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ISBN : 2709648547
Éditeur : J.-C. Lattès (23/03/2016)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 11 notes)
Résumé :
1967. Dans un bar de Los Angeles, Johnny Cash livre ses états d’âme à un inconnu. Le chanteur, pourtant au sommet de sa gloire, dit ne plus se reconnaître et rêver d’un endroit tranquille où il pourrait oublier « tout ce cirque ».
En face, l’inconnu se nomme Thomas James Shaper, jeune peintre underground qui vient de faire fortune et voit dans sa rencontre avec Cash le signe qu’il attendait.
Comme lui, il s’est éloigné de ses racines. Comme lui, il sen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Solenne_Louis
  08 juillet 2016
6 juin 1965. La veille de son vingt-quatrième anniversaire, Thomas James Shaper annonce à sa famille qu'il quitte le Québec et la ferme familiale pour suivre des études artistiques à New York. Cette annonce, aussi inattendue que brutale, en particulier pour Robert Shaper, paysan cultivateur de fraises qui voyait en son fils Thomas son successeur, tombe comme un couperet. « Tâche de construire quelque chose à la hauteur de ce que tu as détruit », telle est la phrase qu'assène le père à son fils, et la dernière qu'il lui entendra prononcer. Elle scellera le sort de Thomas, constamment tiraillé entre le bien et le mal, portant le poids d'une lourde tragédie tout au long du récit…
Thomas James Shaper se met dès lors en quête d'une nouvelle vie : à New York, tout d'abord, où il met au point le stick-painting, « sa première imposture d'artiste » qui, un soir de colère, lui vaut de brûler toutes ses toiles pour en sauver deux et les re-créer in extremis. Et de tenter sa chance en les soumettant à l'avis… d'Andy Warhol. C'est à ce moment-là que le roman et le destin de Thomas basculent : Andy Warhol, qualifiant ce qu'il a sous les yeux de « diablement sidérant », présente illico Thomas James Shaper à son trader, surnommé Big Man.
Diablement sidérant, oui…
Car ce qui au début de cette rencontre entre Big Man et Thomas peut sembler être un coup de foudre de l'agent pour son artiste prend très rapidement une tout autre tournure : Big Man offre une colossale somme d'argent à Thomas en contrepartie de dix toiles à peindre en un temps record. le pacte est scellé.
Un pacte faustien, où notre jeune héros pourrait bien perdre (ou a même déjà perdu ?) son âme. Avec l'avance remise par Big Man pour ses « dix-équivalents croûtes », qui lui est tombée du ciel (de l'enfer ?) de manière aussi inattendue que l'annonce de son « grand débarquement » à ses parents un an auparavant, Thomas décide de partir en quête d'un « diable d'endroit », ce qui sera le Jukebox Motel : « je vais rouler jusqu'à l'autre bout du continent pour méditer sur tout ce cirque ; une sorte de retraite pour échapper à ce qui m'échappe, et tenter de saisir dans quelle folie le monde a basculé. » Au prix de bien des sacrifices.
La construction si judicieuse et si maîtrisée du roman en triptyque (trois parties équivalentes d'une centaine de pages, Fortune – Big bang – Balance), confère à "Jukebox Motel" une dimension mystique qui intrigue et captive du début à la fin, et nous maintient au fil des pages dans un état jouissif d'apesanteur, entre rêve et réalité. Les personnages fictifs ou réels qui gravitent autour de Thomas sont décrits avec une verve, une acuité et un humour qui rappellent ceux non seulement des romans de Paul Auster, mais aussi et surtout de ses films "Smoke" et "Brooklyn Boogie" : qu'il s'agisse de Joan Grant, la femme de Thomas, « l'indamante » (ah, le fameux code de l'indamour), de la mère de Thomas (mention particulière au chapitre 6, « Cerceaux de feu ») ; de Ted, l'ange gardien surnommé par son entourage la Bible de Tustin (!) et qui aidera Thomas à construire son « diable d'endroit », celui qu'il promit quelque temps plus tôt… à Johnny Cash lui-même, rencontré un soir dans un bar de Los Angeles, et qui, lui aussi, cherche un refuge où se retirer de tout « ce vaste cirque ». Pour fuir la folie et la superficialité d'un monde gangréné par le mercantilisme, avant d'y perdre son âme, voire la vie.
Du début à la fin, l'écriture est superbe, fluide, drôle, sombre et poétique à la fois (inénarrables « saute-motons ») : Tom Graffin, qui a été biographe familial et auteur-compositeur-interprète, met tous ses talents au service d'un premier roman foisonnant, qu'on ne se lasse pas de lire et de relire. Où le monde de l'art, personnifié par un Big Man haut en couleur, est passé au vitriol.
