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ISBN : 9065504575
Éditeur : Uitgeverij Verloren (30/11/-1)
Résumé :

" Hivernage à la Nouvelle-Zemble "
4ème page de couverture, traduction (libre).

Le 1er novembre 1597, 12 passagers crus décédés du navire de Van Heemskerck et Barentsz rentraient à Amsterdam.
Cet ouvrage est le récit de ce voyage mémorable.
Un hivernage sur l'archipel russe de l'océan Arctique (en Russe : "Novaïa Zemlia" ou Nouvelle Terre) a fait couler beaucoup d'encre, car un exploit à peine croyable.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
kielosa
  16 avril 2018
HIVERNAGE À LA NOUVELLE-ZEMBLE
Voyager à la Nouvelle-Zemble de nos jours ne doit pas être évident, à la fin du XVIe siècle c'était plutôt de la folie. Pourtant c'est bien ce qu'une équipe de courageux Hollandais a fait, en 1596-1597 ! Seulement, ils ont certainement dû sous-estimer légèrement le froid intense de cet archipel russe de l'océan Arctique, appelé "Novaïa Zemlia" - ou Terre Nouvelle - en Russe, .... car ils ont été obligé d'y hiverner.
Cet hivernage a frappé l'imagination de générations et générations d'aventuriers et simples lecteurs, à en juger par l'abondante littérature existante, malencontreusement, essentiellement en Néerlandais. Il existe un (long) poème de Hendrik Tollens, traduit en Français par Antoine Clavareau sous le titre "Les Bataves à la Nouvelle-Zemble : poème en deux chants", mais ces vers ne restituent pas la "poésie" du véritable périple.
Je propose de vous livrer un aperçu de ce voyage historique remarquable, tout en ajoutant quelques mots sur l'incroyable initiative soviétique de vider l'archipel de ses habitants, en 1955, pour y entreprendre des expériences nucléaires jusqu'en 2004.
BARENTSZ & CO
Au XVIe siècle, l'économie des Pays-Bas connut un tel essor qu'ils cherchaient pour leur approvisionnement et commerce une route où ils ne seraient pas confrontés aux puissances dominantes de leur époque, l'Espagne et le Portugal. D'après les géographes et cartographes de ces temps, comme le célèbre Gérard Mercator (1512-1594), la meilleure solution pour se rendre en Inde, en Chine et au Japon passait par le Grand Nord. Un point de contestation parmi les savants était de savoir s'il fallait mieux passer au nord ou plutôt au sud de la Nouvelle-Zemble. Quelques essais eurent lieu, mais pas concluants, jusqu'au voyage qui nous intéresse ici.
Le 10 mai 1596, 2 bateaux quittèrent le port d'Amsterdam : un sous contrôle du capitaine Jan Cornelisz Rijp, qui essaya de contourner l'île (norvégienne) de Spitzberg par l'est et dû à cause de la glace rebrousser chemin et l'autre duquel l'explorateur Jacob van Heemskerk (1567-1607) prît le gouvernail, sous le commandement général du légendaire Willem Barentsz (1550-1597), qui a laissé son nom à la mer qui sépare la Norvège (Finmark) de la Russie (Mourmansk). Cette équipe continua de Spitzberg à la Nouvelle-Zemble, où ils furent bloqués par la glace en septembre 1596. Il fut décidé d'y passer l'hiver et de se construire une maison à partir de troncs d'arbre qui flottaient en mer en provenance de la Sibérie. Évidemment pas exactement une sinécure ! Mais le 24 octobre 1596 leur maison fut terminée. Les 16 hommes de l'équipage allaient y rester jusqu'au mois de mai de l'année suivante !
Même avec une imagination débordante, il est difficile de se représenter fidèlement l'existence de ces 16 malchanceux pendant 10 longs mois ! Heureusement, que parmi eux il y avait le marin Gerrit de Veer (° circa 1570) qui a écrit un journal à la première personne du singulier en vieux néerlandais. le pauvre a aussi décrit les effets d'une hypervitaminose A, le résultat d'une consommation excessive de foie d'ours polaire, et à laquelle il a probablement succombé un an après leur retour à Amsterdam, avant ses 30 printemps.
Mais c'est grâce a ce Gerrit que nous savons que tous ont eu horriblement peur et ont cru que jamais ils ne s'en sortiraient vivants. En fait, celui qui allait mourir était le grand Willem Barentsz. Il se trouve qu'au printemps 1597, leur vaisseau était toujours irrémédiablement enfoncé dans la glace, aussi bien qu'il fut décidé de prendre les chaloupes ouvertes pour entreprendre le long chemin du retour. La chaloupe de Barentsz chavira, et il mourut affaibli et de froid, le 20 juin 1597.
Ce séjour forcé a mis ces hommes devant des problèmes quasi insurmontables : vêtements inadaptés, nourriture insuffisante, tempêtes violentes, attentes interminables sans notion du temps exact lors de la nuit polaire, l'impossibilité de chauffer leur refuge à plus de 0 degrés et le danger des ours polaires. Que 12 survivants aient réussi néanmoins à rentrer à Amsterdam, le 1er novembre 1597, au bout de 16 mois, tient du prodige !
Pas étonnant que ce prodige ait fait l'objet de nombreux récits, de livres pédagogiques pour les jeunes, d'un tas de gravures et tableaux, de films documentaires et bandes dessinées. Même Shakespeare rend hommage à Barentsz dans son "Le soir des rois" (acte III, scène 2).
Du point de vue économique et géographique ce voyage fut un échec, car nos héros n'avaient pas trouvé la route des Indes par le nord. Ce n'est qu'en 1760 que le trappeur russe, Sava Löchkine, est arrivé, comme tout premier, à traverser le Détroit de Kara, reliant la Mer de Barents à l'ouest avec la Mer de Kara à l'est et démontrant ainsi que les vieux cartographes avaient eu raison. Au cours de plusieurs expéditions un tas d'objets ayant appartenu à nos voyageurs intrépides furent rassemblés et sont actuellement fièrement exposés au "Rijksmuseum" à Amsterdam.
TSAR BOMBA
En 1955 donc, le gouvernement soviétique a délogé les quelque 400 Nénètses (un peuple Samoyède vivant de pêche et de rennes) pour y ériger 3 bases d'expérimentation nucléaire. le 30-10-1961 a eu lieu l'explosion d'une bombe de 50 mégatonnes, surnommée "Tsar Bomba" : "la plus forte explosion atomique jamais réalisée" (source Wikipédia).
Le dessinateur et scénariste belge de bandes dessinées, Yves Hermann (né Huppen en 1938) en a produit une BD, en 2014, sous le titre "Station 16" chez l'éditeur Le Lombard.
Selon un article de presse russe relativement récent, la faune (l'ours polaire, le morse, le renard arctique...) de la Nouvelle-Zemble aurait retrouvé la situation d'avant 1950. Je doute fort de la véracité de cette information qui "pue" la propagande poutinienne.
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