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EAN : 9782021138894
324 pages
Seuil (02/01/2014)
3.67/5   54 notes
Résumé :
Philadelphie, 1828. Promis à une belle carrière d'avocat et de peintre mondain, George Catlin voit une délégation d'Indiens se rendre à Washington pour négocier des traités. Il est ébloui par la superbe des cavaliers. Bientôt, le peintre renonce à ses portraits de citadins huppés, il quitte sa femme, sa ville, son confort, enfourche son cheval pour galoper le long du Missouri et du Mississippi à la rencontre de dizaines de tribus. La grande prairie est vierge. Nuls ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Aela
  27 janvier 2014
J'étais très attirée par le sujet: la vie du peintre américain George Catlin (1796-1872).
Ce peintre a renoncé à sa carrière d'avocat et de portraitiste de généraux et riches bourgeois pour se consacrer à la peinture des Amérindiens.
Cette vocation lui est venue lorsqu'il a rencontré la délégation amérindienne venue à Washington en 1828 négocier les traités de paix.
Il va quitter son confort et sa famille pour parcourir les plaines du Mississipi et du Missouri à la recherche des tribus amérindiennes.
Catlin est le premier peintre à saisir les Amérindiens dans leur vie quotidienne, loin de toute cérémonie officielle.
Patrick Grainville relate ici le séjour du peintre chez les Sioux.
Catlin a été le premier à avoir prédit la fin prochaine de l'espèce des bisons et à avoir annoncé la fin de cette civilisation ancienne qui dominait sur le continent américain avant l'arrivée des Européens.
Le sujet était magnifique mais j'ai été déçue: je m'attendais à vivre au jour le jour parmi les Indiens. Ici le récit reste "en surface". L'auteur parle de Catlin, de ses motivations, de ses techniques picturales, mais pas assez à mon goût, de la civilisation amérindienne, ni des coutumes, des croyances..
C'est un peu dommage....
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bibliovegevore
  17 août 2015
On suit dans ce roman un homme qui a réellement existé : le peintre George Catlin. Visionnaire, celui-ci pressent, des décennies avant la (quasi) extinction des indiens, leur fin malheureuse. En multipliant les portraits et les peintures représentant la vie quotidienne de diverses tribus, puis en récoltant des objets divers afin de monter un musée, il est un témoin incroyable d'une époque et d'un environnement révolus. Au delà de cet objectif, on se rend compte à quel point il aime ces peuples, cette culture et cette vie.
Patrick Grainville nous présente une tribu sioux et des personnages hauts en couleur, qui prennent vie devant nous. Ce ne sont pas « juste » des indiens, se sont des individus à part entière, avec une personnalité propre, un sens de l'humour, des défauts et des failles. Tous sont intéressants mais j'ai vraiment adoré les deux personnages les plus excentriques du récit.
Tout d'abord Oiseau-deux-couleurs, l »homme-femme », un travesti qui est aussi le chamane de la tribu. Comme on s'en doute un peu, les travestis « étaient l'objet d'un certain dédain de la part des guerriers. Une société entièrement fondée sur une surenchère de prouesses viriles, sur des vertus de bravoure guerrière, avait peine à comprendre le choix de vie de travestis mais cela n'allait pas jusqu'au bannissement. » (page 24). Mais « chez les sioux, la situation du berdache était plus nuancée, la défiance s'alliait à de la crainte, voire à du respect, quand l' »homme-femme », le Winkte…était wakan, donc sacré ». Ce personnage nous permet de nous rendre compte à quel point les indiens avaient des moeurs libérées et étaient très tolérants face à la sexualité : polygamie, maitresses ou amants, homosexualité, transexualisme… C'était un élément de la culture indienne que je ne soupçonnait pas!
J'ai adoré le personnage de Louve qui est le plus intéressant, le plus complexe du récit. C'est devenu l'un de mes personnages féminins préférés. Voilà un bref passage sur Louve (que j'ai amputé du début pour éviter une révélation trop importante sur le personnage) :
« …Ainsi, murmura Oiseau, d'une voix secrète que Catlin prit très au sérieux, Louve s'était vouée à l'enchantement et à la malédiction. Elle ne garderait pas son mari, manifesterait une indépendance impossible chez les Indiens, un goût pour les voluptés rares, la prédation hardie et les prouesses masculines, un penchant pour la dissonance, la rupture, une attitude rebelle, une attirance pour le vagabondage et le chaos. »
J'ai également apprécié le côté « nature writing » de la description de l'ambiance et des paysages dans lesquels Catlin et les indiens baignent.. Pour finir, je ne peux m'empêcher d'avoir une petite pensée pour la femme et les enfants de Catlin, qui n'ont pas du voir souvent leur mari et père…
En conclusion : L'auteur nous offre avec ce roman un double portrait : celui d'un peuple passionnant aujourd'hui quasiment disparu, et celui d'un peintre peu connu du grand public mais qui compta parmi ses fans George Sand et Charles Baudelaire. Cette lecture s'est révélée un dépaysement sympa pour l'été, tout en étant instructive.
Lien : https://unoceandelecture.wor..
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fann
  21 décembre 2014
Un récit envoutant qui nous emmène à la découverte des Indiens, juste avant leur extermination, et d'un peintre, Georges Catlin, fasciné par ce peuple. Il vécut parmi eux pour mieux connaître leur culture, les considérant comme ses égaux, et tenta de préserver leur mémoire en peignant leur vie quotidienne, en collectionnant objets usuels et sacrés et en rédigeant des carnets. le contexte historique est bien situé, permettant d'appréhender le dilemne de Georges Catlin : sa fascination pour un peuple qu'il sait condamné, ses doutes concernant ses tentatives de préservation de la culture indienne et l'indifférence de ses contemporains pour qui les Indiens n'étaient que des sauvages. L'écriture est visuelle, j'ai eu l'impression de voir les tableaux de Georges Catlin s'animer sous mes yeux. Superbe !
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Rodin_Marcel
  29 décembre 2016
Grainville Patrick – "Bison" – Seuil/Points, 2014 (ISBN 978-2-7578-4953-8)