L'originalité et la force de "Jukebox Motel" résident aussi et surtout dans la mise en abyme d'un roman épistolaire dans le roman, où les lettres, poèmes et chansons échangés entre Joan et Thomas ponctuent certains chapitres et expriment subtilement la difficulté et surtout l'incapacité des deux personnages à vivre réellement leur histoire d'amour, lettres qui tentent de combler ce vide et manifestent leur volonté de s'extirper d'une réalité qui leur échappe.
En ce sens, comment le "Jukebox Motel", qualifié de « diable d'endroit », pourra-t-il être le salut de Thomas ? Et à quel prix ?
Pas question ici de révéler la fin de l'histoire de cette quête (diabolique ?) de Thomas James Shaper, dont on ne sait jamais si elle est réelle ou rêvée. Assurément, la très belle citation de Jean Cocteau, en exergue de "Jukebox Motel" (« Si le feu brûlait ma maison, qu'emporterai-je ? J'aimerais emporter le feu. ») et qui intrigue d'emblée le lecteur, prend tout son sens dans le dernier paragraphe du roman. La boucle est bouclée.
L'histoire et les personnages de "Jukebox Motel" vous hantent bien longtemps après avoir refermé le livre, portés par la plume virtuose de Tom Graffin. Un très grand premier roman publié par les éditions Lattès en mars dernier, qui fera date, et qu'on ne peut que recommander !
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ladyshania
  17 juin 2016
Tout d'abord, je tiens à remercier l'équipe de Babelio et les éditions JC Lattès pour l'envoi de ce roman dans le cadre de l'opération Masse Critique.
Dans les années 70, Thomas Shaper vit au Québec avec ses parents, paysans, qui vivent de la culture des fraises. Son destin est tout tracé, il reprendra l'exploitation, qui se transmet de génération en génération. Mais Thomas a d'autres ambitions et quitte son pays natal afin de tenter une carrière d'artiste peintre aux Etats-Unis. Il va y rencontrer sa future compagne Joan, parolière. Grâce à un marchand d'art surnommé Big Man, Thomas va être propulsé au rang de maître du stick-painting sous le pseudo de Robert Fury. En pleine gloire mais en quête d'identité, il rencontre dans un bar, le célèbre chanteur de country Johnny Cash. Également éloigné de ses racines, l'interprète cherche un lieu où se reposer et se ressourcer. Thomas lui promet alors de lui trouver son "diable d'endroit".
Un très bon premier roman pour Tom Graffin, qui nous ramène dans l'ambiance musicale et artistique des seventies. de plus, la couverture est magnifique, elle représente une carte imaginaire, qui indique les moments forts de la vie de Thomas Shapper. Par ailleurs, l'auteur est aussi compositeur et il y a donc une bande-originale qui accompagne le roman (disponible sur les sites d'écoute en ligne), que je me suis empressée d'écouter. Les morceaux de musique country-blues sont sublimes et vous transportent dans le bar Jukebox aux côtés de Jimi, Bob, Elvis et Johnny.
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leolechat
  29 mai 2016
Voilà longtemps que je n'avais pas lu un diable de roman, se déroulant dans un diable d'endroit !
Tom Shaper, le narrateur de ce roman, se retrouve riche grâce à ses croûtes (des peintures dans la mouvance underground et adoubées par Andy, le pape du pop art !)
Fier de ce succès et l'audace aidant, ce dernier va sillonner le monde, s'amouracher d'une donzelle et pondre un môme... Et pi se retrouver dans un trou perdu, une fois son tour de planète fait !
Le voilà rendu dans un bled paumé où il va faire copain-copine avec le célèbre Johnny Cash, un pote croisé au détour d'un bar à cocktail...
Les deux bonshommes font ami-ami et se découvrent une passion commune et dévorante pour les breuvages à forte teneur alcoolisée... Qu'à cela ne tienne, Tom sera l'artisan qui va monter les murs de leur "Diable d'endroit" !
Elvis, Bob, Joan, Marilyn et Jimmy ne sont pas que des mythes. Voilà des icônes que vous retrouverez entre ces pages, riches en inventivité et en poésie. L'auteur nous brode un franglais qui ferait se tirer tous les cheveux de la tête à Mr Larousse ! Des terres à déficher, mais qui ne manquent pas de peps !
Surprenant, inclassable... Voilà un OVNI littéraire qui me laisse perplexe !
