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Une enquête d'Hippolyte Salvignac tome 1 sur 6
EAN : 9782812922824
304 pages
De Borée Editions (15/03/2018)
3.96/5   56 notes
Résumé :
Paris, automne 1906 : la France se remet à peine de l'ouragan de l'affaire Dreyfus. La séparation de l'Église et de l'État est dans tous les esprits...
Hippolyte Salvignac, modeste antiquaire parisien d'une quarantaine d’années, est recruté par Georges Clemenceau pour aider la police à pourchasser des trafiquants d'oeuvres d’art. Ces derniers pillent les trésors qui sommeillent dans les églises de campagne... Flanqué de l’inspecteur Jules Lerouet, bâtard au g... >Voir plus
Que lire après Une enquête d'Hippolyte Salvignac, tome 1 : Le Tigre et les pilleurs de DieuVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Hippolyte Salvignac, la quarantaine, a rompu la tradition familiale de notaires pour être antiquaire à Paris. C'est pour son expertise, notamment ses connaissances de l'art religieux médiéval, qu'il est contacté par Clémenceau. En effet depuis la loi de séparation de l'Eglise et de l'état, des inventaires doivent être dressés ou l'ont été, afin de transférer la propriété des biens à l'état pour la majeure partie. Mais il semble bien que des biens de l'église disparaissent, soient l'objet de trafics et que des faux aient également été identifiés. Pour tirer au clair ces malversations, Hippolyte va seconder le jeune et fringant inspecteur Lerouet qui semble quelque peu arrogant. Si les débuts entre le provincial et le jeune parisien sont timides, ils vont vite apprendre à se découvrir et s'apporter l'un l'autre leurs expériences et surtout leur façon de voir souvent diamétralement opposée.

Le Tigre et les pilleurs de DIeu est une très belle découverte, une première enquête qui permet de faire connaissance avec un antiquaire qui, après de nombreuses années dans son commerce, se pose beaucoup de questions sur son avenir et saisit cette occasion pour se lancer dans l'inconnu et épauler un enquêteur ouvert sur les nouvelles techniques d'investigation, qui sait rester critique avec Bertillon et surtout ses idées politiques dans l'affaire Dreyfus qu'il réprouve. L'intrique proposée par Philippe Grandcoin est de très bonne tenue et le principal avantage est qu'il nous plonge dans ces années post-séparation de l'église et de l'état et post affaire Dreyfus où l'on peut constater que les esprits sont encore passionnés. J'ai appris énormément de choses sur cette période et suis assez encline à lire les enquêtes suivantes avec un héros particulièrement sympathique et des personnages secondaires très bien campés.
A suivre...
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Alors qu'Hippolyte Salvignac se consacre à sa boutique d'Arts sacrés du monde entier, réfléchissant sans trop de succès à un meilleur agencement de cette dernière et à la manière d'étendre ses collections à une nouvelle clientèle plus férue d'exotisme, un policier du nom de Jules Lerouet vient l'interrompre. Clemenceau en personne a besoin de lui pour dénouer les fils d'un sombre trafic d'objets religieux subtilisés dans les églises sous la complicité de certains curés naïfs ou intéressés et remplacés par des copies…un véritable commerce très juteux mis en place à la suite de la séparation de l'Eglise et de l'Etat…et récupéré par les uns et les autres pour attaquer les religieux corrompus ou au contraire défendre la religion bafouée.

