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EAN : 9782903258207
63 pages
Calligrammes (02/05/2004)
4/5   5 notes
Résumé :
Poésie inachevée, la mort ayant fait son œuvre.
Le projet était une suite de « Chants ». Trois seulement furent achevés.
Dans ces chants la vie est présente, avec ses joies, ses rapports avec la nature et le monde. Il y parle des fleuves, des ports, des mers et des océans. Il parle aussi des marins et des pêcheurs et des navires qui font rêver les terriens.
– » Il y avait les ouragans
Il y avait la peur humaine »
Les Genese et der... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Fleitour
  30 janvier 2018
Le dernier recueil de Xavier Grall est d'autant plus poignant, qu'il se termine par un hommage à Bobby Sands, indépendantiste irlandais, non violent.
"Je vois Bobby près des sources et des étangs dansants parmi les archanges et les oiseaux, pauvres mais invincibles," ou encore "un jeune marthyr vous transfigure".
Le recueil se divise en plusieurs chants, chaque vers commence par il y avait.
Ce sont donc des chants, d'une grande mélancolie, comme une incantation d'un monde définitivement perdu.
Une prière pour que dans un sursaut de fierté, de nouvelles générations décident de sauver la terre, et plus généralement toute la création de la genèse.
Ce très long texte, est fait d'un seul tenant, comme tronc gravé par une seule main, édifiant le nouveau testament, d'un monde réconcilié avec la nature.
Il y avait la terre
il y avait les océans
il y avait les mers
il y avait la mer bretonne
il y avait la rapide bisquine.
p 31
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
TerrainsVaguesTerrainsVagues   09 mars 2022
Les déments.

Par les chemins noirs
De l’Arrée
Où vont-ils les déments ?
Ils poussent des troupeaux souillés
Dans les vallons de tourbes
Et dans leurs caboches molles
Des cloches d’airain cognent
Des glas épouvantables
Et de torrides effrois
On les voit les déments du côté de Commana
De Botmeur et de Brasparts
Leur panse pourrie de cidres amers
Et de vinasses violettes
Effrayant les corneilles
Que les épouvantails angoissent
Ils bavent les déments comme des gargouilles
Des jurons fatidiques
Entre de hargneuses malédictions

Déments
Démons
Abandonnés
Boulimiques
Éthyliques
Ils traînent leur lourd célibat
Dans les hameaux sans femme
Nulle flamme ne brûle leur cœur
Nulle épouse n’attend leur pas
Ils vont dans leur propre pays
Comme des relégués et des maudits
Leurs guenilles griffées par les ronces
L’œil mi-clos la bouche torve
Ils s’impatientent d’une vie trop longue
Dans la pluvieuse misère des Monts d’Arrée

Effarés
Oubliés
Damnés
De rares souvenirs parfois illuminent
Leur mémoire rabougrie
Ils songent aux jours anciens
Des avoines et des luzernes
Aux grandes faux lumineuses
Dans le golfe des hautes herbes,
Aux moissons triomphales, ils rêvent
Dans les étés criblés d’hirondelles
Au Jabadao, à l’an-dro des fêtes de nuit
Ils songent aux truites rieuses et aux rivières
Aux plaisirs des bretonnes enfances
Parmi les ogives les chênes et les hêtres
Et parfois raclant des colères
Sur leurs derniers chicots
Ces crapauds humiliés de l’ère industrielle
Crachent des venins dans les coquelicots

Ivrognes
Sourds
Lourds
Cramoisis
Les déments de l’Arrée sans descendance
Éteignent les vieux clans campagnards
Des gerbes et des meules
Ils ont refusé l’exil, l’usine et l’encan
Et la vie qui marche a piétiné leur raison
Leur laissant le quignon la soif et la misère
Et les grands chiens galeux des désastres fermiers
Lèchent leurs pieds jaunes sous les tables rondes

Par les chemins noirs
De l’Arrée
Où vont-ils les déments
À quel orme
Pour quel suicide ?

Seuls ils rient tels des idiots
Des choses de la vie et des grimaces de la mort
Et l’aube bondissante les trouve ainsi
Affalés dans leur fêlure mentale
La soif des gnôles meurtrières et flamboyantes
Reprend alors leur esprit solitaire
Et c’est en titubant
À Botmeur, Commana et Brasparts
Qu’ils arpentent les chemins du néant
Face à la haine des pierres et au cynisme des ifs
Nos déments, nos semblables, nos frères…
+ Lire la suite
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FleitourFleitour   30 janvier 2018
Ne me parlez pas de moi
Sur ma tête mettez une pierre
D'argile blanche
Et parlez-moi de la terre.
p 63
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mgeffroymgeffroy   20 mars 2012
Mais il y avait la douleur humaine
Les mouches dans les yeux blancs
Il y avait les crues
Naturelles et surnaturelles
Il y avait les plaies les chancres
Il y avait les fleuves
Il y avait les cadavres dans les eaux
Il y avait la détresses des flûtes
Dans les villages écrasés
Il y avait les grands fleuves
Il y avait l'incommensurable douleur humaine
Commenter  J’apprécie          40
mgeffroymgeffroy   20 mars 2012
Ne me parlez pas de moi
Sur ma tête mettez une pierre
D'argile blanche
Et parlez-moi de la terre.
Commenter  J’apprécie          70

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