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EAN : 9791020906342
404 pages
Éditeur : Les liens qui libèrent (05/09/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.1/5 (sur 78 notes)
Résumé :
Alors que le progrès technologique a toujours été vu comme l'horizon d'une libération du travail, notre société moderne repose en grande partie sur l'aliénation de la majorité des employés de bureau. Beaucoup sont amenés à dédier leur vie à des tâches inutiles, sans réel intérêt et vides de sens, tout en ayant pleinement conscience de la superficialité de leur contribution à la société.C'est de ce paradoxe qu'est né et s'est répandu, sous la plume de David Graeber, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  25 novembre 2018
Alexis de Tocqueville a jadis remarqué qu'« En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux. » Et je suis cent fois d'accord avec lui. Et c'est en cela que David Graeber nous offre un trésor qu'il nous faut chérir : comprendre dans les détails de son fonctionnement le monde politico-socio-économique que nous avons sous les yeux.
Je tiens à tirer deux très, très grands coups de chapeau. Tout d'abord à l'auteur, David Graeber, que je considère comme l'un des plus grands et des plus stimulants essayistes actuels dans le domaine social. Ensuite, je tiens à saluer l'éditeur Les Liens qui libèrent pour la qualité générale de ses publications, qui, avec La Découverte, L'Herne et La Fabrique est l'un des (trop) rares remparts à la toute puissance de la pensée dominante (c'est-à-dire, la pensée des dominants, rien à voir, bien évidemment avec une quelconque supériorité de fond ou de vue de ladite pensée).
Question : que dites-vous juste après avoir donné votre nom lorsqu'au cours d'une soirée entre amis l'on vous présente quelqu'un que vous n'avez jamais vu au préalable ? À un très haut pourcentage, vous allez évoquer votre profession et même, pour certain(e)s, si vous êtes actuellement sans emploi, vous allez avouer, avec une once de dépit dans la voix, que vous êtes au chômage. D'ailleurs, très souvent, vous n'allez pas dire que vous êtes au chômage, mais que vous " cherchez du boulot ".
J'ai pris conscience de ce détail, il y a longtemps déjà, lorsque fringante étudiante en éthologie des primates, j'eus le privilège de côtoyer Hans Kummer, légende (à l'époque encore) vivante (et francophone de surcroît) de la discipline. Tandis que je lui serrais la main, pleine d'admiration, il m'avait courtoisement demandé qui j'étais. Je m'étais alors bêtement présentée à lui comme étant l'étudiante de " Machin " de l'Université de " Truc ". Il me répondit du tac au tac, avec son accent suisse et la sagacité qui brûlait dans son regard : « Ça, ce n'est pas vous, c'est votre fonction. » J'en fus bouleversée : je ne m'étais spontanément définie que par ma profession, qui en plus, n'en était pas vraiment une.
J'ai depuis noté cette tendance chez de très (trop) nombreuses personnes. « Bonjour, enchantée, " Machine ", je travaille chez " Bidule " et vous ? » Jamais on ne m'a dit : « Bonjour, enchantée, " Machine ", dans le privé, j'adore la danse africaine et la peinture chinoise et vous, qu'est-ce que vous aimez ? » Parallèlement, juste après avoir décliné leur nom et leur profession, ces mêmes personnes en viennent très vite, pour la plupart ou du moins très souvent, à reconnaître qu'elles détestent leur boulot, ou que leur patron est un con ou un incompétent notoire et qu'elles aimeraient bien trouver autre chose.
Suite de la question : comment peut-on à la fois autant se définir par notre travail et autant le détester ? Pourquoi cette dissonance ? Est-ce que ça a toujours été comme ça ? Est-ce que c'est une évolution vraiment actuelle qui en est cause ? Si oui, laquelle ?
Si l'on essaie de creuser un peu le douloureux problème du " pourquoi ? " ces personnes détestent leur boulot, viennent très souvent en premier l'ennui, dû aux tâches répétitives et à la paperasse abondante, abondante, toujours plus abondante. Viennent aussi les conditions de rémunération, le fait d'être littéralement phagocyté par son travail jusque dans sa sphère privée, etc.
Bref, ce constat, tout le monde a eu l'occasion de le faire. Vous avez peut-être aussi eu l'occasion de constater combien certains énoncés de profession vous apparaissent peu clairs. « Mais qu'est-ce que c'est au juste que ce boulot ? » Et, bien souvent, vous n'êtes pas beaucoup plus renseignée après qu'avant avoir eu des explications dudit professionnel.
