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ISBN : B004DXD3M2
Éditeur : Calligrammes (30/11/-1)

Note moyenne : 4.68/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Oeuvre laissée posthume par le poète breton, écrite en 1969-1970. Son projet était d'écrire un ouvrage mystique et de laisser un héritage spirituel à ses filles. Le résultat est une méditation en prose sur la foi mais aussi une ôde à son pays, auxquelles s'ajoutent des fragments de vécu.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Fleitour
  17 juin 2018
La lettre à " l'Inconnu me Dévore" de Xavier Grall disparu en 1981, est un long poème en prose, une prière, de feu et de lumière adressée à 5 jeunes femmes, ses divines, ses cinq filles Catherine, Geneviève, Isabelle, Véronique, et Lucie.
L'Inconnu me dévore, est un ensemble de textes, publiés dans La Vie et le Monde rassemblés à titre posthume trois ans après la mort de leur auteur.
Quand j'ai pris en main ce long psaume, ce sont les yeux d'un revenant qui me souriait, c'est un clin d'oeil facétieux des Éditions de l'Équateur qui s'affichait comme un miracle éditorial, le dernier éclat du poète, le rire de Xavier Grall renouait avec ses divines, il avouait aussi page13, " il faut bien que se créent les abîmes pour que s'y engouffrent les forces de vérité, l'eau coule où se lézarde la terre.”

Parler à ses filles avec cette puissance vitale, cette tendresse là, paternelle, charnelle, vous remue le coeur. Les mots du père comme une bruine hivernale, vous transpercent, vous glacent le sang. Noyé par les mots, Xavier Grall , se livre page 63 ” la dureté du cœur ne m'apparait pas seulement comme criminelle, elle m'apparaît aussi comme stupide. "

Que veut-il transmettre à ses filles, rien que l'immense amour qu'il a pour elles et qui le submerge, écrire follement sa joie de leur parler, comme s'ils les enlaçaient toutes ensemble dans une étreinte profonde pleine de rires et de joie et de bruine.
À l'aube de ses dernières pensées, le temps presse, il aurait tant de choses à leur dire, ses mots se resserrent sur l'essentiel, en fulgurantes invitations, nous ne possédons le monde que dans la mesure où nous savons en reconnaître les plaies, en sonder les reins déchirés, et y porter l'onguent et le remède.

Aurait-il perdu sa hargne, ses longues tirades contre la morale, celles qui précèdent la foi, les constipés de la morale. A la différence de ses autres ouvrages, c'est l'homme apaisé par ses tourments qui se tourne vers ses divines, et les rassure, il affirme page 64, "je ne suis indifférent à rien. Tout me touche tout me pénètre, je ne supporte pas l'humiliation portée par les créatures humaines sur les autres créatures", plus loin il confirme, page 84 "Aujourd'hui je cueille l'allégresse de la foi. Mon enfance nouée aux bâillons mauves de la semaine Sainte, je ne tiens pas à la retrouver."

Ainsi délivré Xaver Grall avec une ardeur étrangement mystique parle de sa nouvelle vie, suivre le Christ, qui par ses paroles , clame" l'amour est la seule raison d'être de la vie", p 119.
Il épie l'aurore. Il se fait « guetteur de matin ». « Mes filles, mes Divines, je vous l'avoue, je suis encore en Samarie. Je chemine avec ces hommes légers qui (au temps du Christ) avaient sur les lèvres le goût des vins et des rires. » 

L'ange des Monts d'Arrée s'est tu, pas le poète, "J'ai fait des truands des poètes. Des poètes des Saints". Sa voix est un enchantement, sa poésie déborde, il suffit d'ouvrir le livre et ses intuitions giflent les phrases en giboulées de mots pour ses divines.
Ne lire qu'un ouvrage de Xavier Grall, celui là.
Bienheureux les éditeurs inspirés !


