et s'accroche à de telles lisières, annonciatrices d'un changement à vue du paysage ; quand le soir approche, plus particulièrement, le sentiment que pour moi enfin le rideau va se lever flotte sur ces bordures de friches derrière lesquelles on pressent que la terre pourrait peut-être enfin s'ensauvager. Mais cent fois au long de la route l'imagination a rencontré de telles amorces, et le plus souvent même moins médiocres, sans se laisser accrocher : ici, soudain c'est l'oiseau de Siegfried qui chante, à voix non distincte encore, mais déjà identifiable à des accords inconnus : seulement c'est au prix de tout quitter qu'on pourrait le comprendre ― et quelque réserve que je puisse faire sur ses méthodes et sur le bien-fondé de ses espérances, jamais du moins je n'ai douté même si je ne l'ai pas suivie, de la validité de l'injonction qui est au fond du surréalisme et qui, face à de tels appels, le constitue en vérité : « Lâchez tout ! Partez sur les routes. »

― Chemins et rues, extrait. p.43
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VincentGloecklerVincentGloeckler   17 janvier 2021
Comme on entre dans les rangs de vigne lorsqu’approchent les vendanges, soulevant çà et là le pampre pour découvrir, tâter et goûter les grappes, écraser un grain, plus ou moins poisseux aux doigts, j’ai souvent échantillonné au préalable les livres, surtout les livres un peu gros, rarement trompé sur ce que promet la récolte. Le livre dans sa masse n’a pas encore libéré le courant jaillissant de la lecture, que le grappillage a presque tout dit sur la physionomie du cru, ou du moins sur sa teneur en alcool.
Moments de flânerie absente où on musarde devant sa bibliothèque, atteignant un livre sur l’étagère, l’ouvrant, le grappillant, le replaçant, l’abandonnant pour un autre qui révèle à l’échantillonnage plus d’épice et de montant. Picorant là-dedans comme fait l’Espagnol à l’heure de l’apéritif parmi les tapas, et quelquefois, comme lui, à force de picorer, déjeunant par cœur. Comme les vieux connaisseurs en bourgognes font au moyen de leur tastevin, avec le temps et long usage on en vient à flairer les livres plus souvent qu’à les lire : moins besoin de nourritures consistantes que plutôt d’une espèce de spiritualisation revigorante de l’odorat. On peut déjeuner parfois exquisément de la fumée du rôti, et à qui sait attendre, et vieillir consubstantiellement avec elle, la littérature délivre aussi, assez mystérieusement, sa quintessence.
Cet homme seul, en pantoufles, qui renifle et qui chipote devant ses rayonnages, tout entier devenu, nez au vent, c’est un détecteur et un juge que plus rien n’embrouille. Et cet homme, c’est aussi un croyant, un fidèle de la secte : nul ne communie vraiment avec la littérature qui n’a pas le sentiment du tout présent chez elle dans la plus petite partie. (pp93-94)
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dourvachdourvach   28 juin 2021
[ST-FLORENT]

A Saint-Florent. Je regarde le paysage sur lequel donne ma fenêtre, et qui est bien ce que j'ai le plus souvent regardé au monde. Il me semble que j'entends encore passer sur lui le son des cloches des vêpres de mon enfance, le dimanche, son pulpeux, mûri et comme ambré, au travers duquel la journée de luxe et de loisir entamait son automne. Je regarde la colline du Mesnil, la courbe de la Loire, la muraille verte des peupliers de l'île, derrière laquelle montent et débordent avec lenteur les cumulus cotonneux de ce premier après-midi d'octobre. Il ne m'en vient pas de tranquillité, ni même le sentiment rassurant d'une permanence, mais plutôt le malaise soucieux qui nous gagne devant un massif d'arbres marqué pour la coupe, une bâtisse familière qu'on va démolir ; la Terre a perdu sa solidité et son assise, cette colline, aujourd'hui, on peut la raser à volonté, ce fleuve l'assécher, ces nuages les dissoudre. Le moment approche où l'homme n'aura plus sérieusement en face de lui que lui-même, et plus qu'un monde refait de sa main "à son idée" — et je doute qu'à ce moment il puisse se reposer pour jouir de son oeuvre, et juger que cette oeuvre était bonne.

[Julien GRACQ, "Noeuds de vie", 1ère partie : "Chemins et rues", éditions Corti (Paris), coll. "Domaine français", 2021 — page 46-47]
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DunadanDunadan   15 avril 2021
Comme il est curieux, à lire leur correspondance, que deux esprits aussi antagonistes que Breton et Valéry, l'un acharné en toute matière à la réduction au type et à la détection du mécanisme, l'autre obstiné à maintenir battante, à élargir les ouvertures sur l'éventuel, se soient frottes l'un à l'autre sans heurt majeur (malgré le caractère de Breton) pendant des années ! En vérité, y a-t-il des esprits vraiment entiers ? Chacun a beau afficher sans nuances sa couleur, la contradiction qui lui est opposée joue constamment, et richement, en lui-même avec sa couleur complémentaire : à des oppositions thématiques et spectulaires de ce genre la part mutuelle - non négligeable - d'acquiescement caché à l'autre donne tout leur moelleux, leur résonance et leur liant, comme les arriere-pensées fondues se l'orchestre derrière les répliques articulées d'un duo. La connivence des esprits vient doubler et contredire en profondeur l'affrontement des idées, comme font aux courants marins de surface les lentes dérives sous-jacentes dites de compensation.
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ninamarijoninamarijo   16 avril 2021
Le moment approche où l'homme n'aura plus sérieusement en face que lui-même, et plus qu'un monde entièrement refait de sa main à son idée - et je doute qu'à ce moment il puisse se reposer pour jouir de son oeuvre, et juger que cette oeuvre était bonne.
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Videos de Julien Gracq (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julien Gracq
Lecture de Lettrines de Julien Gracq par Constance Dollé et Emmanuel Noblet
Pour la cinquième année consécutive, la BnF invite à écouter les mille et une voix de la Bibliothèque. Lectures, performances et spectacles habitent les espaces du site François-Mitterrand, inspirés cette année par l'exposition phare de la saison, Henri Cartier-Bresson. le Grand Jeu.André Breton a été une figure essentielle pour Henri Cartier-Bresson et Julien Gracq qui ont tous deux participé aux réunions des surréalistes dans les cafés de la place Blanche. « C'est au surréalisme que je dois allégeance, car il m'a appris à laisser l'objectif photographique fouiller dans les gravats de l'inconscient et du hasard », dit le photographe. On aime l'idée qu'un même hasard, guidé par le flux des idées journalières, ait accompagné Julien Gracq dans la rédaction de ses Lettrines, « un ensemble très libre, une mosaïque de notes de lecture, de réflexions, de souvenirs ». Les comédiens Constance Dollé et Emmanuel Noblet prêtent leurs voix à quelques-uns de ces fragments dans un échange libre et inspiré, au plus proche du ton du texte.
Lecture enregistrée le 5 juin 2021 à la BnF I François-Mitterrand dans le cadre de la Bibliothèque parlante, Festival de la BnF
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