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EAN : 9782812922824
304 pages
Éditeur : De Borée Editions (15/03/2018)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Paris, automne 1906 : la France se remet à peine de l'ouragan de l'affaire Dreyfus. La séparation de l'Église et de l'État est dans tous les esprits...
Hippolyte Salvignac, modeste antiquaire parisien d'une quarantaine d’années, est recruté par Georges Clemenceau pour aider la police à pourchasser des trafiquants d'oeuvres d’art. Ces derniers pillent les trésors qui sommeillent dans les églises de campagne... Flanqué de l’inspecteur Jules Lerouet, bâtard au g... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Mimeko
  23 avril 2020
Hippolyte Salvignac, la quarantaine, a rompu la tradition familiale de notaires pour être antiquaire à Paris. C'est pour son expertise, notamment ses connaissances de l'art religieux médiéval, qu'il est contacté par Clémenceau. En effet depuis la loi de séparation de l'Eglise et de l'état, des inventaires doivent être dressés ou l'ont été, afin de transférer la propriété des biens à l'état pour la majeure partie. Mais il semble bien que des biens de l'église disparaissent, soient l'objet de trafics et que des faux aient également été identifiés. Pour tirer au clair ces malversations, Hippolyte va seconder le jeune et fringant inspecteur Lerouet qui semble quelque peu arrogant. Si les débuts entre le provincial et le jeune parisien sont timides, ils vont vite apprendre à se découvrir et s'apporter l'un l'autre leurs expériences et surtout leur façon de voir souvent diamétralement opposée.
Le Tigre et les pilleurs de DIeu est une très belle découverte, une première enquête qui permet de faire connaissance avec un antiquaire qui, après de nombreuses années dans son commerce, se pose beaucoup de questions sur son avenir et saisit cette occasion pour se lancer dans l'inconnu et épauler un enquêteur ouvert sur les nouvelles techniques d'investigation, qui sait rester critique avec Bertillon et surtout ses idées politiques dans l'affaire Dreyfus qu'il réprouve. L'intrique proposée par Philippe Grandcoin est de très bonne tenue et le principal avantage est qu'il nous plonge dans ces années post-séparation de l'église et de l'état et post affaire Dreyfus où l'on peut constater que les esprits sont encore passionnés. J'ai appris énormément de choses sur cette période et suis assez encline à lire les enquêtes suivantes avec un héros particulièrement sympathique et des personnages secondaires très bien campés.
A suivre...
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Commenter  J’apprécie          250
Lastryge
  08 novembre 2020
Qui peut se targuer de connaître intimement cette subtile membrane séparant le XIXème du XXème siècle, ce tournant incroyable, au milieu de l'infinie IIIème république, tant politique, social que technologique, qui modifie le visage de la France, à l'instar de l'Europe ? Philippe Grandcoing !
Ce premier volume de la série des enquêtes d'Hippolyte Salvignac nous fait entrer in medias res dans ce tourbillon de la folle modernité de 1906 – un peu trop moderne, justement, au goût de certains -, nous plongeant aussitôt dans la violente tempête qui agite la France, entre progressisme laïc et radical et monarchisme clérical : la fameuse loi de séparation de l'Église et de l'État de 1905.
Le héros est un antiquaire, Hippolyte Salvignac, dont l'histoire familiale rejoint celle politique de la France. Mandaté par Clemenceau lui-même, le Tigre, alors juste nommé ministre de l'Intérieur, il doit résoudre une affaire de trafic d'objets religieux que la loi de séparation favorise malgré elle. Il s'adjoint l'aide de l'inspecteur Lerouet et l'excellent duo, apprenant à collaborer, avance avec efficacité.
Malgré un début légèrement alourdi par un luxe de détails et d'informations, lesquels ancrent cependant de façon sûre le récit dans son époque et sont indispensables à sa contextualisation, le roman s'échappant du passage du Grand-Cerf à Paris, libéré des présentations, prend toute son ampleur et devient extrêmement fluide dès que l'on arrivée dans le Sud de la Corrèze et le Lot.
Le style est enlevé, les dialogues naturels et vivants et les tournures et expressions sont un véritable bonheur, extraordinaires de richesse et de couleurs. On retrouve les mêmes réflexions sur les transformations de Paris et la modernité que celles de Baudelaire cinquante ans plus tôt dans ses Petits Poèmes en prose, et la description de la Province n'a rien à envier à Maupassant. Mais surtout, le récit est porté par l'art consommé de l'intrigue de son auteur. le lecteur, amusé par les débuts balbutiants d'un Hippolyte qui se découvre l'âme d'un célèbre détective anglais, est pris par l'enquête, laquelle rebondit avec culture et légèreté, sans temps mort ni hâte intempestive, à la vitesse de la rutilante Centaure de Panhard qui crée l'émoi dans les villages.
