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ISBN : 2702440029
Éditeur : Le Masque (14/01/2015)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 72 notes)
Résumé :
Il est des livres qui vous hantent et vous accompagnent, et des héros si attachants que vous auriez envie de les rencontrer. C'est le cas de Claire DeWitt, une privée comme on n'en trouve pas. Elle a trente-cinq ans mais dit toujours qu'elle en a quarante-deux parce que personne ne prend une femme de mois de quarante ans au sérieux. Claire DeWitt s'autoproclame avec dérision la plus grande détective du monde, enquêtrice amateur à Brooklyn dès l'adolescence et adepte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  15 septembre 2016
Ce roman, je l'ai adoré. Il prouve que tout n'a pas encore été fait, dit ou surtout écrit dans le monde du polar. Sara Gran appartient à cette espèce rare d'auteurs qui transfuse un sang nouveau dans un genre que d'aucuns imaginent ronronnant ou figé dans des codes immuables et lassants. Sara Gran innove, Sara Gran est créative. J'aimerais que Sara Gran soit ma copine. Je suis au maximum de mon enthousiasme, là !

Le 29.08.05, Katrina-l'ouragan touche les côtes de la Nouvelle-Orléans avant de la submerger sous 9 mètres d'eau, laissant dans son sillage 2 000 morts approximativement estimés et environ une soixantaine de disparus. Parmi eux, Vic Willing, dont personne n'a plus eu de nouvelles depuis la catastrophe. C'est un an et demi plus tard, que Leon son neveu, recrute Claire DeWitt, détective free lance, pour tenter soit de le retrouver, soit de prouver sa mort ainsi que ses circonstances.

Claire, très chère Claire, comment dire ? le lecteur sent bien que certains neurones de son cerveau n'ont pas été connectés correctement, que certaines pièces ont été montées à l'envers. Ses réactions au cours de l'enquête qu'elle mène, sont quelquefois inadaptées, elle n'est jamais là où l'attend, il y a un décalage à la fois horripilant et jouissif entre ce que l'amateur-lambda-de-polars attend qu'elle fasse conformément aux diktats bien établis du genre, et ce qu'elle fait, novateur, explosif.

Il y a 3 personnages principaux dans ce roman dont le tout premier m'apparaît être Katrina, qui a prouvé de manière hurlante, l'incurie du gouvernement Bush à gérer une catastrophe de cette ampleur. le second est Jacques Silette. Une trouvaille romanesque de Sara Gran qui a inventé un détective français qui aurait écrit un seul manuel, “Détection”, épuisé et introuvable, une bible confidentielle pour tous les apprentis-détectives, auquel bien évidemment se réfère constamment Claire, citant d'absconses citations, interprétables à souhait comme les prédictions d'une voyante, adaptables à chaque situation rencontrée. Enfin, le 3ème personnage est Claire, qu'il faut absolument suivre dans sa perception personnelle, cinglée mais néanmoins attendrissante, du monde et de sa profession. Elle interprète des hexagrammes, elle voit des fractales et des équations du second degré dans le tissu de ses draps, elle relève et analyse des empreintes digitales comme l'aurait fait un détective du XIXème siècle. Mais enfin, est-ce qu'une fille qui se régale avec un oyster loaf, sandwich aux huîtres panées, peut être mauvaise ?

Ce n'est pas l'intrigue policière qui est prépondérante dans La ville des morts mais la déambulation urbaine que nous invite à partager Sara Gran, dans une ville dévastée, plongée dans le chaos et la corruption, parmi des populations oubliées de tous, réduites aux pillages, aux trafics de toutes natures, à la prostitution, à la déshérence, aux soupes populaires servies par des bénévoles qui ne savent pas par où commencer. Les noirs sont les premières victimes de Katrina, puisque cet ouragan a servi de prétexte pour tenter de les éjecter de la Nouvelle-Orléans, où des investisseurs blancs (Donald Trump) ont des projets touristiquement lucratifs à bâtir sur les ruines. Ce roman peut intéresser tous ceux qui aimeraient savoir ce que sont devenus les néo-orléanais, la Louisiane, après Katrina, ainsi bien sûr, que les amateurs de polars. Vérifiez par vous-mêmes, les promesses d'avenir meilleur là-bas comme ici, d'indemnisations, de reconstructions, n'engagent que ceux qui y croient.