Il s'agit ici d'une biographie romancée du peintre états-unisien George Catlin (1796-1872), qui parcourut de 1821 à 1860 les vastes espaces correspondant grosso modo aux États-Unis actuels pour y vivre auprès des tribus indiennes – surtout les Sioux dans le présent récit – et y peindre tout à la fois des scènes de chasse, des portraits, des paysages, avant que tout cela ne soit anéanti par les colons blancs nés sur place ou venus d'Europe.
Avec l'auteur Patrick Grainville, la qualité d'écriture est toujours au rendez-vous, même lorsqu'il "se limite" comme dans ce récit, à une relation relativement "documentaire" appuyée sur une documentation précise (le peintre Catlin a laissé de nombreux écrits ainsi que ses carnets de voyage).
Il se concentre ici principalement sur les années 1832-1837 (cf pp. 32-33), avec des échappées sur les disparitions à venir, comme l'inventaire des défaites indiennes face au déferlement des blancs (cf pp. 58-59) ; son récit est exempt de toute mièvrerie, de tout romantisme rousseauiste, à l'image des qualités qu'il décèle chez son personnage (cf p. 32). A plusieurs reprises, il rend compte des contacts entre les indiens et les marchands blancs apportant la dégradation des moeurs, comme par exemple avec l'alcoolisme (cf pp. 123-128).

Il a un véritable talent pour rendre des scènes très visuelles, comme la chasse aux bisons ou les "immenses vols de grues et d'oies des neiges" (p. 73), mais nous sommes loin ici de la recherche fouillée sur les ressorts profonds de l'acte de peindre, effectuée avec "L'atelier du peintre" (voir recension).
Notons les comparaisons avec les autres peintres qui traiteront de sujets similaires, comme Alfred Jacob Miller (p. 32), Bodmer (p. 57), John James Audubon (pp. 128-130), William Jacob Hays (p. 276), Frederic Remington (p. 277). Au passage, je relève une allusion furtive à Bethsabée (p. 106).

Une lecture plaisante et agréable, même si elle nous rappelle que les États-Unis furent fondés sur la destruction de contrées restées quasiment inviolées jusqu'à l'arrivée des colons, sur l'anéantissement de la faune sauvage dont principalement les gigantesques troupeaux de bisons et surtout, surtout, sur le génocide systématique des tribus indiennes.

