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ISBN : 2867467985
Éditeur : Liana Lévi (07/01/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.81/5 (sur 147 notes)
Résumé :
Wollaing. Une petite ville du Nord minée par le chômage. Ici, les gamins rêvent de devenir joueurs de foot ou stars de la chanson. Leurs parents ont vu les usines se transformer en friches et, en dehors des petits boulots et du trafic de drogue, l’unique moyen de boucler les fins de mois est de frapper à la porte de prêteurs véreux. À des taux qui tuent... Aussi, quand la jeune Pauline est retrouvée assassinée dans un terrain vague, tout accuse ces usuriers modernes... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
Sociolitte
  25 juillet 2018
Douve, Barjo et Dubus, trois soldats aux surnoms acquis durant la guerre d'Indochine. Farouchement engagés contre les velléités indépendantistes des populations coloniales, nous suivrons leur radicalisation en les retrouvant au moment des « événements » d'Algérie.
Naviguant dans les eaux troubles de l'extrême-droite française, nos trois compères vont suivre le parcours classique du mercenaire, et finiront par rejoindre l'OAS. Mais une fois les champs de bataille désertés, c'est une autre carrière qu'ils vont embrasser : « Une guerre qui ne dit pas son nom, mais qui, croyez-moi, peut s'avérer plus sanglante que celle que l'on mène avec de la poudre et des canons ». Après ces conflits militaires et politiques, « la guerre économique » peut commencer.
Sous le ciel lourd du Nord de la France, Berga, énorme usine implantée à Wollaing va nourrir la ville et ses environs durant des décennies, jusqu'à ce que les mutations économiques imposent d'autres projets à ces familles. Il va alors falloir trancher dans le vif pour organiser la fermeture de ce complexe sidérurgique : c'est pour cette raison que Douve a été engagé.
40 ans plus tard, c'est une région sinistrée que nous retrouvons. Dévastée par le chômage, tout est bon pour survivre : des petits boulots à des activités plus délictueuses... On peut aussi, d'un seul clic, obtenir 50000 euros auprès de psf.com, comme « prêt sans formalités ». La question est ensuite de savoir si l'on peut rembourser...
C'est le problème qui arrivera à Pauline Leroy, dont on retrouvera le corps après qu'elle ait eu maille à partir avec deux grosses brutes connues pour recouvrer les dettes du prêteur sans vergogne.
Les coupables semblent donc tout trouvés...
Avec un duo classique d'inspecteurs : la jeune dynamique Saliha Bouazem prudente et cartésienne et le commandant Buchmeyer, vieux briscard de la police, tenace et intuitif, l'enquête peut alors commencer. Mais comme les apparences sont souvent trompeuses, ce sont des chemins tortueux qui seront empruntés. D'une écriture simple et précise, Emmanuel Grand nous entraîne dans les méandres d'une intrigue policière rondement menée, sans jamais nous perdre grâce à la fluidité de son style.
Sur un ton bon enfant, proche du roman populaire, c'est tout un pan de notre histoire politique et économique qui défile sous nos yeux : décolonisation, extrême-droite, transformations et crises économiques, chômage, système mafieux, trafic de drogue ou petits boulots. « Ici, les jeunes rêvent tous de devenir joueurs de foot ou stars de la télé. » L'espoir de notoriété reste en effet le meilleur moyen de s'évader des friches industrielles synonyme d'abandon, car il semblerait que ce soit toujours les mêmes qui règlent la facture...
Mais si de nombreux rebondissements jalonnent l'investigation jusqu'à sa conclusion, ce n'est pas simplement pour le suspense. Profond et intelligent, ce polar social à l'efficacité irrésistible ne vous laissera que peu de répit jusqu'à son dénouement et peut ravir les amateurs de policier classique comme ceux du roman noir. Reste à savoir si « les salauds » vont vraiment payer...
Lu en juin 2018.
Mon article sur Fnac.com/Le conseil des libraires :
Lien : https://www.fnac.com/Avec-Em..
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Melpomene125
  20 janvier 2019
Les salauds devront payer… Un roman au titre et au dénouement percutants ! Mais qui sont les salauds et qui doit être vengé ?
Je remercie Sociolitte qui, par sa critique, m'a fait découvrir cet auteur que je ne connaissais pas et ce roman à mi-chemin entre roman social, historique et policier.