“Certaines personnes, constatais-je, s'étaient noyées tout de suite. D'autres se noyaient au ralenti, petit à petit, et continueraient à s'enfoncer pendant des années” (p. 100)
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Commenter  J’apprécie          573
sandrine57
  20 juin 2016
Un an et demie après l'ouragan Katrina, la Nouvelle-Orléans n'en finit pas de panser ses plaies. Porté disparu lors de l'inondation et déclaré mort, le procureur Vic Willing a légué tous ses biens à son neveu Léon qui aimerait connaître les circonstances de cette disparition. Il fait appel à celle qui s'est autoproclamée meilleure détective du monde, l'étrange Claire DeWitt. Originaire de Brooklyn et exilée à San Francisco, Claire a vécu un temps à la Nouvelle-Orléans, jusqu'à la mort de Constance, son amie et mentor. Dix ans après, elle revient dans une ville dévastée où les séquelles de la tempêtes sont encore très présentes dans les rues et dans l'âme des habitants. Bien décidée à faire toute la lumière sur la mort du procureur, la jeune femme, adepte de Jacques Silette, le célèbre détective français, promène ses démons dans une ville où la violence est devenue la norme.
35 ans au compteur, mais elle en avoue 42 pour paraître plus crédible, Claire DeWitt est l'un des deux atouts majeurs de ce polar noir. Légèrement barrée, mais très confiante en ses capacités, elle est toujours prête pour une biture ou un pétard, même trempé dans l'acide. Son livre de chevet est Détection, l'ouvrage majeur de Silette, un détective français dont Constance, celle qui l'a formée, a été très proche. Cet ouvrage mystérieux détient la clé de tous les mystères, pour peu qu'on puisse en comprendre tous les secrets. Silette est apparu très tôt dans sa vie, quand elle vivait encore à Brooklyn et explorait l'hôtel particulier de ses parents, partiellement désaffecté, avec ses deux meilleures amies, Tracy et Kelly. La disparition de Tracy, un jour de 1987, reste d'ailleurs sa plus grande blessure. Une enquête jamais résolue que Kelly, continue de mener seule, battant froid à Claire depuis qu'elle a abandonné les recherches. Bref, avec ses failles, ses délires, son non-conformisme et ses méthodes très personnelles, Claire DeWitt est un personnage à découvrir et dont la suite des aventures promet d'être haute en couleurs.
Deuxième atout : la Nouvelle-Orléans, touchée mais pas coulée par Katrina, la ville se relève d'un long cauchemar dont les traces restent vivaces. Mystérieuse, secrète, la belle de Louisiane expose ses blessures à la vue de tous ceux qui l'ont regardée se noyer. Drogue, meurtres, vols, agressions en tout genre sont le lot des gangs de jeunes qui traînent leur mal-être dans des quartiers en ruines, livrés à eux-mêmes, sans repères. Corruption, racisme, taux d'homicides le plus élevé du pays, telle est le visage de la Nouvelle-Orléans qui n'a pourtant pas renoncé à sa sève, le carnaval, le vaudou, le mystère. Une ambiance mêlant noirceur et espoir que rend très bien Sara Gran dans ses descriptions d'une ville qui ressemble à une zone de guerre mais que les survivants continuent d'aimer.
L'atmosphère de la Nouvelle-Orléans, une détective atypique, une intrigue qui tient la route, de bons ingrédients pour un polar qui vaut plus pour son ambiance que pour son suspens mais mérite vraiment que l'on s'y arrête. Une belle découverte.
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clairesalander
  20 septembre 2017
En commençant ce livre, j'étais très emballée à l'idée de découvrir une nouvelle héroïne, qui plus est originale. Car Claire DeWitt n'est rien de moins que la meilleure détective du monde ! Enfant, avec ses amies Tracy et Kelly, elle a trouvé le livre du mystérieux Silette, un détective français qui a délivré ses secrets dans un livre. Dès lors, elle a su que le métier de détective s'était imposé à elle. Formée par l'une des meilleures, Constance, elle doit dans cet opus résoudre la disparition d'un procureur estimé dans la région de la Nouvelle Orléans, qui vient d'être sinistrée par une forte inondation.