Un livre à lire et recommander.
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hannah851
  19 mai 2014
Avec ce roman, Patrick Grainville nous fait voyager dans les Grandes Plaines d'Amérique du nord à la découverte des tribus qui y vivent juste avant la conquête de l'Ouest. La culture des Indiens des Plaines est alors à son apogée mais leur temps est compté car ils vivent leurs derniers moments de liberté. Conscient de leur disparition prochaine, George Catlin décide de saisir par la peinture les représentants de ces nations et leurs coutumes. L'auteur nous raconte le séjour de Catlin chez les Sioux où il va participer à leur quotidien en assistant à leurs cérémonies et à la chasse au bison mais aussi s'impliquer dans leur vie de tous les jours. Il note dans ses cahiers tel un ethnologue amateur leur vie et chercher à collecter de nombreux objets et vêtements pour son projet de galerie indienne.
Catlin est un artiste emprunt d'idéalisme, rêveur et défenseur d'une cause perdue, la reconnaissance des Indiens comme un peuple à part entière. Renonçant à son métier d'avocat, il part à leur rencontre. Son parcours est distillé par l'auteur tout au long du roman de manière judicieuse et s'appuie sur une recherche documentaire très riche. Les descriptions de la chasse au bison, des incendies qui ravagent les Plaines en été ou des paysages et des animaux qui y habitent sont particulièrement réussies.
A travers la description purement fictive des aventures de Louve Blanche, femme crow enlevée par Aigle Rouge, Bogard le trappeur engagé par Catlin, Oiseau Deux Couleurs, le berdache de la tribu sioux, Aigle Rouge ou Elan Noir, l'indien en quête de la Vision, l'auteur nous plonge dans un univers à jamais perdu mais en partie immortalisée par la peinture de Catlin.
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critiques presse (2)
LaPresse   31 mars 2014
Son style foisonnant, son imagination fébrile n'ont aucune peine à donner vie aux tableaux d'une scène de chasse aux bisons, des danses macabres et superstitieuses du soleil ou du chien, d'une escarmouche sanglante entre Crows et Sioux.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LesEchos   29 janvier 2014
Emerveillé mais lucide, l'artiste pressent la fin de ce monde dont il saisit avec force et sensibilité les us et coutumes.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
fannfann   18 décembre 2014
La longue-vue permettait au peintre de scruter en profondeur la vallée de la rivière des Couteaux. Elle se déroulait étroite et comme infinie entre des bois, quelques collines peu élevées, des rocailles. Les Crows avaient installé leurs wigwams dans un méandre calme planté de bouleaux et de saules. C'était toujours pour Catlin la même fascination devant un campement encore lointain, mystérieux, clos dans son intimité. La centaine de tentes échelonnées se chevauchant dans la perspective, rapetissant, enveloppées par l'espace gigantesque. L'impression de majesté, de silence, de paix. Les teepees sphériques et pointus... La beauté du monde humain alliée à celle du paysage. Identiques. Voir cela. Le contempler à satiété. Etre envoûté. Vivre.
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laliseuse11laliseuse11   22 septembre 2014
Les aventures de ce photographe Georges Catlin, au milieu du XIX siècle, au sein des tribus indiennes d'Amérique sont fascinantes.
Nous le suivons dans son quotidien et grâce à ses photos et les nombreux objets artisanaux, il laissera un témoignage exceptionnel sur ces tribus amenées à disparaitre.
Un très beau roman d'aventure.

Commenter  J’apprécie          70
bibliovegevorebibliovegevore   17 août 2015
Le soir, après avoir retouché les paysages vierges peints pendant la journée, Catlin annonce dans ses lettres la mort du vert. Quand Baudelaire le découvrira, le vert commencera d’être clôturé. Avec des fermes, avec des cow-boys armés, des éleveurs de bétail, avec des guerres, de nouvelles lois, de nouvelles frontières! La fuite, l’errance, la variole, l’alcool, les réserves enfin ou la prison. La fin de la vie.

Catlin sait et il peint. Il accumule les preuves de la grande vie des Sioux.
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hannah851hannah851   19 mai 2014
Aigle Rouge, Elan Noir, Tonnerre Riant, Catlin et Bogard galopèrent au bord de la rivière Cheyenne. Ils atteignirent une colline d'où la vue s'élargissait. Le spectacle qui s'offrit à eux était beau et tragique. Des flammes couraient sur le dos de collines avoisinantes, on eût dit des écailles hérissées de dragons. Le vent soufflait, soulevait les herbes hautes, arides, les crispait, les transformait en torches. D'épaisses fumées noires se répandaient dans l'azur...
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bibliovegevorebibliovegevore   17 août 2015
Ainsi, murmura Oiseau, d’une voix secrète que Catlin prit très au sérieux, Louve s’était vouée à l’enchantement et à la malédiction. Elle ne garderait pas son mari, manifesterait une indépendance impossible chez les Indiens, un goût pour les voluptés rares, la prédation hardie et les prouesses masculines, un penchant pour la dissonance, la rupture, une attitude rebelle, une attirance pour le vagabondage et le chaos
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