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Marianne Millon (Traducteur)
ISBN : 2253127965
Éditeur : Le Livre de Poche (08/09/2010)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 80 notes)
Résumé :

Le jour de sa mort, Julio Carrion, prestigieux homme d'affaires qui a acquis son pouvoir durant la dictature de Franco, lègue une fortune considérable à ses enfants. Lors de son enterrement, son petit-fils Alvaro, le seul à ne pas avoir voulu travailler dans les affaires familiales, rencontre Raquel Fernandez Perea, jeune femme inconnue. Il apprend qu'elle fut la dernière maîtresse du défunt. Peu à peu, d'autres sec... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
michdesol
  30 août 2018
J'ai tenté deux fois. Et deux fois ce livre m'est tombé des mains. La première fois à la page 100, et à la deuxième tentative à la page 486 (bel effort). Il avait pourtant tout pour m'attirer : une couverture avec une photo de Robert Capa, une critique élogieuse de Vargas Llosa sur la quatrième de couverture, et surtout le thème : l'Espagne vue à travers le prisme de deux familles, l'une franquiste, l'autre républicaine. Dans ces conditions, le pavé – c'en est un ! - pouvait être attaqué. Et bien non !, deux fois ce fut l'échec.
Pourquoi ? C'est long, beaucoup trop long, cela tourne autour du pot, on se perd dans les personnages malgré l'aide d'un tableau généalogique, et surtout l'auteur se répète, a besoin de dix lignes pour dire ce qu'il pourrait dire en une seule ligne.
Bref, je me suis lassé, malgré ma persévérance et mes deux essais. Et j'en suis désolé.
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lillou
  20 janvier 2011
Grande fresque familiale : l'expression peut faire redouter le pire, du type mélodrame plein de bons sentiments. Mais loin de là, il s'agit ici du meilleur ! Il est vraiment rare que le terme « chef-d'oeuvre » s'impose à moi… Avec le Coeur glacé, ce fut le cas très rapidement – et les dernières dizaines de pages, un peu moins convaincantes, ne peuvent suffire à me faire changer d'avis.
Cet ambitieux – et énorme – ouvrage retrace les itinéraires de deux familles espagnoles, les Carrión et les Fernandez, depuis le début du XXe siècle. Tout semble les opposer : milieu populaire rural contre grande bourgeoisie madrilène, opportunistes devenus franquistes contre farouchement républicains, enrichis sous la dictature contre expatriés en France ruinés…
Et pourtant, en 2005, suite à l'enterrement du doyen Julio Carrión, riche homme d'affaires, son fils Álvaro et la jeune Raquel Fernandez Perea font connaissance. de là, Almudena Grandes déroule leurs histoires, passées et présentes, et celles de leurs familles, révélant ainsi lentement leurs imbrications.
Le Coeur glacé est extrêmement bien construit : les séquences temporelles s'échelonnent entre 1905 et 2005, et les allers-retours nombreux sont finement agencés, de manière à éclairer chaque fois un nouveau pan des personnages et des histoires familiales. Les deux arbres généalogiques sont d'ailleurs bien utiles pour s'y retrouver.
Almudena Grandes a fait de nombreuses recherches pour ce projet et livre ainsi un texte formidablement documenté et, donc, éminemment intéressant sur le destin de l'Espagne et des Espagnols au XXe siècle. Il est évidemment question en détails de la guerre civile, mais pas seulement : de la situation au début du siècle, des espoirs républicains, de la division azul partie se battre aux côtés des Allemands, du franquisme, des camps de réfugiés en France, de l'installation des émigrants dans les années 1940, de la mort de Franco et de ses conséquences, du développement économique des années 1980, de la permanence d'une certaine classe réactionnaire, de la difficulté à être fils d'exilés en France… Cette thématique qui m'intéresse particulièrement est d'ailleurs très finement traitée, tout comme celle, corollaire, de l'éventuel retour. À l'image du roman qui est d'une grande sensibilité, chacun est dépeint subtilement, dans toutes ses aspérités.
Quant à l'écriture, elle parvient à être fluide et sophistiquée, tantôt plus simple, tantôt plus élégante.
Je pourrais me perde en considérations variées sans parvenir à dire tout le bien que je pense de ce roman… Pour résumer : j'aurais aimé qu'il soit interminable. Une lecture exceptionnelle.

Lien : http://monbaratin.blogspot.c..
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Hardiviller
  15 août 2017
Le titre de ce livre est un emprunt à un poème du poète espagnol Antonio Machado :
" Ya hay un español que quiere vivir y a vivir empieza , entre una España que muere y otra que bosteza . Españolito que vienes al mundo , te guarde Dios . Una de las dos Españas ha de helarte el corazon . "
Il y a un espagnol qui veut vivre et commence sa vie entre une Espagne qui meurt et une autre qui bâille . Petit espagnol , toi qui vient au monde , que Dieu te garde . Une de deux Espagne te GLACERA LE CŒUR .
Ce livre retrace 70 ans de l'histoire de L'Espagne avec des dissensions au sein de quelques familles : certains parents peu fortunés furent républicains et d'autres plus riches choisirent le camp des Franquistes et de l'église .
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moustafette
  09 mai 2018
Depuis l'édition en poche en 2010, je lorgne sur la photo de Robert Capa qui illustre le premier livre inaugurant cette saga, hésitant toujours à franchir le pas ; c'est enfin chose faite.