Dès le début, j'ai été à la fois intriguée et captée car Emmanuel Grand évoque le passé récent de la France, lié à la décolonisation, à travers les personnages de Douve, alias Edouard Vanderbeken, Dubus et Barjo qui se sont rencontrés lorsqu'ils étaient militaires, pendant les guerres d'Indochine et d'Algérie. Quand il quitte l'armée, Edouard Vanderbeken devient chef du personnel à l'usine métallurgique Berga.
Un commandant de l'OAS, une organisation secrète qui s'opposait à De Gaulle et voulait que l'Algérie reste française quitte à utiliser la violence terroriste, recommande cet ancien combattant au PDG Devrard. Celui-ci « tient dans ses mains les deux tiers de la production française de plomb » et est à la tête d'une usine qui compte mille ouvriers « dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne se laiss[ent] pas tondre la laine sur le dos comme de gentils agneaux ». Beaucoup sont syndiqués à la CGT.
Edouard aura pour mission occulte, en tant que combattant, de participer à une « nouvelle guerre » : la « guerre économique », une « guerre moderne » car « nous avons basculé dans un nouveau monde, où les maîtres mots sont « production », « expansion » et « progrès » et, bien entendu, nous ne sommes pas les seuls à vouloir notre part du gâteau », explique Devrard.
J'ai particulièrement apprécié ce mélange entre histoire récente et problèmes contemporains liés à la désindustrialisation, source de précarité sociale.
Ce ne serait pas un roman policier s'il n'y avait pas un ou des meurtres. de nos jours, en 2015, dans la petite ville imaginaire de Wollaing, dans le nord de la France, Pauline est retrouvée assassinée.
L'usine Berga a fermé depuis 1983 et le site est désormais abandonné. Toutes les tentatives de reprise d'une activité industrielle se sont soldées par de cuisants échecs. de nombreux habitants, à l'instar de Pauline, fille de Rémy Leroy, un ancien de Berga, ont des difficultés à avoir un avenir professionnel et empruntent de l'argent sur des sites Internet. Freddie Wallet, lui aussi un ancien de Berga, et Waterlos sont chargés de convaincre les mauvais payeurs de régler leurs dettes. Ont-ils tué Pauline ?
Ils font au départ figure de coupable idéal. Mais lorsque des anciens de Berga commencent à mourir à leur tour, le commissaire Buchmeyer, se demande si la solution de l'énigme ne serait pas dans le passé et l'histoire conflictuelle des anciens salariés.
Ce roman est prenant et captivant, riche de plusieurs niveaux de lecture, les personnages ne sont pas caricaturaux. Je me souviendrai, entre autres, d'Erik Buchmeyer et de sa collègue, la lieutenant Saliha Bouazem qui trouve que Buchmeyer parle comme son père : « Elle avait entendu la voix lente et bienveillante de l'ouvrier tourneur de Thionville. Ces paroles pleines de sagesse de celui qui, même s'il ne savait pas lire, avait une compréhension subtile des arcanes de l'âme humaine. »
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nameless
  11 septembre 2018
Quart d'heure nostalgie avec la découverte de ce roman nordiste, je me suis sentie en phase et à l'aise comme un poisson dans la Deûle au cours de cette lecture ! Emmanuel Grand possède un incontestable talent de conteur, son récit coule de source, et il sait y faire pour créer une ambiance, planter un décor à coup de détails excellemment choisis sans jamais sombrer dans le misérabilisme, qu'il s'agisse du climat ou de l'architecture, des habitudes des autochtones ou de l'histoire dramatique de l'industrie et des mines sacrifiées, des populations déclassées qui n'ont pas connu de vrais boulots depuis des décennies après avoir offert leur entière existence, leur mariage, leurs enfants, à l'usine. La description d'une friche industrielle, l'incrustation de quelques bribes de ch'ti dans ses dialogues possèdent le goût incomparable de l'authentique qui sonne juste et sincère. En raison de son talent, je ne lui en ai pas voulu pour la splendide scène de chasse au sanglier qu'il décrit comme une « communion avec la nature et une forme indescriptible de respect pour le gibier » même si je continue à penser que les chasseurs aiment les animaux comme les pédophiles aiment les enfants.