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nadejda
  28 novembre 2010
Livre brûlant de passion qui est une lettre à ses filles (il en avait cinq). A mon avis le plus beau texte de Xavier Grall. A lire et relire
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Frederic524
  14 septembre 2018
Pour qui croit au destin, il était donc écrit que je croiserais un jour les chemins de l'oeuvre de Xavier Grall (1930-1981). Il y eut tout d'abord la résonnance d'un titre "L'inconnu me dévore", la rencontre avec une vraie gueule de cinéma, un esprit contestataire, sans cesse révolté, en communion avec la nature, un poète faisant vibrer les mots tel un joueur de harpe celtique. Xavier Grall était Breton et c'est peu dire qu'il a aimé son pays, sa terre, ses genêts, l'océan, les oiseaux, les vieilles pierres, les chapelles, les vieux chemins en creux. "L'art n'est que la respiration haletante de l'amour" écrit-il. Cet amour était consubstantiel de la colère qui l'animait contre les misères de ce monde. Dans "L'inconnu me dévore", Xavier Grall dresse le portrait d'une vie, sa vie et il s'adresse dans une prose enflammée à ses filles, ses Divines comme ils les appellent. L'ouvrage fût posthume car publié après qu'il eût rejoint les étoiles et cette lumière, ce soleil qu'il chérissait tant. L'oiseau de nuit guettait et c'est peu dire que Xavier Grall s'est brûlé les ailes dans les vapeurs de l'opium, de l'herbe, du cognac, de l'absinthe enfin mère de tous les poètes. Il nous décrit son enfance janséniste, sa foi de "catholique solitaire, mystique et fou" selon ses propres mots. Tel l'écrivain Jack Kerouac qu'il admirait tant, Xavier Grall nous décrit sa force d'amour, les mystères de sa foi profonde et si éloignée des ors de l'Eglise romaine et des bigots qu'il fouette de ses mots cinglants. "Ma foi est une méharée silencieuse et lyrique". Testament de l'auteur adressé à ses filles, je fûs éblouis et saisi par l'ivresse des mots de Xavier Grall. On peut résumer sa vie à ses mots "J'ai tant aimé et ma sagesse fût d'aimer follement." La lecture de "L'inconnu me dévore" a suscité chez moi une vive émotion. le style d'écriture est admirable, tout comme la sincérité d'un auteur qui ne transigeait pas avec la vérité, sa vérité, la seule qu'il eût connu : l'amour. Car au fond écrit-il "Il n'y a qu'un pêché, c'est de ne pas aimer". le poète écorché, l'amant de sa chère Bretagne, l'homme de conviction aimant la vie avec passion malgré ces vicissitudes, le chrétien des origines rejetant les dogmes et les interdits, Xavier Grall c'est un peu de tout cela. Et moi de finir sur ces mots sublimes de Grall : "Tout est fabuleux pour qui sait regarder. La fraîcheur du regard est le commencement de la sainteté". A défaut de sainteté, Xavier Grall m'a ému et transpercé jusqu'au coeur, là où vibre mon âme celte et ce désir un peu fou d'embrasser le monde d'un seul regard sans se brûler les yeux !

Lien : https://thedude524.com/2018/..
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mifasol
  16 juillet 2018
De très beaux textes adressés par l'auteur à ses filles, dans lesquels il exalte la passion de la vie.
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critiques presse (1)
LeFigaro   16 février 2018
Réédition d'un livre oublié de l'écrivain breton mort en 1981 dans lequel il chante sa terre natale et célèbre Dieu à travers des confessions adressées à ses cinq filles.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   05 décembre 2010
Je m'en reviendrais,
avec ma musette pleine de larmes, de livres et de rêves.
Et à mon tour je dévorerai l'Inconnu
dans une ineffable et éternelle étreinte.
Je m'en viendrai avec la souvenance des paysages et des peuples.
Chanteront les mers, danseront les galaxies, tressailliront les peuples.
Donner, se donner.
Nous sommes tous dans la main du Grand Amant
et les premiers balbutiements de notre adoration
sont les premiers moments de notre dignité.
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nadejdanadejda   28 novembre 2010
Mes filles, mes Divines, je vous conjure d’admirer. Tout est fabuleux pour qui sait regarder. La fraîcheur du regard est le commencement de la sainteté. Détournez vous des gens masqués et de l’imbécilité des aveugles… Vous êtes ad vitam aeternam les invitées d’une fête… Je voudrais face à la vie vous savoir sans crainte et sans tremblement….
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nadejdanadejda   28 novembre 2010
La foi est porte ouverte, seuil franchi, affranchissement, bruit des pas sur la route, bonne brise, voilier filant aux îles. Mes Divines, la foi est aventure, vent claquant, souffle, envolée de colombes, voile gonflée.
Partez, partez, au nom de Dieu
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nadejdanadejda   12 décembre 2012
Dieu me dévore, ma puissance fut le vent. Mon étude fut la mer. Ma connaissance fut celle du monde. Et mon amour fut vaste comme l'horizon d'Aran.
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nadejdanadejda   28 novembre 2010
Pas de série pour le nombre UN, la nécessité unique : "mourir". C'est la vie qui est étrange et fabuleuse, le trépas est un événement qui ne devrait point nous surprendre
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Videos de Xavier Grall (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Xavier Grall
Dan Ar Braz - Les Marins
Sur un texte de Xavier Grall
Les vieux de chez moi ont des îles dans les yeux Leurs mains crevassées par les chasses marines Et les veines éclatées de leurs pupilles bleues Portent les songes des frêles brigantines
Les vieux de chez moi sont fils de naufrageurs Leurs crânes pensifs roulent des trésors inouïs Des voiliers brisés dans les goémons rageurs Et luisent leurs regards comme des louis
Les vieux de chez moi n'attendent plus rien de la vie Ils ont jeté les ans, le harpon et la nasse Mangé la cotriade et siroté l'eau de vie La mort peut les prendre, noire comme pinasse
Les vieux ne bougeront pas sur le banc fatigué Observant le port, le jardin, l'hortensia Ils diront simplement aux Janies, aux Marias "Adieu, les Belles, c'est le branle-bas"
Et les femmes des marins fermeront leurs volets.
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