Voilà, nous touchons au but. David Graeber essaie de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là. Pourquoi des gens dépriment parce qu'ils se rendent compte que leur travail n'a soit aucune utilité, soit il est globalement néfaste pour la communauté.
Il montre et démontre que les emplois les plus utiles socialement et les plus productifs sont également les moins bien payés. le personnel d'entretien, les manutentionnaires, les infirmières, etc. dont personne ne remet en cause l'intérêt de leur tâche pour les autres sont payés au lance-pierre tandis que les responsables de la communication interne d'une grosse entreprise (un exemple parmi des milliers d'autres) sont payés dix fois plus. Qu'est-ce qui justifie cela du point de vue de la productivité ? du point de vue du bien général apporté aux autres ?
Il y a longtemps déjà, le regretté Coluche avait trouvé une formule percutante pour s'adresser à un homme politique bien connu de l'époque : " ministre du temps perdu à un fric fou ". Voilà ce que David Graeber appelle les " bullshit jobs " c'est-à-dire non pas les " boulots de merde ", ceux qui sont utiles mais que personne ne veut faire car mal payés et déconsidérés, non il s'agit ici de " boulots à la con ", c'est-à-dire des boulots très bien payés, qui ne servent littéralement à rien.
Un bon indicateur du bullshit job est de se poser honnêtement la question : si mon travail était supprimé, est-ce que la communauté s'en porterait plus mal ? Très souvent, la réponse est non et même, plus inquiétant, la communauté s'en porterait plutôt mieux (démarcheurs téléphoniques de mon coeur, c'est à vous que je pense très fort en écrivant cela). En général, dans le privé, la succession hiérarchique des managers située entre le grand patron et ceux qui font effectivement un vrai boulot est jugée par ces derniers plutôt nuisible à la bonne exécution de leur tâche. (Dans le public, ça devient carrément kafkaïen et, hormis les échelons en rapport direct avec la mission à accomplir, c'est-à-dire, le tout premier échelon, c'est du bullshitland sur toute la ligne !)
C'est un peu comme si toute cette flopée de contrôleurs, formateurs, managers, chef d'équipe, responsable quelconque vous demandait : « Qu'est-ce qu'on peut faire pour vous aider dans votre tâche ? » Vous leur répondriez invariablement comme il fut répondu à Jean-Baptiste Colbert : « Rien ! surtout ne faites rien ! à chaque fois que vous faites quelque chose, c'est pire, et ça se traduit par une nouvelle paperasse ou un questionnaire à la con de plus à remplir. Laissez-nous faire, surtout, laissez-nous faire, ne faites surtout rien. »
Et voilà comment, malgré tout, une longue, chaque jour plus longue chaîne hiérarchique — qui se nourrit d'elle-même à chaque échelon, que ce soit dans le public ou dans le privé — vient sucer, en bonne sangsue qu'elle est, tout l'argent généré par l'authentique travail des salariés les plus mal payés et les plus productifs.
Est-ce cela l'efficacité tant vantée du capitalisme ? Pourquoi cette longue chaîne de sangsues si l'on souhaitait vraiment rendre la production efficace ? Il y a d'autres explications que le capitalisme, d'autres fonctionnements qui sont devenus légions et c'est à la compréhension de tout ceci que nous invite David Graeber, avec mille fois plus de talent et de brio que la maigre pitance que je viens de vous servir.
Franchement, chapeau David Graeber. J'ai le sentiment, à la lecture de cet essai, qui se situe à la frontière entre le social, l'économique et le politique, de mieux comprendre le monde dans lequel je vis, ce qui est le but, je crois, de tout essai digne de ce nom. Alors merci David Graeber de nous tenir éveillés et pardonnez-moi si, une fois encore, je n'ai produit qu'un bullshit avis, car je me rassure en me disant qu'il ne représente, tout bien pesé, pas grand-chose.
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ErnestLONDON
  06 septembre 2018
En 1930, John Meynard Keynes prédisait que les technologies auraient suffisamment progressé d'ici la fin du siècle pour que les pays industrialisés puissent instaurer une semaine de travail de quinze heures. Pourtant, la technologie a été mobilisée pour nous faire travailler plus en créant des emplois inutiles. Dans les grandes entreprises, alors que les campagnes de réductions de coût, les licenciements et les accélérations de cadence touchent systématiquement les personnes qui fabriquent, transportent, réparent ou entretiennent, le nombre de « gratte-papier » semble sans cesse gonfler car la classe dirigeante a compris qu'une population heureuse, productive et jouissant de temps libre est un danger. C'est pourquoi, tandis que les « vrais travailleurs » sont constamment écrasés et exploités, les sans-emplois sont terrorisés et dénigrés et les gens « fondamentalement payés à ne rien faire » adhèrent aux vues et aux sensibilités de la classe dirigeante et réservent leur animosité à ceux dont le travail a une valeur sociale indéniable.
