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ISBN : 2818038820
Éditeur : P.O.L. (18/02/2016)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 17 notes)
Résumé :
En 1805, Napoléon était un homme. Et même en 1812. À Waterloo aussi, probablement. Ensuite, petit à petit sa composition commence à changer. Il est sans doute déjà moins homme en 1822. Est-il toujours plus homme que femme en 1950, on n’en sait rien, mais aujourd’hui, en 2015, je suis le meilleur Napoléon que vous puissiez trouver. Le fait que je sois une femme à cent pour cent est un détail pour faire braire les imbéciles.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
YANCOU
  30 avril 2016
Qui n'a pas encore découvert la prose desprogienne de Iegor Gran ne sait pas ce qu'il perd ; dans ce cas je recommande de toute urgence la lecture de la Revanche de Kevin ; puis de tous ses autres romans - avec Iegor Gran on est toujours déçu en bien, comme on dit en Suisse. Avec ce nouveau livre on a affaire à un conte fantastique non conforme, décalé, imprévisible même. le canon tonne dans ce roman qui commence dans un asile de fou avec l'arrivée d'un Napoléon - mais pas n'importe quel Napoléon, car celui-ci est une femme, ce qui contrarie beaucoup le Général de Gaule. Pour le soigner, le Docteur Day, qui est un inculte absolu en histoire-géographie, décide d'emmener son Napoléon en Russie pour y revivre la retraite de la Grande armée après la fausse prise de Moscou, qui s'était soldée par un vrai désastre - une expérience censée guérir le malade... On l'aura sans doute vite compris : le Retour de Russie est, au premier abord, une pochade. C'est plutôt facile à lire, mais c'est aussi un texte difficile à lâcher, parce que très bien construit, drôle, passionnant, et qui, par sa forme même - le conte fantastique -, a beaucoup à nous dire sur la folie ; on ne peut s'empêcher de penser à l'antipsychiatrie chère à Deleuze et Guattari (le droit à la folie). D'ailleurs l'une des premières (bonnes) rencontres que font notre Napoléon féminin et notre déraisonnable docteur, eh bien cette rencontre n'est autre qu'"André le débile", le simple d'esprit qui vit seul dans la forêt et semble être le plus heureux des hommes. Et puis Iegor Gran a eu la bonne idée d'utiliser les dessins de sa fille, Sophie, pour illustrer son histoire, et de faire aussi des clins d'oeil à certains textes de son père, le célèbre dissident André Siniavski qui, lui, mêlait satire de la réalité et fantastique, à la façon de Boulgakov. D'ailleurs s'il fallait employer un simple slogan pour vendre ce livre, je dirais qu'il est justement dans cet entre-deux improbable et fantastique, quelque part entre Desproges et Boulgakov, tiens - rien moins que génial, quoi.
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sl972
  09 juin 2017
Le narrateur de ce roman est le docteur Day, un psychiatre (ou psychologue peut-être) en charge d'un hôpital psychiatrique. On lui envoie les cas les plus sérieux : un général De Gaulle, une Jeanne d'Arc, un Picasso…
Le nouvel arrivant dans son hôpital est un Napoléon, ou plutôt une Napoléon, de son (vrai ?) nom Pauline. La jeune femme ne se prend pas pour un homme, mais affirme qu'elle est l'empereur (réincarné ?) et demande à ce qu'on lui donne du « Sire ».
Les méthodes du docteur Day sont efficaces bien que plutôt uniques et particulièrement coûteuses. D'ailleurs, la clinique commence à être en déficit (très) sévère. Et voilà que Napoléon révèle l'existence d'un trésor perdu en Russie ! Pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups ? Récupérer le trésor (pour éponger les dettes de la clinique) et guérir la patiente (ce qui permettre l'écriture d'un nouvel article scientifique et une plus grande renommée pour le médecin) ?
Voilà donc le docteur Day et Napoléon/Pauline en Russie, lancés à la poursuite d'un trésor et suivant le chemin suivi il y a bien longtemps par l'armée française. Mais leur voyage ne sera pas de tout repos, surtout quand les morts semblent revenir à la vie et la retraite de Russie, pas tout à fait terminée…
Je découvre cet auteur sur les conseils d'un excellent libraire, et je ne le regrette absolument pas. Je n'ai pas pu lâcher ce livre avant de l'avoir fini et le terminer était une victoire presque amère. le ton est faussement léger, le style pétillant ; on bascule dans le fantastique sans même s'en rendre compte. Bref, on passe un excellent moment, et on en redemande. Il ne me reste plus qu'à découvrir les autres livres de cet auteur ; s'ils sont aussi bons que celui-ci, ce sera un vrai plaisir de les lire.
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soleil
  15 janvier 2017
Ce matin, le Docteur Day a croisé le Général de Gaulle, Picasso et Jeanne d'Arc. Comment cela me direz-vous ? Ils sont morts, non ? Oui, ils sont bel et bien morts mais le Docteur Day croise bon nombre de célébrités puisque ce médecin est psychiatre et que l'établissement où il travaille héberge notamment des hommes et des femmes comme vous et moi -à l'exception que ceux-ci sont persuadés qu'ils sont un personnage historique-. D'ailleurs, Pauline B, se prend pour Napoléon. Alors, quoi de mieux qu'un petit séjour en Russie pour retourner sur les traces de Napoléon et de sa défaite pour tenter de guérir Pauline. En tout cas, notre Napoléon (enfin, notre Pauline B) veut absolument y aller. Mieux vaut donc ne pas la contrarier ; et qui sait, peut-être guérira-t-elle ?