Pas question de faire de vagues, la contribution de Salvignac doit rester discrète. Première destination : chez son père dans le Quercy, très touché par les voleurs d'oeuvres sacrées.
De Martel à Paris, puis de Paris à Londres, en passant par le Splendid Hôtel de la station thermale de Châtel-Guyon désertée par les touristes au coeur de l'hiver mais pas par les cadavres, Hippolyte et Jules vont devenir amis. Et Salvignac, prenant goût aux enquêtes, va laisser sa boutique aux soins de son jeune associé Léon Bourdaix, à l'humeur bohème mais au sens commercial indéniable.
L'occasion de se familiariser avec nos deux compères qui forment un couple d'enquêteurs hors norme mais complémentaires tout en découvrant le contexte historique de ce début du XXe siècle qui vient de proclamer la laïcité avec la loi de 1905 , la naissance des nouvelles méthodes de la police alors que le Tigre est aux commandes et les débuts de la modernité. Avis aux amateurs du genre !
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J'ai découvert l'univers d'Hippolyte Salvignac avec le tome 4 « La conspiration hongroise ». du coup je me suis dit qu'il serait bon de découvrir ses aventures par le début. La plupart des protagonistes se rencontrent dans ce premier tome qui nous fait découvrir la France du début du XXème siècle avec Clémenceau, le Tigre, chef du conseil.
Comme on le sait le Tigre a fondé ses fameuses brigades, une police moderne, réactive, motorisée. Ici on en sent les prémices avec l'inspecteur Lerouet féru de nouvelles méthodes d'investigation.
Nos deux compères qui vont faire connaissance, auront fort à faire, car le patrimoine religieux suite à la séparation des biens et de l'Église est pillé dans un vaste trafic international.Sans parler des crimes commis en parallèle.
Très bon petit polar, sans trop d'hémoglobine ce que j'ai d'ailleurs en horreur. On se retrouve avec des investigations dans le monde des antiquaires et de leurs aficionados. La combine est partout jusqu'au plus haut des marches.
Et nos héros auront fort à faire à travers la France pour mettre à jour ce trafic.
Un polar historique, car oui ce roman est aussi un prétexte à comprendre la politique et les enjeux internationaux en cette époque qui précède la première guerre mondiale.
J'ai passé un bon moment à la fois policier et historique avec ce premier tome des aventures d'Hippolyte.
A bientôt le tome 2 !!!!
...
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Roman historique retraçant les premiers pas d'un antiquaire comme auxiliaire de police dans une enquête diligentée par Clémenceau lui-même.
Meurtres et trafics d'oeuvres d'art sont les éléments principaux des investigations de la police parisienne, aidée par la gendarmerie ainsi que par un attaché d'ambassade à Londres.
On découvre aussi les premiers pas de Bertillonnage de la police scientifique qui ne fait pas l'unanimité dans les rangs des fonctionnaires de police.
On voyage en province et en Europe avec Salvignac l'antiquaire et Lerouet l'inspecteur pour suivre les chemins de traverses empruntés par les malfrats, on en apprend plus sur les reliques religieuses ainsi que sur le combat que se mènent l'Etat et le clergé quelques mois après la promulgation de la loi de 1905 pour le partage et la redistribution des biens appartenant jusque là à l'Eglise.

Beaucoup de sujets abordés dans ce roman qui donnent du fond et où on ne s'ennuie pas.

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Qui peut se targuer de connaître intimement cette subtile membrane séparant le XIXème du XXème siècle, ce tournant incroyable, au milieu de l'infinie IIIème république, tant politique, social que technologique, qui modifie le visage de la France, à l'instar de l'Europe ? Philippe Grandcoing !

Ce premier volume de la série des enquêtes d'Hippolyte Salvignac nous fait entrer in medias res dans ce tourbillon de la folle modernité de 1906 – un peu trop moderne, justement, au goût de certains -, nous plongeant aussitôt dans la violente tempête qui agite la France, entre progressisme laïc et radical et monarchisme clérical : la fameuse loi de séparation de l'Église et de l'État de 1905.

Le héros est un antiquaire, Hippolyte Salvignac, dont l'histoire familiale rejoint celle politique de la France. Mandaté par Clemenceau lui-même, le Tigre, alors juste nommé ministre de l'Intérieur, il doit résoudre une affaire de trafic d'objets religieux que la loi de séparation favorise malgré elle. Il s'adjoint l'aide de l'inspecteur Lerouet et l'excellent duo, apprenant à collaborer, avance avec efficacité.