L'autrice s'efforce de créer plusieurs personnages tout en leur donnant personnalité et consistance ; Mike, son ancien acolyte, devenu assistant social pour jeunes en difficulté ; Andray, le loubard au grand coeur, Jake, un privé aussi qui ne vit que pour le livre de Silette et a fini par tant le prendre au pied de la lettre qu'il vit comme un clochard, persuadé d'avoir résolu tous les mystères... Malheureusement, je n'ai réussi à m'attacher à aucun. L'héroïne aurait pu être drôle, elle m'est agaçante ; d'autant que même avec ses trips magie/drogues, elle ne trouve au final quasiment rien !
Le roman s'étire en longueur, on n'apprend pas grand chose sur le disparu, ça part dans tous les sens, ça en devient franchement ennuyeux.
Je mets la moyenne pour saluer l'inventivité de l'autrice, mais je reste déçue et sur ma faim.
Lien : https://clairesalander.wordp..
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JIEMDE
  03 avril 2016
Un polar atypique, un cadre envoûtant et un personnage attachant amené à devenir récurrent : trois ingrédients d'une recette qui fonctionne !
2007, la Nouvelle-Orléans se remet difficilement du passage de Katrina. Passé le choc, l'émotion planétaire, les (quelques) secours de première urgence, la ville et ses habitants sont livrés à eux-mêmes et tentent de réapprendre à vivre dans une ville où le chacun pour soi est devenu la règle. Dans la ville des morts, il y a également la Communauté des disparus, tous ceux dont on ne sait pas s'ils se sont noyés, s'ils ont fui dans un état voisin ou s'ils sont toujours vivants, terrés quelque part ou subsistant sous une nouvelle identité parmi les hordes de clochards ou les gangs qui occupent désormais les rues.
C'est le cas de Vic Willing, auparavant substitut du procureur et notable de la Nouvelle Orléans, que nul n'a revu depuis l'ouragan. Son neveu charge Claire DeWitt, détective privée atypique de le retrouver. de retour dans une ville où son destin s'est noué dans une vie antérieure, Claire va mettre en pratique les enseignements de Constance qui fut autrefois son mentor, mais aussi ceux de Jacques Silette - le "pape" français des détectives dont la "bible", Détection, ne la quitte pas - pour résoudre à sa manière une énigme que tous veulent conserver enfouie.
L'énigme en elle-même ne mériterait pas ces 370 pages si elle ne se doublait d'une véritable plongée dans l'ambiance de la Nouvelle-Orléans post-Katrina, à la manière parfois d'un reportage télévisé, plutôt descriptif, mais bien plus souvent comme une tentative - réussie - de nous faire capter cette ambiance si particulière d'une ville cosmopolite qui revient à la vie. Certes, la ville est devenue une zone de non droit où, sous l'effet de l'alcool et des drogues, tout est permis puisque la police ne sait plus où donner de la tête. Les armes font la loi : celles des guns glissés sous les ceintures des caïds de quartiers, comme celle des fusils posés à côté des portes des habitants terrés chez eux.
Mais dans cette atmosphère de chaos, de nombreuses lueurs d'espoir apparaissent. Celles d'une ville qui a l'entraide dans son ADN comme en témoignent les initiatives spontanées de sauvetages et d'accueil lors des inondations. Celle d'une ville qui se reconstruit individuellement, maison après maison, tout doucement, dans la terreur mais avec le souhait de ne pas la laisser aux mains des grands opérateurs immobiliers, rapaces modernes déjà aux aguets. Celle d'une ville enfin dont les traditions de métissages s'illustrent parfaitement dans les groupes de carnaval, véritables familles rassemblées et unies par le sens de la fête et des traditions, qui renaissent chaque année et qu'aucun ouragan au monde ne peut anéantir.
Et enfin, il y a Claire DeWitt. Autoproclamée Meilleure détective du monde, Sara Gran la rend attachante dès les premières pages et s'attache ensuite à poser les différentes pièces du puzzle de son histoire, dont elle ne distille que quelques clés : Claire est appelée à devenir l'héroïne récurrente des prochains opus de Sara Gran, il faut donc garder de la matière pour les prochains tomes. Sans en savoir beaucoup plus, on apprend ainsi des bribes de sa jeunesse : sa relation fusionnelle avec ses "soeurs" Kelly et Tracy aujourd'hui disparue ; Constance qui la prit sous son aile ; mais aussi ses tourments, ses démons, ses influences ésotériques... Bref, amateurs de privés à la Marlowe, passez votre chemin. Vous ne retrouverez aucun des attributs chers à Chandler chez Claire. Et c'est tant mieux !
La suite n'est pas encore parue en France. Dommage...
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Cylhis
  19 février 2015