Lien : http://leslecturesdisabello...
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paulotlet
  19 juin 2016
Juin 1965. Tom, le fils d'un cultivateur de fraises québécois avait rêvé de découvrir le vaste monde. A New-York, il rencontre Joan avec qui il vit un amour non conformiste, tantôt fusionnel tantôt distant. Devenu un peintre de légende un peu malgré lui, Tom croise Johnny Cash dans un bar californien et lui promet de construire un "diable d'endroit" où échapper à la fureur du monde. le Jukebox Motel naît au milieu de nulle part; il verra défiler les potes de Johnny: Bob, Jimi, Elvis et le jeune Bruce qui pourrait bien nous étonner un jour.
Mais cette vie idyllique cache difficilement le drame intérieur de Tom, pantin entre les mains de marchands d'art qu'il méprise, auteur d'une oeuvre qu'il considère comme une farce, fils ingrat et amoureux absent.
Il y a un peu de John Irving chez Tom Graffin qui enchaîne une galerie de personnages hauts en couleur, et crée une ambiance très cinématographique; on contemple les paysages, on écoute la musique, on sent la térébenthine. On est heureux quand la belle américaine de Johnny franchit enfin le portail après un an d'attente, on trouve le Cobbler trop sucré. C'est bien rythmé, écrit de manière efficace malgré un emploi du présent auquel il faut s'accoutumer, forcément. Les situations sont inattendues, cocasses, parfois émouvantes, jamais mièvres. La question centrale du bouquin est comment vivre une vie fondée sur l'imposture. Et Tom ne cessera de chercher à échapper à l'emprise d'un destin qu'il n'a pas vraiment choisi. Et toute la joyeuse bande du Jukebox Motel lui ouvrira la porte.

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Musicalame
  11 juin 2016
USA, années 70. Thomas Shaper, jeune artiste peu convaincu par ses propres oeuvres, fait fortune grâce à Andy Warhol. Désabusé, il traverse les États-Unis à la recherche de cette chose qu'on pourrait appeler le talent. C'est dans un bar paumé qu'il rencontre le grand JOHNNY CASH et contre toute attente, celui-ci lui demande un service : lui trouver un "diable d'endroit" pour s'y ressourcer. C'est avec ce projet en tête que Thomas arpente à nouveau le pays dans l'espoir de le trouver...
L'auteur, originaire de la Sarthe bien qu'il pourrait être né au Québec, écrit dans une langue pleine d'inventivité, jouant avec les "faux-amis" de la langue anglaise, invitant le lecteur à une double interprétation.
ORIGINAL, BEAU et très SEVENTIES !
Le +++ = le site totalement dédié à Jukebox Motel à consulter évidemment ! www.jukeboxmotel.fr
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
MarcoPlaisanceMarcoPlaisance   02 avril 2016
Il faut croire que, même au bout de la vérité, on a besoin de garder quelque chose à avouer, qu’au bout de nos aveux, il reste un dépôt, une lie au fond de la bouteille. Cette vérité impossible à donner à l’autre, ce double fond, c’est encore un mensonge, le dernier, et on préfère l’appeler secret.
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paulotletpaulotlet   19 juin 2016
J'avais pondu douze toiles d'un style à faire passer Pollock pour un réaliste, et la simple idée de me replonger dans cette usine à merde me coupait la soif. Les dix toiles à refaire n'étaient effectivement que des répétitions des deux premières, mais Big Man avait aligné le pognon sans faire d'histoires et je n'avais rien trouvé d'étonnant à cela. Vendre à prix d'or dix reproductions de croûtes elles-mêmes vendues à prix d'or n'avait rien d'illogique.
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MarcoPlaisanceMarcoPlaisance   02 avril 2016
La dose cruelle de talent : un talent tout juste suffisant pour y croire, mais tout juste insuffisant pour réussir.
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paulotletpaulotlet   19 juin 2016
Boss, si la vie nous apprend quelque chose, c'est bien qu'on ne peut pas sauver tout le monde. Ton diable d'endroit ne peut faire de bien qu'à ceux qui ne se sont pas encore fait trop de mal. En plus, Jimi était une étoile massive...
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ChristineMalletChristineMallet   16 avril 2016
Une même loi régit les hommes et les astres : leur force d'attraction est proportionnelle à la masse de leur oeuvre.
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Videos de Tom Graffin (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tom Graffin
Tom Graffin présente Jukebox Motel, son premier roman paru chez JCLattès. Émission "C à vous" du 7 juin 2016.
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