(...)
Cette longue démonstration copieusement illustrée de très nombreux témoignages (dont nous n'avons pas du tout rendu compte ici) permet une lecture particulièrement vivante et aisée. Moins dense que d'autres ouvrages de l'auteur, son propos n'en demeure pas moins extrêmement pertinent et un excellent complément de son titre précédent Bureaucratie. de nouveau, David Graeber, en décloisonnant les connaissances, invite à un point de vue radical et totalement original sur nos sociétés.
Article (très) complet sur le blog.
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Filox
  14 janvier 2019
David Graeber explore en profondeur le phénomène contemporain des jobs à la con. La typologie qu'il propose, se reporter aux citations que j'ai publiées, leurs impacts et en premier lieu la souffrance de ceux qui en ont un sont décrits brillamment et sont abondamment illustrés.
Les raisons d'apparition de la nouvelle féodalité managériales et les conséquences sociétales et politiques sont analysées en profondeur.
Ce qui m'a particulièrement plu fait l'objet du chapitre intitulé : pourquoi notre société reste-t-elle sans réaction face à la généralisation des emplois inutiles ?
Le ton est plus polémique, David Graeber rappelle l'origine théologique du travail « devoir sacré », nous ébranle en s'appuyant sur de nombreux paradoxes, hélas fort pertinents tels que : plus mon travail bénéficie aux autres et moins je suis susceptible d être payé pour le faire; ou encore :
de nos jours la plupart des gens tirent leur dignité et leur amour-propre du fait de gagner leur vie grâce à leur travail et en même temps la plupart des gens détestent leur boulot.
Avec son sens de la formule, Graeber écrit : les travailleurs ( du XX eme siècle mais nous en avons gardé la mentalité) sont incités à concevoir leur labeur non pas comme un moyen de créer des richesses ou d'être utiles aux autres que comme un acte d'abnégation, une forme de cilice laïque, un renoncement à toute espèce de joie et de plaisir pour pouvoir devenir adulte et gagner le droit de posséder les gadgets de la société consumériste.
En conclusion, nous ne sommes pas en capacité de transformer notre puissance technologique en occasion d'épanouissement, de travailler beaucoup moins...
Pour terminer cette critique et vous donner l'occasion de vous pencher dans cet abime de perplexité sur les moyens de sortir de la crise contemporaine interminable et qui laisse une place de choix à la tristesse générale, je cite :
« On n'a jamais vu un européen ou un américain considérer que sa carrière professionnelle devait être un signe distinctif pour la postérité. Promenez- vous dans un cimetière : vous ne trouverez pas de pierres tombales marquées «  chauffagiste », «  vive- président exécutif », «  garde- forestier » ou « Employé « . Quand un être meurt, on estime que l'essence se son âme réside dans l'amour qu'il a porté à son conjoint et à ses enfants, dans celui qu'il a reçu d'eux. Pour ceux qui ont fait la guerre, on mentionne la division militaire dans laquelle ils ont servi. Dans toutes ces dimensions interviennent à la fois une intense implication émotionnelle et le fait de donner et reprendre la vie. Pourtant, il y a fort à parier que, de leur vivant, la première question que l'on posait à tous ces gens quand on faisait leur connaissance était : «  vous faites quoi dans la vie ? »
Paradoxe ?
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PostTenebrasLire
  12 octobre 2020
J'ai tagué ce livre « Coup de Coeur » sur mon blog. Il me faudrait créer une étiquette « Indispensables ».
Ce livre fait partie de ceux qui changent votre vision du monde ou qui corrigent ce que vous croyez savoir.
Le précédent livre m'ayant fait cet effet est « Tout sur l'économie (ou presque) »
Avant de lire cet essai :
* Je savais que des « jobs à la con » existaient, mais je pensais que c'était un peu anecdotique
* Je croyais les « bullshit jobs » beaucoup plus répandus dans la fonction publique et les grosses administrations.
