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ISBN : 2290317322
Éditeur : J'ai Lu (28/02/2002)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 10 notes)
Résumé :

« Cette pauvreté si manifeste, grossière, presque voulue de l'existence ne peut être qu'un leurre qui cache forcément autre chose. Ou alors vraiment l'homme, si pourvu de moyens, malgré toutes les qualités qu'on lui prête, ne mérite pas tant d'attention. » N'y a-t-il rien derrière le pitoyable quotidien de nos existences ? La vie est dure à avaler, constate Laurent Graff. Elle laisse un goû... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
muet-comme-un-carpe-diem
  26 juillet 2009
Faut-il placer Il est des nôtres de Laurent Graff dans la filiation littéraire de la modificationMichel Butor avait choisi d'articuler son roman autour du pronom personnel vous ou dans celle de Mygale de Thierry Jonquet qui utilise un tu assassin si déstabilisant ?
Comme le chantre du nouveau roman et le maître du polar Laurent Graff, évite en effet le je facétieux ou un ll qui isolerait son personnage principal de ses contemporains pour lui préférer le on qui va associer bon gré mal gré ses lecteurs aux affres du héros ou plutôt de cet anti-héros. Ce choix stylistique est redoutable car comme l'indique Camille Laurens dans son magnifique recueil Quelques-uns qui fait suite au Grain des mots, ce petit mot est un pronom personnel, toujours assujetti, cet invariable aime la variété ; il ne désigne personne mais il remplace tout le monde. C'est le champion de la métempsycose. Il anime à lui seul les six personnes de la conjugaison, s'adaptant à chacune avec un sens aigu de la nuance. Plus loin elle ajoute qu'il est le miroir de l'homme. L'étymologie va plus loin puisque on dérive directement du latin homo.
On c'est donc l'homme, cet homme Jean dont on découvre la vie à la banalité abrasive. Calembredaine de la bedaine de la quarantaine qui éloigne inéluctablement la concrétisation des rêves de séduction. Cohabition plus que vie commune avec la mère de ses enfants dont il craint les foudres ménagères et recherche péniblement quelques attouchements hebdomadaires faute de mieux. Consommation rituelle d'un café matinal sur le comptoir du bar de la gare en attendant le train qui le conduira à son travail de bureau où l'ennui et la médiocrité se livrent à une lutte farouche en dépit de la tartufferie de la convivialité avec ses collègues. Préparatifs de vacances et arrêt sur l'aire d'autoroute.
Peu à peu vous sentirez la nausée vous envahir tant ces cascades de on vous infligent de ressemblances bon gré mal gré avec votre quotidien. Ce pronom personnel honni - on c'est un con entendais-je dire dans mon enfance - est-il le hérault de l'universel nivellement des espoirs romanesques vers le bas ? le "qu'en dira-on ?" et les "on dit" doivent-ils toujours avoir le dernier mot sur les "on ira où tu voudras, quand tu voudras et on s'aimera encore quand l'amour sera mort" ?
A la manière des contes à la courte paille de Gianni Rodari, Laurent Graff propose après cette immersion dans le banal, trois suites possibles, trois récits où brusquement une panne de réveil, un retard viennent tout changer à la façon d'un battement d'ailes de papillon qui entraînerait un ouragan. Jean devient tour à tour Achille, Ambroise puis Arsène qui tous trois verront leur vie modifiée dans le marc du café de la gare. le premier parce qu'il prendra son café dans la salle à côté d'une inconnue, le second parce qu'il remplacera le café quotidien par un whisky qui en appelera beaucoup d'autres, le dernier parce qu'il a renoncé à prendre son café et s'est mis à marcher vers on ne sait quoi.
A vous de voir au sortir de la lecture de ce court roman si vous préfereriez être Jean, Achille, Ambroise, ou Arsène mais ces quatres hommes vous hanteront comme ce sempiternel on hante le livre à la façon d'un bourdon de cornemuse dans la brûme des rêveries.
