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Xavier Grall (Autre)Jacques Gamblin (Autre)Pascale Guillou (Illustrateur)Annie Kerhervé (Éditeur scientifique)Yvan Guillemot (Directeur de publication)Gabriel Quéré (Autre)
250 pages
Calligrammes (15/11/2021)
4.6/5   5 notes
Résumé :
NE VIVENT HAUT QUE CEUX QUI RÊVENT
Avec Xavier GRALL

« Hommes de l’avenir souvenez-vous de moi », crie Apollinaire dans le dernier poème d’Alcools.

Se souvenir de Xavier Grall, à l’occasion du quarantième anniversaire de sa disparition, c’est ce que vous entendrez dans cet ouvrage collectif. Vous entendrez aussi, en écho à la création contemporaine, une pluralité de voix singulières. L’une d’entre elles énonce, comme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Je ne sais trop pourquoi ces souvenirs me reviennent mais vous rappelez-vous du film « Solo » et « l'albatros » du cinéaste Jean-Pierre Mocky : période noire et révoltée ? Sans doute le mot « solo »

Connaissez-vous le bar de l'enfer à Nizon (le village du Hang 'art) près de Pont-Aven ?
Xavier Grall habitait, non loin.
Ce livre hommage / témoignage est l'oeuvre d'un collectif. Ils sont 27, pas tous bretons à prendre la plume pour évoquer Xavier Grall, poète, écrivain à l'occasion du quarantième anniversaire de sa mort.
Parmi les textes, celui de joseph Ponthus : qui a retiré de son expérience d'ouvrier intérimaire dans des conserveries de poissons et abattoirs un livre « À la ligne, feuillets d'usine ».Son texte n'est pas le moins fort.
A de nombreuses reprises, il est question de « solo » poème de Grall.
Il n'est pas dans ce recueil, mais je le mets en « citation »

Ah, oui……. j'oubliais : Grall était mécréant et sans doute allait-il parfois prendre un petit rouge au bar de l'enfer. Yec'hed mat !



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Xavier Grall comme vous ne l'avez jamais lu, revisité, grâce à la création originale, en écho, de vingt-cinq auteurs et illustrateurs contemporains.

Parmi eux, le dernier texte de Joseph Ponthus, bouleversant, une ode à la vie en forme de testament littéraire.

"A l'inconnue qui me dévore"

"À quoi pensé-je, Joseph Ponthus, en commençant à écrire ces mots, en janvier 2021, à l'invitation des éditions Calligrammes pour célébrer le quarantième anniversaire de la mort de Xavier Grall ? Je me sais tout autant cancérisé, métastasé, tumorisé aux intestins, au foie, aux poumons, aux os. J'ai 42 ans et ce sera peut-être mon dernier grand texte. J'avance à tâtons sur ces mots comme je marche, avec des béquilles, croyant que ce texte retardera peut-être l'échéance, comme une prière, complainte, litanie ou supplique à je ne sais quel Dieu."
Joseph Ponthus.

Le mot des éditeurs :
Parmi les premiers poètes auxquels nous avons pensé, il y a Joseph Ponthus. Sa réponse, enthousiaste, fut immédiate : «la lecture de Solo de Xavier Grall (au moins six fois depuis hier) m'a littéralement bouleversé de justesse et de beauté.»
Que ce recueil, sur les chemins de l'amitié, soit aussi l'occasion de lui rendre hommage.
À découvrir, en fin d'ouvrage, l'enregistrement de son texte lu par le poète Yvon le Men.
https://www.calligrammes-editions.fr/

Lien : https://www.facebook.com/cal..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Seigneur me voici c’est moi
je viens de petite Bretagne
mon havresac est lourd de rimes
de chagrins et de larmes
j’ai marché
Jusqu’à votre grand pays
ce fut ma foi un long voyage
trouvère
j’ai marché par les villes
et les bourgades
François Villon
dormait dans une auberge
à Montfaucon
dans les Ardennes des corbeaux
et des hêtres
Rimbaud interpellait les écluses
les canaux et les fleuves
Verlaine pleurait comme une veuve
dans un bistrot de Lorraine