* Je ne connaissais pas suffisamment les racines historiques, religieuses de la « valeur » ou des « valeurs » que l'on accorde au travail
* Je croyais à la fable de l'efficience du capitalisme
Et bien cet essai :
* S'appuie sur des témoignages pour illustrer son propos. Mais même une foule de témoignages n'est pas une preuve. Alors justement…
* Trouve des preuves de ce qu'il avance : oui les « bullshit jobs » existent et ne se cantonnent pas au « public » (au contraire !)
* Casse le mythe dans le privé il y en a peu
* Casse le mythe d'un capitalisme efficient
* Plonge aux racines de la place, de la valeur, des valeurs que l'on associe au travail
Depuis quand associe-t-on le travail à la pénibilité ?
Qu'est-ce qui se cache derrière le fait de « vendre son temps ? »
* Catégorise de façon pertinente les genres de « bullshit jobs »
* fait le pont avec les décisions politiques
* Quelles conséquences sur les individus coincés
* et bien plus !
Alors évidemment on ne peut pas mesurer précisément le nombre de bullshit jobs car comment savoir qu'un poste apporte quelque chose à l'humanité ?
Il ouvre d'énormes pistes de réflexion :
* Pourquoi travaillons-nous ?
* Pourquoi garder les gens occupés à des tâches inutiles voir néfastes ?
Un livre indispensable alors que la voie « travailler pour consommer » nous aliène et nous conduit dans le mur.
Lien : https://post-tenebras-lire.n..
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RattusBibliotecus
  28 novembre 2018
Avant de commencer, je tiens à remercier Les Liens qui Libèrent, ainsi que l'agence Anne et Arnaud, pour ce service-presse.
Tu veux un essai économico-anthropologique marrant mais déprimant, déprimant mais marrant ? Essaye celui-là.
David Graeber, figure du mouvement Occupy Wall Street, te parle donc des jobs à la con, à ne pas confondre avec les jobs de merde qui, eux, sont éprouvants, très mal payés et te valent le mépris du public et de tes supérieurs. Néanmoins, ceux-là ont souvent une valeur sociale ; c'est le cas pour la mise en rayon ou le nettoyage des locaux. Ce sont les métiers du care, (ou du soin, en français), sans eux, ce serait le chaos. Afin d'illustrer son propos, l'auteur compare deux grèves : celle des banques irlandaises, et la grève des éboueurs de New York. Six mois sans banques, ça n'aura rien changé, mais sans éboueurs, c'est vite devenu invivable. Ils auront eu gain de cause au bout de dix jours.
Et donc, qu'est-ce qu'un job à la con ? Un emploi bien, voire très bien payé (avocat d'affaires, consultant RH,…), dans lequel tu ne vois ni but ni intérêt, au point que ça peut te rendre dingue. Bien souvent, tu as conscience du problème, alors tu vas mal : syndrome de l'imposteur, culpabilité, ennui… Parfois, tu arrives à faire autre chose qu'attendre sur ta chaise qu'un truc se passe, comme militer ou chercher un remède contre une grave maladie, mais bien souvent, ton job engendre une torpeur mentale qui t'empêchera de faire autre chose que compter les heures.
Loin d'être une planque te permettant de t'accomplir dans ce qui te botte vraiment, le job à la con t'use nerveusement, te détruit dans tes fondements : l'humain, pour se sentir exister, a besoin d'agir sur le monde, d'y laisser une empreinte aussi infime soit-elle qui lui prouvera qu'il a changé grâce à lui. Ce qui, avec ce genre d'emploi, est juste impossible.
Tu vas me dire : mais comment on en est arrivés là ? Eh bien selon l'auteur, notre système se calque en partie sur celui de l'URSS, lorsqu'il fallait créer des emplois pour nourrir tout le monde. Dans notre système, où la pauvreté est bien utile pour imposer des conditions honteuses, ces jobs à la con servent à occuper chaque citoyen, car les gens libres de leur temps font peur : ils pourraient se regrouper, fomenter des révoltes, et ça, la bourgeoisie le redoute plus que tout.
Entre deux traits d'humour venant alléger le texte (je me rappellerai toujours de cette hypothèse de patron jouant à World of warcraft sur ses heures de bureau), tu apprendras des choses plus graves qui ne te surprendront pas, comme l'origine du contrôle total des employés et du minutage : ces techniques ont été mises au point dans les plantations et sur les navires marchands. Quant au travail tel qu'on nous l'impose, il découlerait du christianisme : les travailleurs de base ne doivent recevoir que le strict nécessaire pour survivre en échange de leur force de travail, et les tâches les plus nobles ne doivent pas être payées, d'où le traitement réservé aux artistes et à tout job ayant une valeur sociale.