Lien : http://muet-comme-un-carpe-d..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
YANCOUYANCOU   01 mai 2016
"Ils sont tous là. Parents, frères et sœurs avec leur progéniture, réunis pour fêter notre "changement de dizaine", nous aider à franchir le "cap". Alors, frangin, ça fait quoi de vieillir.
On est à la moitié de sa vie, selon les statistiques. Notre vie est une équation sans inconnu, comprise entre le zéro et quatre-vingt ans, toute tracée, ordonnée, s'inscrivant dans un plan. Naissance, enfance, adolescence, accouplement, reproduction, vieillesse, mort. L'existence est une science exacte. Tout autre considération relève de la littérature - ce qui fait de l'homme, note-t-on, un animal foncièrement littéraire. (C'est toujours comme ça, le jour de son anniversaire - la solennité du jour, peut-être -, on éprouve le besoin de philosopher, d'émettre des idées larges et considérables.)
À l'invitation de la maîtresse de maison - à vos pupitres ! -, tout le monde passe à table et aux aveux : on est là pour bouffer, et c'est tout ce qui nous intéresse. Le calvaire des enfants commence alors, tenus d'assister d'un bout à l'autre à l'interminable repas de famille, aux discussions insipides et aux discours vaseux, aux dernières blagues des adultes. Par moments, tête baissée dans son assiette, on retombe en enfance, on aimerait aller jouer ailleurs. On se bourre de cacahouètes et on reprend un apéritif, un petit "cinquante pour cent", correspondant à peu près à notre participation. On donne bien de-ci de-là son opinion sur la question en cours, quelques mots de ponctuation qui n'ajoutent rien, simplement pour ne pas passer pour un ours trop mal léché. Mais en réalité, on est en retrait, légèrement décalé, derrière la caméra, et on filme le spectacle qui se joue, alternant gros plans impitoyables et vues d'ensemble, un vrai massacre. Là est toute la source secrète de nos maux, cet oeil assassin porté en permanence sur nous-même et ce qui nous entoure, cette distanciation qui nous empêche d'y croire et de vivre en adéquation, cette mise en perspective théâtrale de la vie, ce regard cynique et absolu, constant. La réalité perd tout crédit et devient une vaste comédie absurde.
"Comment?" La femme qui joue l'épouse s'adresse au mari : "Tu peux débarrasser les bouteilles d'apéritif?" "
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rkhettaouirkhettaoui   28 mars 2015
Il faut jouer le jeu si on ne veut pas être exclu . Peut importe que les règles nous déplaisent ,elles sont imposées par le genre humain, c'est comme ça et il n' y a pas à discuter;on doit s'y plier et prendre son mal de dos en patience.L'erreur est de s'obstiner à discuter et à renier les règles ;la faute est dès lors de s'y conformer et de vivre dans le mensonge.
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rkhettaouirkhettaoui   28 mars 2015
Du vin du pays de l’Hérault, onze degrés cinq,une grappe de raisin en illustration.le bouchon se dévisse.Il existe aussi en un litre pour les clodos.Il a le pouvoir d'humilier.Il décape , rabaisse, mis à nu , comme un philtre de vérité.Il coule en nous comme un second sang et rend douloureux notre corps.L'âme s'y précipite.La grimace qui accompagne la première gorgée annonce la métamorphose.
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rkhettaouirkhettaoui   28 mars 2015
On ne prétend pas se racheter une virginité ou obtenir un quelconque pardon en faisant pénitence , on veut seulement montrer enfin son vrai visage , sans dissimulation ni grimace.
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rkhettaouirkhettaoui   28 mars 2015
C'est fou comme l'Autre peut nous ressemblait et nous accuser .On a beau s'en défendre , plaider la différence, on est tous coupables honteux, sous la coupe du même juge qu'est l'ironie de la vie.
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