On sort de cette lecture avec l'envie subite de s'abonner à La Revue du Touring Club, regrettant un monde où « modernité » n'était pas un vain mot et l'impression d'être né un siècle plus tôt.
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MAMIEJAUNE
  08 avril 2018
Je viens de lire « Le Tigre et les pilleurs de Dieu », roman de Philippe GRANDCOING. Merci à l'auteur pour sa très sympathique dédicace qui m'a beaucoup touchée.
La belle couverture de ce livre représentant une peinture de Jean Béraud et le résumé fort alléchant de cet ouvrage m'ont de suite interpellée.
L'auteur nous transporte donc à Paris en 1906 où nous faisons la connaissance d'Hippolyte Salvignac, antiquaire, fils d'un notaire du Lot. Salvignac se voit confier par Georges Clémenceau, Président du Conseil à l'époque, une mission visant à enquêter sur un trafic d'oeuvres d'art religieuses.
Dès les première lignes je me suis sentie happée par la très belle écriture de l'auteur et par l'histoire ô combien captivante décrivant avec moult précisions les investigations policières menées à la Belle Epoque par Hyppolyte Salvignac et l'inspecteur Jules Lerouet, personnages au demeurant fort sympathiques. L'auteur nous fait voyager avec les protagonistes du livre, en Europe, dans le Quercy, dans les stations thermales auvergnates très en vogue à cette époque, à Paris et nous fait également découvrir les nouvelles technologies naissantes à l'aube du XXème siècle.
J'ai ADORE ce polar historique très agréable à lire, extrêmement bien documenté et aux multiples rebondissements tenant le lecteur en haleine jusqu'aux dernières pages. J'ai aussi bien apprécié la touche féminine ajoutée par l'auteur dans la narration des aventures amoureuses de notre héros...
Ce premier roman est fort prometteur et je lirai assurément d'autres livres de Philippe GRANDCOING. J'attends donc avec impatience la seconde enquête d'Hippolyte Salvignac !
Très bon moment de lecture.
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Bigmammy
  21 septembre 2019
Hippolyte Salvignac est le héros d'une nouvelle série d'enquêtes menées en collaboration avec l'inspecteur Jules Lerouet. Des enquêtes confidentielles, dans un climat politique incandescent.
Nous sommes en 1906, et la France vient à peine de se « remettre » de l'affaire Dreyfus. C'est la loi de Séparation de l'Eglise et de l'Etat qui divise à nouveau le corps social.
A qui appartiennent juridiquement les oeuvres d'art disséminées dans les églises de France et qui font l'objet des inventaires si controversés, comment les bouleversements politiques ouvrent un boulevard à des trafiquants bien documentés qui volent les statues et reliquaires chefs-d'oeuvre de l'art médiéval sous le nez des habitants, parfois avec la complicité des curés, pour les vendre avec un énorme profit à l'étranger.
C'est en sa qualité d'expert qu'Hippolyte est contacté par la plus haute autorité de l'Etat, Georges Clémenceau lui-même, pour démanteler un réseau de trafic de statues médiévales sévissant dans le Lot, en Corrèze et dans le Cantal. Un pays qui ne lui est pas inconnu puisqu'il est originaire de Martel.
Hippolyte est un dilettante. Il n'a pas achevé sa thèse sur les émaux médiévaux, il tient boutique d'antiquités au Passage du grand Cerf mais sans grande énergie, sa liaison avec une jeune femme mariée est sans issue. Cette affaire va révéler en lui des talents insoupçonnés. Et lui causer aussi bien des horions.
L'avantage de ce roman qui, je l'espère, est le premier d'une longue série comme je les aime, est d'émaner d'un historien qui décrit avec beaucoup de détails le contexte politico-policier de l'époque : les apaches, les maisons closes, le cloisonnement des services, les premiers pas de la police technique et scientifique (mais il n'est pas tendre pour Alphonse Berthillon), les combats politiques de l'époque. Bref, je me suis régalée et j'attends avec impatience la suite !
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Sami33
  17 novembre 2019
Un petit polar historique ça vous dit ? Je vous propose de partir à Paris, dans les années 1900 où nous allons faire la connaissance d'Hippolyte Salvignac qui est antiquaire. Fils de notaire, il se voit confier par Georges Clemenceau lui-même s'il vous plaît, qui était je vous le rappelle Président du Conseil à l'époque, une mission qui devrait convenir à notre homme car il s'agit de trafic d'oeuvres d'art religieuses ! Etant un expert en la matière, il devrait avoir l'oeil aguerri pour cette mission sous couverture. Notre antiquaire assistera Jules Lerouet, inspecteur de police.