Alors, que nous propose l'auteur pour sortir de ce système, et donc, des jobs à la con ?
Le revenu de base universel.
Loin de favoriser l'oisiveté, car il est prouvé que l'humain est fait pour travailler (en prison, un détenu préfèrera faire la plonge que rester devant la télé), il serait aussi gage de liberté. L'employé pouvant aller voir ailleurs sans se préoccuper de l'argent, les patrons se verraient forcés de les respecter s'ils veulent que leurs boîtes tournent correctement. Cette relation sado-maso asexualisée, présente dans toute hiérarchie verticale selon l'auteur, cesserait. Comme dans un rapport SM, il suffirait à l'employé de dire « orange » à son patron, et le calvaire s'arrêterait.
Un essai à découvrir si les notions de jobs à la con, de valeur-travail, t'interpellent.
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critiques presse (2)
LaViedesIdees   03 septembre 2019
On connaît le phénomène des « boulots à la con », ces emplois inutiles qui se multiplient, au détriment de ceux qui les occupent, et sans réelle nécessité productive : le dernier ouvrage de David Graeber propose des explications - individuelles, économiques et sociales, politiques et culturelles.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
Lexpress   18 septembre 2018
Après une brillante réflexion sur le travail, son avenir et son rôle symbolique, l'auteur nous abandonne, hélas, à notre ennui. "J'ai moins cherché à proposer des solutions politiques concrètes qu'à inviter à la réflexion et au débat sur cette question essentielle : à quoi pourrait ressembler une société authentiquement libre ?"
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
PostTenebrasLirePostTenebrasLire   25 janvier 2021
La liberté, c’est de pouvoir inventer des trucs juste pour se confirmer qu’on est capable de le faire.
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   21 janvier 2021
Dans un job étudiant à la con, on apprend :
1. comment travailler sous la supervision directe de quelqu’un d’autre ;
2. comment faire semblant de travailler même quand il n’y a rien à faire ;
3. qu’on n’est pas rémunéré pour faire ce qu’on aime vraiment faire, même si c’est quelque chose d’utile ou d’important ;
4. qu’on est rémunéré, en revanche, pour faire des choses qui ne sont ni utiles, ni importantes, et qu’on n’aime pas faire ;
5. qu’il faut faire semblant d’y prendre plaisir, en tout cas dans les postes en contact avec le public.
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   19 janvier 2021
Selon moi, ce n’est pas le capitalisme en lui-même qui produit ces foutaises. C’est l’idéologie « managérialiste » telle qu’elle est mise en pratique dans les grandes organisations. À mesure qu’elle s’incruste, des pans de plus en plus vastes du personnel universitaire sont assignés à une seule et unique fonction : jongler avec la myriade de joujoux qu’elle invente – stratégies, objectifs de performance, audits, rapports, évaluations, nouvelles stratégies, etc. Le tout totalement déconnecté de ce qui devrait couler dans les veines de l’université : l’enseignement et l’éducation.
+ Lire la suite
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   15 janvier 2021
Prenez par exemple les magazines internes aux grandes sociétés – parfois, ce sont même des chaînes de télévision. Leur mission officielle est de tenir les salariés informés des actualités et nouveautés qui pourraient les intéresser. Mais leur véritable raison d’être est ailleurs. Ils n’existent que pour permettre aux dirigeants de connaître cette agréable sensation de chaleur qui vous envahit lorsque vous lisez un article chantant vos louanges dans les médias, ou pour leur offrir les joies de cette expérience inédite : être interviewés par des gens qui ressemblent à des reporters, qui se comportent comme des reporters, mais qui ne leur poseront jamais les questions qui fâchent.
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Nastasia-BNastasia-B   02 décembre 2018
Il n'est pas rare de voir des postes très haut placés et prétendument essentiels rester inoccupés pendant des mois, voire plus, sans que cela produise d'effets notables, y compris à l'intérieur même de l'organisation. Ces dernières années, la Belgique a traversé une série de crises constitutionnelles qui l'ont temporairement privée de gouvernement : pas de Premier ministre, pas de portefeuille de la santé, des transports, de l'éducation… Bien que ces périodes de vacance du pouvoir aient parfois été exceptionnellement longues — le record s'établit pour l'instant à 541 jours —, on n'a noté aucun impact négatif sur la santé, les transports ni l'éducation.

Chapitre 6 : Pourquoi notre société reste-t-elle sans réaction face à la généralisation des emplois inutiles ?
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