En deux tomes, et sur plus de 1300 pages, est retracé le destin de deux familles espagnoles, l'une républicaine, l'autre franquiste, lors d'une traversée du XXe siècle passionnante. le pont qui les relie est incarné par une jeune gestionnaire à la Caja Madrid, Raquel, qui fut la maîtresse d'un vieillard de 83 ans puis, à la mort de ce dernier, de son fils Alvaro, physicien et prof de fac. Curieux héritage, me direz-vous. C'est qu'il recouvre bien d'autres choses lorsqu'on sait que Raquel est issue d'un clan républicain, exilé en France suite à la victoire fasciste, et qu'Alvaro est le dernier fils du vieil homme qui a fait fortune sous la dictature de Franco. A partir de là, les conjectures qui président à leur rencontre et aliment leur liaison, sont nombreuses...
Et c'est avec brio, et dans un complexe montage chronologique, que l'auteure va nous livrer les éléments qui nourrissent cet amour pour le moins inattendu. de la bataille de Madrid en 1936 en passant par les camps de réfugiés républicains du sud de la France en 1939 et le front de l'Est où la División azul, composée de phalangistes, partit se battre en 1941 sous uniforme de la Wehrmatch contre les armées de Staline, puis des maquis où durant la dernière guerre syndicalistes et républicains luttèrent au côté des Français, jusqu'à la mort de Franco en 1975 et les années suivantes qui virent le retour des exilés, c'est une plongée passionnante dans l'Histotre que nous offre Almudena Grandes. Histoire espagnole certes, mais aussi Histoire française, guère à notre honneur au regard du traitement inhumain que l'on infligea aux réfugiés qui n'hésitèrent pas pour autant à nous aider à vaincre le fascisme allemand avec l'espoir déçu qu'ensuite les Alliés les débarrasseraient de Franco.
Deux figures sont omniprésentes, Ignacio, grand-père de Raquel, "Ignacio Fernández Muños, alias l'Avocat, défenseur de Madrid, capitaine de l'Armée populaire de la République, combattant antifasciste lors de la Seconde Guerre mondiale, rouge et espagnol, décoré deux fois pour avoir libéré la France." et Julio, père d'Alvaro, "Plus jamais Julio Carrión González ne retournera auprès de ceux qui perdent, se promit-il à cet instant. Jamais, plus jamais". Forts de leurs convictions ou de leurs promesses, ces deux-là se croiseront peu de temps, juste assez pour préparer le terreau sous lequel s'enracinera le destin de leur descendance.
Une histoire parmi tant d'autres, histoire d'une ville, Madrid, histoire de guerre et de paix, de deuils et d'amours, de solidarité et de pouvoir, de trahisons et de vengeance, c'est surtout une fresque foisonnante où la fiction se nourrit de la réalité comme l'attestent les notes de l'auteure qui sont tout aussi passionnantes. de plus, l'écriture fait la part belle à l'introspection de la jeune génération et nous invite à réfléchir à la notion de transmission et d'héritage, ou comment gérer l'ambivalence de nos attachements à des êtres aimés tout autant que détestables et assumer le poids du passé.
"Le temps a fait son oeuvre, me direz-vous, et vous aurez raison, mais nous portons tous encore la poussière de la dictature sur les chaussures, vous aussi, même si vous ne le savez pas."
L'exposition de Guernica, vue récemment, et notamment les archives présentées, m'ont enfin donné envie de lire ce roman.
Lien : http://moustafette.canalblog..
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basileusa
  28 juillet 2013
J'au eu un peu de mal à entrer dans l'histoire ,trop de personnages et les incessants retour entre le présent et le passé n'aident pas à se souvenir de qui est qui . Heureusement il y a l'arbre généalogique des deux familles et une fois que l'on arrive à repérer tous les personnages, ça devient intéressant .
Déjà ce sont deux familles à l'histoire opposée ,l'une franquiste,l'autre républicaine et l'on comprend assez vite qu'il va y avoir des liens entre ces deux familles et des secrets.
Le contexte historique est des plus intéressant : la guerre civile ,la deuxième guerre mondiale ,la fameuse légion Azul..et en fait un roman très riche . de plus les personnages sont attachants et complexe ,donc tout est réunie pour faire une très bonne frasque familiale. J'ai hâte de lire la suite si elle est aussi passionnante.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
michdesolmichdesol   30 août 2018
Un homme qui aurait pu mourir souvent et qui avait préservé sa vie pour fêter la mort de son ennemi en dansant un paso doble avec sa femme sur une place du Quartier latin, bougeant à peine, par un froid terrible et devant une bande d'innocents. Ignacio Fernandez Munoz, alias l'Avocat, défenseur de Madrid, capitaine de l'Armée populaire de la République, combattant antifasciste de la Seconde guerre mondiale, rouge, espagnol, deux fois décoré pour avoir libéré la France, et propriétaire d'une peine noire, profonde et souriante, que sa petite-fille n'oublierait jamais, pas plus qu'elle n'oublierait l'après-midi où elle l'avait vu pleurer, plus seul, plus angoissé, plus vaincu que jamais, incapable de retenir plus longtemps toutes les larmes qu'il avait gardées quand il toréait la mort à ses risques et périls, pendant qu'il s'évadait des prisons, des camps, des trains, et qu'il fuyait ceux qui voulaient le tuer seulement parce que c'était lui.
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AvoslivresAvoslivres   15 juillet 2018
La trahison, c’est la loi, pensa-t-il alors, la trahison c’est le destin, l’horizon, la norme de notre vie, de ma vie, une fois, une autre, encore une autre. Je vis, je survis, je respire juste pour être trahi, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Espagne, par les amis et par les ennemis, de face et dans le dos, quand je dors ou quand je suis éveillé. La trahison, c’est la loi, l’unique réalité à ma portée, pensa-t-il alors.
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TualgTualg   07 janvier 2014
magnifique!
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Videos de Almudena Grandes (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Almudena Grandes
Bande-annonce de Castillos de Carton, adapté de l'oeuvre d'Almudena Grandes par Salvador García Ruiz (2009)
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