Seigneur me voici c’est moi
de Bretagne suis
ma maison est à Botzulan
mes enfants mon épouse y résident
mon chien mes deux cyprès
y ont demeurance
m’accorderez vous leur recouvrance ?
Seigneur mettez vos doigts
dans mes poumons pourris
j’ai froid je suis exténué
O mon corps blanc tout ex-voté
j’ai marché
les grands chemins chantaient
dans les chapelles
les saints dansaient dans les prairies
parmi les chênes erraient les calvaires
O les pardons populaires
O ma patrie
j’ai marché
j’ai marché sur les terres bleues
et pèlerines
j’ai croisé les albatros
et les grives
mais je ne saurais dire
jusqu’aux cieux
l’exaltation des oiseaux
tant mes mots dérivent
et tant je suis malheureux


Seigneur me voici c’est moi
je viens à vous malade et nu
j’ai fermé tout livre
et tout poème
afin que ne surgisse
de mon esprit
que cela seulement
qui est ma pensée
Humble et sans apprêt
ainsi que la source primitive
avant l’abondance des pluies
et le luxe des fleurs


Seigneur me voici devant votre face
chanteur des manoirs et des haies
que vous apporterai-je
dans mes mains lasses
sinon les traces et les allées
l’âtre féal et le bruit des marées
les temps ont passé
comme l’onde sous le saule
et je ne sais plus l’âge
ni l’usage du corps
je ne sais plus que le dit
et la complainte
telle la poésie
mon âme serait-elle patiente
au bout des galantes années ?


Seigneur me voici c’est moi
de votre terre j’ai tout aimé
les mers et les saisons
et les hommes étranges
meilleurs que leurs idées
et comme la haine est difficile
les amants marchent dans la ville
souvenez-vous de la beauté humaine
dans les siècles et les cités
mais comme la peine est prochaine !


Seigneur me voici c’est moi
j’arrive de lointaine Bretagne
O ma barque belle
parmi les bleuets et les dauphins
les brumes y sont plus roses
que les toits de l’Espagne
je viens d’un pays de marins
les rêves sur les vagues
sont de jeunes rameurs
qui vont aux îles bienheureuses
de la grande mer du Nord


Je viens d’un pays musicien
liesses colères et remords
amènent les vents hurleurs
sur le clavier des ports
je viens d’un pays chrétien
ma Galilée des lacs et des ajoncs
enchante les tourterelles
dans les vallons d’avril
me voici Seigneur devant votre face
sainte et adorable
mendiant un coin de paradis
parmi les poètes de votre extrace
si maigre si nu
je prendrai si peu de place
que cette grâce
je vous supplie de l’accorder
au pauvre hère que je suis


ayez pitié Seigneur
des bardes et des bohémiennes
qui ont perdu leur vie
sur le chemin des auberges
nulle orgue grégorienne
n’a salué leur trépas
pour ceux qui meurent
dans les fossés
une feuille d’herbe dans la bouche
le cœur troué d’une vielle peine
de lourdes larmes dans le paletot
et dans les veines des lais et des rimes
Seigneur ayez pitié !



© Xavier GRALL
Extrait de Solo et autres poèmes, 1981
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L'amour se refait tant de fois dans Amour Kerné qu'il ne se défait plus. Et qu'il demande aux arbres d'exulter. " Je te prendrai dans l'émotion des landes"
...
Je pense à la Bretagne qui prend ceux qui s'y égarent comme une amante sublime.
Et qui les redonne à la vie, encore une fois...

Il y a des étreintes qui ne tiendront dans aucune image parce qu'elles sont trop vastes. Au poète qui a su les dire je dis merci.
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