Mais suis-je bête ! Les salauds devront payer est également un polar. Il s'agit donc pour les enquêteurs Erik Buchmeyer et Saliha Bouazem de trouver qui a bien pu trucider la jeune Pauline dont le seul crime est d'avoir emprunté 50 000 euros par le biais de psf.com, Prêt sans Formalité, qui fournit une valise de biffetons sans analyse d'urine à condition de ne pas louper le remboursement d'une échéance. Les deux flics, ni alcooliques ni dépressifs, ni procéduriers ni expéditifs, découvrent petit à petit que la triste fin de la petite histoire de Pauline prend sa source dans la grande histoire du pays, celle de la guerre d'Algérie ou d'Indochine dont quelques combattants ont fait une belle carrière de nervis et autres briseurs de grève après leur démobilisation. Si l'on ajoute à cet aspect historique, l'histoire d'une famille bien torturée, on obtient un sacré bon roman, tonique et intéressant.

Il ne me reste qu'à espérer retrouver prochainement Buchmeyer et Bouazem dans de nouvelles aventures nordistes, pardon, hautdefrancesques, car j'en redemande. Merci Emmanuel Grand de vous mettre au boulot rapidement.
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domisylzen
  14 septembre 2016
Un livre ou il convient d'être patient pour voir la trame émergée. le début est pour le moins embrouillé. Nous sommes trimballés dans les anciennes colonies françaises sur fond de guerre (Vietnam, Algérie). Descriptions détaillées, moult protagonistes, situations complexes, je me suis demandé ce que je faisais là. Ayant lu, il y a peu, Terminus Belz, j'ai persévéré. Mais je n'ai jamais réussi complètement à reprendre le cours de ce récit, je suis toujours resté à distance.
Nous sommes à Wollaing petite ville minière du Nord de le France; pardon des Hauts de France. La principale usine a fermé, la misère, le chômage sévissent dans la région. Pour emprunter de l'argent il y a toujours une solution, mais gaffe si vous ne remboursez pas, vous risquez votre vie. Pauline, une jeune toxico, l'a appris à ses dépens.
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Renod
  02 mai 2018
Wollaing dans les Hauts-de-France, 25 % de chômeurs, 50 % d'alcooliques. La vie semble s'être arrêtée au moment de la fermeture de l'usine métallurgique, au milieu des années quatre-vingt. Dans cette ville sinistrée, des offres de crédit d'une banque qui ne réclame aucune garantie représentent un secours à court terme. Le problème, c'est que si l'emprunteur ne respecte pas l'échéancier, l'organisme lui envoie des recouvreurs de dettes redoutables. C'est ce qui arrive à Pauline Leroy après qu'elle ait cessée de rembourser les traites de son crédit de cinquante mille euros. Quand son corps est découvert dans un champ quelques jours plus tard, tous les regards se tournent vers les gros bras du créancier. La police débute l'enquête dans une ville qui reste marquée par les conflits sociaux qui ont accompagné la liquidation de l'usine. Trente-cinq ans plus tard, les rancoeurs restent vives. L'abcès de ces tensions larvées gonfle et s'apprête à crever. «Les Salauds devront payer», il est temps de solder les vieux comptes d'un passé qui ne passe pas…
Dans ce roman, le Nord apparait sous une lumière crue. C'est une terre grise et plate à en pleurer où seuls des terrils et des friches industrielles se dessinent à l'horizon. L'auteur décrit ces villes postindustrielles frappées par la crise. Pour éclairer les origines de cette violence et de cette précarité, il revient sur la décolonisation et la désindustrialisation. Les clefs de nos drames actuels se trouvent dans ce passé. Le commandant Buchmeyer l'a bien compris puisqu'il décide d'interroger les anciens acteurs de ces luttes et de consulter les archives sur la fermeture de l'usine. L'histoire est parfaitement romancée et agréable à lire. L'intrigue policière insuffle une tension permanente au récit. Seule ombre au tableau, le dénouement m'a paru tiré par les cheveux. Si j'ai été déçu par «Terminus Belz», le résumé de la quatrième de couverture m'a convaincu de lire un nouveau roman d'Emmanuel Grand. Et heureusement car ce "polar social" est une excellente surprise.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Melpomene125Melpomene125   30 janvier 2019
À chaque fois, tout le monde a voulu y croire. Les gens se sont reconvertis, ils ont fait des formations. Certains changeaient de métier à cinquante ans. C’était très dur. Le nombre d’emplois n’avait rien de comparable avec Berga, mais c’était toujours bon à prendre. Les gens s’accrochaient au nouveau projet, ils étaient prêts à faire des sacrifices. Mais la greffe n’a jamais pris. Le scénario était toujours le même. Les pouvoirs publics attiraient les boîtes avec des avantages fiscaux faramineux. Au bout de trois ans, ils fermaient le robinet. C’était prévu. On ne peut pas exempter d’impôt qui que ce soit ad vitam aeternam, n’est-ce pas ? Mais les conseils d’administration s’en moquaient éperdument. Dès que les facilités cessaient, ils fermaient la boîte et s’en allaient ailleurs.