Un grand merci à Babelio et son Masse Critique (et bien entendu, un grand merci aux éditions du Masque aussi), qui m'a permis, comme à chaque fois, de découvrir un nouvel univers à la fois déroutant et sympathique.
Claire DeWitt est une détective privée, pardon, LA détective privée incontournable pour tout mystère en déroute. Léon la contacte pour qu'elle élucide le mystère qui entoure la disparition de son oncle, procureur à La Nouvelle Orléans, qu'on n'a plus revu depuis la terrible tempête qui a dévasté la ville. Car il est persuadé qu'il ne s'est pas noyé comme d'autres, non, il a disparu pour d'autres raisons et c'est Claire qui est chargée de découvrir pour laquelle.
Alors, équipée de son célèbre Détection du maître incontesté Silette ès privé, la jeune femme, qui prétend à la quarantaine pour mieux gagner en crédibilité, revient dans cette ville qu'elle avait quittée des suites de la mort prématurée de celle qui l'avait formée…
Rien que pour le personnage De Claire, il faut lire ce livre. Pour l'histoire, je ne dis pas. le rythme est un peu lent je trouve, mais finalement, fidèle au genre du privé sur fond de jazz à la Nouvelle Orléans. Pour cette fois, le charme des années 20 a cédé la place à la mélancolie et au tragique qui ont suivi la tempête dévastatrice. L'auteur nous plonge dans ce climat plus actuel et plus dur peut-être, sans pour autant tomber dans la déprime. Je n'ai appris la catastrophe que du fin fond de ma petite France, à l'époque, bien loin de toute cette horreur et j'ai finalement été contente d'en apprendre un peu plus sur l'atmosphère et l'ambiance, sur la réalité pour les habitants, et surtout sur cette ville, tempête mise à part, qui m'a toujours attirée. La vie difficile des jeunes livrés à eux-mêmes et qu'il est impossible de blâmer lorsqu'ils tombent dans la drogue, les miséreux qui traînent leurs guêtres deci delà, le carnaval et son folklore…
Claire est un personnage plus qu'attachant. Elle est complexe, avec sa vie un peu paumée, ses mystères non élucidées qui plombent son quotidien et, parmi le plus douloureux, celui de la perte de son amie jamais retrouvée, son aplomb et sa capacité d'observation inimitable, ses vices alcool et drogues, sa témérité qui frôle plutôt l'inconscience, son franc-parler et son désir de connaître cette terrible vérité, même si cela implique tristesse et désillusion.
Elle est unique, humaine, drôle, intelligente, inconsciente et surtout folle… (j'ai presque envie de dire qu'elle me ressemble mais vous trouveriez que j'exagère !). Bref, elle a tout pour plaire !
À lire, pas pour découvrir un coup de coeur ni une grande découverte, mais pour passer un bon moment au côté d'un privé à la Nouvelle Orléans.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   10 septembre 2016
Une fois qu'on connaît la vérité, il n'y a pas de seconde chance. Pas de possibilité de faire machine arrière. La porte se referme derrière vous et se verrouille à double-tour.

Page 67
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tamara29tamara29   14 août 2017
S'il existait un remède contre le dégoût de soi, je l'aurais donné à Lawrence, après en avoir avalé moi-même une gorgée. Malheureusement, il n'y a pas de potion magique. Chacun doit trouver sa propre issue. Chacun doit défricher son propre chemin à travers la jungle.
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namelessnameless   12 septembre 2016
Mais je préfère encore la pire des vérités à tous les beaux mensonges de la terre.

Page 335
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adtraviataadtraviata   07 octobre 2016
Je me suis rallongée et j’ai dit à Mick de s’en aller. Il m’a demandé s’il pouvait m’inviter à déjeuner le lendemain, j’ai accepté et il est parti.

Je me souvenais de son odeur à l’époque, boisée et virile. J’ai roulé sur le lit à l’endroit où il était étendu.

Il ne sentait plus pareil maintenant. Il sentait la beuh, la poussière de plâtre, la fumée et le moisi. Comme la tristesse. Comme La Nouvelle-Orléans. (p. 98)
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namelessnameless   09 septembre 2016
- Vous avez quel âge ?
- Quarante-deux ans.
J'en avais trente-cinq, mais personne ne fait confiance à une femme de moins de quarante ans.
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Vidéo de Sara Gran
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