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Premier roman que je lis de cet auteur. Iegor Gran nous entraîne dans la douce folie de Pauline B au milieu des forêts russes à la recherche de trésors perdus, des soldats de sa troupe. Ce récit est loufoque. N'y cherchez pas grand-chose de rationnel mais peu importe. On se laisse bien vite embarquer dans ce voyage conduit par Pauline et le Docteur. Un bon moment de lecture. Je ne savais pas ce que j'allais y trouver (je m'attendais à un récit "normal", terre à terre) et finalement c'est aussi bien car il m'a plu ; j'aurais connu le ton de l'histoire, peut-être ne me serais-je pas laissée tenter.
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corally4
  15 juillet 2016
Dans le retour de Russie, nous sommes d'abord dans un hôpital psychiatrique, où le Docteur Day a pour patient, » Jeanne d'Arc », » le général De Gaulle », et aussi Napoléon…. Il a une méthode particulière pour soigner ces malades, il va avec eux dans le pays, la région où ils ont eu une expérience qui les a menés à être ce qu'ils sont actuellement. Méthode récriée par le Directeur, par Mme Deker , son assistante qui entre autre lui apporte toute la culture géographique et historique dont il manque . Quand Napoléon –alias Pauline- arrive à l'hôpital, le Docteur se plie de suite aux exigences de « Napoléon » ; il y voit un cas intéressant, car une femme qui se prend pour un homme, de plus Napoléon, il n'a jamais rencontré ce cas. Malgré les problèmes financiers de l'hôpital, il décide d'emmener « Pauline-Napoléon » revivre la retraite de Russie qui fut un grand désastre.
Et nous partons en Russie, en 1812, sur la route de Moscou à Smolensk ; après la rencontre avec « André le débile » simple d'esprit vivant seul dans la forêt, nous rencontrons les grognards –les ranimés- avec qui commence la longue route !!!
Une écriture fluide, imagée, fait que l'on ne lâche pas le livre tant on hâte de savoir à chaque page la suite de cette aventure ; on est dans un suspense drôle, passionnant, fantastique. Les dessins de la fille de l'auteur agrémentent l'ouvrage. Excellente lecture pour décrocher de notre vie « normale ».
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nico6358
  19 août 2016
Progressivement happés dans le rêve de Iegor Gran, nous voyageons ici entre l'ordinaire, l'épique et l'extraordinaire.
Le texte du "retour de Russie" est mû par un souffle d'inspiration qui ne se relâche à aucun instant et fait progresser l'histoire au pas de charge, sans répit, un peu comme une armée en retraite justement. A cheval entre la nouvelle fantastique et le roman.
Le tout est très réussi, Iegor Gran nous fait quitter les chemins connus, rentrer dans l'imaginaire, et nous le suivons avec plaisir. On pourrait prendre ce livre pour un exercice de poésie appliquée, une leçon pour quitter les routes tracées par la science, et réapprendre à flâner le long des chemins sinueux que l'on trace sans y penser.
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critiques presse (1)
LePoint   18 avril 2016
Le lecteur soumis sans prévenir à un roman de Iegor Gran n'est pas à l'abri des symptômes suivants : rires réjouis, regard narquois et furieuse envie de tourner les pages.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
YANCOUYANCOU   30 avril 2016
"De grandes silhouettes noires et immobiles se découpent en effet au loin. On dirait des toits, des poteaux. On s'approche. Aucune lumière. Ce doit être des granges abandonnées. La route s'élargit légèrement, comme quand on est près d'un village. Et aussi, on le sent tout de suite, une odeur de brûlé. On s'approche encore, quand Pauline crie :
- C'est le POJAR, docteur !
Il y a une pointe d'angoisse dans sa voix, qui me fait s'arrêter.
- Encore et toujours le pojar!
Comme je ne comprends pas ce mot, elle m'explique.
- Le pojar, c'est une spécialité de ce pays de malheur. À chaque fois que l'on s'approchait d'un village, on le découvrait vide et brûlé. Les Russes s'enfuyaient en mettant le feu à leurs maisons, vous imaginez ça, docteur ? Et comme tout était en bois, et qu'on était en été, le pojar se propageait rapidement.
- Alors il n'y avait pas que Moscou.
- Non, dit Pauline. Smolensk aussi. Et Dorogobouj. Et Malo-Iaroslavetz. Et toutes les autres, petites ou grandes, brûlaient semblablement. De gigantesques colonnes de fumée nous attendaient partout. On entrait dans les rues dévastées. Les stocks de nourriture, le foin pour les chevaux, les magasins d'habillement, les ateliers de réparation, les tavernes : tout brûlait ou était déjà noir. Un air irrespirable. On prenait la ville, certes, et les Russes reculaient, mais impossible d'y rester, d'établir une garnison solide."
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