Malgré un début légèrement alourdi par un luxe de détails et d'informations, lesquels ancrent cependant de façon sûre le récit dans son époque et sont indispensables à sa contextualisation, le roman s'échappant du passage du Grand-Cerf à Paris, libéré des présentations, prend toute son ampleur et devient extrêmement fluide dès que l'on arrivée dans le Sud de la Corrèze et le Lot.
Le style est enlevé, les dialogues naturels et vivants et les tournures et expressions sont un véritable bonheur, extraordinaires de richesse et de couleurs. On retrouve les mêmes réflexions sur les transformations de Paris et la modernité que celles de Baudelaire cinquante ans plus tôt dans ses Petits Poèmes en prose, et la description de la Province n'a rien à envier à Maupassant. Mais surtout, le récit est porté par l'art consommé de l'intrigue de son auteur. le lecteur, amusé par les débuts balbutiants d'un Hippolyte qui se découvre l'âme d'un célèbre détective anglais, est pris par l'enquête, laquelle rebondit avec culture et légèreté, sans temps mort ni hâte intempestive, à la vitesse de la rutilante Centaure de Panhard qui crée l'émoi dans les villages.

On sort de cette lecture avec l'envie subite de s'abonner à La Revue du Touring Club, regrettant un monde où « modernité » n'était pas un vain mot et l'impression d'être né un siècle plus tôt.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
- Sais-tu que même ce cher Bertillon, qui pourtant n'aime pas les Anglais, est venu ici pour acheter des reliques de Newgate ?
- Des reliques de quoi ?
- Newgate, l'ancienne prison de Londres. Elle a été rasée il y a quelques années de ça. Newgate était un haut-lieu de la ville. On s'y pressait pour voir les pendaisons qui s'y déroulaient dans la cour. Certains de ses pensionnaires sont devenus de vrais héros populaires. Quand on l'a démolie, une vente aux enchères a été organisée. On pouvait y acheter des fers, des morceaux de portes, des clés, que sais-je d'autre ? Il paraît qu'il y avait un monde fou.
- Et Bertillon dans tout ça ?
- Il se murmure à la préfecture qu'il a acquis une partie des collections de moulages. Beaucoup de masques mortuaires en plâtre de condamnés à mort étaient conservés à Newgate.
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- Vous n'avez pas été trop embêté par la sécurité, Salvignac ?
- Non, le planton à l'entrée de la loge n'a rien d'un cerbère.
- Il est là pour le décor. Il y a quelques policiers en civil dans le couloir. Je m'en passerai bien, mais, que voulez-vous, depuis plus d'un siècle les extrémistes de tout poil se sont mis dans l'idée qu'il était de bon goût d'assassiner les hommes politiques au théâtre ou à l'opéra. Sans doute ont-ils le sens de la mise en scène !
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Clemenceau s'était retourné. La première chose qui frappa Salvignac fut son regard : vif, perçant, mais sans une once de méchanceté. Moqueur, assurément, bienveillant peut-être. Et il y avait son allure. Malgré son crâne dégarni et sa moustache grisonnante, il dégageait une impression de jeunesse, d'énergie. Salvignac commençait à comprendre pourquoi on l'avait surnommé "Le Tigre".
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- ça ne vous aura pas échappé, lui expliqua-t-il, alors qu'ils entamaient la descente vers Brive, que jamais vos collègues ne comparaissent devant un tribunal lorsqu'on juge des affaires de cambriolages. Et vous savez pourquoi ? Parce que la police préfère un antiquaire véreux en liberté plutôt qu'en prison. Comme ça on les tient par les c..., passez-moi l'expression, et il se montre ensuite très serviable.
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- Tu sais que tu te débrouilles bien, mieux que moi, je pense.
- C'est parce que vous avez un regard trop scientifique sur les objets que vous vendez, patron. Vous pensez qu'on vous les achète pour leur fiche signalétique. C'est peut-être vrai dans le cas de quelques collectionneurs érudits. Mais moi j'ai un regard esthétique, c'est ça qui plait. La plupart des gens qui rentrent dans votre boutique veulent un objet qui fera bien chez eux. Peut importe que ce soit un saint irlandais ou un lion empaillé d'Abyssinie. Et moi je les conseille, j'essaye de comprendre leurs goûts et de trouver l'objet qui va leur parler ou flatter leur ego.
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