Un récit qui a su me tenir en haleine du début jusqu'à la fin ! Les personnages sont touchants et bien campés dans leurs chaussures. Pas de fausses notes dans la boîte à musique, on sent que l'auteur maîtrise son sujet et il nous emmène avec lui dans les méandres du marché noir de l'art où les pilleurs n'ont aucunes morales.

J'ai apprécié le fait que l'auteur nous fasse voyager ! On va voir du pays, on va être sur les traces de ces pilleurs qui parcourent le globe sans vergogne ni remords ! le plus de ce récit réside sur le fait que l'auteur mette en lumière les nouvelles technologies de l'époque, ce qui peut nous sembler désuet de nos jours.

Autre point positif à mon sens, ce livre est riche en rebondissement ce qui permet de garder l'attention du lecteur tout le long de la lecture jusqu'à ce qu'on arrive au final qui est bien mené. Ce premier roman m'a beaucoup plu et il me tarde de pouvoir découvrir les autres aventures de notre Hippolyte pas aussi fragile que l'on aurait pu croire... L'intrigue originale est bien menée, l'auteur maîtrise son sujet pour nous offrir un formidable récit qui pousse à aller jusqu'à la dernière page.

La plume de l'auteur est fluide, pointilleuse, riche, très agréable à lire. On ressent tout le travail de recherches qui a été mené en amont par l'auteur pour nous offrir un récit des plus justes. Il nous montre avec beaucoup de précisions comment se menaient les enquêtes policières à la Belle Epoque.

Tout ça pour vous dire que j'ai passé un agréable moment livresque avec ce polar historique qui se lit très vite. Je ne peux que vous le recommander à la lecture !
Lien : https://leslecturesdeladiabl..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   17 avril 2020
- Sais-tu que même ce cher Bertillon, qui pourtant n'aime pas les Anglais, est venu ici pour acheter des reliques de Newgate ?
- Des reliques de quoi ?
- Newgate, l'ancienne prison de Londres. Elle a été rasée il y a quelques années de ça. Newgate était un haut-lieu de la ville. On s'y pressait pour voir les pendaisons qui s'y déroulaient dans la cour. Certains de ses pensionnaires sont devenus de vrais héros populaires. Quand on l'a démolie, une vente aux enchères a été organisée. On pouvait y acheter des fers, des morceaux de portes, des clés, que sais-je d'autre ? Il paraît qu'il y avait un monde fou.
- Et Bertillon dans tout ça ?
- Il se murmure à la préfecture qu'il a acquis une partie des collections de moulages. Beaucoup de masques mortuaires en plâtre de condamnés à mort étaient conservés à Newgate.
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MimekoMimeko   15 avril 2020
- Vous n'avez pas été trop embêté par la sécurité, Salvignac ?
- Non, le planton à l'entrée de la loge n'a rien d'un cerbère.
- Il est là pour le décor. Il y a quelques policiers en civil dans le couloir. Je m'en passerai bien, mais, que voulez-vous, depuis plus d'un siècle les extrémistes de tout poil se sont mis dans l'idée qu'il était de bon goût d'assassiner les hommes politiques au théâtre ou à l'opéra. Sans doute ont-ils le sens de la mise en scène !
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MimekoMimeko   13 avril 2020
Clemenceau s'était retourné. La première chose qui frappa Salvignac fut son regard : vif, perçant, mais sans une once de méchanceté. Moqueur, assurément, bienveillant peut-être. Et il y avait son allure. Malgré son crâne dégarni et sa moustache grisonnante, il dégageait une impression de jeunesse, d'énergie. Salvignac commençait à comprendre pourquoi on l'avait surnommé "Le Tigre".
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MimekoMimeko   13 avril 2020
- ça ne vous aura pas échappé, lui expliqua-t-il, alors qu'ils entamaient la descente vers Brive, que jamais vos collègues ne comparaissent devant un tribunal lorsqu'on juge des affaires de cambriolages. Et vous savez pourquoi ? Parce que la police préfère un antiquaire véreux en liberté plutôt qu'en prison. Comme ça on les tient par les c..., passez-moi l'expression, et il se montre ensuite très serviable.
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MimekoMimeko   14 avril 2020
Ils entrèrent dans le magasin. Il était tenu par un vieil homme efflanqué, vêtu d'une redingote anachronique. Il exhalait de toute sa physionomie un parfum de vieille France, celle des manoirs de province et des hôtels particuliers cachés derrière de lourdes portes cochères, dans des sous-préfectures endormies.
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