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Melpomene125Melpomene125   18 janvier 2019
Pour eux, les hommes sont des pions. Un métallo peut devenir mineur, un travailleur du sous-sol peut travailler dans une usine automobile ou une centrale électrique. À les croire, nous sommes interchangeables. Mais l’histoire de notre région prouve que les choses ne sont pas si simples. S’il ne tient pas compte de l’humain, le combat économique ne peut engendrer que de nouvelles souffrances pour les travailleurs.
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SociolitteSociolitte   24 juillet 2018
Que voulez-vous dire à une gamine qui vit dans une ville comme Wollaing avec 25% de chômeur, 50% d’alcooliques ? Ici, les jeunes rêvent tous de devenir joueurs de foot ou stars de la télé.

Page 153, Le Livre de poche, 2017.
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RenodRenod   25 avril 2018
Elle aimait les ciels de sa région. Ces ciels ténébreux et tristes pour qui ne sait pas les regarder, en comprendre les nuances, apprécier leur beauté. Des ciels qui donnent aux imbéciles l’envie de fuir vers le sud, vers ces azurs monochromes, prévisibles et ennuyeux. Alors que dans le Nord on voit le soleil bien sûr, mais on y voit aussi la pluie, la bruine, l’averse, l’éclaircie, la neige, le déluge, la glace, la giboulée puis l’accalmie et parfois, ce que Pauline préférait, ces journées fabuleuses de plein hiver quand l’air est lumineux, limpide et que les seuls nuages sont ceux qu’on forme avec la bouche
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RenodRenod   01 mai 2018
Un nuage de vapeur d’huile envahit la roulotte. C’était plus qu’une odeur de frites et de saucisse dans le matin frais. Plus qu’un arôme aigre-doux, fait de sucre et de vinaigre, de tomate, de bière et de mayonnaise. C’était l’odeur de son pays, de son enfance, l’odeur du Nord, (...) et tous les habitants de ce foutu bled écrasé par la crise, tous ceux qui contre vents et marées resteraient vissés à ce bout de terre grise et plate à en pleurer, tous partageaient cette odeur comme une seconde lymphe qui les rassemblait comme les doigts d’une main, les membres d’une même famille.
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Videos de Emmanuel Grand (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuel Grand
Entre roman d?espionnage et thriller politique, Emmanuel Grand signe un polar audacieux dans l?eldorado minier de l?Afrique d?aujourd?hui.
Il y a foule dans les salons du musée de la Marine. Sous les applaudissements de tout le gotha politico-économique, la compagnie minière Carmin célèbre le lancement de Kisanga : un partenariat historique avec le groupe chinois Shanxi pour coexploiter un fantastique gisement de cuivre tapi au c?ur de la savane congolaise. Les ministres se félicitent du joli coup de com? avant les élections ; les golden boys de la City débouchent le champagne. Mais au même moment, Carmin rend un dernier hommage à l?un de ses cadres décédé dans des circonstances suspectes tandis que les services français font appel à leur meilleur barbouze pour retrouver un dossier brûlant disparu à l?est du Congo. La mécanique bien huilée s?enraye et débute une course contre la montre entre une escouade de mercenaires armés jusqu?aux dents, l?ingénieur de choc chargé de piloter Kisanga et un journaliste opiniâtre qui sait mieux que personne que sous les discours du pouvoir se cache parfois une réalité sordide.
Cette histoire de manipulation, où la vérité se dérobe jusqu?à la dernière page, se déploie sur fond de mutations économiques en Afrique et de collusion des pouvoirs autour du trésor empoisonné que constituent les richesses de son sous-sol.
Emmanuel Grand, né en 1966, vit en région parisienne. « Terminus Belz » (Liana Levi 2014, Points 2015, Prix Polar SNCF) et « Les Salauds devront payer » (Liana Levi 2016, Livre de poche 2017), l?ont imposé dans le paysage du thriller social à la française.
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